En 2024 Anthropic conclut un accord stratégique avec le gouvernement américain afin de « rendre disponibles ses modèles AI (Claude) sur ses réseaux classifiés » ainsi qu’un partenariat avec le Pentagone de 200 millions USD, en conjonction avec une autre entreprise du domaine d’ailleurs, Palantir
Cet accord est interrompu par la firme en 2025 pour des « raisons éthiques ». Anthropic refuse que son modèle IA Claude soit utilisé « pour la surveillance de masse ou pour des armes autonomes » ignorant totalement que c’est précisément le business du Pentagone de « faire de la surveillance de masse et d’utiliser des armes autonomes ».
Et maintenant, en 2026 la firme alerte sur la « dangerosité de ses produits », à l’instar de OpenAi d’ailleurs qui reporte son introduction en bourse IPO (ad aeternum ?) pour les mêmes raisons « éthiques », pendant que l’on continue à construire ces data centers à travers tout le continent comme s’il n’y avait pas de lendemain. Je trouve cela assez cocasse. Mais bon, je dis ça, je ne dis rien.
L’extinction de l’humanité en raison de l’intelligence artificielle ? Probablement pas. On pense plutôt à Pfizer et Moderna avec leurs injections à base de mRNA.
L’ivrogne qui rentre chez soi tard le soir cherche la clé de sa maison sous le lampadaire. Il y a plus de lumière. Ceci dit, Jacques Attali et les siens ne font évidemment pas partie de la catégorie des « ivrognes » comme le gros de la société.
Une bonne moitié des emplois qu’offre l’économie aujourd’hui sont des bullshitjobs improductifs, dotés de diplômes inutiles, mais, en partie, très bien rémunérés, financés avec de la monnaie FIAT, et l’intelligence artificiel n’y est (encore) pour rien, dont le seul but illusoire est le maintien d’un système socioéconomique, le capitalisme, qui en réalité s’est déjà effondré.
Le socle incompressible des tâches, indispensables pour le bon fonctionnement de la société en revanche, est aujourd’hui, et a toujours été, peu considéré et faiblement rémunéré. Ceci dit, l’utilité et la valeur sociale d’une activité économique est évidemment sujet à interprétation et débat.
Une chose est sûre, nous avons d’ores et déjà dépassé la phase terminale du capitalisme et nous entrons dans une nouvelle ère, dans laquelle le rendement sur capital, le profit, jadis considéré comme le critère primordial de toute décision d’investissement, a dorénavant perdu toute sa signification, puisque les plus grandes capitalisations boursières, gonflés à bloc par le biais de la création monétaire des banques centrales et des banques commerciales, surtout depuis la crise financière de 2008 et une dernière fois encore pendant la crise du Covid, sont aujourd’hui des conglomérats qui travaillent à perte, notamment dans le domaine de l’intelligence artificielle, mais pas que, et dont il est loin d’être sûr qu’elles soient profitables un jour. Mais, de toute façon, ce n’est plus l’objectif. L’objectif est désormais de nature idéologique et non plus économique, à supposer que le capitalisme ne soit pas également une idéologie, le contrôle de la société, une sorte de totalitarisme numérique.
Il y a bien une raison pour laquelle l’économiste britannique John Maynard Keynes, co-architecte des accords de Bretton Woods, pouvait écrire en 1930 qu’en l’an 2030 la société finira par travailler 15 heures par semaine et que la même année l’écrivain britannique Aldous Huxley pouvait rédiger sa dystopie, ou utopie, c’est selon, « Le meilleur des mondes ». Et la raison est, que les maquettes des technologies qui sont aujourd’hui réalisées à l’échelle planétaire, étaient déjà dans les tiroirs des élites de l’époque.
Il ne s’agit donc plus de redistribuer les gains de productivité comme au 19ème siècle, entre le capital et le travail, puisqu’il n’y a plus de gains de productivité au stade de développement auquel nous nous trouvons aujourd’hui, mais uniquement la distribution des acquis. Autrement dit, la pauvreté et la précarité n’ont en réalité plus aucune raison d’être aujourd’hui.
Alors que reste-t-il à faire à la société ? Acquérir le savoir nécessaire pour atteindre la liberté ! Tout un programme et c’est là que le bat blesse.
Ainsi le député Maximilian de Robespierre pouvait dire devant ses pairs aux Etats généraux de 1789 : « La plus grande partie de nos contemporains est aujourd’hui réduit par l’indigence, à ce dernier degrés d’avilissement où l’homme, uniquement préoccupé de survivre, est incapable de réfléchir aux causes de sa misère et aux droits que la nature lui a donné. »
Et qu’est-ce qu’on fait pour éviter cette « conscientisation » ? On abrutit la société en abaissant le niveau de la culture générale et en produisant une classe d’experts (bullshitjobs), un processus décrit dans le roman dystopique « 1984 » de l’auteur britannique George Orwell, paru en 1949, dans lequel une classe experts protège les élites de la plèbe inculte. « Il est fort bon de faire accroire à la plèque qu’il y a un Dieu rémunérateur et vengeur dans les cieux qui punit mes paysans s’ils me volent mon blé. » disait Voltaire, en défense de sa vision du bon fonctionnement de la société, une sorte de travestissement de la république platonicienne.
Une société inconsciente qui ne sait pas d’où elle vient est incapable de se projeter dans le futur.