@Julien merci pour le commentaire. La référence que je cherchais au sujet de la créativité des robots (de leur AI) concernait un robot chercheur ADAM, développé à l’université d’Aberystwyth (Le monde de l’intelligence 16, Août/sept/oct 2009) ou http://www.aber.ac.uk/en/cs/research/cb/projects/robotscientist/. Soit dit en passant, ça rejoint les préoccupations soulevées par Grasyop au sujet de la recherche médicale. En farfouillant, je suis retombé sur Gilberto, un robot-guide d’aéroport et autre lieu public (http://www.bluebotics.com/entertainment/Gilberto/). Ce genre de machine, représentative de la robotique de service (plutôt qu’à la robotique industrielle), serait amenée à occuper 80 % du marché de la robotique dès 2025, selon certaines sources (sciences et avenir, novembre 2008).
Bref, de toute évidence, bien des boulots vont disparaître purement et simplement. Il est temps de reconsidérer sérieusement le contrat social.
Le truc à saisir, c’est ça. Il y a de moins en moins de travail ! Après les chinois et les coréens, il y aura les robots. Et même, un jour, pas si lointain, les robots deviendront créatifs, et se taperont des tâches intellectuelles (il faudrait que je remette la main sur un article de sciences et vie, ou la recherche, je sais plus, mais conceptuellement, ça se tient). Bref, le boulot, c’est de plus en plus pour les machines.
Tous ces discours libéraux qui se focalisent sur la chasse du chômeur « qui ne veut pas travailler », sur la compétitivité des entreprises moyennant des baisses de salaire et des dégraissages d’effectif, et sur la consommation à outrance comme moteur de l’économie, c’est du flan pour taupe rétrograde. Il y a urgence à concevoir un nouveau contrat social, une nouvelle idée du bonheur et de l’accomplissement, personnel et sociétal. L’utopie devient incontournable.
Soit dit en passant, est-ce être utopique que d’imaginer des système comme l’allocation de vie, une espèce de smic de base à tout membre de la société, assorti d’un financement complémentaire (un salaire) à tout travailleur en fonction de la quantité et de la qualité des prestations, favorisant l’émulation et la créativité, une détaxation du travail transférable à une taxation de la possession ou de la consommation ? N’aboutirions nous pas à une société plus libre (travailler plus pour gagner plus, et en avoir le choix), plus ouverte, plus dynamique, plus juste ?
Evidemment, ça voudrait dire que ceux qui ont tout devraient se résoudre à avoir moins, et que les politiques reprendraient le pouvoir de décider. Pas utopique, mais compliqué.
"une jeune femme de 26 ans nommée Elnaz Babazadeh, a été violée et
assassinée par les forces du Basij
(une branche des Gardiens de la révolution islamique) dans la ville
de Tabriz (nord-ouest de l’Iran) la semaine dernière. Sa voiture a été arrêtée
par les Basij parce qu’elle n’était pas habillée conformément au code
vestimentaire du régime iranien"
Elnaz n’a pas été violée et assassinée par les
forces du Basij mais par trois voyous membres du Basij – nuance. Si trois
flics parisiens violent une prostituée, ce n’est pas toute la police de Paris
qui viole cette prostituée. Vous en conviendrez
Sa voiture a été arrêtée sous
prétexte de non-respect du code vestimentaire. C’est largement ce qui
provoque l’indignation populaire.
« D’après l’enquête de Hrana, la voiture d’Elnaz fut
arrêtée par les Basiji parce qu’elle ne respectait pas le code vestimentaire du
régime. Elnaz a résisté et n’a pas suivi les ordres des Basij.
…
L’enquête de HRANA à Tabriz a permis de confirmer, lors
des funérailles d’Elnaz, que le meurtrier est le fils d’un membre de haut rang
des Gardiens de la révolution. »
En fait, ces faits découlent apparemment de l’enquête de
police, faits que HRANA ne fait que répercuter. A partir du moment où les
policiers interrogent et arrêtent les coupables, dont un fils de ponte des
gardes islamique, ils n’ont aucune raison ni aucune possibilité de dissimuler
cette information au public, par ailleurs très indigné de l’affaire. Vous
donnez l’impression que c’est HRANA qui fait l’enquête et donc que le pouvoir
étouffe l’affaire.
« La famille d’Elnaz a porté plainte, mais les suites
de celle-ci commencent mal : l’IRGC (Iranian
revolutionnary guard corps, aussi appelés pasdarans) revendique
l’enquête. »
En fait, les raisons pour lesquelles l’IRGC veut prendre le
cas en main ne sont pas précisées, et il n’est nullement allégué que c’est pour
étouffer l’affaire. Etant donné les aveux obtenus et l’impopularité de ce
meurtre auprès de la population, cette hypothèse est purement spéculative voire
même improbable.
Votre texte, à première lecture, laisse entendre qu’un viol
et un meurtre de jeune fille rétive au port du voile est chose somme toute
banale en Iran, puisqu’exécutés par des troupes paramilitaires. Nulle part il
n’est précisé que les coupables ont été arrêtés et que leur acte suscite un
mouvement d’indignation populaire, manifestement exprimé. L’affaire est
simplement déclarée « sensible » en raison de l’appartenance des
agresseurs au mouvement Basij.
Comme on ne va pas nécessairement au bout des liens, surtout
en anglais, ces nuances auraient pu échapper au plus grand nombre de vos
lecteurs. Donc, non, Catherine, votre présentation n’était pas honnête.
Deuxièmement, concernant mon appartenance à la Stasi.
Je ne peux pas en parler bien sûr…
Haha, que nenni. Je vous ai dit, rétif aux règles et aux
contrôles. Et à l’enfumage, et à la manipulation, aussi… D’où ma réaction.
Cependant je vous prie de ne pas vous offusquer de mes
réponses et de mes questions. Voyez vous, ça s’appelle débattre. Vous nous
proposez une réalité, une thèse, je vous en propose une autre. A partir du
moment où vous soumettez un texte, vous le soumettez à critique. C’est ce qui
vous arrive, là, à l’instant. Vous êtes critiquée. Bienvenue en démocratie. A
mon avis, la Stasi était moins formelle et moins délicate dans ses
interrogatoires.
Petite flèche du Parthe avant de vous quitter, et vous
n’êtes bien entendu pas obligée de répondre : CIA ? Mossad ?
MI6 ? FN ? UMP ?