@la mandale ou rien Pour les retraites et l’âge de départ, vous confondez instituteurs ( 57 ans ) et professeurs des écoles ( 62 ans ). Pour le montant moyen, les chiffres sont bruts, excluent les nombreux contractuels, plus précaires, mais comprennent les pensions des agrégés et professeurs de l’enseignement supérieur qui forment l’aristocratie de l’EN. Et encore faut-il avoir sa retraite complète...
@Decouz Les syndicats ne nous ont pas défendus du point de vue des salaires. Il a fallu attendre 2019 et le 1er projet de réforme des retraites pour qu’ils commencent à en parler. Le recrutement direct ? Avec nos chefs d’établissement ? Mais ce ne sont pas des chefs d’entreprise attachés à la qualité du service d’enseignement . Ce sont de bons petits soldats qui adhèrent à l’idéologie de l’institution et la mettent en oeuvre sur le terrain, en veillent à l’évolution de leur propre carrière. D’où le « pas de vague »... Ce que vous envisagez implique d’abord une table rase.
@Decouz Certes. Mais le salaire moyen allemand commence là où nous finissons... Par ailleurs, les heures de cours ne sont que de 45 minutes, ce qui modifie le compte final dans les comparaisons internationales. Les profs allemands n’assurent que très peu les pénibles heures de cours l’après-midi. Les classes sont plus homogènes ( en France, une classe, c’est souvent la cour des miracles ! ) et moins chargées. Tous les profs français ne voudraient pas du système allemand. Mais les profs allemands ne voudraient sûrement pas du nôtre ! Le problème, c’est que politiques ( depuis Allègre ) et médias, accompagnés par une opinion publique aveugle, nous ont fait passer pendant des années pour des fainéants nantis et pleurnicheurs... Rassurez-vous : ce sera pire. Quand les concours auront disparu, ce qui est l’objectif des libéraux, et avec eux, le dernier intérêt à exercer ce métier : la sécurité de l’emploi, allez recruter des profs qualifiés !
@Armelle Ce n’est pas seulement la question d’être blindé ou pas. Qu’est-ce qu’une zone difficile ? Bien des milieux ruraux constituent de véritables défis pédagogiques ( niveau des élèves, mentalités, enclavement, faibles revenus ). Tout autre chose cependant que d’enseigner à une majorité d’élèves issus de l’immigration dans une banlieue de métropole. La vérité, c’est que nous ne faisons pas du tout le même métier selon le lieu d’exercice. Parce qu’enseigner, c’est être confronté à la réalité d’une société diverse et qui va mal globalement. Pour faire réussir les élèves, il faut rétablir l’autorité du maître à l’école ( exit les parents qui, eux, feraient bien d’éduquer à la maison ) et donner aux établissements une large autonomie pédagogique ( car la Corrèze, ce n’est pas Vaulx-en-Velin, même si enseigner n’est facile nulle part ). Et faire passer l’exigence de la transmission des savoirs avant la bienveillance psycho-socio-médico-pédagogique car les profs d’aujourd’hui ont été largement transformés en travailleurs sociaux. Pour le système des points, bien sûr qu’on doit le revoir. Comme beaucoup d’archaïsmes.
@Armelle Tout ce que je peux vous dire, c’est que, dans l’E ; N ;, l’enseignant exigeant vis-à-vis de lui-même et des élèves, soucieux de transmettre des savoirs, est bien souvent harcelé par les parents d’élèves et par l’administration (et mal vu de ses collègues, sans parler de sa carrière personnelle ralentie par les inspecteurs ). Beaucoup d’enseignants s’efforcent encore de faire travailler les élèves. Vraiment. Or, la plupart de nos jeunes ne fiche rien à l’école. Et ils ont raison si l’on peut dire : ils sont quand même surnotés et diplômés. Encore une fois, le prof lucide et consciencieux se retrouve isolé, en butte au terrorisme des parents qui ne considèrent que la note et non les acquis, et aux pressions de l’administration qui soutient les clients. Ne croyez pas que tous les enseignants se moquent de l’avenir des élèves dans la vraie vie et de l’intérêt du pays. S’ils vont mal, ce n’est pas sans raison.