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59 ans
Eurasien
Déçu

Tableau de bord

  • Premier article le 17/11/2009
  • Modérateur depuis le 16/07/2010
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Derniers commentaires



  • easy easy 27 avril 2011 10:01

    Bonjour Annie,

    Je ne sais pas comment sont faits les livres d’Histoire en ce moment. Mais il y a 50 ans on mentionnait les croisades sans les critiquer (pendant ce temps, en économie, on étudiait la création monétaire sans la critiquer non plus. Et en biologie, on disséquait des animaux sans critiquer cette mise à mort d’animaux).

    En fait, c’est un nombre incalculable de choses, de comportements ou d’automatismes qui nous ont été inculqués sans que nous ayons été invités à les critiquer. Dès lors qu’on nous raconte les tournois, la guerre, la prison, les croisades, les révolutions, les décapitations, sans jamais nous inviter à la critique, c’est horrible à le constater mais oui nous avalons ça sans aucune difficulté.

    La critique ça doit s’enseigner et on ne nous l’enseigne pas ou alors en fin de cycle scolaire lorsque nous avons déjà intégré les fondamentaux culturels. 

    Il est donc très difficile pour chacun de nous, d’arriver à voir à quel point nous avons été formatés à des automatismes, dont celui de la douleur-par-procuration.

    Il y a eu longtemps, une concurrence entre deux gestes possibles. Celui consistant à mendier en exhibant sa propre douleur (C’était le fait de mendiants d’une part et de l’aristocratie qui, surtout sous Louis XIV, devait aussi mendier le roi). Et celui consistant à mendier au nom des pauvres (ça c’était le coeur de l’activité pécuniaire des curés et évêques)
    En gros donc, avant la Révolution, l’Eglise ne mendiait jamais pour elle mais toujours pour quelque vague autrui (parfois plus clairement pour refaire une toiture).
    L’Eglise était en somme le seul corps à avoir une attitude d’avocat. La Sorbonne était le fief de l’évêque Cauchon qui avait planté Jeanne et c’est aujourd’hui le temple de la rhétorique de Cour de Justice.

    Chacun de nous a régulièrement été pris par les fers de la culpabilité lorsque passe le gamin avec son panier dans les rangées de l’église. Chacun de nous a ressenti ce qu’il fallait de culpabilité devant les représentations de la Passion, plus prosaïquement la torture infligée au Christ. Nous nous sommes donc passionnés par la torture et nous en avons été des experts.
    Mais une fois qu’elle est devenue interdite, une fois qu’on a décidé qu’il fallait dissimuler les exécutions des condamnés, nous avons compris que nous devons dissimuler nos tendances tortionnaires. Tout en éprouvant bien évidemment de la culpabilité à cet endroit.

    De cette schizophrénie entre passion pour la Passion et culpabilité devant la souffrance d’autrui, nous avons tiré un modus vivendi qui consiste à exorciser ce paquet impossible en l’exultant au travers d’accusations.
    Le jeu, pour nous, consiste donc désormais à retourner tous les recoins de la planète pour y trouver quelque cadavre ou dépouille ensanglantée et sans jamais avouer notre goût pour le morbide, nous jetons ces images à la face des autres, de n’importe qui en fait.

    Les curés avaient passé des siècles à se faire valoir, à s’autoriser en nous jetant à la figure le corps ensanglanté et torturé du Christ, ils nous ont même dit que c’était méritant d’aller sauver son tombeau et d’en récupérer quelque fragment d’os. Alors, nous faisons exactement la même chose que nos autorités religieuses, sauf qu’étant laïcs, nous traitons de tous les cadavres de toutes les souffrances sauf du Christ.

    L’empathie c’est ressentir à peu près ce que ressent une personne devant nous et aller éventuellement soit à partager ce sentiment soit à le soulager.

    Or il est très difficile de soulager la souffrance vraie qui s’étale devant soi. Alors nous avons inventé une fausse empathie qui consiste à renvoyer vers d’autres cette image d souffrance qui nous interpelle. Ca entre dans notre oreille G, ça ressort par notre oreille D, On a fait notre boulot de média, de curé. On n’a pas à soulager nous-mêmes cette souffrance, il nous suffit de la transmettre, aux autres de se démerder avec.

    Oui, mais à ce jeu là, il y a 100 000 gestes médiatistes et 2 gestes d’aide directe. Du vent, du vent et surtout du vent




  • easy easy 27 avril 2011 09:27

    Bonjour Rodier,

    ******* En travaillant ce type de sujet, j’ai donc compris que dans nos sociétés formatées à l’émotionnel cathodique fondé sur l’effet ’bébé phoque’, dans cette société ou celui qui a su le plus émouvoir au journal de 20 heures où l’émotion fait oeuvre de vérité..., il est important de ne pas laisser le terrain de la compétition mémorielle, à un seul groupe d’individus.*******

    Vous avez donc remarqué qu’il existe une course doloriste et vous avez décidé d’y participer.

    Je dois bien avouer que j’avais pour ma part remarqué qu’il existe une course à l’argent et j’y avais participé. Je ne vaux donc guère mieux que vous.



  • easy easy 26 avril 2011 18:01

    «  »«  »«  »«  on lui a fait comprendre que ne pas aller boire un coup avec les collègues c’était très mal vu.  »«  »«  »« 

    Je confirme ce principe, chez les Français.

    Il faut donc que le corps en question ait quelque obligation à la sobriété, pour qu’un entrant puisse se permettre de dire »non merci" . Par exemple entre chauffeurs, il est plus facile de refuser de boire avec des collègues ;

    Néanmoins, d’une façon générale, dans tous les groupes humains, quand on se retrouve dans une base, au niveau troufion, il existe un principe qui consiste à adhérer à l’espèce de fronde sourde qui lui sert de coagulât.

    Un basique le sait, il doit subir la loi des chefs. Quand il est seul, ça va. Mais quand des basiques se retrouvent ensemble, ils se font un devoir d’exprimer d’une manière ou d’une autre, leur résistance à la soumission. Sinon ils se verraient moutons ; (Ca vaut aussi entre tôlards) 

    Puisqu’il faut sceller son adhésion à la pseudo révolte des basiques, l’alcoolisation qui est à la fois un exutoire relativement défendable car cultuel et un moyen de réduire sa productivité, est très souvent le focal point où les employés doivent se retrouver pour se reconnaître. 

    C’est très comparable au bizutage. Même et surtout s’il est interdit, il faut y adhérer et y participer pour être admis. 
    Et c’est encore ce principe qui fait qu’un soldat policier intègre se retrouve à devoir participer à une saloperie lancée par ses camarades contre quelque ennemi capturé.

    Concernant la présence rare de femme dans un corps plutôt masculin, l’épreuve de soumission à la règle qu’impose la base est souvent encore plus stricte. Les troufions considérant qu’une troufionne pourrait plus facilement et naturellement les trahir, ils obligent les femmes à plus de zèle dans ce bizutage. La surenchère, dans cette mécanique conduit à des cas de soldate particulièrement cruelle envers des prisonniers. 


     
     



  • easy easy 26 avril 2011 17:18


    A ma connaissance, très limitée, les Nazis n’ont effectivement accordé aucune place de medium ou de direction aux femmes, à l’exception de Leni Riefenstahl

    Il est vrai que c’est le manque de bras masculins provoqué par les guerres qui a envoyé les femmes dans la société civile, mais en dehors de ce grand tournant matériel, ça faisait des siècles qu’elles poussaient à la roue.

    C’est bien.


    Mais du coup, les femmes se retrouvent disons héritières d’une situation fondamentalement androcentriste.
    C’est comme si les femmes s’étaient retrouvées aux manoeuvres sur un navire où les hommes avaient été décimés. Elles se seraient retrouvées aux commandes d’un navire conçu par et pour des hommes

    Certainement qu’avec le temps, les femmes s’impliquant de plus en plus dans les fondamentaux du navire, notre Système deviendra vraiment androgyne et hermaphrodite mais pour l’instant il reste encore largement étranger à la nature de la femme. La situation actuelle oblige donc les femmes à avoir davantage une position de contestation qu’une position de responsabilisation. Ce bateau n’est pas le leur et elles ne cessent de le dénoncer en prenant l’incontournable et logique position de victime.

    Cette victimisation de la femme agace forcément les hommes qui s’en défendent alors en évoquant parfois leur sang versé pendant ces fameuses guerres.

    Mais attention, chaque camp, surtout celui des hommes, aurait alors tendance à abuser des morts. Les seuls à pouvoir répondre aux femmes que les hommes ont été les victimes absolues par leur sang versé sont ceux qui en sont morts de l’avoir versé. Pas les hommes en vie, pas ceux qui n’ont jamais offert leur vie à la Patrie.

    Chaque camp, surtout celui des hommes, doit prendre garde de ne fonder sa victimitude que sur sa propre victimitude, pas sur celle d’autrui, même pas sur celle de son père ou grand-père, car ce serait faire parler des morts.

    J’insiste sur ce point très symptomatique de l’Occidental. Il n’y a qu’ici, sans doute à la suite du brandissement de la crucifixion, que chacun trouve naturel et de bon aloi de discourir d’aise sur le sang versé par autrui. Se poser d’autorité en brandissant la robe ensanglantée d’un inconnu, parfois aux antipodes, soit pour lancer une croisade, soit pour faire cesser une guerre, c’est le méta crédo des Français.

    La base de tout discours d’autorité, entre Français, consiste à avoir toujours dans la manche tout un panel de cadavres. Celui qui exposera le plus gros chiffre emportera la discussion. (d’où le Godwin)

    Ca a bien entendu de bons côtés du point de vue archangiste mais au bilan il n’y a pas plus faux-cul que cette récupération que chacun fait des cadavres et misères des autres, dont ils ne connaissent en fait rien du tout.

    Citer des célébrités, brandir leurs citations, brandir des photos choc venues d’on ne sait où, montrer des images d’êtres faméliques dont on ignore jusqu’à leur nom, c’est le dada de l’Occidental et je pense que c’est une très mauvaise habitude qui structure très mal notre Navire.

    Pardon de dériver jusque sur le nucléaire mais concernant Fukushima c’est le même travers qui prévaut. Au lieu de dire uniquement « Oh la la, on ne veut surtout pas de ce genre de cata chez nous et cela parce que ça nous ferait chier » on ne cesse de discourir sur la souffrance des Japonais, allant même jusqu’à envisager leur exode massif vers la France.
    Or nous avons un vrai problème à régler ici et c’est celui de nos centrales. 

    Ce jeu de dupe permanent fait que pendant qu’on envoie des vivres au Biafra, on écrase tranquillement nos miséreux. Pendant qu’on joue les pleureuses sur les Japonais, on écrase tranquillement nos Gitans. 

    Il serait temps de convenir que quiconque brandit quelque doléance non exactement personnelle, quiconque ne pleure pas en son nom propre, cherche à tromper son monde en singeant une empathie formatée. Ce n’est pas de l’empathie que de retourner vers les autres, pour les choquer, une photo qui nous a choqué, c’est du médiatisme.

    Jamais les Français n’ont été aussi individualistes, jamais ils n’auront autant utilisé la souffrance des autres pour donner le change.



  • easy easy 26 avril 2011 15:57

    Sans doute parce qu’elle est déjà galatéisée par un autre, sans doute parce que je suis jaloux d’elle pour le compte de ma propre Galatée, sans doute parce qu’elle est trop habile, Rama Yade me sort par les trous de nez depuis sa naissance.

    Je ne serais donc certainement pas allé à en parler.

    Mais quelle drôle d’idée vous avez eue de convoquer Victor Hugo comme témoin à vos côtés dans un procès contre une Esmeralda !

    Et même, au-delà de Notre-Dame, quel contresens que de se faire assister de cet humaniste dans un procès contre un comportement humain observé de loin !

    Victor Hugo a la particularité de solliciter en nous la fibre de l’embellissement, de l’idéalisation de choses pas forcément magnifiques à la base.

    A poser qu’à Guernesey, sa préoccupation profonde ait été de démonter N III, et bien il aura surtout tiré de biais. Au lieu de passer son temps à décortiquer en quoi le slip du roi était sale, il l’a passé à nous rendre amoureux des pieds nus d’Esmeralda. Cette démarche est extrêmement subtile et son impact est bien plus considérable que celui qu’aurait provoqué une attaque permanente dirigée contre l’Empereur.

    La Commune, la très étrange Commune traduisait l’impact de cette positivation ou valorisation du gueux par lui-même. Jamais avant lui, le gueux ne s’était vu quelque grâce. 
    En 1789, les assertions allaient directement au cassage des aristos et du clergé. Pour autant, personne, absolument personne ne croyait possible de dire quelque beauté de la plèbe. Jean de la Fontaine, Molière, qui avaient tout de même offert grande place à la gouaille, n’avaient pas pour autant jeté quelque aura sur le bouseux. Au mieux on reconnaissait au vagabond son bon sens et son franc-parler mais on n’allait pas jusqu’à le proposer en amant. Pas d’amour, pas de sublime possible chez les disetteux

    Avec Victor Hugo, le pire des va-nu-pieds a enfin une âme magnifique. Pas fou du tout, Hugo a la bonne idée de ne pas éclairer la gueusaille seulement de lumières dorées. Il commence par l’éclairage sombre qu’on lui accorde habituellement et progressivement, il inverse la couleur. C’est génial.

    Victor Hugo nous a dit « OK, il est sale et puant mais lavez-le et vous verrez sa beauté ».

    C’est donc à chacun de laver l’autre au lieu de « l’habiller pour l’hiver »

    Ce qui aboutit par exemple à

    Après la bataille

    Mon père, ce héros au sourire si doux,
    Suivi d’un seul housard qu’il aimait entre tous
    Pour sa grande bravoure et pour sa haute taille,
    Parcourait à cheval, le soir d’une bataille,
    Le champ couvert de morts sur qui tombait la nuit.
    Il lui sembla dans l’ombre entendre un faible bruit.
    C’était un Espagnol de l’armée en déroute
    Qui se traînait sanglant sur le bord de la route,
    Râlant, brisé, livide, et mort plus qu’à moitié.
    Et qui disait : « A boire ! à boire par pitié ! »
    Mon père, ému, tendit à son housard fidèle
    Une gourde de rhum qui pendait à sa selle,
    Et dit : « Tiens, donne à boire à ce pauvre blessé. »
    Tout à coup, au moment où le housard baissé
    Se penchait vers lui, l’homme, une espèce de maure,
    Saisit un pistolet qu’il étreignait encore,
    Et vise au front mon père en criant : « Caramba ! »
    Le coup passa si près que le chapeau tomba
    Et que le cheval fit un écart en arrière.
    « Donne-lui tout de même à boire », dit mon père.


    Il est certain que la scène ne s’était pas passée de manière si idéale (si elle a bien eu lieu). Mais Hugo a passé des jours à tailler et retailler l’histoire pour en faire cet objet parfaitement ciselé où le contexte sert de prétexte et d’écrin à l’expression du meilleur de l’homme.
    (La balle aurait touché le front...)
    Ce que nous enseigne Hugo c’est que l’embellissement de l’homme ne passe pas par sa parure mais par son regard. 

    Ce travail de nettoyage, de palimpseste positif du passé, a conduit Hugo à quelque chose de rarissime. Il a si bien idéalisé son père qu’il est parvenu à en faire le personnage essentiel d’un de ses poèmes. A part Pagnol, il n’y a personne qui en ait fait autant. Et pour faire ça il faut laver, il faut décharger les gens, non les accabler et les salir. Il faut les dénoyer non les enfoncer comme l’a fait Bazin.


    Quand on s’habitue à embellir les gens, on finit par éprouver un sentiment de pitié (issue de la tendresse) envers le genre humain. On ne hait plus.

    Alors qu’il aurait pu, comme les autres, être fasciné par le machinisme, il n’a jamais invité à considérer autre chose que l’Homme. Il n’a jamais dit qu’il y avait de beautés et d’infinis ailleurs que dans l’Homme.
    Même quand il place la Lune dans ses poèmes, ce n’est alors qu’un décor pour une humanité de plus. L’astre de pierre n’est pas un objet de désir.




    Clair de Lune

    La lune était sereine et jouait sur les flots. — La fenêtre enfin libre est ouverte à la brise, La sultane regarde, et la mer qui se brise, Là-bas, d’un flot d’argent brode les noirs îlots.
    De ses doigts en vibrant s’échappe la guitare. Elle écoute... Un bruit sourd frappe les sourds échos. Est-ce un lourd vaisseau turc qui vient des eaux de Cos, Battant l’archipel grec de sa rame tartare ?
    Sont-ce des cormorans qui plongent tour à tour, Et coupent l’eau, qui roule en perles sur leur aile ? Est-ce un djinn qui là-haut siffle d’un voix grêle, Et jette dans la mer les créneaux de la tour ?
    Qui trouble ainsi les flots près du sérail des femmes ? — Ni le noir cormoran, sur la vague bercé, Ni les pierres du mur, ni le bruit cadencé Du lourd vaisseau, rampant sur l’onde avec des rames.
    Ce sont des sacs pesants, d’où partent des sanglots. On verrait, en sondant la mer qui les promène, Se mouvoir dans leurs flancs comme une forme humaine... — La lune était sereine et jouait sur les flots.


     





    Ah bah, pendant que j’y suis, voici les paroles de
     
    Hijo de la Luna


    Idiot qui ne comprend pas
    La légend’ qui comme ça
    Dis qu’une gitane
    Implora la lune
    Jusqu’au lever du jour
    Pleurant elle demandait
    Un gitan qui voudrait
    L’épouser par amour

    Tu auras ton homme, femme brune,
    Du ciel répondit la pleine lune,
    Mais il faut me donner
    Ton enfant le premier
    Dès qu’il te sera né
    Celle qui pour un homme
    Son enfant immole,
    Bien peu l’aurait aimé.

    [Refrain :]
    Lune tu veux être mère
    Tu ne trouve pas l’amour
    Qui exauce ta prière
    Dis moi lune d’argent
    Toi qui n’as pas de bras
    Comment bercer l’enfant
    Hijo de la luna aaa.

    D’un gitan cannelle
    Naquit l’enfant
    Tout comme l’hermine,
    Il était blanc,
    Ses prunelles grises
    Pas couleur olive
    Fils albinos de lune
    Maudit sois tu, bâtard !
    T’es la fils d’un gadjo
    T’es le fils d’un blafard.

    [Refrain]

    Le gitan se croyant déshonoré
    Couteau en main sa femme alla trouver,
    L’enfant n’est pas de moi,
    Tu m’as trompé, je vois !
    A mort il l’a blessa
    Et l’enfant dans ses bras
    La colline il monta,
    Là haut l’abandonna...

    [Refrain]

    Et les soirs où l’enfant joue et sourit,
    de joie aussi la lune s’arrondit
    Et lorsque l’enfant pleure
    Elle décroît pour lui faire
    Un berceau de lumière

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