Pendant que les avions français survolaient la Libye, les ailes
sanglées de missiles, le chef du protocole de Mouammar Kadhafi,
Nouri Mesmari, regardait le printemps briller de la fenêtre d’un
grand hôtel parisien. Une scène improbable et pourtant bien réelle
que les comptes rendus des dernières semaines d’actualité
libyenne n’ont pas évoqué.
Et pourtant, ce n’est pas faute d’un titre gueulard : le 23
mars dernier, le quotidien Libero affichait en première
page
Sarko manoeuvre la révolte libyenne
Et le journal de décrire par le menu la rocambolesque fuite de ce
proche du « raïs » à la veille de l’embrasement du
pays et évoquant une trahison au profit de la France. Un article
aussi ignoré à Paris qu’en Italie. Peut-être parce que le
journal ne cache pas ses proximités avec Silvio Berlusconi. Ou
peut-être parce que, privée de ses détails, l’histoire de cet
exilé de la cour libyenne ne semble qu’une anecdote de plus dans
la décadence du régime. Alors que l’affaire vaut le détour.
Proche de Kadhafi, c’est comme un véritable chef d’État en
fuite que Nour Mesmari s’est rendu en France : en prétextant une
opération chirurgicale.
Une défection organisée par les services
secrets
Le 21 octobre 2010, le haut dignitaire de la Jamahiriya débarque
à Paris avec toute sa famille et s’installe à l’hôtel Concorde
Lafayette, “sans recevoir aucun médecin” précise le
journaliste de Libero. A la place, c’est la police qui
vient bientôt frapper à sa porte : suite à un mandat d’arrêt
international émis par la Libye le 28 novembre pour “détournement
de fonds”, Mesmari est arrêté le lendemain… et placé en
résidence surveillée dans un luxueux hôtel de la Porte Maillot. La
France refuse d’extrader le chef du protocole déchu. Le chef
d’État libyen décide alors de tout mettre en œuvre pour le
convaincre de revenir.
C’est d’abord le fils le plus « libéral » de
Kadhafi, Saif El-Islam, qui s’avance, par l’intermédiaire de son
agence Libyapress pour tenter de convaincre le haut fonctionnaire en
fuite de rentrer à Tripoli… sans succès. Selon la lettre
d’information Maghreb Confidentiel, le clan des
« sécuritaires » proches de Kadhafi décide alors de
fermer la société incapable de ramener Mesmari à Tripoli avant
d’expédier un autre proche du raïs à Paris. Abdallah Mansour,
ancien directeur général de l’Office général de radio et
télévision du régime, est dépêché sur place en décembre,
porteur d’un message de réconciliation sur le ton de “si
tu reviens, on annule tout”. Nouvel échec.
Refusant de lever la demande d’extradition, le pouvoir libyen
tente une dernier carte : Moatassim, fils du raïs, conseiller à la
sécurité nationale et tenant notoire de la ligne “dure” du
régime. “Il est étonnant qu’on ai laissé un tel profil,
proche des comités révolutionnaires et des sécuritocrates,
pénétrer sur le territoire français”, s’étonne-t-on dans
le corps diplomatique français. Le fils Kadhafi descend pourtant à
l’hôtel Bristol fin janvier pour continuer la ronde devant la
porte de Mesmari. Le 10 février, Maghreb confidentiel
publie un aveu d’échec : Moatassim a repris l’avion pour Tripoli
le 5 février, laissant à Paris l’ancien chef du protocole. Une
semaine plus tard, le mouvement anti-Kadhafi se lève. Et, selon
Libero, le retour du fils bredouille ne serait pas pour rien
dans cette explosion.
Colonel félon et barbouzes agricoles
Car la défection de Nouri Mesmari serait, selon le quotidien
italien, non pas le fait de tour de passe-passe financier mais un
échange de bons procédés : asile politique contre informations
stratégiques. Avant qu’un mandat d’arrêt international ne passe
la Méditerranée, de drôles de Français s’étaient glissés dans
une délégation de gros bonnets de l’agro-business : au milieu des
cravates de France AgriMer et de Soufflet, une poignée d’agents de
la DGSE ont pris l’avion le 18 novembre pour rencontrer à
Benghazi, non pas des paysans de Cyrénaïque, mais le colonel
Abdallah Gehani, dignitaire de l’armée de l’air proche de
Mesmari.
Selon le quotidien italien, les agents des services secrets
français vont rencontrer l’homme sur les conseils de l’ancien
chef du protocole. De sa résidence parisienne, Nouri Mesmari aurait
obtenu l’autorisation de sortir pour aller dîner avec quelques
amis libyens, dont certains auraient joué un rôle dans le
soulèvement de Benghazi. Conclusion du journaliste du quotidien
pro-Berlusconi : Mesmari a été utilisé comme une marionnette par
Nicolas Sarkozy pour renverser le dictateur libyen.
Une hypothèse qui se heurte au manque des fameuses “preuves”
vantées par Libero. Mais qui n’enlève rien à la
pertinence de certaines questions, comme la raison pour laquelle la
France a si légèrement décidé de
donner refuge à un proche du régime libyen avant d’offrir le
séjour au fils le plus radical de la lignée Kadhafi.
Personnellement, je le surnomme « Le Ravi », du nom d’un personnage de crèche provencale, car s’il est interpellé son regard montre qu’il « tombe du ciel ». Il ne faut pas s’y tromper, c’est un homme très intelligent, calculateur, secret malgré sa bonhommie tout en rondeur (Flanby). Il adopte une posture miterrandienne et réclame son héritage par son expérience de jeune conseiller de Jacques Attali et l’affaire Caton qui l’a fait mieux connaître : http://www.bakchich.info/article4118.html http://www.dailymotion.com/video/x5o73s_hollande-demasque-coup-de-fil-anony_news
Il ne faut pas le sous-estimer cet ancien Young Leader de la French-American Foundation et Sarkozy ne s’est pas trompé
Coût : 22 milliards d’euros de 2007 à 2009. Chiffres et estimations 2010 et 2011 non publiés Rapport de la Cour des Comptes qui qualifie de niches tous les avantages fiscaux, sociaux et les évaluent à 140 milliards d’euros contre 71 annoncés par le gouvernement