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dana hilliot

Tableau de bord

  • Premier article le 14/11/2006
  • Modérateur depuis le 23/11/2006
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Derniers commentaires



  • dana hilliot dana hilliot 15 novembre 2006 16:50

    Je vous rejoins tout à fait. Les pratiques référendaires sont précieuses mais à condition d’en fixer les règles. dans l’idéal, il faudrait que les sujets soumis aux votes (que ce soit au niveau local, régional ou national, voire européen) émergent d’une préoccupation « collective » - je garde ce mot flou, mais « ouvert », afin de signifier uen certaine pluralité de point de vue. Je songe aux « politiques de la nature » de Bruno Latour en parlant de « collectifs », mais ce serait un peu long à expliquer ici.

    La pratique référendaire court de nombreux risques en effet : on voit bien comment certains politiques (largement relayés par certains médias zélés) tendent à imposer les sujets de débat, dans une perspective purement electoraliste. On peut craindre que les sujets proposés à référendum soient issus d’une manipulation de l’opinion. Evidemment, il n’existe pas une opinion publique vierge de toute influence : ce serait absurde - mais un référendum dont le sujet n’émergerait pas d’une préoccupation commune serait une déception de plus pour les démocrates. Il faut aussi que les règles du débat pré-référendaire soient équitables pour toutes les parties (là encore.. ça demande une vigilance soutenue). Et surtout, que le référendum ne soit pas le prétexte d’un plébiscite (et on entre là dans des tas de problèmes notamment sémantique : car commment formuler une question qui soit véritablement « ouverte » et propre à l’expression d’avis nuancés et différents ?)

    Toutes ces difficultés, qui sont inhérentes à la pratique même de la démocratie (contrairement à ce que certains messages laissent entendre, la démocratie n’existe que dans ces tatonnements, ces efforts et ces vigilances qui la réinventent chaque jour), ne doivent cependant pas ruiner le projet d’une pratique référendaire plsu fréquente. Et on doit pouvoir la tester d’abord au niveau local.

    Je vais donner un exemple : je vis dans un coin où on installe régulièrement des éoliennes. C’est un véritable sujet de discussions dans les cafés, dans les familles, à la sortie de la messe, enfin partout où les gens se rencontrent. Ces éoliennes, on ne peut pas les rater de toutes façons :) Alors, il y a des tas de gens qui sont contre, d’autres qui sont pour, et d’autres qui s’en foutent un peu. Moi par exemple, ça ne me gène pas les éoliennes, je voterai probablement pour si on me demandait mon avis. J’ai des tas d’arguements, mais ceux qui voteraient contre ont des arguments aussi : enfin tout cela est intéressant, c’est du débat, du lien social.

    Hé bien, on pourra discuter tant qu’on voudra, nous les habitants du coin, on ne nous a rien demandé. il n’y a eu aucune consultation publique nous concernant. sans doute y-t-il eu débats d’experts, entre politiques, au conseil général, voire régional. Les deux trois paysans dont els pâtures accueillent les éoliennes ont surement été informés aussi (voire même entendus..) Mais nous, les habitants, on a l’impression qu’elles ont poussé là dans le paysage, sur les collines, comme des champignons dans la forêt de Margeride. Je ne me réjouis pas de ces éoliennes, bien que par ailleurs je sois a priori pour qu’on en installe (et par ici il y a beaucoup de vent alors..). Mais je pense à tous les gens avec qui je discute et qui sont contre. Que pensent-ils de la démocratie ? de la politique ? Que vont-ils en conclure etc...

    Bref. C’est une belle occasion de ratée. Tout se passe comme si on nous disait : voilà, vous avez déjà voté (aux régionales par exemple) vous avez déjà choisi vos élus. Ils ont donc décidé ensemble au sujet de des éoliennes, fort du mandat que vous leur avez donné. Bon. Ok. le problème est que : quand j’ai voté pour monsieur tartempion aux dernières élections régionales, je n’ai pas eu le sentiment de voter pour ou contre l’installation d’éoliennes sur les collines avoisinantes. Bref : une belle occasion de ratée.



  • dana hilliot dana hilliot 15 novembre 2006 15:47

    hé bien merci de nous faire part de votre savoir en matière de démocratie. Vous disposez manifestement d’une définition exacte de la démocratie, et d’une description de la réalité qui va avec. Tant mieux pour vous.

    De mon côté je ne dispose pas d’une telle défnition et d’une telle description.

    La seule chose que je voudrais tout de même souligner avant que quelqu’un d’autre ne le fasse. Et là je suis sérieux :

    Je veux bien que la France ne soit pas A VOS YEUX une démocratie. Mais enfin,ne serait-ce que par respect pour les coréens du nord par exemple, je crois qu’on peut tout de même admettre qu’il existe un certain nombre d’efforts démocratiques en France, qui n’existent pas en Corée du Nord non ?



  • dana hilliot dana hilliot 15 novembre 2006 15:09

    Mon dieu non ! je ne suis expert en rien.Je suis juste curieux de pas mal de choses (voir mon blog), tout comme beaucoup de lecteurs d’agoravox :)

    Si je suis précautionneux envers les experts dans ce texte, disons que c’est à mettre sur le compte d’une diplomatie (au sens de Bruno Latour). Si vous saviez ce que je pense vraiment des théories « scientifiques » qui soutiennent les recherches « psy » de l’INSERM par exemple, vous seriez surpris :)

    Tel n’était pas mon sujet. Mon sujet est dans ce texte : la démocratie et la relation du politique aux experts.

    Mais je suis tout à fait d’accord que nous ayons beaucoup à perdre dans cette histoire, au niveau de la nation sans doute (mais là reconnaissez que ça fait un bout de temps que l’idée de nation en a pris un coup), au niveau, de la « politique » et des pratiques démocratiques surement (au sens où comme je l’ai dit, ce qu’on réserve exclusivement aux experts est du même coup exclu du champ politique).

    Après j’aurais pu être plus méchant en demandant si quelque part, ça n’arrange pas les « experts » d’être traité par le politique en dépositaires de la vérité (la réponse est : « bien sûr que ça arrange certains » - on peut être scientifique et néanmoins avide d’un pouvoir, d’une reconnaissance institutionnelle, et, plus prosaïquement, on doit bien admettre que la glorification institutionnelle de l’expert signifie un accroissement des moyens mis à sa disposition, une amélioration de sa situation sociale etc. C’est là où vous vouliez en venir ?)

    Bref. J’ai essayé d’être diplomate, et j’ai bien fait puisque l’INSERM a fini par se défausser vis-à-vis du gouvernement au sujet des fameux « délinquants de moins de trois ans ». (ce qui fait écho au défaussement des pédagogues vis-à-vis du ministre de l’éducation récemment).

    Je me méfierai d’une alliance entre les experts et la « société civile ». mais j’apprécie qu’ily ait au moins discussion. Mais je méfie encore plus d’uen alliance entre les experts et les pouvoirs politiques.



  • dana hilliot dana hilliot 15 novembre 2006 14:55

    Merci de ces remarques.

    Je ne vous suivrais pas sur le terrain de savoir ce qu’est ou non une vraie démocratie. Ma référence à Tocqueville (et à Pierre Manent lisant Tocqueville, voir par exemple le « cours familier de philosophie politique » http://www.librarything.com/work-info.php?book=8306190 ) souligne justement qu’il y a tendances paradoxales dans la démocratie elle-même, ou, si l’on préfère, qu’il y a des démocraties, plutôt que la démocratie.

    Ou pour le dire encore autrement : la démocratie ne devrait pas être assimilée à un certain type de constitution ou de partage des pouvoirs, mais à un champ d’expérimentation permanent, de création d’institutions, etc.

    Donc : La France mérite le titre de démocratie, comme les États Unis, et évidemment beaucoup plus que la Corée du Nord (qui n’est pas une démocratie) ou la Russie (qui fait dans une large mesure semblant d’en être une). Mais ce n’est pas parce que la France et les États Unis chacune à leur manière et à travers leur histoire différente, s’accrochent au projet démocratique qu’elles devraient s’en tenir là. La démocratie est toujours à refaire. Je ne crois pas à titre personnel que la référence à l’An II doive constituer la pierre de touche de la recomposition de la démocratie contemporaine. Nous avons des expériences plus récentes, sous la main si je puis dire. Des choses dont il faudrait s’inspirer. Le référendum local par exemple :)



  • dana hilliot dana hilliot 15 novembre 2006 13:08

    Oui Romain

    Je n’ai pas mentionné cette chose fondamentale qu’est le référendum au niveau local.

    Tocqueville avait déjà observé en son temps l’intérêt et le concernement des communautés locales pour la vie politique locale. Comme je le disais dans ma réponse à LE CHAT, à défaut de référendum sur des questions nationales, on devrait au moins développer les référendums locaux. A chaque élection le sujet revient sur le tapis, et derrière : que dalle ! C’est pourtant comme tu l’indiques une des voies frayables pour un renouveau démocratique.

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