joli commentaire. Comme je l’ai écris ailleurs, il n’y a pas de réelle animosité entre flamands et francophones « de la rue ». De ma vie, je n’ai rencontré qu’un seul et unique flamingant vindicatif, et de tous mes déplacements sportifs en Flandre, je garde le souvenir d’un accueil au minimum courtois, souvent chaleureux.
L’anecdote des chasseurs ardennais à Vinkt est documentée sur leur site. Ils ont non seulement stoppé l’avance allemande à cet endroit, mais les ont même forcé à se replier un jour ou deux. De rage, les Allemands ont massacré quelques civils des villages voisins - flamands, bien évidemment. Cet événement était commémoré annuellement par une délégation des chasseurs ardennais et des représentants communaux, jusqu’à il n’y a pas si longtemps. On a quand même une histoire en commun...
Bonjour Astérix, les belges parlent aux belges... C’est clair que nos salades n’intéressent pas trop nos frères de langues, mais bon... Ils ont leurs soucis aussi : Woerth, Sarkozy, les retraites, les Roms, et surtout, surtout, l’ISLAM ! Pourtant, un petit pays voisin, en place depuis 180 ans, qui a partagé bien des vicissitudes, dont l’histoire s’entrelace avec la leur, qui va imploser sous la pression d’un mouvement nationaliste minoritaire d’inspiration fascisante, ça pourrait susciter une ou deux réactions sinon de sympathie, du moins d’intérêt. Parce que ce n’est pas du tout sans conséquence pour le reste de l’Europe. Et je suis prêt à parier qu’on surveille ça de très près dans quelques chancelleries et palais présidentiels de par le monde. Mais c’est bien connu, les histoires belges, c’est pour rire, alors... Enfin, bon, j’ai bien aimé la virulence de l’article. Ce nationalisme aveugle, c’est de l’anti-progrès, de l’anti-démocratie. On rejette les problèmes sur une minorité stigmatisée, on refuse de penser en termes de synergie, en terme de communauté élargie, en terme d’humanité. C’est une politique de grandes gueules. Si nous échouons ici au coeur de l’Europe, ça n’annonce rien de bon pour l’avenir de la Communauté. Et même si beaucoup estiment que le projet européen s’est depuis longtemps fourvoyé dans des chemins de traverse et a perdu son vernis démocratique, un retour pur et simple en arrière n’est ni imaginable, ni souhaitable. Les enjeux dépassent de loin le simple sort des francophones. C’est un jeu de domino qui s’amorce, et toute la crédibilité d’un projet qui est fragilisée.
Bonsoir Zen. Et merci pour l’article, clair et nuancé. A mon sens, les tea-parties sont l’expression de ce credo auxquels les américains veulent adhérer à tout prix : nous sommes la meilleure nation avec les meilleurs principes. Le libéralisme reflète la liberté de chacun de s’enrichir à sa guise, et de gérer à sa guise le fruit de son mérite. Notre formule ne saurait être remise en question. Si le système bat de l’aile, c’est parce que nous avons oublié la sagesse des décisions des pères fondateurs. Revenons à la pureté originelle. Bref, la bonne vieille méthode coué, « plus de la même chose » comme on dit en thérapie. C’est une réaction épidermique, qui n’est nullement propre aux américains, mais bien à tout converti d’un régime menacé. Le mouvement Tea-Party démontre cependant à quel point le « libéralisme » est une philosophie profondément ancrée dans l’attitude et dans l’imaginaire du citoyen américain, qui croit en l’individu, beaucoup moins voire pas du tout en la collectivité. Cette attitude viscérale est peut-être le seul véritable talon d’achille de l’amérique face à l’évolution géopolitique mondiale, et à la perspective d’un déclin ultérieur.
Chaque fois
que l’on parle des Etats-Unis sur ce site, j’ai l’impression qu’on mélange deux
réalités très différentes.
L’Amérique
du citoyen moyen, de John Doe, est fondamentalement assez proche de l’Europe de
Schmidt ou de Dupond. Même préoccupations de base, même souci de trouver et de
conserver un job, d’envoyer ses gosses à l’école, de nouer les deux bouts, de
se payer un peu de bon temps. Leur approche est simplement beaucoup plus
individualiste, prompte au déracinement et à la migration vers d’autres cieux.
Ils vénèrent l’esprit d’initiative, se méfient de l’intellectualisme, détestent
l’ingérence dans leur vie privée. Pour eux, le modèle sociétal américain est
pratiquement parfait, et il n’y a d’autre endroit au monde qu’ils puissent
envier. Cette Amérique là n’a rien d’impérialiste ou d’hégémonique. Ils sont le
paradis, et ils prétendent juste le défendre contre l’extérieur. Point.
Puis il y a
l’Amérique plus ou moins occulte du pouvoir financier, des grandes
multinationales, des corporations. Celle-là tient les rênes, gouverne le
gouvernement, impose sa loi, sa politique extérieure, ses choix stratégiques. A
un certains niveau, tous les responsables politiques américains siègent ou ont
siégé dans le conseil d’administration des grandes corporations. Tous ces
responsables entretiennent une collusion étroite avec le monde de la finance et
des affaires. Tous sont en situation flagrante de ce que nous appellerions ici
un conflit d’intérêt, mais que tout le monde là-bas accepte parce qu’il est
normal et cohérent dans leur vision de la justice sociale qu’un homme de
pouvoir et de talent accède à la fortune pécuniaire. De la même manière, le jeu
américain est de faire beaucoup d’argent, ceux qui y sont parvenu ont du
talent, et ils méritent donc d’influencer la marche de la nation. C’est en gros
le raisonnement simpliste, et implicite, qui prévaut au sein de la population,
et qui autorise le monde la finance à régner sans partage sur la nation, et sur
le monde.
L’Amérique,
en tant que première nation triomphante, est en déclin. D’une part parce qu’elle
a bradé son industrie et sa capacité d’innovation en les délocalisant sous une
logique de mondialisation économique et de profit direct. Ceux qui ont hérité
de ces capacités, et principalement la Chine, ont pris plusieurs longueurs
d’avance et ne rétrocèderont jamais ce privilège aux américains. D’autre part
parce que la haute finance américaine s’adapte, et précisément, s’est
mondialisée. Les dirigeants des grandes entreprises, des multinationales, des
banques, ne sont pas patriotes ou nationalistes. Ils ne doivent pas faire vivre
l’économie de leur pays, mais trouver le profit là où il se cache, n’importe
où. S’ils doivent un jour faire migrer le siège de leurs activités, ils le
feront. Leur lutte pour la suprématie économique, le monopole, n’est pas une
lutte nationale. Disons que c’est une partie de monopoly à l’échelle de la
planète.
Les
Etats-Unis survivront sans doute en tant que grande nation, mais leur
domination sur la scène internationale s’érode inexorablement. La question
est : l’oligarchie financière doit-elle obligatoirement infiltrer et
contrôler une nation dominante, ou peut-elle se répartir sur plusieurs états,
dont elles prendraient progressivement le contrôle ? A l’heure actuelle,
le modèle libéral triomphe virtuellement partout dans le monde. Son pouvoir est
immense, sans partage. Y aura-t-il encore des nations, des communautés capables
de s’y opposer efficacement, de bifurquer vers des modèles de société plus
humains. Ça, c’est la question.
une simple suggestion. Va faire un tour aux puces, sur une brocante, dans un souk, comme tu le sens. Et si tu trouves un cerveau, achètes le. Ce sera nécessairement une bonne affaire...