• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

bluebeer

bluebeer

Cet auteur n'a pas encore renseigné sa description

Tableau de bord

Rédaction Depuis Articles publiés Commentaires postés Commentaires reçus
L'inscription 0 264 0
1 mois 0 0 0
5 jours 0 0 0

Derniers commentaires



  • bluebeer bluebeer 25 décembre 2009 20:42

    Bonjour bourre-pif, bonjour l’auteur.

    Désolé, je n’ai pas regardé les vidéos. Juste la flemme aujourd’hui, c’est Noël... Demain peut-être. Je suis psy, travaille en hôpital, notamment dans le domaine de la neuropsychologie. Mais pas seulement.

    Je voudrais juste faire quelques remarques.

    La psychologie en tant que science regroupe plusieurs disciplines distinctes obéissant à des protocoles de recherche scientifique expérimentale (hypothèse-expériences-résultats-épreuve d’hypothèse). La psychologie développementale est plus particulièrement consacrée à l’enfant et étudie (« mesure ») des phénomènes comme l’attachement et la soumission à l’autorité. Tout est possible, donc.

    La psychologie sociale, la psychologie cognitive ou la psychologie de l’apprentissage sont d’excellents exemples de disciplines démontrant qu’on peut faire de la psychologie scientifique ans passer par le cerveau. Néanmoins, et notamment parce que c’est aussi mon domaine, je peux attester des énormes progrès réalisés en la matière au cours des deux dernières décennies, surtout en raison des progrès réalisés au niveau des techniques d’imagerie dynamique de l’activité cérébrale (en particulier le PET Scan, qui permet de visualiser les circuits impliqués dans certains traitements de la pensée). La fusion de la psychologie et des neurosciences est en train de se faire, mais il n’est nul besoin d’attendre son accomplissement pour aborder le sujet de l’éducation.

    Pour revenir à l’objet de l’article, je voudrais seulement me cantonner aux observations suivantes. Un système éducatif efficace doit s’efforcer de respecter l’enfant et lui donner un rôle dans le processus d’apprentissage qui lui est imposé. Une stratégie qui consiste uniquement à dresser l’enfant aux règles et aux normes, par la coercition, confronte ce dernier à une alternative simple : se soumettre ou se rebeller. La soumission ouvre la voie au conformisme et au suivisme ; les adultes tendent à trouver leur place dans la société, mais rarement l’épanouissement personnel car bridé par la menace de règles confuses et obscures, auxquelles il « faut » obéir. La rébellion ouvre quant à elle les voies aux excès, et même s’il s’agit généralement d’une phase transitoire, elle peut suffire à faire chuter ou marginaliser durablement une personnalité, à la cristalliser dans une attitude de guérilla sans fin et sans but. Pour paraphraser un aphorisme dont j’ai oublié l’auteur : « il est facile de savoir comment votent les français : une moitié vote comme son père, l’autre moitié vote contre son père ».

    Un jeune enfant attend trois choses au moins de ses parents, trois choses vitales. Une protection, une légitimité et un décodage des événements extérieurs.

    Pour ce qui est de la protection, ses parents doivent être forts, savoir ce qu’ils veulent. Si les parents se laissent marcher sur la tête, s’ils sont incapables de mettre au pas leur propre progéniture, il y a peu de chance qu’ils puissent résister aux menaces autrement plus dangereuses en provenance de l’extérieur. D’où les provocations répétées des enfants qui testent leurs limites. C’est aussi une manière de se rassurer sur leur dispositif de protection. Un protecteur fort est nettement plus sécurisant qu’un protecteur faible.

    Mais c’est surtout la légitimité qui est vitale. Si nos parents ne nous aiment pas, si ils ne sont pas près à nous traiter avec bienveillance, qui le fera à leur place, et quelle est notre place dans tout ceci ? Les blessures créées par les carences affectives constituent 90% de la consultation psy. Les patients doutent de leur place : on ne les a pas rassuré au bon moment, Ils se sont sentis contraints de se révolter contre la main qui les protégeait et les nourrissait. C’est un point crucial, un enfant doit avoir sa place, ça fonde sa légitimité en ce bas monde. « Pardonnes moi si je t’ai donné l’impression que tu devais mériter mon affection » disait fort justement le papa de Chicken Little. Mais comme dit plus haut, ça n’exonère pas de la discipline.

    Pour ce qui est du décodage des événements extérieurs, le rôle des adultes est incontournable. A six ans, on sera cosmonaute. A onze ans footballeur. A seize, informaticien. A vint et un … Les adultes expliquent le monde aux enfants. De leur assurance, de leur cohérence, de l’ajustement de leur attitudes à leurs dires, dépendra beaucoup la confiance du jeune adulte en son futur, en lui même. S’il voit ses parents surmonter les difficultés de la vie et maintenir le cap, il saura que c’est possible, et l’intégrera à sa vision du monde. Encore faut-il, évidemment, que ses parents soient présents. Et qu’ils soient adultes.

    On respectera toujours un parent aimant et juste, même s’il est sévère ou colérique. On méprisera toujours un peu un parent doux mais faible et inconsistant. On aura toujours la nostalgie d’un parent absent. De la nostalgie et du ressentiment, de la colère. Et on obtiendra toujours plus de quelqu’un en le traitant avec respect, pour ce qu’il est, et non pour ce qu’on voudrait qu’il soit. Particulièrement un enfant, qui dépend des adultes, qui ne saurait s’en passer et a besoin de leur faire confiance.



  • bluebeer bluebeer 5 décembre 2009 00:22

    @ Yvance

    Merci pour l’article. C’est cette réalité qui malheureusement, justifie la virulence du débat actuel, sur fond de minarets, d’islam et d’identité nationale. Mais vous en parlez avec nuance et regret, bien loin des jappements de la meute. Plus encore que la violence ou l’incivilité de ces bandes, c’est leur impunité qui dérange. Et le sentiment de notre impuissance.

    @ Albatar

    Merci pour les commentaires et les réflexions. 100% d’accord. Les réactions haineuses, ça aide certains à se défouler, mais ça ne résoudra rien concrètement. Quand on n’a rien, on n’a rien à perdre. Quand tout le monde vous dévisage et vous regarde de travers, que les jeux sont faits, qu’on a pas une chance de montrer savaleur en suivant les règles, qu’est-ce qui reste comme possibilité ? Les jeunes qui cassent, qui magouillent, qui se dopent, qui agressent, ils jouent leur rôle, celui qui reste. Ils auraient probablement préféré un autre.



  • bluebeer bluebeer 23 novembre 2009 21:01

    @ Sandro

    Levons d’emblée un doute : je suis belge (mais pas bruxellois, désolé l’enfoiré).

    OK pour naze. Ce n’est pas poli. Mettons vain et/ou vaniteux ? Vain parce qu’articulant divers arguments dans une logique très approximative. Vaniteux parce qu’empreint d’une certaine condescendance - héritée de la fréquentation du landerneau ? Je m’explique.

    Selon vous, la politique belge est un chantier, on tergiverse sur tout, rien ne s’y décide, si ce n’est des accords minimalistes. En élisant Van Rompuy président du conseil de l’union européenne, voilà la dynamique que l’on prétend insuffler à la communauté. Premier scandale. Second scandale, c’est tout à fait contraire à l’étiquette du landerneau de désigner un dirigeant de la nationalité du pays qui accueille l’institution. Ca ne se fait pas. Point. Troisième scandale, Bruxelles capitalise un bon gros paquet d’institutions qui lui rapporte un maximum de bénéfices. Honteux mercantilisme d’une nation accessoire et sureprésentée. Trop c’est trop ! Où s’arrêtera donc la rapacité des belges ?

    Mes réponses sont :

    1)  La politique belge est très perfectible, mais compte tenu de la réalité du terrain, me paraît en valoir bien d’autres. Petit coup de griffe : nous prenons moins de leçons de démocratie en France ces derniers temps. Nous espérons que ça reviendra.

    2)  Je ne suis pas sûr que la désignation de Van Rompuy soit destinée à exporter ce modèle à l’Europe, mais sans doute êtes vous mieux informé ? Dans ce cas, auriez-vous l’obligeance de développer votre argumentation ?

    3)  Soit dit en passant, qui l’a élu ? Pas les belges, en tout cas.

    4)  Je ne comprends pas pourquoi le président d’une institution ne peut avoir la nationalité du territoire qui l’accueille. Pourquoi pas ? La décision ne renvoie-t-elle pas à la compétence plutôt qu’à la nationalité ?

    5)  Bruxelles – et la Belgique - a décroché la timbale avec l’union européenne. Ca lui attire plein de monde. Maintenant, cette localisation avantageuse lui confère-t-elle un poids excessif dans la gouvernance européenne ? Par quel biais ?

    6)  Existe-t-il un puissant lobby belge ? J’en serai tout esbaudi, moi qui croyais vivre dans un pays en instance d’implosion.

    Maintenant quelques petites concessions. Ma réaction était effectivement une réaction d’humeur ; j’ai trouvé votre texte assez hostile et suffisant, surfant, au moins dans la forme, sur un certain nombre de poncifs éculés (castafiore, dupondt, bière, chocolat, frites…). Facile. Pour le fond et la sureprésentation des belges dans les instances européennes, je n’en sais rien (je n’appartiens pas au landerneau), mais je veux bien vous croire. Et acquiescer à toute mesure de correction appropriée.

    Par ailleurs, je suis belge mais pas très patriote. J’ai vécu à l’étranger. Ma patrie, c’est ma langue. Mes langues. Vous pouvez critiquer la Belgique tant que vous voulez, c’est votre droit, et c’est mon droit de vous répondre. Soit dit en passant, j’ai du mal à imaginer un autre article équivalent, conspuant une autre nation ou communauté sur le même ton. Israël peut-être. Les Etats-Unis à la rigueur.

    J’accepte le terme de gros naze en ce qui concerne ma connaissance des institutions. Je ne savais même plus de quoi Van Rompuy était le président, tant le sujet me paraissait lointain. Je suis certain que vous connaissez Van Rompuy mieux que moi. Je suis sûr que votre appréciation positive lui fera très plaisir.

    Ah oui, et effectivement, votre billet n’était pas politique. Géopolitique ?

    @ Faxtonic

    La France m’irrite parfois, mais il y a beaucoup de français que j’aime bien. Ma patrie, c’est ma langue. Je sais que je suis entouré de français. On vous reconnaît à votre accent et à votre manie de dire soixante-dix pour septante. Etre l’objet d’une attitude raciste est éclairant. Ca augmente notre capacité à l’empathie. A un de ces quatre, quelque part.

    @ Antoine D

    Moi non plus, j’aime pas trop le concept de belgitude. Oui nos politiciens sont décevants, mais je cherche encore un pays qui soit content des siens.

    @ L’enfoiré

    Non pas bruxellois, mais belge quand même. Merci pour le soutien, une fois.



  • bluebeer bluebeer 23 novembre 2009 14:21

    Bonjour.

    J’ai rarement lu une analyse politique aussi naze. Une charge contre la « Belgique », prétendu bastion de la gabegie bureaucratique et de l’incurie politicarde. Tout ça  parce qu’un homme politique belge a été élu président du conseil de l’Europe. Et alors ? Où est le scandale ?

    Qui a élu Van Rompuy et pourquoi ? Une chose est sûre, pas les belges. Ca les emmerde plus qu’autre chose vu qu’ils ne savaient pas qui mettre à sa place, et qu’ils pensent qu’il y a de fortes chances que les conflits communautaires s’embrasent de nouveau dès son départ.

    Et à vrai dire, avant de le voir débarquer comme premier ministre, la plupart des belges ne le connaissaient pas du tout. Et ne le connaissent toujours pas vu la discrétion du personnage. La seule chose tangible, c’est que le dialogue a repris à son arrivée, que les rangs ont été resserrés au sein du gouvernement et que les tensions ont été apaisées. C’est marrant, mais c’est très concret comme résultat. Comme quoi, l’action réelle n’a pas toujours besoin de support publicitaire et de COM-MU-NI-CA-TION.  L’histoire de la nation belge est complexe. La caricaturer à coups de chocolats et de tintins est aussi subtil que de résumer la France à la découverte du camenbert et à l’industrie de la charentaise. Mais certains analystes peinent à décoller.

    La Belgique en tant que nation de l’Europe n’a vraisemblablement eu qu’un poids mineur dans la désignation de Van Rompuy. Des poids lourds comme Sarkozy ou Merkel ont certainement eu un rôle bien plus décisif. Leurs intentions ? Aucune idée, mais certainement pas une révolution en profondeur du système économique et démocratique occidental.

    Selon vous, la règle tacite est que le directeur d’une institution ne peut avoir la nationalité du pays qui l’accueille. Ah bon ? Ben oui, alors vous avez bien raison de dire que c’est tacite, parce que effectivement, ce n’est écrit nulle part. Et quelle est la grande sagesse derrière cette coutume que vous nous faites découvrir ? Quelle raison mystérieuse, quel taboo en jeu ? Quel avantage rationnel derrière l’arbitraire ? D’accord pour la règle, mais pourquoi ?

    A ça près, c’est sympa de vous voir invoquer le droit coutumier après avoir fustigé « les palabres à l’africaine » des politiciens belges, avec leurs « démineurs », « négociateurs », « formateurs ». J’ai redouté un instant une connotation raciste.

    Je suis sûr que tout irait effectivement plus vite à l’Elysée, où le problème de la concertation semble avoir été résolu en 2007. Maintenant, c’est peut-être précisément ce genre de célérité que les électeurs de Van Rompuy ont préféré mettre de côté. La démocratie belge et sa classe politique valent ce qu’elles valent, et sont loin d’être parfaites. Mais je ne les pense pas inférieures à leurs homologues européennes. A ça près, tout bon conseil est bon à prendre.

    Bruxelles et la Belgique retirent effectivement des dividendes considérables de la présence des institutions européennes dans la capitale. C’est le jeu. C’est la raison pour laquelle de grandes capitales ou métropoles s’efforcent d’attirer le siège de grandes institutions internationales, ou d’organiser de grands événements sportifs. Soit dit en passant, Bruxelles n’est pas la seule à accueillir des institutions européennes. Elle partage avec Strasbourg et Luxembourg. Les petits belges lambda, avec leurs petites mains crapuleusement avides, n’ont pas magouillé honteusement pour obtenir cet avantage. J’imagine mal d’ailleurs à quel odieux chantage ils auraient pu recourir pour fléchir leurs puissants voisins, peu enclins aux largesses désintéressées. Pittoresques, rustiques, rustauds, patauds, comme ils vous plaira de choisir, et maintenant auteurs de « hold ups », mon dieu, quelle vilenie.

    Et enfin, pour expliquer à ceux et celles qui ne l’aurait pas compris, peu nombreux(ses) certes, mais dont vous semblez faire partie, les décisions prises « par Bruxelles » ne le sont pas par les bruxellois. Si les institutions européennes sont défaillantes ou décevantes, cela n’est vraisemblablement pas du à leur localisation géographique, mais à un manque de pensée visionnaire, à un esprit boutiquier, orienté vers le commerce plutôt que vers un véritable projet de société. Pas à la culture politique locale.

    Bref, naze analyse.

    Pour terminer, il existe en France et en Europe un certaine tradition de racisme antibelge, avec ses pics et ses creux, un mélange de mépris condescendant et bon enfant, pas sérieux, pour cette entité anecdotique. Pas grave, pas genre pogrom. Genre les suisses sont cons et conformistes, les italiens grandes gueules, les allemands lourds, etc., etc. Ca permet de faire des blagues à table ou au bistrot, et finalement de passer un moment ensemble. Et même, pour les belges, c’est salutaire de se retrouver de l’autre côté du manche, ça fait réfléchir sur le concept de bougnoule. Mais de là à ériger les préjugés en analyse politique, il y a carrément de la marge.



Voir tous ses commentaires (20 par page)


Publicité


Publicité



Palmarès

Publicité


Agoravox.tv