| Rédaction | Depuis | Articles publiés | Commentaires postés | Commentaires reçus |
|---|---|---|---|---|
| L'inscription | 0 | 264 | 0 | |
| 1 mois | 0 | 0 | 0 | |
| 5 jours | 0 | 0 | 0 |
Ça fait pratiquement des années que je ne regarde plus la télé, sauf circonstance extraordinaire et atténuante – quelqu’un d’autre l’a allumée pendant que j’étais au WC, ou alors je dîne en ville.
La raison principale en est un désintérêt profond pour le PAF, ses shows audimatés et leur ambiance clochemerlesque. Je ne peux simplement plus saquer ce défilé de guignols moulés en séries, clones tristes s’agitant frénétiquement pour acquérir une forme de singularité et donc d’existence cathodique, se prononçant sur tout et sur rien, riant, pleurant et sonnant faux. Ardisson, Fogiel, Arthur, Truc, Chose et Machin, toujours la même insolence calculée, la même morgue hautaine, la même hilarité quéquette de commande, qui soulèvent toujours les mêmes rires gras – faut-il donc que le public soit indigent pour se repaître de si sordides miettes.
Dans le genre, le tandem Zemour/Naulleau, ou du moins ce que j’en ai entraperçu, possède au plus haut point le talent de m’horripiler. Agressifs, hautains, condescendants, sardoniques, grossiers, ils sont payés pour étriller. Tout et n’importe qui. Couper la parole, se contredire, user de mauvaise fois, recourir au sarcasme et à l’allusion salace, tous les coups sont permis pour malmener l’invité, le déstabiliser, le ridiculiser. Parce que l’essentiel de leur show, c’est ça : ridiculiser des gens, sommités ou non, puissants ou non, sympa ou non. Du lynchage, avec la foule derrière qui applaudit. Il faut toujours une foule pour un beau lynchage, sinon c’est juste une exécution, et ça ce n’est plus un spectacle.
Bref, le PAF s’offre ses séances de catch grand-guignol avec des gentils et des méchants, où c’est encore meilleur quand c’est le méchant qui gagne. Mais au lieu de gros bouffons bodybuildés et couverts de tatouages se collisionnent sur un ring, il s’offre les service de petits roquets adolescentaires qui jappent et vitupèrent une culture de prisunic au visage de leurs victimes. Ils savent tout sur tout et n’écoutent qu’eux-mêmes, ce qui les dispense de dialoguer ou de comprendre leurs invités. Soyons clairs, on ne les paye pas pour ça. Et puis c’est moins jouissif de dialoguer que de sentir la proie se débattre vainement dans ses griffes.
Je ne regarde pas la télé. Je me dis que le jour où Zemour et Naulleau se tromperont de cible et qu’un vilain terminator obtus s’en ira les agripper par les roupettes puis les fera longuement tournoyer comme des moulins à prières avant de les balancer sur la gueule de Ruquier, le clip tournera en boucle sur la toile et je pourrais le télécharger pour le contempler chaque soir avant d’aller dormir.
P.S. Merci au journaliste dont j’ai oublié le nom, qui un jour à mis – avec élégance – une branlée réthorique monumentale à Gérard Miller. Lequel à du écrire un bouquin par la suite pour atténuer la violence du choc traumatique et l’abrasion rectale de son égo. Ah, ces psychanalystes... Des tigres de papier !
Bonjour.
A l’instar d’Hergé, Tintin est l’héritier d’un milieu et d’une époque. Scout catholique, marqué à droite et flirtant avec les extrêmes, ses dérapages de jeunesse devraient logiquement le désigner à notre ostracisme éclairé comme héros de littérature « nauséabonde » (label de qualité exclusivement réservé à l’extrême droite – si j’étais d’extrême gauche, je serais un peu jaloux et je militerais pour l’obtention d’un label propre.
Mais voilà, on l’aime bien. Après tout, c’est un pote de jeunesse, on a fait un bout de chemin ensembles, on s’est habitués. Alors on lui trouve des excuses. Son milieu, son époque justement. Pas de parents, tout juste une patrie, qu’il embrasse fougueusement dans sa jeunesse. Ensuite, quand il monte à Paris et fait carrière sur la scène hexagonale, il sera contraint de ruser et de faire oublier autant que possible ses origines de ketje bruxellois. Il polit son style, se civilise. Les mauvais ont perdu la guerre, il est temps de devenir réaliste et de se mettre au travail sérieusement. Finies les gamineries, l’âge de raison est arrivé, et on sait de quel côté la tartine est beurrée.
Et aussi il faut dire qu’il s’est bien amendé avec le temps. Jamais un mot plus haut que l’autre, toujours pondéré, toujours conciliant. Au point d’en devenir emmerdant. Heureusement qu’il se coltine toujours sa ménagerie de lunatiques : Haddock tonitruant et alcoolique, Milou habituellement diligent mais tourmenté par les démons de la chair, comestible ou non, Tournesol autistement génial, quoiqu’en butte ici et là à quelques accès de rage clastique, et les dupondt, cons comme la lune et fidèles comme la pluie. Quelques personnages secondaires et récurrents complètent l’assaisonnement, quoique les méchants soient plutôt prévisibles dans leur rôle de méchant, et ne pèsent pas vraiment dans notre capital sympathie.
Pas de femmes évidemment. L’époque, toujours l’époque. Scout catholique, c’est plutôt sacerdoce et compagnie. Les enfants ont déjà assez de mal à endiguer la marée montante, que dis-je le tsunami de leur libido, pour qu’on les incite en sus à imaginer des choses lascives avec des personnages de papier. Jacobs, compagnon d’arme de Hergé, se souvient des déboires que lui ont occasionné une paire de guiboles anecdotiques dans un coin de vignette de sa marque jaune.
Donc Tintin, plutôt asexué, condamné à quelques amitiés électives avec des adolescents de son âge, qu’il rencontre généralement en leur sauvant la vie ou les tirant d’un mauvais pas (Chang, mais aussi Zorrino dans le temple du soleil). Hélas, une fois de plus, les gens vont jaser. Est-ce si difficile de garder l’esprit chaste et pur ? Devons nous vraiment n’être que des bêtes lubriques pour convaincre de notre sincérité ?
Enfin la fatwa s’est enrayée. Après tout, ça fait une paye que Tintin a arrêté de tenir, du haut de sa belgitude triomphante, des propos sarcastiques sur les pays qu’il traverse : la malheureuse URSS balbutiante, le Congo de papy bwana, mais aussi l’Amérique des gangsters et du lynchage, les républiques bananières du continent sud Américain. La rédemption est venue de l’Orient : Chine, Tibet, Arabie ont adouci le choc des civilisations. Bref Tintin a grandi, Tintin s’est assagi, Tintin s’est rassi (comme le pain, tiens).
Car je l’aimais bien moi, le sale gosse turbulent et querelleur, qui glissait des peaux de bananes sous les pieds des bolcheviks assassins et passait le parc national du Congo à la chevrotine. Pas que ce soit mon fantasme, j’ai le coeur à gauche et j’apprécie l’action de madame Bardot. Non, mais comme disait un éducateur de ma connaissance, c’est toujours les plus turbulents auxquels on s’attache.
Messieurs les jurés, Madame le Juge, Cher Public, aurez vous encore à coeur de poursuivre un jeune homme qui a su évoluer, grandir, faire taire les préjugé de sa caste pour ouvrir son regard et ses bras sur le monde, épouser la cause des hommes, des humiliés, des offensés ? Que ne l’avons encore avec nous aujourd’hui pour nous épauler, que dis-je, nous guider face aux défis de notre temps, nous sauver du capitalisme sauvage, traquer les escrocs de la finance, renverser les dictateurs médiatiques. Comme sa lumière nous manque alors que les ténèbres nous étreignent et nous enserrent. Doit on juger un homme sur sa jeunesse, ou sur l’accomplissement de son destin ? Non, Messieurs, Madame, Cher Public. Vous n’aurez pas à coeur de le condamner encore et toujours. Donnez lui l’absolution des hommes. Qu’ils reposent en paix, lui, ses amis et leur auteur.
Bonjour. Merci pour ce très bon article.
Il y a quelques mois, je ne consultais pratiquemment jamais les sites citoyens, alternatifs ou non-alignés, comme on préfère. Je ne nourrissais pas d’intérêt particulier pour les attentats du 11 septembre. Je pensais simplement qu’il s’agissait d’un événement historique considérable, qui avait bien rendu service à l’administration Bush, et donc que la version officielle dont nous étions largement abreuvés sentait un peu l’oignon. J’avais l’un dans l’autre été très déçu du manque de perspicacité ou de mordant de la presse papier ou télévisée, mais avec le recul, je m’étais dis que cette incurie durait depuis longtemps. Par exemple, la première guerre du Golfe ou les conflits yougoslaves étaient assez représentatifs de la faillite des médias dans leur traitement de l’actualité. Au mieux, ils se contentaient de relayer les communiqués militaires ou diplomatiques, au pire, ils étaient instrumentalisés dans un contexte de stratégie de manipulation d’opinion. Bref, je comptais sur le temps pour laisser filtrer la vérité sur le 11 septembre, pas nécessairement sous forme d’un beau complot de l’intérieur, mais disons d’une version plus fouillée du modus operandi des terroristes, et peut-être de petits coups de pouce de la part de ceux qui en ont largement profité - ç’est à dire, pas les terroristes. On peut vivre comme ça, sans se presser.
Ce qui m’a finalement poussé à me tourner vers internet pour plus d’information, c’est le choc occasionné par une émission de la RTBF (télévision belge francophone) visionnée en novembre (?) 2008 et consacrée aux théories alternatives du 11 septembre, ou plus simplement, aux théories du complot. Pour une
fois, j’avais envie d’allumer la télé. J’y ai trouvé l’inventaire complet des malfaçons recensées dans votre article, et articulées comme suit :
Les attentats du 11 septembre constituent un choc médiatique sans précédent, porteurs d’une charge émotionnelle intense.
Des théories fumeuses, en contradictions avec les données irréfutables fournies par la presse du monde entier, fleurissent sur le net.
Une vidéo troublante circule, et est même commercialisée depuis peu sous forme de dvd (j’ai oublié le nom mais on le trouve partout).
Qui est derrière cette vidéo ?
Un ramassis d’adolescents attardés et boutonneux pourtant des casquettes retournées, manifestement inaptes à l’analyse adulte et objective des événements.
Pourquoi font-ils cela ?
Pour l’argent.
Quel est leur argumentaire ?
Rien que des inepties, balayées d’un revers de la main par n’importe quel expert sérieux (on en voit deux ou trois, ça suffira).
Mais encore...
Ce sont des néonazis qui les manipulent en favorisant des thèses antisémites.
Ah la c’est plus clair. Merci.
Non ce n’est pas fini. Méfiez vous du net, les petits enfants. C’est dangereux. On y raconte n’importe quoi sans rien vérifier. Pour bien informer, il faut suivre des règles précises, une discipline stricte, qu’on apprend dans des établissements spécialisés, des hautes écoles. Ca demande beaucoup de courage, de
sagacité, de sacrifices, de devenir journalistes. Maintenant, n’importe quel citoyen lambda s’en croit capable, quelle naïveté ! Non, pour diffuser, analyser (haha, c’est freudien) ou commenter une information, il faut une carte de presse ! Et connaître le special shakehand des journalistes initiés.
Au lit maintenant, petits sacripans. Mais d’abord brossez vous bien les dents !
Voilà. Depuis je me passe de ces guignols et je cherche moi-mêmece qui m’intéresse. C’est comme la vraie soupe, c’est plus fastidieux que les boîtes, mais c’est plus goûtu. C’est sûr qu’on ne ramasse pas que des perles sur le net, mais bon, dans la presse non plus, et puis c’est ça la confrontation d’opinions, le débat public. Une démocratie qui empêcherait les cons de voter fonctionnerait indéniablement mieux, mais ça ne serait plus une démocratie. Et comme on a rien trouvé de mieux, et qu’on ne connaît pas de moyen fiable de trier les cons, autant s’y tenir.
C’est bizarre que les journalistes soient aussi réticents au débat. Ils n’apprennent pas ça à l’école ?
Merci pour cette analyse très intéressante.
Je voudrais seulement réagir par quelques réflexions candides de néophyte :
Le système boursier, qui à la faveur de la mondialisation et de la libéralisation des marchés a généralisé la spéculation à outrance, ne pouvait qu’accroître progressivement l’instabilité des économies mondiales. Tôt ou tard, les organismes financiers en compétition allaient devoir augmenter leurs prises de risques pour rester dans la course et créer artificiellement du bénéfice. Que la crise survienne par hypertrophie du crédit interne aux USA, ou qu’elle survienne par hypertrophie des crédits externes aux pays « pauvres » comme cela est arrivé par le passé (le Pérou ?), le scénario est toujours le même ; une combine juteuse se heurte à une cessation de paiement. La mondialisation aidant, l’intrication des banques et des investisseurs enclenche une gigantesque cascade de dominos, qui n’épargnera virtuellement personne.
Soit dit en passant, le marché libre n’est pas une saine compétition de gentlemen, c’est un combat de dinosaures qui se phagocytent jusqu’à extinction totale de la concurrence. The winner takes it all. L’évolution logique du marché, c’est un gigantesque consortium planétaire, unique et triomphant. Ce n’est sans doute pas pour tout de suite, mais c’est le jeu qui est joué selon les règles actuelles.
Parallèlement, les nations et les idéologies s’affaiblissent. Les marchands sont entrés dans le temple, ils l’ont acheté et ils ont remodelé la religion à leur image. Ironiquement, c’est chez les anciens géants communistes que l’on trouve désormais les marchands les plus pugnaces. De grand empires sont désormais administrés par des « familles » de capitalistes féroces, bien moins empêtrés que nous dans des scrupules démocratiques.
Les Américains, qui ont inventé le jeu, ou en tout cas qui lui ont donné sa forme actuelle, croient ou veulent croire que la dimension darwinienne du système garantit une autocorrection automatique des défaillances, un peu comme un appendice inadéquat finit par disparaître sous la pression de l’évolution. Il rejettent par ailleurs systématiquement les économies planifiées comme « quelque chose qui ne marche pas », et il est évidemment difficile de leur donner tort.
Il y a des années, je discutais de ça avec un ami américain, républicain conservateur convaincu, mais néanmoins agréable interlocuteur, et à bout d’inspiration, j’ai eu l’illumination suivante :
John, tu aimes les bon vieux films 	de science fiction des années 50, genre le jour où la Terre 	s’arrêta ?
	
Oh oui ! Répondit naïvement John.
	
Tu as déjà remarqué que chaque 	fois qu’une civilisation extra-terrestre technologiquement avancée 	débarque sur Terre, elle provient toujours d’une société unique à 	l’économie planifiée ?
J’espère, sans y croire, qu’un jour l’humanité pourra enfin jouer le jeu du progrès sans nécessairement l’associer à la notion de profit.
Agoravox utilise les technologies du logiciel libre : SPIP, Apache, Ubuntu, PHP, MySQL, CKEditor.
Site hébergé par la Fondation Agoravox
A propos / Contact / Mentions légales / Cookies et données personnelles / Charte de modération





