Je sais pas trop ce qui se passe, mais chaque fois que je veux voter dans un sens ou dans un autre, ça dérape grave. Des plus se sont transformés en moins, un moins un s’est même transformé en plus quatre. Ça arrive à d’autres ? Ou bien ce sont des actualisations de l’ensemble des derniers votes ?
Pour le débat de fond, si Zemmour est tout ce qui reste à la France comme penseur et théoricien, on peut dire que le niveau a fortement chuté en quelques décennies. Trop de télé, j’imagine. Selon lui, les dealers seraient en grande majorité des noirs ou des arabes (que les prozemmouriens pourraient plus commodément résumer par le concept unifié de bougnoules, lâchez vous un peu, un peu de couilles que diable) ? Vrai ou faux ? N’y a t’il donc pas de statistique irréfutable et disponible pour trancher ?
Si c’est vrai, est-ce que ça veut dire qu’un excès de mélanine et la lecture du Coran incitent irrémédiablement aux commerces illicites ? Passionnant sujet d’investigation scientifique ! Et si c’est faux, ça veut donc dire que finalement il n’y a pas de débat, et que tous les - bougnoules - sont les bienvenus en France. C’est ça ? J’ai tout compris ?
Faux débat hypocrite. Zemmour n’est pas un penseur ou un analyste de talent. L’immigration suscite beaucoup d’hostilité de la part de la population, et mérite un véritable débat de fond ainsi qu’une politique claire du gouvernement, d’accord. Mais le prédateur le plus dangereux pour le français lambda, ce n’est certainement pas l’immigré lambda, même noir. Même maghrébin. C’est le financier, le banquier, le spéculateur, cette nouvelle aristocratie qui détruit les nations et leurs citoyens, et excite la plèbe contre la plèbe. Avec succès.
J’aime bien
une jolie phrase que j’ai entendue dans le film Fearless avec Jet Li. Le héros
accepte un combat qu’il va perdre, et décline la proposition généreuse de son
adversaire de se retirer. Il lui dit, parlant du public qui le supporte et
l’encourage : « écoutes-les. On ne vit pas que pour nous. ». Ce
n’est pas le même contexte, mais c’est le même concept.
Une autre
phrase qui m’a bien plu, dans une vieille BD de Hugo Pratt. Un vieux chinois
décide faire grâce à un soldat japonais. Parlant de sa famille, qui a été
décimée, il dit : « je suis un fleuve qui n’arrivera jamais à la
mer ».
Exotisme et
sagesse de pacotille, peut-être, mais qui me paraissent résumer le fond du
problème. Personnellement, j’ai commencé à écrire il y a longtemps une série de
textes pour mes enfants, de manière à leur léguer un peu de moi, de ma vie, de
mes expériences, qui au fond, leur appartiennent aussi. Ils sont mon feuillage,
je suis leurs racines.
Tiens, une
petite dernière, glanée dans un vieux bouquin d’histoire, peut-être pas très
sérieux : « à l’âge de quinze ans, le jeune gaulois reçoit des mains
de son père le glaive et le bouclier qui ne le quitteront plus jusqu’à sa
mort ».
Nous sommes
aujourd’hui libres de choisir d’avoir ou de ne pas avoir d’enfants. Mais si
nous en avons, leurs attentes et leurs espoirs sont grands. A nous d’assumer,
de les trahir, ou de les respecter.
Truther bien sûr, puisque je ne crois pas à la version officielle. Y a qu’à consulter certains de mes posts antérieurs, sur d’autres articles. Je faisais uniquement référence à l’argumentaire rachitique et à l’hostilité systématique des provos à l’encontre des sceptiques de tous poils. Faut creuser pour trouver un provo honnête qui ne se retranche pas d’emblée dans la raillerie crétine et puérile des trolls. C’est assez bizarre, comme attitude viscérale, c’est un peu comme si on venait de leur expliquer que leur papa Amérique qu’ils admiraient tant est en fait un gros salopard, et qu’eux ils ont une réaction de gosse blessé qui crie en pleurant « non, vous mentez, ce n’est pas vrai ! c’est les autres les méchants ». Très émotionnel, un peu infantile...
Je n’ai pas
lu l’article. Tout simplement parce que je ne pourrai pas trancher entre
arguments techniques prodigués par les uns et les autres. A ça près, est-ce que
c’est si important ?
Le 11
septembre 2001 est la date fondatrice d’une nouvelle ère dans la géopolitique
mondiale. Avant, jusqu’en 89-90, c’était plus ou moins l’est contre l’ouest.
Puis ensuite le triomphe de l’ouest. Puis enfin, l’ouest, alias les
démocraties, contre le terrorisme obscurantiste du reste du monde. Dans cette
(nouvelle) guerre manichéenne, l’ouest, ce sont toujours les bons, et les
terroristes, ce sont désormais les totalement mauvais. Ce n’était pas si clair
lors de la confrontation est/ouest, le débat était quand même nettement plus
ouvert, il était permis de réfléchir. Maintenant, c’est fini. On ne peut pas
dire que la démocratie y a gagné.
La raison
pour laquelle je ne crois pas à la version officielle du gouvernement des USA
et des médias occidentaux est tout simplement que 9/11 justifie et cristallise
totalement la politique extérieure US et celle de ses alliés-satellites depuis
2001, avec interdiction de critiquer. Que serait cette politique sans le 11
septembre ? Si on imaginait un monde avec quelques attentats parsemés,
totalisant quelques centaines de victimes par an, ce qui est le cas depuis, et
certainement auparavant, est-ce que les USA auraient pu justifier l’hégémonie agressive
qu’ils portent actuellement à bout de bras ? Certainement pas.
Les
arguments des provos dans les débats sur agoravox ou ailleurs sont toujours
très émotionnels : les truthers sont au mieux des gogos bobos illuminés,
au pire des alliés objectifs de l’islamonazisme, c’est-à-dire l’antidémocratie,
le mal absolu. En fait, ce sont les provos qui marchent à fond dans la combine
de la réaction viscérale face à une menace brutale et diabolique. L’idée même
que la politique des Etats-Unis puisse servir non pas le peuple américain mais
de puissants intérêts privés ne semble même pas les effleurer. Pourtant, il en
a toujours été ainsi, et les cercles du pouvoir politique états-unien ont de
tout temps été étroitement intriqués aux cercles du pouvoir économique. Pour
s’en convaincre, il suffit de lister la participation des dirigeants américains
aux conseils d’entreprise des multinationales américaines (cf. par exemple le
chapitre 1 de Stupid White Men de Michael Moore, rédigé avant le 11 septembre 2001).
Comme la
plupart des provos, j’ai eu moi-même une longue période d’admiration naïve pour
le modèle américain, et ce d’autant plus que j’y ai vécu, travaillé, étudié,
que j’y ai de la famille, des amis, et que je m’y sens bien. Pourtant j’ai
l’impression que mes yeux se décillent aujourd’hui.
Je ne
soucie plus guère de l’avalanche d’arguments techniques brandis par les uns ou
les autres, nonobstant leur pertinence, et je me demande même jusqu’à quel
point ces débats ne contribuent pas plus à brouiller les cartes qu’à les
révéler. Si on prend un peu de recul, on en aperçoit plutôt à travers ces
événements un mouvement critique sur un gigantesque échiquier financier,
économique et géopolitique, où les nations et les citoyens passent complètement
au second plan.