« Si vous ne voulez pas vous inféodez aux banques c’est tout simple : il suffit de ne pas y avoir recours. »
Vous apprends-je quelque chose en vous disant que la monnaie actuelle est presque exclusivement générée à partir de la dette ? En d’autres termes, en prônant moins de dette, vous prônez moins de monnaie. Et moins de monnaie, ça conduit à la récession (pauvreté, morts, toussa...).
La production c’est bien, mais si vous n’avez pas de quoi l’échanger ça ne sert strictement à rien.
Je suis peut-être un peu flou, c’est volontaire car je ne voulais pas utiliser les 3 mots tabous qui influencent tout de suite le débat. Mais bon, essayons.
Ce dont je parle, c’est d’imaginer une autre forme de travail incluant le revenu de base. Vous savez, ce revenu inconditionnel versé à tous sans contrepartie de travail, d’un montant environ égal au seuil de pauvreté (et certainement indexé sur un indicateur de production de richesses).
Ce qui me plaît énormément dans ce concept, c’est qu’il y en enfin une vraie collaboration saine entre employé et employeur. Le demandeur d’emploi est libre de travailler ou non. Il n’est pas contraint de participer à la production de richesses marchandes, puisqu’il n’est pas dans le besoin. Au pire, s’il veut obtenir un bien quelconque, il peut se vendre sur le marché du travail afin d’obtenir l’argent nécessaire à l’acquisition de ce bien.
C’est là que je voulais avoir votre avis, car en tant que libéral, le marché du travail devrait être régit par les mêmes règles de concurrence que la marché des biens et services. Et pour moi il ne l’est pas : ce sont les entreprises les plus puissantes qui règnent sur le marché de l’emploi, puisqu’elles ont le monopole des biens produits (et donc le monopole de la production, et de l’emploi qui en découle).
En somme, elles accaparent presque tous les pouvoirs, et mon avis est que le marché du travail y est grandement pour quelque chose.
C’était à dire que je ne comprenais pas pourquoi vous m’en parliez, même si j’avais mon idée : vous me parliez bien d’une part d’un prix minimum (dû au SMIC) et en même temps d’un blocage de prix (en référence à votre critique de la gauche sur un autre article, concernant le blocage des loyers et l’augmentation du SMIC).
Je ne saurais vous répondre pour le logement, mon avis étant qu’il y a une bulle dans ce domaine, et que l’intervention de l’Etat ne fait que retarder l’échéance. C’est presque pire car il maintient un niveau maximum des loyers (le maximum actuel).
Pour le prix minimum, incriminer le SMIC (si c’est bien votre argumentation) c’est oublier qu’il y a dans tous les cas un coût incompressible de fabrication, même sans main d’oeuvre. Le SMIC ne fausse rien.
J’aimerais par contre vous emmener sur un sujet très lié que vous évoquez, celui de la régulation authentique, autonome, naturelle. Ma question est la suivante : vous prônez le libéralisme (d’après mes enquêtes...) et en même temps valorisez le « travail » salarié dans sa forme actuelle. Mais ne pensez-vous pas que justement le marché du travail est totalement faussé ?
Personnellement, je le trouve faussé. Mon argumentation est simple : tout individu a besoin d’un revenu pour vivre. Or, actuellement, sauf cas marginaux (posséder un capital important, ...), seul le travail salarié permet d’obtenir un revenu. Le marché du travail est donc clairement dans une position de domination, et il n’y a aucun jeu de concurrence dans l’offre de travail. Que dit le libéralisme à ce sujet ?
« Ensuite il vaut mieux avoir un emploi, même mal payé, que pas d’emploi du tout. »
Dans le système actuel, à la présence près de l’Etat qui crée des effets de trappe (impôts, RSA, ...), vos avez raison. Et je trouve ça complètement aberrant aujourd’hui. Avec un tel gain de richesse due à l’industrialisation (comprendre aussi bien l’automatisation que les avancées techniques) on en profite pas pour verser ce gain de richesse à chacun. A la place, on préfère garder un système où l’on n’accès à ces gains que si l’on accès à un emploi de plus en plus rare. C’est absurde.
Pour les jeunes, je vous concède bien qu’il n’y a rien d’hasardeux là-dedans : on ne veut pas de jeunes car ils ne sont pas rentables. Dans le même temps, ils ne le deviendront pas de sitôt vu qu’ils ne travaillent pas. Bon, on a compris l’idée du cercle vicieux.
Concernant le blocage du prix, je ne vous suis pas.
Je vais tenter de deviner : l’augmentation du SMIC aurait un impact direct sur les coûts de production, réduisant ainsi les bénéfices. Certaines entreprises pourraient alors ne plus exister car ne pouvant payer leurs salariés : destruction d’emplois.
La solution, c’est de baisser le SMIC : main d’oeuvre bon marché, compétitivité, bénéfices ... et voilà, on retrouve l’emploi ! Les salaires de misère par contre, c’est un dommage collatéral ... mais bon on aura l’emploi, c’est pas ce qu’on voulait ?