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  • bluebeer bluebeer 7 septembre 2010 23:50

    Bonjour à tous,

    Petit message en passant. Je suis wallon, mais le moins qu’on puisse dire, pas farouchement nationaliste. Ni belgicain, d’ailleurs.

    Je pense que tout le monde s’emballe un peu vite. Je ne crois pas que la Belgique en tant qu’état soit déjà morte, ni vraiment prête de l’être. Pour plusieurs raisons.

    D’abord le divorce va coûter bonbon à tout le monde. L’argument selon lequel la Flandre et Bruxelles peuvent se le permettre est fallacieux. Ils peuvent peut-être, mais ils n’ont certainement pas envie, parce que bonbon c’est bonbon, et tout le monde est près de ses sous, surtout en temps de crise. La Wallonie, certes moins bien dotée, devra nécessairement recevoir de l’aide pour ne pas amorcer un jeu de domino dangereux et déclencher une instabilité politique et économique contagieuse au cœur de l’Europe. A la limite, et paradoxalement, c’est peut-être la Wallonie la moins exposée aux dégâts collatéraux, tout simplement parce que la plus fauchée.

    Juridiquement, ça va être un vrai cauchemar. Tout ça ne va pas se régler sur un coin de table à la friterie du quartier. Il existe une telle intrication des institutions que la séparation pure et simple prendrait sans doute des décennies, sauf si on prend le raccourci d’une guerre civile.

    Le citoyen lambda des pays d’Europe se fiche comme d’une guigne de ce qui arrive aux Belges, on ne peut pas lui en vouloir. Mais les gouvernements voient ça autrement. Ils n’ont pas envie qu’une vague nationaliste s’empare de chaque pays à forte minorité ou majorité indépendantiste. De nouveau, la contagion ne les intéresse pas. Bruxelles Belgique ou Bruxelles DC, ils n’en ont rien à foutre, mais ils préfèrent le moins de remous possible. Donc le nationalisme flamand ne soulève aucun enthousiasme en dehors de Flandre, si ce n’est auprès d’autres nationalistes (catalans, basques, écossais, tout ce qu’on veut…).

    En tout et pour tout, 45 % des flamands ont voté pour des partis clairement indépendantistes. C’est énorme, mais ce n’est toujours pas une majorité en Flandre. Il faut aussi rappeler que ces partis ne revendiquent pas un éclatement du pays, mais plutôt un état fédéral qui les avantage, avec une plus grande autonomie de gestion politique et économique pour chaque communauté. Il s’agit à la base d’un discours nationaliste qui, comme tous les discours nationalistes, est basé sur la croyance naïve que la communauté à laquelle on appartient est « supérieure ». Surtout, ce discours est électoralement très porteur, et fait l’économie de bien d’autres réalités moins confortables. Avoir un bouc émissaire sous la main est toujours un jackpot électoral. Nous, les Wallons, sommes tout simplement indispensables aux indépendantistes flamands.

     

     Il est un fait que la Flandre est remarquablement prospère, mais toute prospérité a une fin, et ce qui la rend riche aujourd’hui pourrait disparaître demain, à la faveur d’une crise qui n’en finit pas. Nul ne peut dire ce qu’il va advenir des différentes communautés, et de leurs choix économiques. La Wallonie a été extrêmement prospère pendant plus d’un siècle, et attiré quantité de travailleurs flamands, avant de tomber en désuétude.

    Bruxelles, par la voix de Tall et d’autres, a la tentation de jouer cavalier seul, forte de son insolente prospérité acquise à la faveur des institutions européennes. Mais de nouveau, c’est un calcul à court- ou moyen terme. Rien ne dit que cette prospérité soit éternelle, ou même vingtenaire ou trentenaire. De nombreux empires se sont écroulés au cours du siècle dernier, l’Europe pourrait encore changer de visage. Et de capitale. Et alors Bruxelles sera assise sur rien.

    Soit dit en passant, c’est la prospérité de la Wallonie, jusqu’à l’après-guerre, qui a largement financé la prospérité du reste du pays. Aujourd’hui, chacun se détourne avec dédain d’une Wallonie défaillante et déficiente, l’abandonnant piteusement à son sort. Les chômeurs, les assistés, les indigents, menés par des pitres socialistes comme Daerden, Van Cau, Happart… C’est sûr qu’il va y avoir du ménage à faire, mais la faim finira bien par pousser le loup hors du bois… Et les maquereaux de la démocratie se faire virer à coup de pompe au cul.

    « L’union fait la force », pas très heureux comme devise…

    Il est vrai enfin que les deux communautés vivent dans des réalités séparée, la Flandre repliée sur elle-même, ou ouverte au monde anglo-saxon, les francophones orientés vers la francophonie et bien évidemment leur puissant voisin la France. Mais jusqu’à un certain point, le mariage de raison a créé des liens, et la frontière linguistique est bien plus perméable qu’il n’y paraît. Les deux communautés ont pris l’habitude de coexister en paix, et au niveau du citoyen, il n’existe guère d’animosité tangible vis-à-vis des concitoyens allophones, si on excepte des lieux de tension en périphérie bruxelloise. Un flamand peut toujours profiter sereinement de sa maison de campagne en Ardennes, un wallon passer un week-end à la côte flamande, sans risquer une décharge de chevrotine. De chaque côté, la majorité considère que ces débats communautaires sont d’abord le fait de politiciens, et ne reflètent pas directement les préoccupations des électeurs. Mais sommés de choisir, chacun vote pour sa communauté.

     Un triste exemple des dérives politiciennes et nationalistes, en somme…



  • bluebeer bluebeer 22 août 2010 14:29

    et saveur des saveurs, comparer l’interview de Moreau avec ceux de Mendras et Nivat :

    http://www.agoravox.tv/actualites/environnement/article/moscou-en-feu-poutine-l-27229

    lesquelles égrènent leur chapelet antirusse et antipoutine primaire sans même hésiter sur une syllabe, tant il a été ressassé à moult reprises.



  • bluebeer bluebeer 22 août 2010 14:17

    bonjour,

    merci pour l’article. Les préjugés ont la vie dure.

    A l’appui de votre propos, le témoignage de Xavier Moreau sur realpolitik :

    http://www.realpolitik.tv/geopolitique-de-la-russie/les-incendies-en-russie-par-xavier-moreau.

    Il est amusant de contraster le ton direct et décontracté des réponses de Xavier Moreau à celui du journaliste qui cherche la faille, un indice selon lequel tout ça a été mal géré, faute de moyens et d’organisation. A sa question de savoir si les compagnies occidentales sont rassurées sur les possibilités d’implantation en Russie, Moreau s’esclaffe et rappelle que si elles sont là, c’est parce qu’elles gagnent beaucoup d’argent !

    Franchement, on se demande si il faut vraiment faire des études pour devenir journaliste...



  • bluebeer bluebeer 18 août 2010 00:28

    Juste pour le plaisir d’un peu d’antipsychanalisme primaire...

    Une description que je trouve cruellement juste, glanée sur
    http://comite-de-salut-public.blogspot.com/ :

    "Au passage, avez-vous déjà conversé avec ces étranges spécimens d’humanité que sont les lacaniens  ? C’est l’horreur absolue. Névrosés de la cave au grenier et fiers de l’être, empêtrés depuis des décennies dans leur « analyse » dont tout est fait pour qu’il n’en voient jamais la fin - au lieu que d’avoir entamé une roborative psychothérapie « classique » qui vous recadre la tête sans avoir besoin d’explorer chaque recoin de ses intimités pendant des années-, narcissiquement imbuvables et ricanants devant les manants n’ayant pas eu la Grâce d’être touchés par la Parole du Maître - et athées jusqu’au trognon, évidemment, sans se rendre compte de leur touchant paradoxe -, ils se caractérisent surtout pas leur manie obsessionnelle de vouloir tout analyser et interpréter à l’aune du lacanisme le plus hard-boiled : d’où suite de jeux de mots aussi abscons que dénués de sens, surinterprétation permanente de...tout, en fait, et mépris palpable de tous ceux qui n’entrent pas dans leurs foutaises qui donne envie de clore le débat d’un revigorant coup de boule dans leurs faces de sous-intellectuels petit-bourgeois. (et pour l’anecdote, j’ai même une fois rencontré la version : lacanienne lesbienne « radicale » deconstructrice du genre et là les enfants : ça fout la trouille).« 

    et

     » Bon, pourquoi s’agacer de ça, puisque c’est le week-end, qu’il fait beau et que les filles sont jolies ?

    Parce que les sourcilleux auto-proclamés Gardiens Du Temple sont exaspérants et que mine de rien, en refusant à un bête objet le pouvoir d’être émancipateur - puisque bien sûr ce n’est pas le bidule en soi qui l’est mais ce qu’il symbolise, ce qu’on y introduit de sens et d’affectif -, pour privilégier le Verbe écrit ou parlé, l’auteur atteste son appartenance à ces cercles de gens sans doute ô combien cultivés et capables de faire de la citation péremptoire à la chaîne, mais que leur révérence inquestionnable à un cénacle intellectuel - en l’occurrence le freudisme dans sa version la plus littérale - empêchent de sortir l’esprit des sentiers archi-rebattus d’une pensée tellement attaché à l’Oeuvre à la virgule près qu’elle en devient sclérosée et sclérosante...
    Hors du Verbe point de salut, Freud l’a dit, ses exégètes l’on redit après lui, et donc le débat est clos, définitivement clos, pourquoi ? Parce que Le Penseur - mettre un autre nom de grande figure de l’esprit, ça marche pour plein d’entre eux - l’a dit. Raisonnement circulatoire qui doit être drôlement pratique, mais qui dans le cas qui nous occupe est un peu mis en brèche par cette satanée réalité dans laquelle, désolé mon pote : un objet peut parfaitement avoir une telle portée émotionnelle qu’il peut en devenir libérateur. Ou au contraire devenir déclencheur de tourments sans fin, ou encore autre chose etc. Mais le Verbe dans les rapports humain n’est pas tout-puissant, faut arrêter de dire des conneries à un moment, là.

    Et si vous voulez tout savoir, ça m’agace d’autant plus que j’en vois des comme lui à la pelle en version marxiste - Les Grands Anciens L’Ont Écrit Dans Les Textes Sacrés, Impie ! Ne Va Pas Contre La Parole Sublime Et Intangible Qui Jamais Ne Changera ! - et que je ne supporte plus ce genre de personnes, voilà.

    Bref ; laissons les sous-gourous à leur auto-satisfaction et vous savez quoi ? Je vais aller revoir Inception, moi."

    N.B. Le texte critiquait une critique. Une critique d’inspiration psychanalytique du film Inception de Nolan.



  • bluebeer bluebeer 13 août 2010 18:09

    juste un tout petit hommage pour un très grand acteur.

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