Excellente observation. Au fond, les longs et lourds débats « techniques » sur la faisabilité ou plausibilité de tel ou tel mécanisme (effondrement consécutif à l’impact ou effondrement provoqué, missile ou non sur le pentagone, etc.) ne suffisent jamais à convaincre l’autre camp parce qu’aucune partie ne détient de preuve réellement irréfutable en sa faveur.
Le fond du débat est et reste idéologique, c’est à dire émotionnel. Les provos refusent d’imaginer un gouvernement américain cynique au point de réaliser une opération aussi meurtrière sur leurs propres concitoyens, et de soutenir ensuite un mensonge aussi éhonté. Ils estiment aussi tout bonnement impossible de maintenir le secret sur une opération de cette ampleur. C’est la base de leur conviction inébranlable en la version officielle.
Au contraire les truthers pensent que le gouvernement américain est assez cynique pour justifier son militarisme hégémonique par une manoeuvre aussi tordue. Beaucoup pensent d’ailleurs qu’il est plus aux ordres du monde financier et économique anglo-saxon qu’au service des citoyens américains. Les guerres au moyen-orient en serait la démonstration. Ça débouche parfois sur des discours assez allumés et hautement spéculatifs, mais bon, une chose est sûre, les dirigeants ne disent jamais tout ce qu’il se passe au bon peuple.
Ma sympathie va aux truthers, même si je trouve un certain nombre de leurs argumentations tirées par les cheveux (quoique pas vraiment plus que certaines acrobaties et scotomisations de provos, il faut bien le dire). Cependant, ce qui me gêne le plus dans la version officielle, c’est qu’on a été prompt à agiter l’épouvantail Ben Laden et Al Quaïda, et on l’agite toujours, d’ailleurs, pas plus tard que hier, mais on ne s’est jamais réellement donné la peine d’analyser leur stratégie et de l’expliquer au grand public. Les méchants sont méchants, et nous sommes gentils. Point. C’est tout ce qu’on a eu.
Par rapport à l’effondrement des tours, une question que je ne vois jamais abordées dans tous ces débats est la suivante : les terroristes islamistes qui pilotaient les avions (en supposant que ce soit bien le cas) avaient-t-ils l’intention de détruire les gratte-ciels qu’ils allaient percuter ? Leur effondrement était-il calculé, intentionnel ? Quel était exactement l’objectif des attententats ? Qu’est-ce que leurs auteurs cherchaient à obtenir ?
Jamais cette question n’est posée parce que la réponse paraît couler de source. Une version « officielle » qui analyse clairement la stratégie des « terroristes » n’est jamais proposée, jamais discutée. La version officielle se contente d’agiter des marionnettes de fanatiques barbus et sanguinaires, agressant les enfants de la « plus grande démocratie du monde » et tous les braves démocrates occident, mais dénigre d’emblée aux « terroristes » toute vision stratégique de leur action, si ce n’est cette ridicule assertion selon laquelle les terroristes islamistes voudraient soumettre les occidentaux par la terreur. Y-a-t-il vraiment des dirigeants islamistes assez stupides pour adopter une telle ligne de conduite ? Et y-a-t-il vraiment des occidentaux assez stupides pour croire que de tels dirigeants existent ?
Plutôt que de passer son temps à étayer les explications du rapport du NIST à grands renforts d’acrobaties conceptuelles, je préférerais que les provos m’expliquent en gros ce qui se passe, qui attaque qui, et pourquoi. Je serais bien étonné qu’ils puissent répondre autre chose que : les islamistes sont des fanatiques qui veulent imposer leur religion au monde entier par la guerre sainte. Je crois qu’en terme de géopolitique, leur réflexion s’arrête là. Et c’est bien triste.
Surtout, il est très bien placé pour savoir que le piston, c’est vachement plus efficace que les diplômes ou la compétence, comme ascenseur social. C’est sûr que ça ne doit trop le motiver pour ses études.