« En Grèce , des personnes se sont immolés par le feu alors ne parlent pas de dignité... »
C’est tellement con parce qu’inefficace, que je préfère ne pas commenter...
« ...les Grecs ont peut être perdu espoir et n’ont plus le courage de manifester car ils savent qu’ils ne sont plus entendu même par Tsipras. »
N’oublions pas qu’au départ de la crise, ils étaient massivement pour le maintien dans l’euro et dans l’U.E.. Si ça se trouve, aujourd’hui encore, ils misent sur le retour du temps béni des fonds structurels. Alors...
« ...la dignité des Français, vous croyez vraiment qu’elle est meilleure ? »
D’abord, personne ne répète jusqu’à plus soif qu’ils souffrent le martyr, personne non plus ne leur inflige couche de rigueur après de couche de rigueur.
Et puis trente ans de matraquage antiraciste continu, ça finit par entamer l’estime qu’on peut avoir de soi.
« Le FDG aussi bien que Marine Le Pen s’en sont réjouis... »
Eh oui, comme tous les rêveurs, dont je fus, qui croyaient que Tsipras allait balancer un grand coup de latte dans la fourmilière. A priori, on ne pouvait pas savoir qu’il n’avait rien sous la fustanelle.
« Les Grecs ont fait plus de 20 000 manifestations. »
Vous les avez comptées ? Moi, je m’en tiens aux nombre de manifestants qui étaient là où il fallait être, devant le Parlement au moment du vote, et pas sur la place de la mairie de Petaouchnokos, capitale mondiale de la feta marinée à l’huile d’olive.
« …et ils viennent de faire 48 heures de grève générale ! »
Il paraît que c’était la quatrième. Comme disait Fernand Raynaud, « Ça a eu payé ! »
« …j’essaie d’expliquer en trois mots que ce
n’est pas passivité mais impuissance, impuissance imposée mais aussi des
schémas , des désirs à s’ôter de la tête ! »
La colère, la vraie colère
née de la vraie exaspération, n’a pas besoin de mise en condition pour
exploser. Il suffit d’en avoir marre, mais vraiment marre. Elle se livre à
quelques excès, parfois sanglants, n’ayant rien à voir avec la préméditation
systématique des casseurs de type Black Blocks.
« Avant la révolution, il faut prendre des
forces, c’est pas aisé actuellement chez eux, de prendre des forces ! »
Ca., c’est la révolution en
version Epinal. J’ai montré comment ça a fonctionné en Roumanie, dans « La
Technique du coup d’Etat », Curzio Malaparte explique comment les
choses se sont passées, techniquement, à Saint-Petersbourg. Dans les deux cas,
on est bien loin du folklore épique.
« À moins que le parti communiste ne fasse
un coup d’État ! »
Avec un poids électoral qui
se compte sur les doigts d’une seule main ? Avec des forces armées et de
police, qui lui seront aussi hostiles que la majorité de la population ?
Avec des conceptions nées des misères du prolétariat d’il y a cent cinquante
ans ?
Presque plus personne ne
croit à un communisme, qui se liquide en trois citations :
Georges Gastaud, secrétaire national du
Pôle de renaissance communiste en France
brandit « la perspective
d’une société communiste où « le développement de chacun serait la clé
du développement de tous » (Marx-Engels) ou, pour le dire autrement,
d’une Cité réconciliée où l’homme, « régi par la raison » et mû par
la « recherche de l’utile commun », deviendrait enfin pour du
bon « un dieu pour l’homme » (Spinoza). »,
mais qui croit encore à ce genre de pathos, qui, n’en doutons pas, plongeait le
prolo mal nourri, mal logé, mal vêtu du XIXe siècle, dans un espoir euphorique,
hormis une poignée d’anachroniques ?
Assurément pas Hannah Arendt, qui met brutalement les
pieds dans le plat : « La société de masse ne veut pas la culture mais les
loisirs. »
Et
pas non plus Georges Orwell qui, dès avant la guerre, observant le ralliement d’une
bonne partie de la classe ouvrières au fascisme, s’était rendu à cette évidence
qu’il y a, en l’homme, « …des
valeurs (patriotisme, religion) qui ont des racines plus profondes que la
raison économique. »
A ce propos, le discours patriotique prononcé par
Staline, le 3 juillet 1941, est édifiant : le mot Patrie y figure onze
fois, les mots « communisme », « communiste », « révolution »,
« prolétaire » et « prolétariat », aucune.
A la même époque, l’écrivain Alexis Nikolaïevitch Tolstoï, un
des porte-coton du Petit Père des Peuples, plutôt que d’en appeler aux prolétaires du monde entier,
fait radiophoniquement dans l’ethnocentrisme en s’adressant aux frères de race :
"Peuples slaves ! Russes, Ukrainiens, Biélorusses,
Polonais, Tchèques, Slovaques, Serbes, Croates, Macédoniens, Monténégrins,
Bulgares, Slovènes, Ruthènes et tous ceux qui parlent des langues sœurs
descendant du slavon et qui formaient jadis un groupe de tribus parentes et qui
luttèrent pour leur indépendance, leur culture et le droit de vivre dans la
paix."
Comme quoi, les conneries romantiques, c’est gratifiant
au jour le jour, mais quand on passe aux choses, il faut les mettre dans sa
poche, avec le mouchoir par dessus, er en revenir aux
vraies vraies valeurs, celles qui mobilisent pour de bon, comme le territoire
et la solidarité raciale.
« Quand tu te fais trahir de toutes parts, tu deviens hagard, comme un
zombie...C’est une méthode de lavage de cerveau. Et tu te raccroches à ton
bourreau...C’est la méthode des sectes. »
Dans de petits groupes où
chacun est encadré individuellement, mais pour un peuple de 11’000’000 d’habitants,
dont 600’000 Athéniens, ça ne colle pas
« Après juste une porte de sortie ;
« Aux armes citoyens ! » »
Pour faire quoi ? Avec
qui ? Casser pour casser ? Une révolution, ça n’est pas accompli par
le peuple, c’est une affaire de camarilla. Le peuple met le souk dans la rue, et des conjurés profitent des désordres pour mettre en place la structure dirigeante,
c’est quelque chose qu’on a eu la chance d’observer pratiquement en direct dans
la Roumanie de la seconde moitié de décembre 1989.
« Je me pose une seule question : « Est-ce
que Marine Le Pen est aussi une Tsipras ? »
Pour l’heure, elle dit que si elle était élue présidente – sauf addition (possible) de séismes dans les dix mois qui viennent, pas avant 2022 à mon avis -,
elle abandonnerait la fonction si les Français lui refusaient les moyens de sa politique.
Pour le moment, on n’a pas d’autre choix que de lui faire confiance.