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  • bluebeer bluebeer 18 mai 2013 16:02

    Bonjour, fort bon traitement d’un excellent thème.

    Maintenant, je ne crois pas trop au machiavélisme extrême de la propagande hollywoodienne. Si certains films sont clairement inspirés ou encouragés par des officines étatiques (comme les récents opus sur la traque de Ben Laden, mais aussi des films plus anciens comme Vol 93 ou bien sûr Top Gun), l’énorme masse de la propagande résulte simplement de la loi de l’offre et de la demande auprès d’un public américain drillé à l’entertainment et au ressassement des mythes culturels américains (désintéressement patriotique des soldats américains, sens du sacrifice, résilience, prévalence et légitimité de l’initiative personnelle sur le conformisme général, et surtout, le moto éternel, « quand on veut on peut »). Toute cette propagande est essentielle, non tant pour préparer la guerre extérieure que pour éviter la guerre intérieure, celle des démunis qui pourraient réfléchir et contester la mauvaise répartition des richesses et des mérites. A noter d’ailleurs que lorsque le drame est domestique, intérieur à la nation, les mauvais sont systématiquement du côté du gouvernement (car un gouvernement, c’est quand même une organisation civile, un embryon potentiel de bolchevisme).

    Hollywood produit parfois des films notoirement dissidents, comme par exemple « Three Kings » sur la première guerre du Golfe, Falling Down sur une société broyant ses bons éléments, Margin Call sur les ressorts de la crise financière, etc. Certains sont carrément subversifs, comme les cultissimes Robocop ou Starship Trooper de Verhoeven, un magicien du premier et second degré, ou une double lecture permanente autorise le visionnement par les masses incultes et les affranchis. Enfin, des films a priori aussi conventionnels qu’un Black Rain de Ridley Scott contient une phrase comme « Vous, les américains, vous ne savez plus produire que des films et des chansons ! », et un mega block buster comme Avatar nous dit même « chaque fois qu’un peuple est assis sur quelque chose qui les intéresse, ils nous disent qu’ils sont hostiles ». En pleine guerre d’Irak et d’Afghanistan, ça interpelle...



  • bluebeer bluebeer 9 avril 2013 12:09

    Cher Spartacus,

    comme tant d’autres ici je suis depuis longtemps vos inlassables efforts pour nous mettre en garde contre les méfaits de la dictature communiste et promouvoir le seul système équitable que l’être humain puisse produire, à savoir le libéralisme (qui est un peu la perpétuation de la guerre du feu, mais pourquoi changer une formule qui gagne, n’est-ce pas ?).

    Je me dis que ça ne sert à rien d’argumenter davantage, vu que beaucoup d’autres sont déjà allés au charbon et que de toute façon ici on ne parle pas réellement analyses mais plutôt convictions (et personne ne vous chicanera le fait d’être un homme de convictions).

    Disons que dans un simple souci d’efficacité, et pour vous épargner des efforts prolongés et potentiellement dévastateurs, je vous propose à l’avenir de simplement copier/coller la phrase qui suit en guise de commentaire, voire d’article :

    Communisme = goulag = caca, libéralisme = liberté = chocolat.

    Je pense que ça résume bien les nuances de votre position, ça a l’avantage d’être concis, la rime a même un petit potentiel hypnotique, et qui sait quel chemin ce slogan pourrait faire de manière subliminale ?

    Affectueusement,

    Blueb



  • bluebeer bluebeer 3 avril 2013 20:17

    Bonsoir.

    Entièrement d’accord. J’avoue avoir bien aimé Reservoir Dogs à sa sortie parce que le traitement de la violence me paraissait original, décalé. Pulp Fiction, pareil, avec la violence plutôt en accessoire de théâtre qu’en met principal, pas vraiment sérieuse même si assez graphique. Et j’ai un faible éternel pour True Romance, son carrousel de numéros d’acteurs et sa virtuosité, malgré le pillage évident de Bad Lands, jamais cité (Tarentino était le scénariste, toujours bien inspiré par le travail d’autrui).

    Et puis après, nada. Tarentino poursuit son serial goring. Ce que l’on pouvait prendre au départ pour du second degré déjanté à tourné à la monomanie glauque, à l’empilement de meurtres sadiques assortis de complaisantes mutilations esthétisantes. Cette débauche de violence somme toute premier degré, l’auteur ne l’assume pas pleinement puisqu’il se sent obligé de la justifier scénaristiquement par de grandes et justes causes : la vengeance de la femme spoliée dans Kill Bill, la rébellion contre la barbarie nazie dans Inglorious Basterds, l’esclavage infâme dans Django. L’argument est toujours : ils ont commencé so I’ll rip off their heads and shit down their throat. En fait, c’est la psychologie primaire qui fonde l’essentiel du cinéma d’action populaire américain, avec un peu plus de glamour et beaucoup plus de prétention. Ce qui est navrant, c’est que le troupeau bêlant de critiques de cinéma européens se sentent obligés de s’aligner sur l’axe culturel américain, de peur d’être largués. Ils en sont arrivés là, à chanter tous en chœur que le capitalisme c’est la liberté, Hollywood, c’est la Mecque de l’art cinématographique, et bientôt, que la junk food, c’est le remède qui préserve les artères.

    Tarantino, je le vois comme un gosse boutonneux, prépubère, qui continue de lorgner en cachette les culottes des filles et se désennuie le soir en torturant des petits animaux au fond du jardin. A chaque époque ses génies.



  • bluebeer bluebeer 31 mars 2013 14:03

    Bonjour HH,

    La mondialisation telle que nous la connaissons est une stratégie reprise par quelques think tanks avec une simple visée économique : conquérir des marchés de plus en plus vastes, permettre aux entités industrielles et financière de se développer encore plus pour obtenir au bout du compte quelque chose qui ressemblerait à des monopoles, un contrôle du début à la fin de la chaîne de production et l’exclusivité du commerce de diverses ressources, aussi essentielles soient-elles. C’est véritablement une partie de monopoly, où au bout du compte il n’y aura qu’un vainqueur, la « World Company » de monsieur Sylvestre.

    Dans leur stratégie de conquête, ils utilisent bien évidemment l’opposition entre peuples et nationalités, qu’il s’agisse de délocaliser massivement des emplois (et pratiquer par la même occasion la stratégie du choc) ou de fomenter des guerres à visée économique (Irak, Afghanistan, Libye, Syrie et toutes celles qu’on ne connaît pas ou moins). Mais si les peuples et les frontières venaient à disparaître d’un coup de baguette magique, ça ne leur donnerait à mon sens qu’un champs libre pour faire ce qu’ils font le mieux, s’acoquiner avec les pouvoirs en place et imposer leur loi de la jungle au détriment de l’intérêt de tous. Il n’y aurait même plus les îlots de résistance que sont les BRICS aujourd’hui.

    Il est clair que le progrès technologique, qui révolutionne la facilité de déplacement et de communication, va progressivement effacer les frontières géographiques et culturelles entre les hommes. Mais pour l’instant, nous restons fondamentalement des primates avec des réflexes sociaux à petite échelle, conçus pour évoluer dans des communautés restreintes avec des liens hiérarchiques structurés. Et dans ces sociétés (qui sont, notez le, à l’inverse de ce que propose l’American way of life), on continue de s’agglutiner autour d’un groupe auquel on s’identifie, et d’y suivre des leaders. C’est notre malheur, en quelque sorte, que d’être des animaux émotionnels plutôt que rationnels. C’est la raison pour laquelle je pense que les groupes, les ethnies, les nations ne disparaîtront jamais tout à fait : parce que nous restons fondamentalement tribaux (comment expliquer le succès des sports de masse, sinon). Mais pour l’instant, cet « archaïsme » implanté dans nos gènes pourrait nous aider à résister à l’invasion des barbares en col blanc et costume armani.



  • bluebeer bluebeer 30 mars 2013 22:54

    Il est clair que les BRICS ne se dressent pas au nom d’un idéal démocratique. Non pas que nous ayons de si grande leçon de démocratie à leur donner, mais leur histoire montre la nécessité de s’appuyer sur des pouvoirs forts pour insuffler une synergie à des populations dispersées sur des territoires de la taille de continents et divisés en une mosaïque d’ethnies, de langues et de religions. Quoi qu’il en soit, il ne s’unissent pas par idéal mais par nécessité, celle de s’opposer à l’hégémonie occidentale et états-unienne.

    Eux-même disposent évidemment de leurs propres oligarchies, mais celles-ci ne sont pas (ou sont moins) libres de s’allier à celle du camp occidental. Plus vraisemblablement, ces oligarques ont compris que subir la pax americana reviendra à en faire des oligarques de seconde zone, et que pour eux, la partie de monopoly sera alors définitivement perdue.

    Les occidentaux ont humilié les BRICS par le passé, sans exception. Ceci explique sans doute en partie le nationalisme actuel, fait de revanche et de fierté,ainsi que la facilité avec laquelle ces nations s’accordent aujourd’hui pour défaire un ennemi commun.

    Je ne sais pas si nationalisme et ploutocratie sont antagonistes ou complémentaires, je suppose que cela dépend de l’exacte teneur que l’on veut donner à ces mots. En l’occurrence, cependant, les états-nation ne font pas l’affaire des société multinationales, puisqu’ils prétendent ne pas céder leurs prérogatives et se soumettre tout de go aux intérêts privés des banques et des entreprises. Il est un fait que les divisions nationales sont une arme potentiellement très puissante pour les multinationales, qui peuvent d’une part se soustraire aux lois locales et jouer sur les rivalités d’autre part. Dans les faits, les nations ne les gênent que lorsqu’elles les empêchent de conquérir des monopoles économiques, c’est à dire, le pouvoir absolu. Et tant qu’à présent, les gouvernements occidentaux se sont montré remarquablement conciliants, pour ne pas dire dociles, lorsqu’il s’agissait de défendre ces intérêts privés. Le seul problème des puissances financières et industrielles, c’est d’obtenir carte blanche pour effectuer leurs manoeuvres et manipulations. Tant qu’ils ont le champs libre, ce que sont, font, prétendent être ou faire les nations ne les intéresse en rien.

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