je trouve votre article fascinant et bien plus intéressant qu’une quantités d’autres, sempiternelles variations sur des thèmes invariablement rabâchés sur le site.
Je m’intéresse depuis l’enfance à l’histoire de l’aviation de la seconde guerre, et même si c’est hors sujet, c’est aujourd’hui seulement que j’apprends que Lindbergh n’était pas le premier aviateur à réussir un vol transatlantique ! Avec preuve à l’appui, ça n’est contesté par personne dans le domaine. Y a pas à dire, l’Histoire est écrite par les vainqueurs ! Propagande, tout est propagande.
Je me demande combien d’autres trucs que nous prenons pour acquis sont tout aussi contestables. Si d’autres en connaissent, ça pourrait faire des articles, qui loin des anecdotes, nous montreraient comme nos convictions sont parfois bâties sur du sable.
En fait, l’idée de « faire travailler les chômeurs » est a priori révoltante, car elle donne un peu l’impression d’ajouter l’outrage à la blessure. Mais d’un autre côté, est-il juste et est-il sain de militer pour un droit à l’aumône ? Car c’est ce que l’allocation de chômage est devenue avec le temps, une espèce d’obole aux « indigents », dans un univers qui ne leur offrira jamais d’autres perspective qu’une survie minimaliste, une espèce de mendicité organisée sur la planète libérale, où le peuple est séparé entre les les gagnants et les perdants, ceux qui ont trouvé du travail et ceux qui n’en ont pas trouvé. Tout en sachant que le travail se raréfie.
Et le plus beau paradoxe de tout cela, c’est que de nombreux secteurs publics essentiels crient pour de l’aide : le secteur des soins, d’aide aux personnes âgées, les service de police, de protection, d’enseignement... A côté de ça, une multitude de talents et de ressources inemployés, car trop chers. Mais payés quand même - moins cher, et pas par le monde de la finance.
Vous avez raison. Que vaut une société qui n’est pas capable d’offrir un poste, un rôle à chacun ? Personnellement, je pense aussi qu’il est temps de changer cette équation. Plus de chômage, une série d’emplois temporaires rémunérés, de fonctions, à tous les échelons des services publics. Donner l’occasion à des millions de personnes de ne pas végéter sur le banc de touche, mais de participer à la vie sociale, communautaire, d’exister, de tisser des liens, des projets, d’acquérir une expérience ou de diversifier celles que l’on possède déjà. De bâtir une estime de soi, plutôt que de trembler de perdre son emploi par compression de personnel ou récession économique. Oui, que les gens continuent de recevoir de l’argent, mais pour quelque chose qu’ils font, qu’ils partagent, qu’ils offrent, parce qu’ils en ont le potentiel, et que cela sert à la communauté. Alors peut-être bien que notre monde serait meilleurs, en dehors de la logique capitaliste.
En fait, c’est fou, mais Cameron est en train d’amorcer un retour vers le communisme. Le bolchévisme, même. Ben ça, je l’aurais jamais cru.
J’ai néanmoins une pensée particulièrement émue pour Moorea qui très certainement doit souffrir en cet instant précis d’une désagréable sensation d’abrasion à hauteur des sphincters.
bon article, bien écrit, à l’heure de bien des clichés. La place des jeunes est bien dans la rue, car le monde qu’on leur préparé ne leur laisse guère le choix : de moins en moins d’importance en tant que citoyens, de moins en moins d’existence en tant qu’individus, de moins en moins de défis à relever pour bâtir une estime de soi, de moins en moins de liberté pour vivre en dehors du troupeau, le triomphe d’une idéologie malfaisante, mercantile et destructrice, le libéralisme.
Ceux qui s’acharnent sur les « djeuns » brocardent souvent leur consumérisme et leur manque de maturité. Pourtant, ce ne sont là que les pâles reflets des tares de leurs aînés, ceux-là même qui ont appelé de leurs voeux l’avènement du veau d’or, du roi Pognon, de la fée Frime.
Ça ne va pas être une mince affaire pour eux de relever les défis qui les attendent, vu le chantier qu’on leur laisse. Plutôt que les fustiger, on ferait mieux de les épauler et de les encourager.