Beau boulot Ariane, l’enthousiasme que vous manifestez devant la disparition politique de DSK, et que je partage complètement d’ailleurs, se sent dans votre écriture. Après tout, ce cadeau « gourmand » promis par sofitel, c’est pas con comme explication. Cela me rapelle Desproges lorsque ce dernier, fustigeant les beaufs affichant des tee shirts vantant les mérites de telle ou telle marque, sans même avoir la décence de réclamer quelques dividendes de cette publicité bénévole, racontait ceci. « Je vis une femme arborant sur son tee shirt un message sans équivoque, »Je suis à prendre" Qu’eussiez vous fait à ma place, je l’ai prise !
Autant je salue votre opiniatreté dans la dénonciation des multiples affaires d’état qui émaille ce quinquenat, autant sur ce sujet, je vous trouve complètement à coté de vos pompes.
Réduire les opposants à l’Euro à de pauvres nostalgiques nationalistes démagogues est à la limite de la malhonnêté et votre discours concernant cette monnaie pourrait être rapproché des propos Tatchérienne concernant sa vision de l’économie : « there is no alternative »....et on a vu ce que cela a donné.
Dans un premier temps, il serait peut-être interessant de se pencher sur les conditions nécessaires et préalables à la mise en place d’une monnaie plurinationale. Pour cela, je citerais les 3 points essentiels définit par Robert Mundell, prix Nobel d’économie en 1999, a savoir et qualifié par ses pairs comme le « pape » de la zone monnétaire optimale.
- Harmonisation sociale et salariale - Mobilité aisée d’un bassin d’emploi à un autre - Transferts financiers dans la zone concernée.
Sur ces 3 points, on voit aujourd’hui que seul le 3 eme est en cours d’application, et à quel prix !
Ainsi donc, pendant que la Gréce, l’Irlande et le Portugal font l’objet d’aides multiples pour être maintenus à flots, Angela Merkel et l’Allemagne, qui prend en charge près du 1/4 de cette aide doit expliquer ceci :
« Mes chers compatriotes, vous avez fait beaucoup de sacrifices ces 10 dernières années, vos salaires n’ont augmentés en moyenne que de 0.4% (sur 10 ans ! contre 14% en France) , les dépenses de l’état avaient été jusque là bien maitrisées (Voir plan Hartz pour les chômeurs, c’est quelque chose...), mais, malheureusement, nos voisins ont des soucis, (nos banques leur ont beaucoup prétés aussi..) et, pour leur venir en aide, nous avons du faire quelques dépenses non prévues qui font de nous le 3ème pays le plus endetté...au monde. Aussi, il va fallloir vous serrer la ceinture quelques temps encore...même s’il nous est impossible à ce jour de vous en préciser le terme »
Ca, Imhotep, c’est la réalité, ce ne sont pas des problèmes de changes aux frontières ou sur l’achat de CD via internet., et je ne vois pas non plus ce que la démagogie ou le nationalisme viennet faire dans l’affaire. La France a perdu 196 000 emplois industriels en 2009 (soit presque 1000 par jour ouvrable), et vous pensez que cela n’a rien à voir avec la compétitivité de notre monnaie (pas seulement évidemment).
Vos raisonnements concernant la valeur de change d’un retour à une monnaie nationale est biaisé par définition car, sans l’appui de la contribution Française (2 eme), pensez vous serieusement que l’Allemagne (et les pays bas, autre gros contributeur) resterait dans la zone Euro ...pour continuer à perfuser avec leurs deniers tous les autres pays en difficulté de la zone € ? Tout cela pour dire que, sans la France (et à fortiori l’Allemagne), l’Euro est condamné à disparaitre alors, quid de la parité entre une monnaie nationale et une autre...qui aurait disparue. Le plus simple serait de convertir les dettes souveraines en $ me direz vous mais dans ce cas, croyez vous que la monnaie US soit en meilleure posture ?
Dans tous les cas, il serait évidemment indispensable, dans le cadre d’un retour à une monnaie nationale, d’abroger la loi du 3 janvier 73 dite « Pompidou Giscard » afin d’arreter cette spirale suicidaire de l’endettement programmée par le financement des investissements publics sur les marchés financiers..et par la même d’enrayer toute tentative de chantage des dits marchés pour nous mettre au pas.
Ah tiens au fait, je connais un pays Européen qui a une croissance 2 fois supérieure à la notre depuis 9 ans....c’est la Suède, qui ne fait pas partie de la zone Euro (sûrement des démagogues nationalistes...) et j’en connais un autre qui, suivant l’ONU, offre lle meilleur indice de qualité de vie (espérance de vie, niveau d’alphabétisation, PIB par habitant) au monde ! c’est la Norvège...qui ne fait pas partie de l’UE...les pauvres.
« ce rapport atteint 20% au cours des années 1970 avant de rebaisser pour revenir à 15.7% en 2010 (soit le niveau de 1950). »
Il est un peu facile, M. Kaplan, de faire croire a une diminution progressive de l’industrialisation nationale d’un peu plus de 4% en valeur absolue sur 40 ans, mais votre procédé est à la limite de la malhonneté car la réalité des chiffres est tout autre. Vous lirez notamment ici que :
« La part du secteur manufacturier dans la valeur ajoutée produite par la France est tombée de 22% en 1999 à environ 16% en 2008, alors que la moyenne dans les pays de la zone euro s’établit à 22,4% et qu’elle est de 30% en Allemagne » Il ne s’agit donc pas de 4% en 40ans, mais de 6% soit une baisse de plus de 27% en 11 ans !
Vous qui semblez considérer que l’externalisation des produits manufacturés à permis la création d’emplois bien plus valorisants (« vendeurs, designers, ingénieurs »), on notera à quel point votre raisonnement est fondé si l’on en juge par la médiocrité des dits professionnels concernés chez nos voisins Allemands ...mdr
L’article concerné vous indiquera aussi que l’année 2008 aura vu la perte de 81 300 emplois industriels et de 196.100 en 2009. Selon les pouvoirs publics, 20 à 25% de ces emplois perdus dans l’industrie, en France, ont été transférés à des sociétés de services offrant des conditions moins favorables aux salariés.
Oh bien sûr, c’est la crise qui est responsable, bien sûr, et bien si vous voulez nous faire rire, dites nous un peu les signes de sortie de crise que vous percevez.
Quand à votre conclusion Einsteinienne, en ces temps difficilles de catastrophe Japonaise ou il semblerait qu’il soit plutôt difficile d’arreter la fission atomique, elle est à l’image de votre article, fort douteuse.
Ce que vous ne réalisez pas, Marianne, c’est que l’ Euro n’est qu’un instrument. L’Euro nous protège parait-il, la bonne blague.
Lorsque l’économie d’un pays n’est pas saine, rien ne la protège, La Grèce, l’Espagne, l’Irlande ont, sous des formes différentes été de piètres gestionnaires. La Grèce, avec la complicité de la Goldman Sachs et le développement d’une économie parallèle pénalisant lourdement ses recettes fiscales, l’Espagne avec une politique immobilière délirante, l’Irlande et son agressivité fiscale ayant drainé de multiple entreprises, essentiellement hi tech, avec l’illusion d’être devenue la silicone vallée Européenne en alignant ses tarifs immobiliers avec ceux de la Californie.
Ceci étant, ce ne sont pas, elle et d’autres, les premières économies à faire des excés et l’ajustement naturel se fait habituellement par une déflation qui, somme toute, ne présente habituellement en aucun cas le caratère catastrophique que l’article veut nous faire croire (la France en a connue de multiples sous la Vème république). Le problème est qu’aujourdh’ui, il n’y a aucun moyen de dévaluer et on met ses économies en difficulté sous respirateur artificiel sans résoudre AUCUN des problèmes qui sont les leurs. Les politiques de rigueurs drastiques qui leur sont imposées sont intenables pour les populations concernées et ne rendent en rien les produits et services de ces pays plus attractifs, car libellés en Euro.
Mais, plus grave, beaucoup plus grave, les errements bugétaires des pays en difficultés servent de prétexte pour, ni plus, ni moins, retirer l’essence même d’une démocratie, à savoir le contrôle de son budget puisque celui ci sera désormais (depuis septembre 2010) visés par les commissaires Européens qui sont tout, sauf des représentants élus. Une assemblée ou la France, avec ses 65 millions d’habitants est représentée par 1 comissaire, tout comme la Lettonie (2.25M) ou l’Estonie (1.3 M).
L’Euro n’est qu’un instrument pervers qui, au nom de son salut, impose une dictature bugétaire centralisée, au même titre que le « gosplan » soviétique imposait ses objectifs économiques aux 4 coins de son empire. Cela n’a en rien été fortuit car, comme l’avouait Attali à l’occasion d’une de ses interventions lors d’un meeting socialiste, i l’Euro avait été quelque peu imposé, a marche forcée, et que les critères nécessaires à la bonne marche d’une zone monétaire optimale serait résolu ultèrieurement. (et on voit aujourd’hui ce qu’ultèrieurement voulait dire) Aujourd’hui, le FMI se mêle de la partie en intervenant largement dans les différents plans de sauvetage opérés en Gréce, en Irlande et recemment au Portugal.
Pour ceux qui connaissent un petit peu le fonctionnement du FMI, ils savent pertinnemment que ces prêts sont systématiquement accompagnés de réformes économique imposées....et non négociables.
Alors si vous ne voyez aucun rapport entre la suppression à venir de très nombreux postes de fonctionnaires dans l’éducation nationale, la police, la santé, la poste mais aussi les multiples taxes et relèvement d’impots nécessaires au financement « colossal » du plan de sauvetage Européen et cet acharnement à vouloir sauver l’Euro, alors je vous laisse avec vos certitudes catastrophistes.
J’ajouterais néanmoins que votre article part d’un principe erroné à la base, puisqu’il tente de démontrer ce que deviendrait un Franc face à l’Euro sans la France. Or sans la France dans la zone Euro, il n’y a plus d’Euro ! Croyez vous que le départ du 2eme plus gros contributeur Européens puisse se faire sans entrainer immédiatement la dissolution de cette monnaie ?. Pensez vous que les Allemands et les Neerlandais soient d’accord pour aider tous les pays Européens en difficultés à se relever ?
De toute manière, et que vous le souhaitiez ou pas, l’Euro explosera, car aucune des monnaies plurinationales ne respectant pas les fondamentaux de la zone monétaire optimale définit par Robert Mundell n’ont tenus dans l’histoire, et si ce ne sont les Français qui sortiront de l’Euro en premier, il faudra peut-être regarder du coté de l’Allemagne qui commence à se lasser d’utiliser ses excédents commerciaux pour « sauver l’Euro ».