Elles se chevauchent, oui, mais il ne peut y avoir de transmission entre elles si le propre de la langue humaine est — comme le pensait Chomsky — le pouvoir récursif : pouvoir dire l’homme qui a vu l’homme, qui a vu l’homme, qui a vu l’ours.
Aujourd’hui on sait que le propre de la langue humaine c’est la diglossie, c’est-à-dire l’existence de plusieurs niveaux de langages au sein d’une langue. Et ce, même chez les peuples et tribus qui n’ont pas d’écriture.
Le savoir imprègne naturellement les plus jeunes, oulà, ça dépend de quel savoir. Le savoir dont ils peuvent eux-même faire l’expérience, oui. Ils le représentent dans leur langue de travail, leur langue d’arcane de la vie de tous les jours.
Mais quand il s’agit d’un savoir issu d’une génération antérieure et qu’il met en scène une réalité qui n’existe plus, alors là la nature ne peut plus rien pour eux, il faut passer à la culture, d’autant que les gens de la génération d’avant n’ont plus les mêmes préoccupations et du coup leur langue de l’arcane n’est pas la même, il y aura incompréhension s’ils les confrontent.
La seule solution est d’utiliser une langue de culture, autrement dit la langue de l’archive. Ça va être la langue sacrée dans les tribus, la langue savante à l’école de la République. Natacha Polony mentionne avec pertinence François Rabelais qui est l’auteur par excellence qui avait beaucoup à transmettre.
La légende raconte qu’il avait accumulé tout le savoir de son temps, mais il s’adressait à des gens dont la plupart n’avaient pas fait d’études supérieures, c’est déjà bien s’ils savaient lire.
D’où la nécessité pour transmettre de manier plusieurs niveaux de langue, et l’exemple du « torche-cul » évoqué par Polony dans son livre.
parce que ça ne respecte pas l’article 21.3 de la déclaration universelle des droits de l’homme, selon lequel le peuple __choisit__ ses représentants politiques.
D’après moi c’est la seule manière pour organiser des élections sans candidat. Même si au final, et j’ai changé d’avis sur ce sujet, ce n’est pas à l’État à les organiser. Tu as raison, il ne faut surtout pas constitutionnaliser ça.
je pense qu’en débat il pourra être pertinent de parler un peu d’iségorie, même si effectivement il ne faut pas y passer trop de temps. Tu pourras attaquer sur la présidence, même s’il me sera facile de défendre, vu qu’en France il y a une armée, et une armée a besoin d’un chef.
Là où ça peut être intéressant, c’est de parler des scrutins, en particulier je suis d’accord avec toi pour dire que la plupart du temps, les élections sans candidat sont largement préférables.
Le problème, et là il faudra rentrer dans la technique, c’est que je ne fais pas confiance à l’État pour organiser des élections sans candidat. Elles seraient forcément biaisées.