Pour sa mission républicaine, le volontaire instit « de l’ Intérieur » touchait une prime dite de « colonisation » pour contrecarrer les difficultés linguistiques et sociologiques en AL
Des Alsaciens vivant en France se virent arrêtés et traînés dans des camps sous les crachats de la population ; dans les villages où les Français pénétraient on arrêtait d’ailleurs à tort et à travers, raflant parfois de vieux combattants médaillés de 1870. Dès 1914, Albert Schweitzer et son épouse furent mis en résidence surveillée à Lambaréné (Gabon, alors en Afrique-Équatoriale française) ; épuisés et malades en 1917, ils furent ramenés et internés en France jusqu’en juillet 1918.
Une des premières mesures fut de diviser la population en quatre selon son origine : ceux qui sans l’annexion de 1871 auraient été français reçurent une carte A marquée de tricolore, ceux dont un parent était allemand, ou encore les Allemands conjoints d’Alsaciens-Lorrains, furent munis d’une carte B, les étrangers eurent droit à une carte C et les Allemands enfin reçurent la carte D. Ce tri était uniquement fondé sur les origines, et non sur le sentiment de l’individu ou son patriotisme, qui pouvait être indépendant de ses origines.
Malgré la chute brutale du cours de la monnaie allemande, les titulaires de carte A purent lors du changement de monnaie recevoir l’argent français au taux ancien : 1,25 F pour 1 Mark ; ceux qui n’avaient que la carte D ne reçurent qu’un peu plus de 0,80 F pour la même somme, ce qui n’était pas un taux de spoliation mais simplement le cours normal auquel les Alsaciens eux-mêmes s’attendaient et contre lequel ils n’auraient pas protesté : « C’est un magnifique cadeau que la France fait à l’Alsace »,