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2717 visites 25 avr. 2012 | 29 réactions | bigglop + Partager
1281 visites 18 fév. 2012 | 14 réactions | bigglop + Partager
Bonjour et encore merci à Morice pour cette excellente analyse
Revenir aux sources de cette intervention « humanitaire » ne nous fera pas de mal :
LIBYE : REVELATIONS ITALIENNES SUR LES ACTIVITES DES SERVICES FRANCAIS DEPUIS NOVEMBRE 2010
samedi 26 mars 2011
Il serait naïf de croire que c’est l’amour de la démocratie
ou du peuple libyen qui met en mouvement les machines militaires
occidentales, précédées des semaines et des mois auparavant par
les services spéciaux avec leurs scénarios et leurs contacts
prévisionnels.
La faiblesse des calculs néocolonialistes est
qu’ils n’évaluent pas correctement les impacts des aspirations
démocratiques et nationales des peuples qu’ils espèrent manipuler
et diviser.
L’ampleur des soulèvements pacifiques des peuples tunisien et égyptien, malgré leurs limites, a obligé les impérialistes à revoir leurs plans dans la précipitation, ce qui a rendu nombre de leurs porte paroles et acteurs plus bavards, maladroits et manquant de cohésion, multipliant les fuites comme celle signalée par le site Nerrassi ou les gaffes du genre « Croisades ».
Tout dépend en définitive de la résistance, des peuples, de la capacité de leurs mouvements à ne pas tomber dans les pièges de la militarisation de leurs combats sociaux et démocratiques, sans tenir suffisamment compte des réalités complexes nationales, régionales et internationales.
Selon le journaliste de la droite libérale italienne Franco Bechis, la révolte de Benghazi aurait été préparée depuis novembre 2010 par les « services secrets français ». Comme le remarque, aussi, Miguel Martinez du site internet « progressiste ComeDonChisciotte », ces révélations, encouragées par les « services secrets italiens », doivent se comprendre comme une rivalité au sein du capitalisme européen. Par Franco Bechis (Directeur adjoint du quotidien italien « Liber »).
Le « Réseau Voltaire » précise que Paris a rapidement associé Londres à son projet de renversement du colonel Kadhafi (force expéditionnaire franco-britannique). Ce plan a été modifié dans le contexte des révolutions arabes et pris en main par Washington qui a imposé ses propres objectifs (contre-révolution dans le monde arabe et débarquement de l’« Africom » sur le continent noir). La coalition actuelle est donc la résultante de ces ambitions distinctes, ce qui explique ses contradictions internes.
Première étape du voyage, 20 octobre 2010, Tunis. C’est là qu’est descendu avec toute sa famille d’un avion de « Libyan Airlines », Nouri Mesmari , chef du protocole de la cour du colonel Muhamar Kadhafi . C’est un des grands perroquets du régime libyen, depuis toujours aux côtés du colonel.
Le seul -comprenons-nous- qui avec le minsitre des Affaires étrangères Moussa Koussa avait un accès direct à la résidence du raïs sans avoir à frapper (avant d’entrer, NdT).
Le seul à pouvoir franchir le seuil de la suite « 204 » du vieux cercle officiel de Benghazi où le colonel libyen a accueilli avec tous les honneurs le Premier ministre italien Silvio Berlusconi pendant la visite officielle en Libye. Cette visite de Mesmari à Tunis ne dure que quelques heures. On ne sait pas qui il rencontre dans la capitale où la révolte contre Ben Ali couve sous la cendre. Mais il est désormais certain que dans ces heures-là et dans celles qui ont immédiatement suivi, Mesmari jette les ponts de ce qui, à la mi-février, allait devenir la rébellion de la Cyrénaïque. Et prépare l’estocade contre Kadhafi en cherchant et obtenant l’alliance sur deux fronts : le premier est celui de la dissidence tunisienne. Le second est celui de la France de Nicolas Sarkozy . Et les deux alliances lui réussissent.
C’est ce dont témoignent des documents de la « DGSE » , le « service secret français », et une série de nouvelles fracassantes qui ont circulé dans les milieux diplomatiques français à partir de la lettre confidentielle, Maghreb Confidential (dont il existe une version synthétique et accessible payante).
Mesmari arrive à Paris le lendemain, 21 octobre 2010. Et il n’en bougera plus. En Libye il n’a pas caché son voyage en France, puisqu’il a emmené avec lui toute sa famille. La version est qu’à Paris il doit subir un traitement médical et probablement une opération. Mais il ne verra pas l’ombre d’un médecin. Ceux qu’il verra seront par contre, tous les jours, des fonctionnaires des « services secrets français ».
L’ex compagnon de Kadhafi, Nouri Massoud
El-Mesmari, a fait défection le 21 octobre 2010.
Il vit
aujourd’hui sous protection des « services secrets
français ».
LA RÉUNION
On a vu de façon certaine au début du mois de novembre, entrer à l’« Hôtel Concorde Lafayette » de Paris, où Mesmari réside, d’étroits collaborateurs du président français. Le 16 novembre 2010, une file de voitures bleues est devant l’hôtel. Dense et longue réunion dans la suite de Mesmari . Deux jours plus tard une dense et étrange délégation française part pour Benghazi. Avec des fonctionnaires du ministère de l’Agriculture, des dirigeants de « France Export Céréales » et de « France Agrimer », des managers de « Soufflet », de « Louis Dreyfus », de « Glencore », de « Cani Céréales », « Cargill » et « Conagra ».
Expédition commerciale, sur le papier, pour essayer d’obtenir à Benghazi justement de riches commandes libyennes. Mais se trouvent aussi dans le groupe des militaires français, déguisés en hommes d’affaire.
À Bengazi ils vont rencontrer un colonel de l’aéronautique libyenne indiqué par Mesmari : Abdallah Gehani . Il est au-dessus de tout soupçon, mais l’ex-chef du protocole de Kadhafi a révélé qu’il était prêt à déserter et qu’il a aussi de bons contacts avec la dissidence tunisienne.
L’opération est menée en grand secret, mais quelque chose filtre jusqu’aux hommes les plus proches de Kadhafi Le colonel se doute de quelque chose. Le 28 novembre 2010 il signe un mandat d’arrêt international à l’égard de Mesmari . L’ordre arrive aussi en France à travers les canaux protocolaires. Les Français s’alarment et décident de suivre de façon formelle l’arrêt
Quatre jours plus tard, le 02 décembre 2010, la nouvelle filtre justement depuis Paris. On ne donne pas de nom mais on révèle que la police française a arrêté un des principaux collaborateurs de Kadhafi . La Libye, au premier abord, retrouve son calme. Puis apprend que Mesmari est en réalité aux arrêts domiciliaires dans la suite du « Concorde Lafayette ». Et le raïs commence à s’agiter.
La colère du raïs. Quand arrive la nouvelle que Mesmari a demandé officiellement l’asile politique à la France, la colère de Kadhafi éclate, il fait retirer son passeport même au ministre des Affaires étrangères, Moussa Koussa , accusé de responsabilité dans la défection de Mesmari. Il essaie ensuite d’envoyer ses hommes à Paris avec des messages pour le traître : « Reviens, tu seras pardonné ». Le 16 décembre 2010, c’est Abdallah Mansour , chef de la télévision libyenne, qui essaie. Les Français l’arrêtent à l’entrée de l’hôtel. Le 23 décembre 2010 d’autres Libyens arrivent à Paris. Ce sont Farj Charrant, Fathi Boukhris et A ll Ounes Mansouri.
Nous les connaîtrons d’avantage après le 17 février 2011 : parce-que ce sont justement eux, avec Al Hadji , qui vont mener la révolte de Benghazi contre les miliciens du colonel.
Les trois sont autorisés par les Français à sortir dîner avec Mesmari dans un élégant restaurant des Champs-Élysée. Il y a aussi là des fonctionnaires de l’ « Élysée » et quelques dirigeants des services secrets français. Entre Noël et le Jour de l’an sort dans Maghreb Confidential la nouvelle que Benghazi est en ébullition (à ce moment-là personne ne le sait encore), et aussi quelques indiscrétions sur certaines aides logistiques et militaires qui seraient arrivées dans la seconde ville libyenne, en provenance justement de la France. Il est désormais clair que Mesmari est devenu un levier aux mains de Sarkozy pour faire sauter Kadhafi en Libye. La lettre confidentielle sur le Maghreb commence à faire filtrer les contenus de cette collaboration.
Mesmari est nommé « Libyan Wikileak », parce qu’il révèle un après l’autre les secrets de la défense militaire du colonel et raconte tous les détails des alliances diplomatiques et financières du régime, en décrivant même la carte du désaccord et les forces qui sont sur le terrain. À la mi-janvier 2011 la France a dans les mains toutes les clés pour tenter de renverser le colonel. Mais il y a une fuite. Le 22 janvier 2011 le chef des « services secrets de Cyrénaïque », un fidèle du colonel, le général Aoudh Saaiti, arrête le colonel d’aviation Gehani , référant secret des Français depuis le 18 novembre 2010.
Le 24 janvier 2011 il est transféré dans une prison de Tripoli,
avec l’accusation d’avoir créé un réseau social en Cyrénaïque,
qui faisait les louanges de la contestation tunisienne contre Ben
Ali . Mais c’est trop tard : Gehani
a déjà préparé la révolte de Benghazi, avec les Français.
Voir en ligne : http://www.nerrati.net/afrique-doss...
Mais aussi sur les magouilles britanniques :
Londres, Correspondant - Alan Duncan, secrétaire d’Etat britannique au développement international, campe une figure singulière au sein de son propre camp, le Parti conservateur. Derrière le raffinement et le charme de l’homme se cachent la détermination et le flair d’un ancien négociant en pétrole. Avant d’être élu député à Westminster, l’intéressé a servi d’intermédiaire entre producteurs et consommateurs d’or noir, d’abord auprès de la société de trading suisse Vitol, puis de la Shell.
C’est pour cette raison, à lire la presse britannique du 1er septembre, que le premier ministre, David Cameron, a nommé Alan Duncan en avril à la tête d’une cellule secrète destinée à utiliser l’arme du pétrole contre le régime Kadhafi.
Alerté par ses contacts pétroliers, M. Duncan avait pris conscience de l’effet néfaste des sanctions de l’ONU comme de l’Union européenne (UE). En effet, l’approvisionnement des rebelles en produits pétroliers (essence, gasoil, fioul) était interrompu alors que les kadhafistes, par le truchement de filières clandestines d’intermédiaires chinois et indiens utilisant des ports tunisiens et algériens, continuaient à être alimentés en carburants. A l’époque, les opérations militaires de l’OTAN, auxquelles participe le Royaume-Uni, paraissent enlisées.
La stratégie de cette cellule discrètement installée sous les combles du Foreign Office est de priver l’ouest de la Libye, sous le contrôle de l’armée du dictateur, de produits raffinés tout en assurant la fourniture des rebelles.
Pour ce faire, les routes empruntées par les trafiquants pour acheminer les produits pétroliers sont coupées par les bombardements de l’OTAN et le blocage du port de Zaouïa, à une quarantaine de kilomètres de Tripoli. Par ailleurs, Alan Duncan persuade son ancien employeur, Vitol, d’envoyer par navire du gasoil à Benghazi, le QG des rebelles. Le marché d’assurances londonien Lloyd’s est prié de faciliter la couverture des bateaux de Vitol ravitaillant l’Arabian Gulf Oil Company (Agoco), contrôlée par les autorités provisoires. Le trader suisse accepte de remettre à plus tard le paiement à la livraison des cargaisons, comme il est de tradition dans les zones de guerre.
Pour réaliser sa mission, Vitol possède de trois atouts maîtres. Tout d’abord, la firme genevoise connaît bien le pays. En 2008, la société a signé un accord avec la compagnie libyenne des pétroles NOC visant à construire un terminal pétrolier dans le port de Ras Lanouf, projet qui avait été abandonné. Ensuite, le trader dispose de l’infrastructure nécessaire pour mener à bien l’opération d’assistance aux insurgés : ports, entrepôts, tankers. La nature de la profession de négociant en matières premières est enfin de prendre les risques que les majors pétrolières préfèrent éviter.
Contacté par Le Monde, Vitol a confirmé avoir eu "des accords commerciaux directs avec Agoco, qui achetait des produits pétroliers au nom du Conseil national de transition depuis le début du conflit".
Certes, les arrière-pensées de relations publiques n’étaient pas absentes après une série de scandales qui ont terni l’image de Vitol (en 2008, l’organisme américain de régulation des marchés à terme avait classé Vitol comme un spéculateur et non plus comme un intermédiaire commercial). Mais surtout, comme l’indique un expert londonien du secteur énergétique, "cette opération, pas très compliquée et qui ne coûte pas cher, permet à Vitol de se placer à moindres frais au cœur de la vaste foire d’empoigne qui se déroule autour du pétrole libyen dans la perspective de l’après-Kadhafi".
Y penser toujours, n’en parler jamais : telle pourrait être la devise des pays comme des compagnies qui ont soutenu les rebelles vis-à-vis du pactole pétrolier libyen. Déjà présentes sur place avant le conflit, Total, BP, Shell et Vitol entendent prendre leur part du gâteau en délogeant l’opérateur historique, l’italienne ENI. La course aux réparations des puits libyens endommagés et aux licences d’exploration-production à venir fait rage en coulisses. Très légères, contenant peu de soufre, les huiles extraites à bas coût du sous-sol libyen sont très recherchées par les raffineurs européens.
Les anciens soutiens du régime comme les pétroliers russes, chinois et brésiliens sont aujourd’hui dans leurs petits souliers. C’est pourquoi, derrière l’annonce par le trader russo-finlandais Gunvor de l’envoi aux rebelles d’une cargaison de fioul destinée aux centrales électriques, beaucoup voient la volonté du Kremlin de faire oublier son appui au Guide.
Marc Roche
Article paru dans l’édition du
03.09.11
Bonsoir @Stabiloboss,
Placé en article le 20 octobre, mais pas publié
Bonjour à tous,
Ne pas oublier l’assassinat de son fils Mouatassim :
Revenir aux sources de cette intervention « humanitaire » ne nous fera pas de mal :
LIBYE : REVELATIONS ITALIENNES SUR LES ACTIVITES DES SERVICES FRANCAIS DEPUIS NOVEMBRE 2010
samedi 26 mars 2011
Il serait naïf de croire que c’est l’amour de la démocratie
ou du peuple libyen qui met en mouvement les machines militaires
occidentales, précédées des semaines et des mois auparavant par
les services spéciaux avec leurs scénarios et leurs contacts
prévisionnels.
La faiblesse des calculs néocolonialistes est
qu’ils n’évaluent pas correctement les impacts des aspirations
démocratiques et nationales des peuples qu’ils espèrent manipuler
et diviser.
L’ampleur des soulèvements pacifiques des peuples tunisien et égyptien, malgré leurs limites, a obligé les impérialistes à revoir leurs plans dans la précipitation, ce qui a rendu nombre de leurs porte paroles et acteurs plus bavards, maladroits et manquant de cohésion, multipliant les fuites comme celle signalée par le site Nerrassi ou les gaffes du genre « Croisades ».
Tout dépend en définitive de la résistance, des peuples, de la capacité de leurs mouvements à ne pas tomber dans les pièges de la militarisation de leurs combats sociaux et démocratiques, sans tenir suffisamment compte des réalités complexes nationales, régionales et internationales.
Selon le journaliste de la droite libérale italienne Franco Bechis, la révolte de Benghazi aurait été préparée depuis novembre 2010 par les « services secrets français ». Comme le remarque, aussi, Miguel Martinez du site internet « progressiste ComeDonChisciotte », ces révélations, encouragées par les « services secrets italiens », doivent se comprendre comme une rivalité au sein du capitalisme européen. Par Franco Bechis (Directeur adjoint du quotidien italien « Liber »).
Le « Réseau Voltaire » précise que Paris a rapidement associé Londres à son projet de renversement du colonel Kadhafi (force expéditionnaire franco-britannique). Ce plan a été modifié dans le contexte des révolutions arabes et pris en main par Washington qui a imposé ses propres objectifs (contre-révolution dans le monde arabe et débarquement de l’« Africom » sur le continent noir). La coalition actuelle est donc la résultante de ces ambitions distinctes, ce qui explique ses contradictions internes.
Première étape du voyage, 20 octobre 2010, Tunis. C’est là qu’est descendu avec toute sa famille d’un avion de « Libyan Airlines », Nouri Mesmari , chef du protocole de la cour du colonel Muhamar Kadhafi . C’est un des grands perroquets du régime libyen, depuis toujours aux côtés du colonel.
Le seul -comprenons-nous- qui avec le minsitre des Affaires étrangères Moussa Koussa avait un accès direct à la résidence du raïs sans avoir à frapper (avant d’entrer, NdT).
Le seul à pouvoir franchir le seuil de la suite « 204 » du vieux cercle officiel de Benghazi où le colonel libyen a accueilli avec tous les honneurs le Premier ministre italien Silvio Berlusconi pendant la visite officielle en Libye. Cette visite de Mesmari à Tunis ne dure que quelques heures. On ne sait pas qui il rencontre dans la capitale où la révolte contre Ben Ali couve sous la cendre. Mais il est désormais certain que dans ces heures-là et dans celles qui ont immédiatement suivi, Mesmari jette les ponts de ce qui, à la mi-février, allait devenir la rébellion de la Cyrénaïque. Et prépare l’estocade contre Kadhafi en cherchant et obtenant l’alliance sur deux fronts : le premier est celui de la dissidence tunisienne. Le second est celui de la France de Nicolas Sarkozy . Et les deux alliances lui réussissent.
C’est ce dont témoignent des documents de la « DGSE » , le « service secret français », et une série de nouvelles fracassantes qui ont circulé dans les milieux diplomatiques français à partir de la lettre confidentielle, Maghreb Confidential (dont il existe une version synthétique et accessible payante).
Mesmari arrive à Paris le lendemain, 21 octobre 2010. Et il n’en bougera plus. En Libye il n’a pas caché son voyage en France, puisqu’il a emmené avec lui toute sa famille. La version est qu’à Paris il doit subir un traitement médical et probablement une opération. Mais il ne verra pas l’ombre d’un médecin. Ceux qu’il verra seront par contre, tous les jours, des fonctionnaires des « services secrets français ».
L’ex compagnon de Kadhafi, Nouri Massoud
El-Mesmari, a fait défection le 21 octobre 2010.
Il vit
aujourd’hui sous protection des « services secrets
français ».
LA RÉUNION
On a vu de façon certaine au début du mois de novembre, entrer à l’« Hôtel Concorde Lafayette » de Paris, où Mesmari réside, d’étroits collaborateurs du président français. Le 16 novembre 2010, une file de voitures bleues est devant l’hôtel. Dense et longue réunion dans la suite de Mesmari . Deux jours plus tard une dense et étrange délégation française part pour Benghazi. Avec des fonctionnaires du ministère de l’Agriculture, des dirigeants de « France Export Céréales » et de « France Agrimer », des managers de « Soufflet », de « Louis Dreyfus », de « Glencore », de « Cani Céréales », « Cargill » et « Conagra ».
Expédition commerciale, sur le papier, pour essayer d’obtenir à Benghazi justement de riches commandes libyennes. Mais se trouvent aussi dans le groupe des militaires français, déguisés en hommes d’affaire.
À Bengazi ils vont rencontrer un colonel de l’aéronautique libyenne indiqué par Mesmari : Abdallah Gehani . Il est au-dessus de tout soupçon, mais l’ex-chef du protocole de Kadhafi a révélé qu’il était prêt à déserter et qu’il a aussi de bons contacts avec la dissidence tunisienne.
L’opération est menée en grand secret, mais quelque chose filtre jusqu’aux hommes les plus proches de Kadhafi Le colonel se doute de quelque chose. Le 28 novembre 2010 il signe un mandat d’arrêt international à l’égard de Mesmari . L’ordre arrive aussi en France à travers les canaux protocolaires. Les Français s’alarment et décident de suivre de façon formelle l’arrêt
Quatre jours plus tard, le 02 décembre 2010, la nouvelle filtre justement depuis Paris. On ne donne pas de nom mais on révèle que la police française a arrêté un des principaux collaborateurs de Kadhafi . La Libye, au premier abord, retrouve son calme. Puis apprend que Mesmari est en réalité aux arrêts domiciliaires dans la suite du « Concorde Lafayette ». Et le raïs commence à s’agiter.
La colère du raïs. Quand arrive la nouvelle que Mesmari a demandé officiellement l’asile politique à la France, la colère de Kadhafi éclate, il fait retirer son passeport même au ministre des Affaires étrangères, Moussa Koussa , accusé de responsabilité dans la défection de Mesmari. Il essaie ensuite d’envoyer ses hommes à Paris avec des messages pour le traître : « Reviens, tu seras pardonné ». Le 16 décembre 2010, c’est Abdallah Mansour , chef de la télévision libyenne, qui essaie. Les Français l’arrêtent à l’entrée de l’hôtel. Le 23 décembre 2010 d’autres Libyens arrivent à Paris. Ce sont Farj Charrant, Fathi Boukhris et A ll Ounes Mansouri.
Nous les connaîtrons d’avantage après le 17 février 2011 : parce-que ce sont justement eux, avec Al Hadji , qui vont mener la révolte de Benghazi contre les miliciens du colonel.
Les trois sont autorisés par les Français à sortir dîner avec Mesmari dans un élégant restaurant des Champs-Élysée. Il y a aussi là des fonctionnaires de l’ « Élysée » et quelques dirigeants des services secrets français. Entre Noël et le Jour de l’an sort dans Maghreb Confidential la nouvelle que Benghazi est en ébullition (à ce moment-là personne ne le sait encore), et aussi quelques indiscrétions sur certaines aides logistiques et militaires qui seraient arrivées dans la seconde ville libyenne, en provenance justement de la France. Il est désormais clair que Mesmari est devenu un levier aux mains de Sarkozy pour faire sauter Kadhafi en Libye. La lettre confidentielle sur le Maghreb commence à faire filtrer les contenus de cette collaboration.
Mesmari est nommé « Libyan Wikileak », parce qu’il révèle un après l’autre les secrets de la défense militaire du colonel et raconte tous les détails des alliances diplomatiques et financières du régime, en décrivant même la carte du désaccord et les forces qui sont sur le terrain. À la mi-janvier 2011 la France a dans les mains toutes les clés pour tenter de renverser le colonel. Mais il y a une fuite. Le 22 janvier 2011 le chef des « services secrets de Cyrénaïque », un fidèle du colonel, le général Aoudh Saaiti, arrête le colonel d’aviation Gehani , référant secret des Français depuis le 18 novembre 2010.
Le 24 janvier 2011 il est transféré dans une prison de Tripoli,
avec l’accusation d’avoir créé un réseau social en Cyrénaïque,
qui faisait les louanges de la contestation tunisienne contre Ben
Ali . Mais c’est trop tard : Gehani
a déjà préparé la révolte de Benghazi, avec les Français.
Voir en ligne : http://www.nerrati.net/afrique-doss...
Mais aussi sur les magouilles britanniques :
Londres, Correspondant - Alan Duncan, secrétaire d’Etat britannique au développement international, campe une figure singulière au sein de son propre camp, le Parti conservateur. Derrière le raffinement et le charme de l’homme se cachent la détermination et le flair d’un ancien négociant en pétrole. Avant d’être élu député à Westminster, l’intéressé a servi d’intermédiaire entre producteurs et consommateurs d’or noir, d’abord auprès de la société de trading suisse Vitol, puis de la Shell.
C’est pour cette raison, à lire la presse britannique du 1er septembre, que le premier ministre, David Cameron, a nommé Alan Duncan en avril à la tête d’une cellule secrète destinée à utiliser l’arme du pétrole contre le régime Kadhafi.
Alerté par ses contacts pétroliers, M. Duncan avait pris conscience de l’effet néfaste des sanctions de l’ONU comme de l’Union européenne (UE). En effet, l’approvisionnement des rebelles en produits pétroliers (essence, gasoil, fioul) était interrompu alors que les kadhafistes, par le truchement de filières clandestines d’intermédiaires chinois et indiens utilisant des ports tunisiens et algériens, continuaient à être alimentés en carburants. A l’époque, les opérations militaires de l’OTAN, auxquelles participe le Royaume-Uni, paraissent enlisées.
La stratégie de cette cellule discrètement installée sous les combles du Foreign Office est de priver l’ouest de la Libye, sous le contrôle de l’armée du dictateur, de produits raffinés tout en assurant la fourniture des rebelles.
Pour ce faire, les routes empruntées par les trafiquants pour acheminer les produits pétroliers sont coupées par les bombardements de l’OTAN et le blocage du port de Zaouïa, à une quarantaine de kilomètres de Tripoli. Par ailleurs, Alan Duncan persuade son ancien employeur, Vitol, d’envoyer par navire du gasoil à Benghazi, le QG des rebelles. Le marché d’assurances londonien Lloyd’s est prié de faciliter la couverture des bateaux de Vitol ravitaillant l’Arabian Gulf Oil Company (Agoco), contrôlée par les autorités provisoires. Le trader suisse accepte de remettre à plus tard le paiement à la livraison des cargaisons, comme il est de tradition dans les zones de guerre.
Pour réaliser sa mission, Vitol possède de trois atouts maîtres. Tout d’abord, la firme genevoise connaît bien le pays. En 2008, la société a signé un accord avec la compagnie libyenne des pétroles NOC visant à construire un terminal pétrolier dans le port de Ras Lanouf, projet qui avait été abandonné. Ensuite, le trader dispose de l’infrastructure nécessaire pour mener à bien l’opération d’assistance aux insurgés : ports, entrepôts, tankers. La nature de la profession de négociant en matières premières est enfin de prendre les risques que les majors pétrolières préfèrent éviter.
Contacté par Le Monde, Vitol a confirmé avoir eu "des accords commerciaux directs avec Agoco, qui achetait des produits pétroliers au nom du Conseil national de transition depuis le début du conflit".
Certes, les arrière-pensées de relations publiques n’étaient pas absentes après une série de scandales qui ont terni l’image de Vitol (en 2008, l’organisme américain de régulation des marchés à terme avait classé Vitol comme un spéculateur et non plus comme un intermédiaire commercial). Mais surtout, comme l’indique un expert londonien du secteur énergétique, "cette opération, pas très compliquée et qui ne coûte pas cher, permet à Vitol de se placer à moindres frais au cœur de la vaste foire d’empoigne qui se déroule autour du pétrole libyen dans la perspective de l’après-Kadhafi".
Y penser toujours, n’en parler jamais : telle pourrait être la devise des pays comme des compagnies qui ont soutenu les rebelles vis-à-vis du pactole pétrolier libyen. Déjà présentes sur place avant le conflit, Total, BP, Shell et Vitol entendent prendre leur part du gâteau en délogeant l’opérateur historique, l’italienne ENI. La course aux réparations des puits libyens endommagés et aux licences d’exploration-production à venir fait rage en coulisses. Très légères, contenant peu de soufre, les huiles extraites à bas coût du sous-sol libyen sont très recherchées par les raffineurs européens.
Les anciens soutiens du régime comme les pétroliers russes, chinois et brésiliens sont aujourd’hui dans leurs petits souliers. C’est pourquoi, derrière l’annonce par le trader russo-finlandais Gunvor de l’envoi aux rebelles d’une cargaison de fioul destinée aux centrales électriques, beaucoup voient la volonté du Kremlin de faire oublier son appui au Guide.
Marc Roche
Article paru dans l’édition du
03.09.11
Bonjour,
Merci pour cet article
La situation dans laquelle nous sommes est le résultat des décideurs politiques et économiques qui ont dévoyé l’esprit des membres fondateurs de l’Europe mais aussi par la dérégulation des systèmes financiers et bancaires sous Reagan et Clinton aux Etats-Unis.
AUX USA :
Faisons un peu d’histoire. Ronald Reagan a provoqué le dérégulation des marchés financiers en supprimant les accords de Bretton Woods (1944) et valorisant un once d’or pour 35 dollars, ce faisant les échanges internationaux dépendaient de la valeur d’une monnaie nationale, le Dollar.
Un privilège exorbitant !!!
De plus, ce même Reagan a provoqué la dérégulation du mécanisme du Glass-Steagall Act de 1933 connu sous le nom de Banking Act, qui a induit une une crise du prêt et de l’épargne par l’acte de déréglementation d’établissements de dépôt et de commande monétaire de 1980 et la Garn-Rue. Loi d’établissements de dépôt de Germain de 1982 .
Bon élève, Bill Clinton achéve la dérégulation, la dérèglementation des activité financières par le Gramm-Leach-Bliley Act Financial Services Modernization Act de 1999, qui met fin à la distinction en vigueur depuis 1933 entre les banques de dépôt, les banques d’investissement et les compagnies d’assurance (et permet ainsi la fusion menant à la création du conglomérat Citigroup), et le Commodity Futures Modernization Act de 2000,
La technique financière de la titrisation est apparue dans les années 1960, consistant à transférer des actifs financiers, des créances (factures, prêts), en les transformant après passage par des entreprises ad hoc en titres financiers émis sur les marchés de capitaux. Elle a dérivée pour le risque financier de lié en une titrisation synthétique qui a conduit à la crise des subprimes de 2007.
Certes, Barack Obama tente d’imposer un Glass-Steagall 2, par le Dodd–Frank Wall Street Reform and Consumer Protection Act de juillet 2010, mais il ne permet pas de lutter efficacement contre le caractère systémique de cette crise car il a été vidé de sa substance par le « saucissonage ».
OU EN SOMMES-NOUS, AUJOURD’HUI ?
Après l’approbation des différents traités européens de Maastricht, Amsterdam, Nice et de Lisbonne nous nous trouvons dans une situation de déni démocratique En effet, après l’adoption du Traité de Lisbonne au niveau européen, ce dernier a été modifié pour permettre la mise en place du FESF et du MES, à la suite de la cris des subprimes sous l’impulsion de A. Merkel et de N. Sarkozy Le Conseil Européen des 16-17 décembre 2010 a donc approuvé le rapport de conclusions pour la création du FESF et du MES (http://www.regards-citoyens.com/article-conclusions-du-conseil-europeen-des-16-et-17-decembre-2010-63503760.html et donnant l’autorisation de modifier le Traité de Fonctionnement de l’Union Européenne (TFUE).
Mais l’arnaque suprême a été d’empêcher de le soumettre à un référendum comme cela aurait été normal. Cette modification, considérée comme mineure, a été introduite par un amendement permettant d’utiliser la procédure de révision simplifiée mis en œuvre par H Van Rompuy par l’article 136 du TFUE (ex-article 111, § 4 TCE)http://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=OJ:C:2010:083:0047:0200:FR:PDF transformant le FESF le MES en organismes permanents. Le 11 mars 2011, lors d’un sommet de la zone euro, il a été décidé : 1°) de doter le MES d’un fond d’intervention de 500 mds € porté à 700 mds 2°) Les Membres du MES reconnaissent inconditionnellement et irrévocablement s’engager à fournir leur contribution au capital social, en conformité avec leur clé de contribution en Annexe 1. Ils réunissent tous les appels de fonds sur une base en temps opportun conformément aux modalités prévues dans le présent traité Mais aussi, Les Membres du MES, irrévocablement et inconditionnellement, s’engagent àpayer sur demande l’appel de capital effectué par le Directeur Général conformément au présent paragraphe, cet appel devant être payé dans les sept (7) jours suivant la réception de ladite demande.
3°)2. Le MES a la pleine personnalité juridique, il doit avoir la pleine capacité juridique :
(A) pour acquérir et aliéner des biens immobiliers et mobiliers ;
(B) pour contracter ;
(C) pour ester en justice et
(D) pour entrer dans un accord cadre et / ou des protocoles nécessaires pour s’assurer que ses statuts, privilèges et immunités sont reconnus et mis en vigueur.
3. Le MES, ses biens, fonds et avoirs, où qu’ils se trouvent et quel qu’en soit le détenteur, jouissent de l’immunité de toute forme de procédure judiciaire, sauf dans la mesure où le MES renonce expressément à son immunité dans le but de toute procédure ou par les conditions de tout contrat, y compris la documen- tation sur les instruments financiers.
4. La propriété, le financement et les actifs du MES, où qu’ils se trouvent et quel qu’en soit le lieu, sont exempts de perquisition, réquisition, confiscation, expropriation ou de toute autre forme de saisie, de prise ou forclusion par action de l’exécutif, judiciaire, administrative ou législative. Immunités des personnes
Gouverneurs, Gouverneurs suppléants, Directeurs, Directeurs suppléants, le Directeur Général et Membres du personnel doivent être à l’abri de poursuites à l’égard des actes accomplis par eux dans leur qualité officielle et jouissent de l’inviolabilité à l’égard de leurs papiers officiels et documents, sauf lorsque le Conseil desGouverneurs renonce expressément à cette immunité.
Par conséquent, les décisions du MES engagent irrévocablement et inconditionnellement les états et il a donc un contrôle direct sur les budgets des états
http://www.haoui.net/newsletter/2011/octobre18/exclusivite/MES.pdf
Ce qui va déterminer notre avenir se déroule en ce moment :
Angela Merkel, fortement contestée par les Allemands (tout comme Sarkozy), a la hantise de l’inflation et le peuple allemand a été traumatisé par les crises financières de 1924 et 1930 et leur Constitution en est le reflet. Elle ne cèdera pas à la demande de modification du rôle de la BCE pour une activité de financement des dettes souveraines donc des budgets européens.
De même, elle reste hostile à la mise en place d’Eurobonds, même au niveau du MES et de Union bonds par la BEI (Banque Européenne d’Investissement).
De plus en plus d’analystes pensent que A Merkel souhaite séparer la zone euro en deux parties, une zone Nord comprenant l’Allemagne, les Pays-Bas, le Luxembourg, la Suède, Danemark et une zone Sud pour la France, l’Espagne, le Portugal, l’Italie, la Belgique.
En conclusion, Sarkozy s’est fait totalement « piéger » et nous allons supporter les conséquences de erreurs politiques, économiques, financières qui auront profité à ses amis du Fouquet’s, aux marchés financiers et banques moniales.
Il ne faut pas attendre grand-chose d’une alternance avec Hollande qui reste ancré sur des concepts totalement rétrogrades. Il s’est fait allumer par Thomas Piquetty sur sa proposition de moduler l’impôt sur les sociétés suivant le % de distribution de dividendes qui est un non-sens fiscal et économique.
Difficulté d’accord entre Merkel et Sarkozy de porter le FESF à 2000 mds d’euros avec un effet de levier. Le financement sera assuré par des achats sur le marché secondaire de dettes souveraines et sur le marché primaire d’obligations d’état. Rapidement, le FESF ne possédera que des créances pourries qui seront reprises par le MES et sa Banque. Il s’agit de la création d’une gigantesque pyramide de Ponzi, une bulle financière dépassant celle des « subprimes ».
Le Parlement Slovaque (sous la pression européenne, des marchés) après avoir rejeté le plan de soutien du FESF, va convoquer de nouvelles élections législatives pour in fine adopter ce plan. Bien sûr, sans consultation référendaire des citoyens, une leçon de démocratie.
Le gouvernement hongrois a autorisé le rachat de crédits souscrits en euros à des taux élevés dans le monnaie nationale, le Florint, provoquant des pertes financières sèches pour tous les organismes prêteurs.
La Pologne et Tchécoslovaquie retardent leur entrée (prévue en 2012) dans la zone Euro doutant de la capacité de l’Europe de surmonter la crise et de la gestion catastrophique de cette dernière, même s’ils ne respectent pas les critères de convergence.
Aucune mesure de régulation, de réglementation sérieuse des marchés financiers et des banques mondiales n’est proposée en Europe et les tentatives de réglementation des « dark pools » et du « shadow banking » sont très insuffisantes compte tenu du risque systémique d’illiquidité qu’ils présentent
Standard & Poors dégrade la note de 24 banques italiennes.
Moody’s dégrade la note de l’Espagne de deux crans de AA2 à A1 perspective négative.
Le 20 octobre :
S&P dégrade la note de la Slovénie de AA à AA- stable pour dét rioraton de la situation budgétaire, mais aussi pour le refus de son parlement d’adopter le financement du FESF
Les Bourses re-dévissent : CAC40 -2,32%, DAX -2,49%, Footsie
- 1,21%, Milan
3,78%, Madrid -2,73%
Le 13 octobre, Moody’s confirme la notation AAA de la France, malgré l’affaire DEXIA.
Mais le 18 octobre met sous surveillance le Triple A de la France
et envoie un message aux marchés financiers spéculatifs pour
attaquer, plus encore, l’Euro à travers la dette des états
européens.
La conséquence sera de réduire à néant ou de
rendre plus difficile la gestion de la dette, la recapitalisation des
banques européennes, qui pourtant favorisent ces marchés
spéculatifs car le FESF se finance sur le marché secondaire et sur
le marché primaire des obligations d’état.
Mon analyse de cette information (il n’y a pas de fumée sans
feu) est de mettre la pression sur les candidats, mais surtout de
favoriser la mise en place du MESF (Mécanisme Européen de Stabilité
Financière) et de sa Banque-MES en 2012, et sûrement avant les
Présidentielles, après l’absorption du FESF par le MESF.
Il
n’est pas innocent que M. Barosso ait appelé, il y a quelques
jours, le 12 octobre, à la mise en place du MES en 2012 sans
attendre 2013 :
"La feuille de route appelle :
2.
à finaliser les mesures concernant la zone euro – notamment rendre
rapidement opérationnelles les décisions prises le 21 juillet 2011,
optimiser l’efficacité du FESF, accélérer le lancement du
Mécanisme européen de stabilité pour qu’il soit opérationnel à
la mi-2012, et garantir la fourniture par la Banque centrale
européenne d’une liquidité suffisante"
La mise en place du MES à la mi-2012 aboutira à l’abandon de la souveraineté des états européens pour un gouvernement supranational européen.
Description de la Banque-MES :
1°) Organisation
Internationale, siège social au Luxembourg, d’une durée
illimitée
2°) détient la personnalité et la capacité
juridique et peut donc contractualiser, transiger en son nom
3°)
les dirigeants, collaborateurs, la personne morale bénéficient
d’une immunité juridique et d’un secret total sur tous leurs
actes missions. Par conséquent, aucune institution européenne,
état, association, ne peut l’attaquer en justice sur ses actes,
décisions même s’ils sont avérés avoir porté préjudice.
4°)
Montant de départ de garantie de 700 mds d’euros qui seront
complétés par des apports complémentaires décidés et imposés
par la Banque-MES suivant ses analyses.
Ceci signifie qu’elle
pourra réquisitionner automatiquement les capitaux qu’elle estime
nécessaires et par conséquent avoir la mainmise sur les budgets des
états.
5°) les états européens seront contraints de garantir de manière irrévocable et inconditionnelle la dette créée par le MES et sa Banque
Le temps de la bran...tte intellectuelle est fini, il faut absolument agir maintenant car nous risquons fort d’aller voter pour des prunes
Bonjour à tous,
Revenir aux sources de cette intervention « humanitaire » ne nous fera pas de mal :
Convoitises et contradictions occidentales sur le dos du peuple libyen
samedi 26 mars 2011
Il serait naïf de croire que c’est l’amour de la démocratie
ou du peuple libyen qui met en mouvement les machines militaires
occidentales, précédées des semaines et des mois auparavant par
les services spéciaux avec leurs scénarios et leurs contacts
prévisionnels.
La faiblesse des calculs néocolonialistes est
qu’ils n’évaluent pas correctement les impacts des aspirations
démocratiques et nationales des peuples qu’ils espèrent manipuler
et diviser.
L’ampleur des soulèvements pacifiques des peuples tunisien et égyptien, malgré leurs limites, a obligé les impérialistes à revoir leurs plans dans la précipitation, ce qui a rendu nombre de leurs porte paroles et acteurs plus bavards, maladroits et manquant de cohésion, multipliant les fuites comme celle signalée par le site Nerrassi ou les gaffes du genre « Croisades ».
Tout dépend en définitive de la résistance, des peuples, de la capacité de leurs mouvements à ne pas tomber dans les pièges de la militarisation de leurs combats sociaux et démocratiques, sans tenir suffisamment compte des réalités complexes nationales, régionales et internationales.
Selon le journaliste de la droite libérale italienne Franco Bechis, la révolte de Benghazi aurait été préparée depuis novembre 2010 par les « services secrets français ». Comme le remarque, aussi, Miguel Martinez du site internet « progressiste ComeDonChisciotte », ces révélations, encouragées par les « services secrets italiens », doivent se comprendre comme une rivalité au sein du capitalisme européen. Par Franco Bechis (Directeur adjoint du quotidien italien « Liber »).
Le « Réseau Voltaire » précise que Paris a rapidement associé Londres à son projet de renversement du colonel Kadhafi (force expéditionnaire franco-britannique). Ce plan a été modifié dans le contexte des révolutions arabes et pris en main par Washington qui a imposé ses propres objectifs (contre-révolution dans le monde arabe et débarquement de l’« Africom » sur le continent noir). La coalition actuelle est donc la résultante de ces ambitions distinctes, ce qui explique ses contradictions internes.
Première étape du voyage, 20 octobre 2010, Tunis. C’est là qu’est descendu avec toute sa famille d’un avion de « Libyan Airlines », Nouri Mesmari , chef du protocole de la cour du colonel Muhamar Kadhafi . C’est un des grands perroquets du régime libyen, depuis toujours aux côtés du colonel.
Le seul -comprenons-nous- qui avec le minsitre des Affaires étrangères Moussa Koussa avait un accès direct à la résidence du raïs sans avoir à frapper (avant d’entrer, NdT).
Le seul à pouvoir franchir le seuil de la suite « 204 » du vieux cercle officiel de Benghazi où le colonel libyen a accueilli avec tous les honneurs le Premier ministre italien Silvio Berlusconi pendant la visite officielle en Libye. Cette visite de Mesmari à Tunis ne dure que quelques heures. On ne sait pas qui il rencontre dans la capitale où la révolte contre Ben Ali couve sous la cendre. Mais il est désormais certain que dans ces heures-là et dans celles qui ont immédiatement suivi, Mesmari jette les ponts de ce qui, à la mi-février, allait devenir la rébellion de la Cyrénaïque. Et prépare l’estocade contre Kadhafi en cherchant et obtenant l’alliance sur deux fronts : le premier est celui de la dissidence tunisienne. Le second est celui de la France de Nicolas Sarkozy . Et les deux alliances lui réussissent.
C’est ce dont témoignent des documents de la « DGSE » , le « service secret français », et une série de nouvelles fracassantes qui ont circulé dans les milieux diplomatiques français à partir de la lettre confidentielle, Maghreb Confidential (dont il existe une version synthétique et accessible payante).
Mesmari arrive à Paris le lendemain, 21 octobre 2010. Et il n’en bougera plus. En Libye il n’a pas caché son voyage en France, puisqu’il a emmené avec lui toute sa famille. La version est qu’à Paris il doit subir un traitement médical et probablement une opération. Mais il ne verra pas l’ombre d’un médecin. Ceux qu’il verra seront par contre, tous les jours, des fonctionnaires des « services secrets français ».
L’ex compagnon de Kadhafi, Nouri Massoud El-Mesmari, a fait défection le 21 octobre 2010.On a vu de façon certaine au début du mois de novembre, entrer à l’« Hôtel Concorde Lafayette » de Paris, où Mesmari réside, d’étroits collaborateurs du président français. Le 16 novembre 2010, une file de voitures bleues est devant l’hôtel. Dense et longue réunion dans la suite de Mesmari . Deux jours plus tard une dense et étrange délégation française part pour Benghazi. Avec des fonctionnaires du ministère de l’Agriculture, des dirigeants de « France Export Céréales » et de « France Agrimer », des managers de « Soufflet », de « Louis Dreyfus », de « Glencore », de « Cani Céréales », « Cargill » et « Conagra ».
Expédition commerciale, sur le papier, pour essayer d’obtenir à Benghazi justement de riches commandes libyennes. Mais se trouvent aussi dans le groupe des militaires français, déguisés en hommes d’affaire.
À Bengazi ils vont rencontrer un colonel de l’aéronautique libyenne indiqué par Mesmari : Abdallah Gehani . Il est au-dessus de tout soupçon, mais l’ex-chef du protocole de Kadhafi a révélé qu’il était prêt à déserter et qu’il a aussi de bons contacts avec la dissidence tunisienne.
L’opération est menée en grand secret, mais quelque chose filtre jusqu’aux hommes les plus proches de Kadhafi Le colonel se doute de quelque chose. Le 28 novembre 2010 il signe un mandat d’arrêt international à l’égard de Mesmari . L’ordre arrive aussi en France à travers les canaux protocolaires. Les Français s’alarment et décident de suivre de façon formelle l’arrêt
Quatre jours plus tard, le 02 décembre 2010, la nouvelle filtre justement depuis Paris. On ne donne pas de nom mais on révèle que la police française a arrêté un des principaux collaborateurs de Kadhafi . La Libye, au premier abord, retrouve son calme. Puis apprend que Mesmari est en réalité aux arrêts domiciliaires dans la suite du « Concorde Lafayette ». Et le raïs commence à s’agiter.
La colère du raïs. Quand arrive la nouvelle que Mesmari a demandé officiellement l’asile politique à la France, la colère de Kadhafi éclate, il fait retirer son passeport même au ministre des Affaires étrangères, Moussa Koussa , accusé de responsabilité dans la défection de Mesmari. Il essaie ensuite d’envoyer ses hommes à Paris avec des messages pour le traître : « Reviens, tu seras pardonné ». Le 16 décembre 2010, c’est Abdallah Mansour , chef de la télévision libyenne, qui essaie. Les Français l’arrêtent à l’entrée de l’hôtel. Le 23 décembre 2010 d’autres Libyens arrivent à Paris. Ce sont Farj Charrant, Fathi Boukhris et A ll Ounes Mansouri.
Nous les connaîtrons d’avantage après le 17 février 2011 : parce-que ce sont justement eux, avec Al Hadji , qui vont mener la révolte de Benghazi contre les miliciens du colonel.
Les trois sont autorisés par les Français à sortir dîner avec Mesmari dans un élégant restaurant des Champs-Élysée. Il y a aussi là des fonctionnaires de l’ « Élysée » et quelques dirigeants des services secrets français. Entre Noël et le Jour de l’an sort dans Maghreb Confidential la nouvelle que Benghazi est en ébullition (à ce moment-là personne ne le sait encore), et aussi quelques indiscrétions sur certaines aides logistiques et militaires qui seraient arrivées dans la seconde ville libyenne, en provenance justement de la France. Il est désormais clair que Mesmari est devenu un levier aux mains de Sarkozy pour faire sauter Kadhafi en Libye. La lettre confidentielle sur le Maghreb commence à faire filtrer les contenus de cette collaboration.
Mesmari est nommé « Libyan Wikileak », parce qu’il révèle un après l’autre les secrets de la défense militaire du colonel et raconte tous les détails des alliances diplomatiques et financières du régime, en décrivant même la carte du désaccord et les forces qui sont sur le terrain. À la mi-janvier 2011 la France a dans les mains toutes les clés pour tenter de renverser le colonel. Mais il y a une fuite. Le 22 janvier 2011 le chef des « services secrets de Cyrénaïque », un fidèle du colonel, le général Aoudh Saaiti, arrête le colonel d’aviation Gehani , référant secret des Français depuis le 18 novembre 2010.
Le 24 janvier 2011 il est transféré dans une prison de Tripoli, avec l’accusation d’avoir créé un réseau social en Cyrénaïque, qui faisait les louanges de la contestation tunisienne contre Ben Ali . Mais c’est trop tard : Gehani a déjà préparé la révolte de Benghazi, avec les Français.
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VISITEZ LES SITES DU RÉSEAU NERRATI-PRESS :
Voir en ligne : http://www.nerrati.net/afrique-doss...
Mais aussi sur les magouilles britanniques :
Londres, Correspondant - Alan Duncan, secrétaire d’Etat britannique au développement international, campe une figure singulière au sein de son propre camp, le Parti conservateur. Derrière le raffinement et le charme de l’homme se cachent la détermination et le flair d’un ancien négociant en pétrole. Avant d’être élu député à Westminster, l’intéressé a servi d’intermédiaire entre producteurs et consommateurs d’or noir, d’abord auprès de la société de trading suisse Vitol, puis de la Shell.
C’est pour cette raison, à lire la presse britannique du 1er septembre, que le premier ministre, David Cameron, a nommé Alan Duncan en avril à la tête d’une cellule secrète destinée à utiliser l’arme du pétrole contre le régime Kadhafi.
Alerté par ses contacts pétroliers, M. Duncan avait pris conscience de l’effet néfaste des sanctions de l’ONU comme de l’Union européenne (UE). En effet, l’approvisionnement des rebelles en produits pétroliers (essence, gasoil, fioul) était interrompu alors que les kadhafistes, par le truchement de filières clandestines d’intermédiaires chinois et indiens utilisant des ports tunisiens et algériens, continuaient à être alimentés en carburants. A l’époque, les opérations militaires de l’OTAN, auxquelles participe le Royaume-Uni, paraissent enlisées.
La stratégie de cette cellule discrètement installée sous les combles du Foreign Office est de priver l’ouest de la Libye, sous le contrôle de l’armée du dictateur, de produits raffinés tout en assurant la fourniture des rebelles.
Pour ce faire, les routes empruntées par les trafiquants pour acheminer les produits pétroliers sont coupées par les bombardements de l’OTAN et le blocage du port de Zaouïa, à une quarantaine de kilomètres de Tripoli. Par ailleurs, Alan Duncan persuade son ancien employeur, Vitol, d’envoyer par navire du gasoil à Benghazi, le QG des rebelles. Le marché d’assurances londonien Lloyd’s est prié de faciliter la couverture des bateaux de Vitol ravitaillant l’Arabian Gulf Oil Company (Agoco), contrôlée par les autorités provisoires. Le trader suisse accepte de remettre à plus tard le paiement à la livraison des cargaisons, comme il est de tradition dans les zones de guerre.
Pour réaliser sa mission, Vitol possède de trois atouts maîtres. Tout d’abord, la firme genevoise connaît bien le pays. En 2008, la société a signé un accord avec la compagnie libyenne des pétroles NOC visant à construire un terminal pétrolier dans le port de Ras Lanouf, projet qui avait été abandonné. Ensuite, le trader dispose de l’infrastructure nécessaire pour mener à bien l’opération d’assistance aux insurgés : ports, entrepôts, tankers. La nature de la profession de négociant en matières premières est enfin de prendre les risques que les majors pétrolières préfèrent éviter.
Contacté par Le Monde, Vitol a confirmé avoir eu "des accords commerciaux directs avec Agoco, qui achetait des produits pétroliers au nom du Conseil national de transition depuis le début du conflit".
Certes, les arrière-pensées de relations publiques n’étaient pas absentes après une série de scandales qui ont terni l’image de Vitol (en 2008, l’organisme américain de régulation des marchés à terme avait classé Vitol comme un spéculateur et non plus comme un intermédiaire commercial). Mais surtout, comme l’indique un expert londonien du secteur énergétique, "cette opération, pas très compliquée et qui ne coûte pas cher, permet à Vitol de se placer à moindres frais au cœur de la vaste foire d’empoigne qui se déroule autour du pétrole libyen dans la perspective de l’après-Kadhafi".
Y penser toujours, n’en parler jamais : telle pourrait être la devise des pays comme des compagnies qui ont soutenu les rebelles vis-à-vis du pactole pétrolier libyen. Déjà présentes sur place avant le conflit, Total, BP, Shell et Vitol entendent prendre leur part du gâteau en délogeant l’opérateur historique, l’italienne ENI. La course aux réparations des puits libyens endommagés et aux licences d’exploration-production à venir fait rage en coulisses. Très légères, contenant peu de soufre, les huiles extraites à bas coût du sous-sol libyen sont très recherchées par les raffineurs européens.
Les anciens soutiens du régime comme les pétroliers russes, chinois et brésiliens sont aujourd’hui dans leurs petits souliers. C’est pourquoi, derrière l’annonce par le trader russo-finlandais Gunvor de l’envoi aux rebelles d’une cargaison de fioul destinée aux centrales électriques, beaucoup voient la volonté du Kremlin de faire oublier son appui au Guide.
Marc Roche
Article paru dans l’édition du
03.09.11
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