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claude

claude

adhérente féminine à la communauté humaine depuis plus d’un demi-siècle.
j’essaye de me rendre utile auprès des autres en étant engagée dans l’associatif . j’aime l’histoire, les sciences de la vie, la politique dans le sens de « la conduite des affaires de la cité »... et l’humour noir...
 

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Derniers commentaires



  • claude claude 2 mars 2008 23:47

    oups ! désolée, le texte a été compacté lors du passage copié/collé sur le site.

    je vais essayer de refaire les paragraphes.

    J’suis pas un imbécile !

    Moi, j’aime pas les étrangers !

    Non ! Parce qu’ils viennent manger le pain des Français !

    Oui ! J’aime pas les étrangers ! C’est vrai, c’est comme ça, c’est physique !

    Et pourtant, c’est curieux, parce que, comme profession, je suis douanier !

    Alors, on devrait être aimable et gentil avec les étrangers qui arrivent ! Mais moi, j’aime pas les étrangers ! Ils viennent manger le pain des Français !

    Et j’suis pas un imbécile ! Puisque je suis douanier !

    Je peux écrire ce que je veux sur des papiers, j’aurai jamais tort ! J’ai le bouclier de la Loi ! Parce que je suis douanier ! Je peux porter plainte contre n’importe qui, je suis sûr de gagner en justice ! J’suis pas un imbécile !

    Je suis Français ! Oui ! Et je suis fier d’être Français ! Mon nom, c’est Koulakerstersky du côté de ma mère et Piazanobenditti, du côté d’un copain à mon père !

    Dans le village où j’habite, on a un étranger.

    On l’appelle pas par son nom ! On dit : « Tiens ! v’là l’étranger qui arrive ! » Sa femme : « Tiens ! v’là l’étrangère ! » Souvent, j’lui dis : « Fous le camp ! Pourquoi qu’tu viens manger le pain des Français ? » Un étranger !...

    Une fois, au café, il m’a pris à part. J’ai pas voulu trinquer avec lui, un étranger, dites donc ! Je vais pas me mélanger avec n’importe qui !

    Parce que moi, j’suis pas un imbécile : je suis douanier !

    Il m’a dit : « Et pourtant, je suis un être humain, comme tous les autres êtres humains, et... »

    Évidemment ! Qu’est ce qu’il est bête, alors, celui ci !

    « J’ai un corps, une âme, comme tout le monde... » Évidemment ! Comment se fait il qu’il puisse dire des bêtises pareilles !

    Enfin, du haut de ma grandeur, je l’ai quand même écouté, cette espèce d’idiot !

    « J’ai un corps, une âme... Est ce que vous connaissez une race où une mère aime davantage, ou moins bien, son enfant, qu’une autre race ? Nous sommes tous égaux. »

    Et là, j’ai rien compris à ce qu’il a voulu dire...

    Et pourtant j’suis pas un imbécile, puisque je suis douanier !

    « Fous le camp ! Tu viens manger le pain des Français ! »

    Alors, un jour, il nous a dit : « J’en ai ras le bol ! Vous, vos Français, votre pain et pas votre pain... Je m’en vais ! » Alors, il est parti, avec sa femme et ses enfants. Il est monté dans un bateau, il est allé loin au delà des mers.

    Et, depuis ce jour là, on ne mange plus de pain... Il était boulanger !

    Fernand RAYNAUD, 1975. Heureux ! (Éd. de Table Ronde et Ed. de Provence).



  • claude claude 2 mars 2008 23:40

    pour faire évoluer les mentalités, il y a du pain sur la planche...

    il y a quelques décennies, fernand reynaud avait créé un bijou d’humour noir : le douanier : www.youtube.com/watch

    il y en a beaucoup qui feraient bien de se le remettre en mémoire...

    en voici le texte intégral :

    • J’suis pas un imbécile !

      Moi, j’aime pas les étrangers ! Non !

      Parce qu’ils viennent manger le pain des Français !

      Oui ! J’aime pas les étrangers !

      C’est vrai, c’est comme ça, c’est physique !

      Et pourtant, c’est curieux, parce que, comme profession, je suis douanier ! Alors, on devrait être aimable et gentil avec les étrangers qui arrivent !

      Mais moi, j’aime pas les étrangers !

      Ils viennent manger le pain des Français !

      Et j’suis pas un imbécile ! Puisque je suis douanier !

      Je peux écrire ce que je veux sur des papiers, j’aurai jamais tort ! J’ai le bouclier de la Loi ! Parce que je suis douanier ! Je peux porter plainte contre n’importe qui, je suis sûr de gagner en justice ! J’suis pas un imbécile ! Je suis Français ! Oui ! Et je suis fier d’être Français !

      Mon nom, c’est Koulakerstersky du côté de ma mère et Piazanobenditti, du côté d’un copain à mon père !

      Dans le village où j’habite, on a un étranger. On l’appelle pas par son nom ! On dit : « Tiens ! v’là l’étranger qui arrive ! » Sa femme : « Tiens ! v’là l’étrangère ! » Souvent, j’lui dis : « Fous le camp ! Pourquoi qu’tu viens manger le pain des Français ? » Un étranger !...

      Une fois, au café, il m’a pris à part. J’ai pas voulu trinquer avec lui, un étranger, dites donc ! Je vais pas me mélanger avec n’importe qui ! Parce que moi, j’suis pas un imbécile : je suis douanier !

      Il m’a dit : « Et pourtant, je suis un être humain, comme tous les autres êtres humains, et... »

      Évidemment ! Qu’est ce qu’il est bête, alors, celui ci !

      « J’ai un corps, une âme, comme tout le monde... »

      Évidemment ! Comment se fait il qu’il puisse dire des bêtises pareilles ! Enfin, du haut de ma grandeur, je l’ai quand même écouté, cette espèce d’idiot !

      « J’ai un corps, une âme... Est ce que vous connaissez une race où une mère aime davantage, ou moins bien, son enfant, qu’une autre race ? Nous sommes tous égaux. »

      Et là, j’ai rien compris à ce qu’il a voulu dire... Et pourtant j’suis pas un imbécile, puisque je suis douanier ! « Fous le camp ! Tu viens manger le pain des Français ! »

      Alors, un jour, il nous a dit : « J’en ai ras le bol ! Vous, vos Français, votre pain et pas votre pain... Je m’en vais ! »

      Alors, il est parti, avec sa femme et ses enfants. Il est monté dans un bateau, il est allé loin au delà des mers.

      Et, depuis ce jour là, on ne mange plus de pain...

      Il était boulanger !

      Fernand RAYNAUD, 1975. Heureux ! (Éd. de Table Ronde et Ed. de Provence).


  • claude claude 2 mars 2008 20:47

    bonsoir fanfan,

    l’histoire de ma famille est un petit résumé des diverses fortunes que l’on peut traverser au cours d’une vie.

    côté paternel : pas de problèmes : notables de province aisés.

    côté maternel : grand-mère issue de la vieille noblesse provinciale polonaise et grand-père, bonne bourgeoisie, étudiant en droit. la première guerre mondiale a dévasté leur pays et ils sont venus en france, où peu à peu ils ont regrimpé dans l’échelle sociale. eux aussi ont souffert de la xénophobie très virulente avant la 2° guerre mondiale. ma mère se faisait insulter à l’école.

    je n’oublie pas d’où je viens, c’est pour cela que je ne peux être ni raciste, ni xénophobe.

    les hasards de la vie font qu’un jour, on habite le palais d’un roi et le lendemain, on peut dormir dans un carton.

    la meilleure façon de mettre un terme à toutes ces violences c’est de pratiquer un melting-pot, et de mélanger les enfants à l’école, et surtout qu’ils soient enfants de cités ou de beaux quartiers, il faut qu’ils aient les mêmes chances de pouvoir se réaliser dans leur vie d’adulte.



  • claude claude 2 mars 2008 15:27

    bonjour,

    il y a tant de posts avec lesquels je suis d’accord, que je ne sais où me poser... donc ne m’en veuillez pas si je reprends quelques éléments qui ont été débattus, plus haut ou plus bas.

    d’abord, merci fanfan pour cette approche humaniste des banlieues à laquelle j’adhère.

    je suis née dans la banlieue nord de paris, à aubervilliers, fief communiste à l’époque. je me souviens de l’immeuble noirci par la suie et aux escaliers dont la peinture était écaillée ou percée de multiples gnons, qui laissaient apparître un plâtre qui tombait en poussière... mais passée la porte de l’appartement, l’odeur de la cire d’abeille vous chatouillait les narines... le parquet brillait comme un sous neuf et les plaques de la cuisinière à bois luisaient doucement dans la prénombre de la cuisine... nous étions 5 à vivre dans un 2 pièces cuisine.

    mes grands parents maternels étaient des polonais arrivés en france dans les années 20, pour bosser comme ouvriers dans les forges du nord, puis les usines de la région parisienne.

    je sens encore les effluves pestimentielles d’urine, qui régnaient dehors, dans la ruelle qui menait à l’appartement : on voyait sur le goudron, les rigoles tracées par les différentes mictions, lesquelles formaient une carte spatio-temporelle des envies de ces messieurs...

    à force d’économies, ma malicieuse grand-mère réussi à acquérir un petit terrain dans le sud de paris, sur le ban de massy, et y construisit , aidée de toute la famille et des amis, notre "maison familliale". nous vivions alors dans un petit lotissemnt entouré de champs de blés. j’ai vu sortir de terre le "grand ensemble" de massy, avec ses immeubles cages à lapins, ses trottoirs boueux, défoncés qu’on mettait 5 ans à goudronner... et surtout la méfiance qui s’installait entre les gens résidant en "pavillon" et ceux du "grand ensemble"... déjà à l’époque, dans les années 60 les préjugés s’installaient. nos parents nous serinaient de nous méfier des "jeunes voyous" alors appelés "blouson noirs" des cités.

    je vis maintenant en alsace, dans un village de 1200 habitants à 10mn de colmar. comme à strasbourg, certains jeunes colmariens ont fait de la "voiture brûlée" un sport pratiqué surtout au moment des fêtes de fin d’années.

    mes enfants ont cotoyé durant leur scolarité, des jeunes venant de la "zup", parmi les lesquels se trouvaient de voyous, mais aussi des gamins bien éduqués, dont les parents prennaient soin et respectueux des autres. il y avait aussi parmi leur condisciples, issus de "bonnes familles", des dealers, des alcooliques et des voleurs...

    depuis la nuit des temps, on trouve normal que les enfants des différentes classes sociales suivent les voies de leurs ainés : un notable enfantera un notable, un commerçant fera un boutiquier ... et à l’autre bout de la chaine, l’ouvrier manoeuvre ne pourra donner vie qu’à des enfants dont l’ambition ultime serait d’être "aide comptable" pour ceux qui réussiraient leur "études"... (soit dit en passsant, je n’ai rien contre la comptabilité...). a-t-on déjà vu un fils pinault, muliez, devenir plombier ou ouvrier fraiseur parce qu’il est incapable de suivre une "scolarité dite "normale"...

    ça a longtemps marché, puis au fil du XX° siècle, l’horizon s’est ouvert pour les enfants de beaucoup de classes sociales, mais on a longtemps oublié que les enfants issus de l’’émmigration avaient eux aussi les mêmes espoirs. le sentiment de frustration n’est pas éloigné de celui de la colère et de son lot de violences...

    je n’en excuse pas pour autant les gamins qui se livrent à la délinquance, car chacun est responsable de ses actes devant la société et la justice, mais cette même socité n’a pas fait grand chose pour les aider à aquérir une instruction aussi solide que celle des gamins des beaux quartiers...

    d’ailleurs, à ce sujet, il est rare que ceux-ci brûlent les 4X4 familiaux , doivent braquer une vieille dame pour avoir un MP3 dernière génération, car leur train de vie leur permet d’en changer quand ils le désirent (et tant mieux)... en revanche, comme les jeunes des cités, ils se livrent au deal de hasch, d’extasy, ils piratent sur le net, se défoncent en 1/2 heure à la vodka ou à la tequila... simplement, quand ils se font attraper, on les vire avec discrétion de leur lycée et les policiers ne l’annoncent pas à la une des journaux...

    il serait peut-être temps de (ré)apprendre aux enfants et aux adultes la fierté d’être ce qu’ils sont , et du travail qu’ils réalisent :

    j’ai vu un reportage sur FR 5, appelé les "nettoyeurs". ce sont des habitants d’une cité de marseille, qui ont été embauchés par une société de nettoyage, pour l’entretenir. ces personnes sont fières d’accomplir leur travail, parce qu’elles ont été respectées, ainsi que la tâche qu’elles accomplissent. l’homme qui s’occupe du terrain de foot, est fier d’apparâitre dans l’organigramme de l’association, comme étant "responsable du site". www.programme-tv.com/television/16557543/Les-nettoyeurs.html

    il n’y a pas que les gens des cités qui doivent changer leur mentalité et leurs regards, nous aussi : quand le travail d’une femme de ménage aussi respecté, que celui du directeur de département, les gamins les plus défavorisés auront peut-être moins envie de faire cramer le reste du monde.

     l’histoire à montré que les révolutions partaient toujours du fin fond de la société, là où se trouvent les gens les plus désespérés.



  • claude claude 1er mars 2008 22:55

    préambule :

    je ne suis pas d’accord, mais du tout d’accord avec la sortie de rama yade, ainsi que l’emploi du malodore pour chasser les "importuns SDF".

    ceci dit, avant de lapider complètement cette pauvre petite ministre et la pendre sur la place publique, j’aimerais attirer votre attention sur quelques points. il y a dans ce lynchage une sorte de délectation, car il sert de défouloir, en montrant qu’il y a des personnes encore plus "égoïstes" et plus "insensibles" que nous-mêmes.

    car sérieusement et honnêtement, combien d’entre nous :

    • a accueilli chez lui, un sdf couché dans le froid, lui a offert le couvert et le gîte ?
    • n’a pas eu un mouvement de recul à la vue des corps délabrés par la misère ?
    • a pris le temps de s’arrêter, de lui parler, de lui offrir un café chaud ou un sandwich ?
    • a sacrifié un réveillon de noël pour partager quelques heures dans lun foyer de l’armée du salut avec les sdf ?
    • a passé une soirée avec le samu social, pour les aider dans la rue et les réconforter ?
    • a donnée de son temps pour distribuer une soupe chaude en plein hiver ?
    • ne les a pas assimilé à des feignasses congénitales ?
    •  n’a pas changé de place dans un bus, métro, train, pour éviter de se retrouver à proximité d’un sdf ?

    je m’arrêterai là, car la liste est longue...

    il m’étonnerait que beaucoup de personnes répondent "oui" à toutes ces questions, parce que sinon, il y aurait longtemps que plus personne ne coucherait dans la rue.

    égoïstement, nous nous sentons dégagés de toute responsabilité envers les plus démunis, car dans notre esprit, nous estimons qu’il existe des foyers, institutions, hôpitaux, foyers pour s’en occuper....

    certes, nous ne bouchons pas le nez à la vue de ces personnes, accidentées de la vie, mais nous ne faisons rien non plus, pour leur tendre la main. si nous voulons vraiment être honnêtes avec nous-mêmes, nous devrions reconnaître, qu’au fond , nous n’avons rien à envier à rama yade et au maire d’argenteuil...

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