L’état ne reconnait aucun culte, comment pourrait-il en obliger un à quoi que ce soit. S’il vous plait donnez nous les références des textes législatifs ou réglementaires imposant cette règle à une église, catholique par exemple, qui pour l’état n’existe pas !
Ce qui est plus probable c’est que l’état s’est arrogé l’exclusivité de la célébration et de l’enregistrement des mariages après 1792, date de l’institution du mariage civil, je ne connais pas la date exacte, et que partant il interdit à quiconque, citoyen ou groupe de citoyens, de procéder à une cérémonie qu’ils désigneraient comme un mariage et d’en tenir des registres, sans que celle-là et ceux-ci aient été précédés d’une célébration civile par ses officiers d’état civil dans les formes et conditions établies par lui, l’état.
L’église catholique ne fait que se soumettre à la loi ; tant que cette loi ne va pas directement contre la conception du mariage religieux, comme je l’ai déjà dit, c’est tolérable par des croyants, mais à partir du moment où la célébration civile contredit radicalement le sens du mariage religieux en changeant sa nature, il devient légitime de résister à l’abus de pouvoir, la tyrannie comme on disait au XVIIIe siècle.
C’est pourquoi je demande que
- soit le mariage civil ne soit pas modifié dans sa nature ( un couple = un homme et une femme, relire les articles du code civil lus en Mairie),
- soit que la valeur civile du mariage religieux soit reconnue par l’état,
- soit, au moins, que l’état tolère le mariage religieux, sans le reconnaitre, ce seront alors les croyants fidèles qui se retrouveront dans la situation des couples de même sexe actuels.
Je crois cher monsieur Desbois, que vous pouvez prendre la question dans tous les sens, le lien existe bien, du fait de l’état (c’est ce que vous me reprochiez de ne pas dire assez clairement lors de votre dernière réponse), entre les mariages civils et religieux, et dans un accord, fut-il de fait et jamais formalisé, et pour cause, c’est celui qui le rompt unilatéralement qui prend la responsabilité du conflit.
Bien à vous,
P.S. 1 - Dans une conversation hachée comme celle-ci il se peut que l’expression ne soit pas parfaite. Mais j’ai toujours entendu que c’est volontairement que l’église catholique, comme les autres religions, se soumettait à l’exigence de l’état, en France, en ne célébrant pas de mariage religieux sans mariage civil, ce n’est pas une obligation canonique de l’église catholique. Si l’état change les règles il ouvre ipso facto la possibilité de changer la pratique acceptée jusque là. Il permet à minima que toutes les parties concernées, donc les religions, qui pour lui n’existent pas, interviennent et donnent leur point de vue sur la question.
P.S. 2 - Sur un espace de discussion citoyen, comme Agoravox, vous avez même la possibilité d’échanger des arguments sans aucune agressivité, fussiez-vous en total désaccord avec vos correspondants, et naturellement sans utiliser des termes méprisants pour ceux qui souhaitent débattre publiquement. Des exposés clairs n’ont nul besoin d’être incivils.
Vous devez admettre, parce que c’est un fait, que les religions, l’église catholique au moins, font du mariage civil une CONDITION NECESSAIRE, pas suffisante, du mariage religieux. Cela veut bien dire que non seulement elle le reconnait, mais qu’elle l’exige. Cela lui a été imposé par l’État depuis le concordat au moins. Vous pouvez répétez qu’il n’y a pas de lien causal entre mariage religieux et mariage civil, mais je viens de vous prouver à nouveau que ce n’est pas vrai. Mais ce lien est à sens unique, pour le mariage religieux le mariage civil est NECESSAIRE. S’il change de nature, je demande simplement qu’il ne soit plus nécessaire, ce qui est du ressort de l’État et qu’il n’a jamais évoqué dans son projet de loi. Je ne vois toujours pas pourquoi vous refusez de demander de rompre le lien entre mariage civil et mariage religieux. Cela ne dépend que de l’État. À ma connaissance l’église catholique, en France, accepterait de marier ses fidèles sans mariage civil, SI et SEULEMENT SI l’État le lui autorise, ce qu’il refuse obstinément. Si vous le voulez bien, demandez la modification des conditions légales de célébration des mariages religieux. Vous devez faire attention à ce que j’écris, s’il vous plait, c’est la République qui oblige les religions à une pratique qu’elle n’ont pas sollicitée et non le contraire. Or la République ne reconnait pas les religions, bien qu’elle les oblige à des pratiques unilatéralement. Vous ne vous en sortirez pas, les faits sont très têtus. Désolé !
P.S. S’il vous plait, la discussion est déjà assez difficile comme cela, ne mélangeons pas ce problème de la nature du mariage avec celui du statut des départements concordataires. restons-en au statut du mariage dans le reste de la République, hors Mayotte et la Guyanne :+))
Vous écrivez : « Les religions n’ont pas à se mêler du mariage civil puisqu’elles ne le reconnaissent pas , puisque pour elles il n’a aucune valeur. »
C’est totalement faux puisque le célébrant du mariage religieux demande avant de procéder à la cérémonie religieuse aux candidats au mariage de présenter la preuve de leur mariage civil. Si cela ne veut pas dire que les religions reconnaissent le mariage civil, je ne comprends pas du tout votre logique. Les liens de causalité temporelle sont parfaitement clair.
Je redis donc : si la République veut modifier unilatéralement la nature du mariage civil, sans tenir aucun compte des religions, elle en a le pouvoir, à la seule condition qu’elle ne se mêle en aucune manière des mariages religieux, OR ELLE S’EN MÊLE. Même la laïcité la plus exigeante ne peut demander à une religion de se soumettre à la République, pour la bonne raison qu’elle l’ignore, relisez la loi du 9 décembre 1905 art. 2 : « La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte ».
C’est vous qui devriez comprendre que c’est la République qui conditionne le mariage religieux à la célébration préalable du mariage civil et non le contraire. Il est INTERDIT par la République de célébrer un mariage religieux, si la République n’a pas célébré préalablement son mariage civil. Que deux institutions qui n’ont pas les mêmes critères ni la même conception du mariage ne reconnaissent pas mutuellement le mariage de l’autre institution ne me pose pas de problème. Mais que l’une des deux institutions oblige l’autre à se soumettre à son diktat est inadmissible.
Donc que la République ne se mêle pas des mariages religieux et nous pourrons débattre librement et sereinement du mariage civil. Mais tant que la République voudra imposer à mon Église sa conception du mariage je refuserai qu’elle en face une parodie destructrice de la société.
Il est INTERDIT à l’Église catholique, en France, de célébrer un mariage religieux, sans mariage civil préalable. Le célébrant vérifie toujours avant la célébration religieuse la réalité de la célébration civile. Donc si cette loi nouvelle modifiant la nature du mariage passe il faudra nécessairement soit que la République reconnaisse la valeur civile du mariage religieux, soit qu’elle autorise la célébration religieuse indépendamment de la célébration civile.
Au nom de quoi obligeriez-vous un catholique qui refuserais une célébration qu’il considère comme intrinsèquement fautive, à la subir pour qu’il exerce le culte auquel il adhère.
En résumé si la République rompt le lien, qui est de son fait, entre mariage civil et mariage religieux, la discussion est possible et la décision ouverte, sinon il y violation de droit et abus de pouvoir.