Travailler plus pour gagner plus ? La forme même des pyramides d'Egypte, nous enseigne que les ouvriers, et ce dès la plus haute antiquité, avaient développé une tendance naturelle à en faire de moins en moins.
S’il est normal qu’une nation assume les erreurs de son passé, sur la base des faits historiques, l’usage politicien du devoir de mémoire, la compassion "ciblée" et l’instrumentalisation des communautés, chers à notre président, paraissent beaucoup plus discutables et vains.
Une démarche discutable sur le fond. Peut-on aujourd’hui contester une lecture du nazisme centrée sur l’antisémitisme et se poser la question de l’exemplarité de la Shoah ? Ce processus ne conduit-il pas à minorer le massacre des Tsiganes, des homosexuels et des asociaux ? Et au delà du nazisme, n’existe-t-il pas d’autres malheureux exemples de génocides et d’exactions ? (Voir d’autres billets sur Avox).
Une démarche discutable sur la forme. Un gamin de 11 ans peut-il s’identifier à une victime du nazisme de son âge ? Lui imposer ce parrainage, n’est ce pas une charge anxiogène, morbide, démesurée ? Ne va-t-on pas, au contraire, obtenir l’effet inverse, favoriser un attrait, une dynamique de l’oubli, voire, pire, du déni du fait historique ?
Une démarche vaine (cf l’interview de Finkielkraut citée ci-dessus par Florentin Piffard). L’"idéologie victimaire", la saturation de la mémoire, la référence incessante à la Shoah et les inévitables polémiques qui s’en suivent servent-ils finalement la cause de la communauté juive ? Des voix, comme celle de Simone Veil ou Finkielkraut, s’élèvent au sein de la communauté juive pour affirmer le contraire.
Enseigner à nos enfants les réalités historiques est du ressort de l’école. Les alerter contre toutes les formes de barbarie, de racisme et d’intolérance religieuse, est le devoir des parents. Quant à l’Elysée, qu’il s’occupe de notre politique étrangère, de notre pouvoir d’achat (s’il le peut) et qu’il commence par arrêter de menacer, comme il n’a de cesse de le faire, l’universalisme qui fonde notre constitution.
Les Droits de l’Homme sont encore, et de loin, les meilleures voies à explorer pour nos enfants et les meilleurs atouts pour l’humanité (y compris pour la communauté juive et l’état d’Israel).
Bah ! Ca va s’éteindre naturellement en novembre 2008. Une vie sans Bush. Pensez donc ! Faudra que les nostalgiques se fassent une idée, les moutons se trouvent un autre panurge, les agoniques une autre apocalypse, les intrépides sans frontières d’autres "témérités"... Et avec le sourire.
On verra à l’usage. Heureusement, la diplomatie Française n’a jamais été aussi moquée, méprisée dans le monde. On se remet de tout. Le sarcasme nous sauve...
J’ai souvent écrit ici que les Iraniens cherchent depuis un moment le moyen de reprendre langue avec les Américains. Je voyais des indices de cette volonté dans l’agacement croissant des alliés "traditionnels" de l’Iran (Russie et Chine ont récemment multiplié querelles et mises en garde vis à vis de l’Iran). Vous apportez aujourd’hui des preuves.
J’exhortais, à l’époque, l’administration Sarkozy à plus de nuances, et notamment à éviter à tout prix le belliqueux discours "la bombe Iranienne ou le bombardement en Iran" cher à certains médecins du Quai D’orsay.
Ne nous laissons pas entraîner sur ce terrain, il y a d’autres alternatives, à condition de convaincre les Américains à changer de ligne (ce qui n’est pas facile), ou à moins qu’ils ne s’en rendent compte d’eux mêmes. Et c’est visiblement ce qui est en train d’advenir.
En effet, les choses évoluent. Deux facteurs viennent changer la donne :
- Une administration Bush va-t-en guerre mais .... à bout de souffle, sur le départ et discréditée aux yeux de son opinion publique, pour son action en Irak ;
- Un désordre chronique au Pakistan, avec des craintes sur le contrôle de l’acheminement du pétrole des ex républiques soviétiques (notamment le contrôle de l’approvisionnement de la Chine, stratégique pour "brider" le développement économique de ce pays et maintenir un leadership US le plus longtemps possible). Il y a également une situation pour le moins tendue en Afghanistan. D’ou retour en grâce du territoire Iranien pour la construction de nouveaux pipe lines. Les voies de passage de l’Asie centrale, c’est la clé.
On peut et on doit discuter avec l’Iran. Même si ce n’est pas pour des motifs très nobles, les Américains l’ont compris qui, sans la pression d’Israel, y verraient bien le partenaire de remplacement d’un Pakistan de moins en moins fiable.
Le temps que Sarko et Kouchner voient ça, comprennent qu’il y a une énorme différence entre administration Américaine et administration Bush... On aura fait un progrès... Et évité le pire.
Pour ce qui me paraît le plus important, voilà l’extrait du discours de Sarkozy :
" Dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur même s’il est important qu’il s’en approche, parce qu’il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d’un engagement porté par l’espérance."
Autrement dit, seule la religion peut fonder un système moral. Et ... le curé et l’imam au dessus de l’instituteur.
Par " Enlarge your police ", moyen jeu de mots, j’ai simplement voulu évoquer la répression comme réponse trop systématique au problème des banlieues.
La stratégie de Nicolas Sarkozy passe par la mise en scène de l’émotion et l’instrumentalisation systématique des communautés (juives comme musulmanes).
En dressant au final les français les uns contre les autres, cette stratégie le sert (du moins le pense-t-il) mais ne sert aucune communauté (d’où la réaction de Simone Veil qui le sait bien).
L’ingérence du président n’a plus de limites, son autoritarisme pas plus... Vivement que ces 4 années se passent.