L’élimination surprise de Dominique Strauss-Kahn de la course à la présidentielle pouvait sembler avantager la réélection de Nicolas Sarkozy, jusqu’à ce que de nouveaux sondages indiquent à nouveau des chiffres inquiétants pour lui. Peut-il vraiment être réélu ?
UNE DÉMONÉTISATION PROFONDE
Bien sûr, il ne s’agit que d’un sondage, onze mois avant l’élection, et après un événement totalement exceptionnel qui peut biaiser les résultats. Néanmoins, que l’ectoplasmique François Hollande soit donné gagnant avec 62% des voix au second tour est extrêmement inquiétant pour Nicolas Sarkozy. Il s’agit d’un adversaire, qui, s’il est assez sympathique et cherche à être « l’anti-bling-bling », manque singulièrement de profondeur et ne fait pas spécialement président.
En fait, les dernières semaines démontrent que le président de la République est profondément démonétisé. Après avoir beaucoup trop parlé, promis, fait puis défait, les Français ne croient plus Nicolas Sarkozy. Ils commencent à tout interpréter en sa défaveur, comme on a pu le voir sur la Libye ou DSK. Quelque chose semble cassé, profondément. Définitivement ? Et ce ne sera pas le bilan de son quinquennat qui lui sera d’un quelconque secours début 2012...
L’ESPOIR À L’ELYSÉE
Cependant, beaucoup craignent les talents du candidat Nicolas Sarkozy. Après tout, il a été un très bon candidat de 2002 à 2007, sachant même faire un virage important et stratégique à un an de l’élection en intégrant Henri Guaino pour se recentrer politiquement. En outre, on peut toujours craindre que la campagne pour les primaires socialistes finisse mal et que l’affrontement des ambitions finisse par abîmer le candidat, surtout si c’est un François Hollande peu apprécié qui l’emporte.
Bien évidemment, on peut craindre le pire au PS : les camarades socialistes ne sont guère plus tendre avec l’ancien premier secrétaire qu’avec son ancienne compagne. En outre, Nicolas Sarkozy peut chercher à instrumentaliser certaines questions (immigration, insécurité) où les socialistes ne sont pas à l’aise. Et ce n’est pas François Hollande qui pourra réconcilier les classes populaires avec un parti de plus en plus tenté par les abandonner définitivement.
LE NOUVEAU GISCARD ?
Certes, il existe aujourd’hui de vraies raisons pour croire que Nicolas Sarkozy peut être réélu. Pourtant, en prenant du recul, je me dis que cela est très hautement improbable. Les sondages de cette semaine expriment pour moi un très puissant rejet du président en place. Il est tout de même incroyable que 62% des Français expriment leur préférence pour François Hollande ! Et la droitisation du président lui fait perdre à la fois des voix à sa droite et au centre.
Bref, en 2012, Nicolas Sarkozy sera un président avec un mauvais bilan (rien de très concret à vendre), qui aura trop parlé, trop promis, se sera trop agité, aura fait et défait dans un tourbillon sans queue ni tête. En outre, tout le monde pourra lui rappeler ses nombreux dérapages. Enfin, du fait de sa victoire dès sa première candidature en 2007, il semble avancer vers la campagne dans une bulle, sans se remettre en question, comme Valéry Giscard d’Estaing il y a trente ans.
Bien sûr, il est possible que je me trompe, mais aujourd’hui, comme il y a quinze jours, je pense que Nicolas Sarkozy devrait être largement battu en 2012. Il est totalement démonétisé et je crois que la campagne abîmera celui qui sera lui aussi devenu le nouveau candidat du passif.
« C’est toute cette société de désinformation et de mal information, d’où qu’elle vienne, des milieux privés, politiques, médiatiques, qui nourrit cette crise de confiance. C’est le problème de notre époque, dans laquelle l’information circule rapidement et où les médias n’ont plus le temps de vérifier et de creuser. Cela laisse la place à toutes les interprétations, d’autant plus que le temps de la justice ne correspond plus au temps de l’information. Impatients, les citoyens vont donc chercher la vérité ailleurs. On est tous un peu »conspirationniste« dans un sens. [...] Les seuls qui pourraient corriger le tir, outre les médias, ce sont les autorités politiques, économiques et spirituelles qui doivent éviter de prêter le flanc à des interprétations multiples en dissimulant des vérités, voire en manipulant les faits. »
« Nos médias sont incorrigibles, ils n’apprennent pas de leurs erreurs passées. Trompés régulièrement par les gouvernements, ils continuent sans moufter de relayer leur propagande... avant, au bout de quelques années, de faire parfois leur mea culpa. Chacun a en mémoire la campagne inouïe de propagande au sujet des armes de destruction massives irakiennes, dont quasi tous les médias se sont faits les complices, avant de reconnaître leur aveuglement.
»On se souvient que Tony Blair avait accusé de conspirationniste tous ceux qui prétendaient que la guerre en Irak avait le moindre rapport avec la volonté de tirer profit du pétrole de ce pays ; les médias se rangeaient majoritairement derrière le Premier ministre britannique... jusqu’à ce que, très récemment, ne sortent les preuves irréfutables qui conduisirent certains médias à réajuster leur discours.«
»A l’heure qu’il est, aucune information digne de ce nom, c’est-à-dire vérifiée, n’a pu être apportée qui prouverait que Ben Laden a bel et bien été tué le 1er mai 2011 par les Navy Seals. Et, à défaut d’information, on offre du spectacle, qui vient recouvrir l’absence d’information. Cette tendance à produire de la communication (mort annoncée de la femme de Ben Laden, photo et soi-disant vidéos de Ben Laden, disparition du cadavre, superficie et valeur de sa maison, interview des voisins, etc.), du spectacle avant d’avoir accès à de « véritables » informations, vérifiées, recoupées, validées. Qui seront elles aussi d’ailleurs toujours sujettes à caution. Faute d’informer on amuse la galerie.«
L’histoire de ces manipulations, complaisamment relayées par les médias, serait trop longue à faire ici, et je vous renvois à l’excellent article d’Ignacio Ramonet »Mensonges d’Etat« , publié en juillet 2003 dans Le Monde diplomatique (j’en recommande fortement la lecture).
Pour tous ceux qui se contentent de (sembler) refuser toute allusion à quelque complot que ce soit, comme s’il n’existait plus aucun complot sur terre (il faut vraiment prendre les gens pour des imbéciles — ou être soi-même bien malhonnête — pour soutenir une telle ânerie, d’abord, et pour s’en contenter comme contre- »argument« , ensuite), pour ces lumières de sagacité, donc, qui dénoncent courageusement, avec un air entendu, les paranoïaques »théoriciens du complot", je signale un bon dessin de Jean-Pierre Petit, que je trouve, lui, pertinent.
Et non ceci n’est par un copié-collé mais une synthèse peaufinée sur ce qui nous oppose... aucun contre argument de votre part, AUCUN, comme la plupart du temps avec vous, RIEN, NADA, DU PUR DÉNI IDÉOLOGIQUE GRATUIT, DE L’OPPOSITION SYSTÉMATIQUE NON FONDÉE À MON ENCONTRE ET A L’ENCONTRE DE QUE QUE J’AVANCE.
Votre mauvaise fois est indéniable mon pauvre ami, vous êtes borné, ulcéré et scotché dans une chasse au « sorcier » stérile qui vous obnubile au plus haut point et qui en devient pathologique.
Si je vous casse autant les oreilles mon cher Moraucon, arrêtez de me lire, tout simplement, arrêtez de vous torturer de la sorte, le web est très vaste et sans aller très loin ce site publie de nombreux articles chaque jour dans lesquels vous pouvez exercer vos talents de « modérateur », alors lâchez prise sur la question si mes propos vous insupportent à ce point et oubliez moi une bonne fois pour toute.
C’est ce que je tente de faire avec patience depuis maintenant 4 jours, mais finalement à quoi bon !
Car avec vous, tous les arguments au monde ne réussiraient pas à vous faire prendre conscience de la réalité des faits et vous faire admettre que vous vous trompez.
Vous ne lisez pas, vous survolez, vous ne pensez pas, vous réagissez, vous ne faites qu’objecter systématiquement au vue d’une étiquette qui ne correspond pas à vos « valeurs », à vos idées reçues, à vos préjugés, à vos certitudes erronées, et ne vous intéressez aucunement aux contenus qui sont soumis à votre attention pour discernements et quêtes de vérités.
Pour en revenir au sujet de cet article, Christine Largarde est certes la candidate « officielle » de la France, mais surtout celle de l’Europe, et semble-t-il aussi celle de la City de Londres et de Wall Street à New-York.
Tant de consensus en l’espace de quelques jours devrait nous mettre la puce à l’oreille en ce qui concerne les intentions dissimulées sous la « langue de bois » habituelle de Christine Lagarde, digne représentante, et « VRP VIP », de l’oligarchie occidentale en charge de légaliser les affaires juteuses du capitalisme financier érigé en ploutocratie qui met la démocratie en coupe réglée en achetant la Loi, en dirigeant son exécution et en se soustrayant à la justice par l’opacité financière en vigueur.
Ce dont il s’agit véritablement dans l’enjeu planétaire qu’est réellement la succession de DSK au FMI, c’est d’une guerre financière mondiale, une guerre des monnaies, une guerre du dollar contre le reste du monde, cautionnée par des politiques européens qui ne comprennent plus rien à rien, sclérosés dans leurs idéologies faillitaires, se faisant enfumer depuis 40 ans par les États-Unis avec une Fed en guise de gouvernail unique mondial, et cautionnant un inadmissible privilège financier contre-évolutif, anti-démocratique à l’extrême, inique et cynique au possible :
La plupart des gens, aux États-Unis, en Europe et dans le reste du monde, pensent que les dollars en circulation sont créés par le gouvernement américain. Que le nom de Réserve Fédérale (la Fed), mentionné sur chaque dollar, désigne une administration publique ou gouvernementale. Or, il n’en est rien : la Fed est une institution privée, possédée par des banques commerciales privées. C’est un syndicat d’émission monétaire, dont les membres « anonymes » se sont octroyé le privilège exorbitant de fabriquer le dollar, la monnaie de réserve internationale et de référence des échanges internationaux.
CET ÉTAT DE FAIT ALIÉNATOIRE DOIT ENFIN CESSER, POUR LE BIEN COMMUN DE L’HUMANITÉ, POUR UNE VÉRITABLE DÉMOCRATIE DÈS MAINTENANT !
Désolé pour les quelques fautes de frappes et d’orthographes, voici la conclusion de Meyssan :
Le projet Zhou
Pourquoi donc déployer des moyens hollywoodiens et bloquer le FMI durant 10 jours ? Deux réponses sont possibles, et elles sont peut-être liées.
En premier lieu, le 29 mars 2009, le gouverneur de la Banque centrale chinoise Zhou Xiaochuan a remis en cause la prédominance du dollar comme monnaie de réserve. Déplorant que le projet de l’économiste John Maynard Keynes de créer une monnaie internationale (le Bancor) n’ait pas été concrétisée à l’issue de la Seconde Guerre mondiale, il proposa d’utiliser les Droits de tirage spéciaux du FMI pour jouer ce rôle.
Cédant à la pression, les États-Unis acceptent un triplement des ressources du FMI et l’émission par le FMI de Droits de tirages spéciaux (DTS) d’une valeur de 250 milliards de dollars, lors du sommet du G20 à Londres, le 2 avril 2009. Ils acceptent également le principe d’un Conseil de stabilité financière auxquels seront associés les grands États émergents.
Cette idée est discutée au sommet du G8 à L’Aquila (Italie), le 8 juillet 2009. Poussant le pion plus loin encore, la Russie proposa de ne pas se contenter d’une monnaie virtuelle, mais de l’éditer. Dmitry Medevedev, qui avait fait frapper symboliquement des prototypes de cette monnaie, posa quelques pièces sur la table. D’un côté y figuraient les visages des huit chefs d’État et de l’autre la devise en anglais « Unity in Diversity ».
Le projet est soumis aux experts de la Division des Affaires économiques et sociales de l’ONU. Leur rapport, auquel participe le professeur Vladimir Popov de la New Economic School de Moscou, est étudié le 25 avril 2010 lors d’une réunion jointe du FMI et de la Banque mondiale [12].
Le processus devait aboutir, aujourd’hui 26 mai 2011, au sommet du G8 à Deauville (France). Le dollar aurait cessé d’être la monnaie de référence sur fond d’imminente cessation de paiement du gouvernement fédéral des États-Unis. Washington aurait renoncé au financement de son hyper-puissance militaire par la dette pour se consacrer à sa restructuration interne.
Le dinar libyen, première (et dernière ?) monnaie au monde garantie en or et en Droits de tirages spéciaux du FMI. En 2000, le colonel Kadhafi avait imaginé de créer une monnaie panafricaine basée sur l’or, mais il n’était pas parvenu à faire avancer son idée. Aussi, en 2009, s’était-il spontanément emparé du projet Zhou et l’avait unilatéralement adopté pour son pays.
Le grain de sable
Malheureusement, durant les derniers mois de ce processus, des initiatives militaires et politiques ont bouleversé ce plan. Certains États — dont la Russie et la Chine— ont été floués. L’arrestation de DSK montre que Washington était de mauvaise foi et que ses concessions ne visaient qu’à gagner du temps.
Bien que le détail exact du montage imaginé par Dominique Strauss-Kahn pour créer cette nouvelle monnaie de réserve adossée aux Droits de tirages spéciaux du FMI soit secret, il apparaît que le Libye y jouait un rôle clé : à titre expérimental, c’est la Banque centrale libyenne qui la première avait décidé de fonder sa monnaie, le dinar, sur l’or et au delà sur les DTS. La chose est d’autant plus importante que la Libye dispose d’un fond souverain parmi les mieux dotés du monde (il est même un peu plus riche que celui de la Russie).
Or, en entrant en guerre contre la Libye, la France et le Royaume-Uni ont provoqué un gel théorique des avoirs non seulement de la famille Kadhafi, mais de l’État libyen. Pis, Paris et Londres ont dépêché des cadres de la banque HSBC à Benghazi pour créer une Banque centrale libyenne rebelle et tenter de s’emparer des avoirs nationaux [13]. Sans que l’on sache si Nicolas Sarkozy et David Cameron se sont laissés emporter par l’ivresse de leur force ou ont agi sur instruction de leurs mandants à Washington, le fragile édifice élaboré par Dominique Strauss-Kahn s’est effondré.
Selon nos contacts à Tripoli, au moment de son arrestation, DSK partait à Berlin pour trouver une solution avec la chancelière Angela Merkel. Il devait ensuite partir avec un émissaire de Mme Merkel négocier avec des représentants du colonel Kadhafi —voire avec lui directement—. La signature du Guide libyen étant indispensable au déblocage de la situation.
On assiste désormais à une guerre financière d’une ampleur jamais égalée : alors que la situation économique des États-Unis vacille et que le dollar pourrait devenir rapidement une monnaie de singe, l’accord conclu au G8 et avalisé au G20, mis en œuvre par le FMI en coordination avec la Banque mondiale et les milieux bancaires internationaux dont DSK était le champion, est suspendu. La domination du dollar est intacte quoique plus que jamais artificielle ; ce dollar que les États émergents voulaient relativiser, mais sur lequel le complexe militaro-industriel israélo-états-unien assoit sa puissance.