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easy

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59 ans
Eurasien
Déçu

Tableau de bord

  • Premier article le 17/11/2009
  • Modérateur depuis le 16/07/2010
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Derniers commentaires



  • easy easy 2 janvier 2013 00:10

    @ Volt

    Depuis quelques mois j’ai une impression récurrente :
    Nous, les ex gueux, ne réalisons pas que nous sommes devenus sinon des Prince de Condé, sinon les Nicolas Fouquet, sinon des Voltaire, sinon des Molière, en tous cas leur avatar populaire par le biais de la gueule.

    Nous sommes devenus très, très parleurs. Et de haute place SVP.

    Du point de vue pécuniaire, nous sommes à peine plus que des très petits bourgeois du XVème siècle, mais du point de vue de la gueule, nous sommes absolument sans complexes.


    Je conviens ne rien savoir de la prise de parole des livreurs de bois de chauffe à Rome. Je sais seulement que les gladiateurs disaient ave quelque chose.
    Je ne sais rien de ce que disaient les chambrières de Charlemagne, les bonnes de Louis XI, les postillons de Louis XVI. J’ai ouï dire une phrase ici, une autre là. Jamais plus de 5 mots de la bouche des gueux.

    Et nous voilà maintenant tous à discourir comme des Cicéron.

    C’est cela, le premier effet de la démocratie totale

    Mais nous avons le verbe beaucoup plus haut que nos responsabilités ou que notre rang qui devraient n’être que 1/ 60 000 000.
    Notre rang social, à part le pécuniaire, c’est celui d’une fourmi, d’un termite sur des millions.
    Notre gueule est donc infiniment plus haute que notre rang.
    Et elle fait mal notre gueule.
    Elle blesse, elle martyrise, elle opprime. 

    Alors nous racontons des incohérences 
    Car quand on cause à hauteur d’Erasme ou de More, il faut en assumer le rang qui va avec et qui conduit donc à la hache du bourreau le cas échéant. 
    Là nous parlons à verbe haut sans rien assumer de cette hauteur


    Le mot empire, je me demande s’il était prononcé par les vendeurs de légumes de Rome. Où s’il était prononcé, il l’était avec crainte au sens où ce mot était réservé aux sénateurs, aux hauts personnages qui avaient vraiment la charge de le conduire cet empire. Je serais très étonné d’apprendre d’un berger de Santa Maria di Capua Vetere (Là où était le cirque de Spartacus) se fût permis de balancer de l’empire ceci, de l’empire cela comme nous le faisons ici. 

    J’imagine que même en dehors de l’Empire romain les gueux ne disaient pas ce mot bien trop grand pour eux. Dire ce mot voulait dire qu’on en comprenait les dimensions, qu’on était déjà un grand politique. Jamais un quelconque Barbare n’aurait eu la prétention de paroler politique comme nous le faisons maintenant. 



    Posons que l’Empire actuel soit l’empire capitaliste et qu’il ait comme surface tout le bloc où il y a des immeubles de plus de 10 étages. Nous serions alors tous dedans, nous les AVoxiens. 0 rang de responsabilité en 1 milliardième. Mais nous voilà à dire sur lui, en long en large. Alors qu’il est bien plus indéfini que jamais. Il ne serait plus nettement défini que si nous le limitions aux EU. M’enfin, pourquoi le limiter à ce seul pays ? 
    Non, vraiment l’Empire de nos jours c’est tout le bloc bétonneur. 
    C’est nous.

    Mais pourquoi alors en parlons-nous de si haute voix tout en affirmant que ce n’est pas nous ? 
    4 milliards d’individus composent l’Empire, tous en parlent comme des Dante mais personne n’est responsable. Chacun désignant constamment quelque EUX « qui tirent les ficelles ». 

    Si 4 milliards de grandes gueules pérorent si bien de l’Empire sans y avoir la moindre responsabilité, qu’y font-ils alors ? 



    **** essayez de demander, je sais pas moi, au duc de bourgogne ses papiers par exemple, 

    et vous verrez le coup de sabre, la vitesse... ****

    Voilà la nuance ! 
    A l’époque des ducs de Bourgogne, de Navarre, de Normandie et de Berry, il n’y avait pas de papiers pour les gueux qui étaient attachés à leur ban et ne pouvaient en déloger. Chacun y était connu dans le village dont il ne sortait pas. Quant aux seigneurs, ils étaient connus mais se déplaçaient tout de même avec leurs armoiries sur écusson et bannière. Chacun à sa place et les gueux ne l’ouvraient pas.


    ***** je me suis amusé il y a quelques années à lire tous les genres d’essais sur les causes de la guerre du liban par exemple, 
    ça va dans tous les sens ; 
    pourtant je suis certain que c’est centralement et principalement venu avec le développement hollywoodien des années soixante ; 
    toute une génération john wayne, 
    et cowboys en veux-tu, et indiens en voilà, du flingue à n’en plus finir, 
    ça a dégouliné sur des années, 
    il suffit de mater les photos noirs et blancs de l’époque 
    pour voir tout hollywood printé sur une génération entière.
    coming soon in a theater near you, valable pour tous continents.
    ça les empêchait pas tous de lire ou de converser quand même, 
    pris, coagulés, dans leurs images.*****

    La démocratie a fait que les pulsions impérialistes autrefois réservées aux princes sont devenues le lot de tous. Le moindre Rambo a désormais des pensées de duc d’un point de vue politique. Le moindre Rambo dit désormais qui il faut jeter à la mer, qui il faut aller bombarder. 

    Cette démocratisation de la parole politique, il me semble qu’elle a sauté aux yeux de tous lors de l’affaire Dreyfus. C’est à partir de là que chacun, du palefrenier au concierge, s’est autorisé un grand avis politique


    Ainsi, les assertions de La Boétie sur la servitude volontaire, celles de Marx, celles de Nietzsche, celles d’Orwell, sur ce qu’est le type lambda, ne valent plus de nos jours. 

    Nous ne sommes plus du tout des valets volontaires qu’a observé La Boétie, nous ne sommes pas non plus des Emile de Rousseau, nous sommes aujourd’hui dès nos 5 ans, des oppresseurs-opprimés mutuels, tant notre verbe est haut. 

    Nous tous, nous nous empirons mutuellement de nos grandes gueules.

    Il n’y a pas de Eux

    L’Empire c’est Nous

    Ce Eux que nous brocardons constamment, c’est Nous



  • easy easy 1er janvier 2013 20:46

    Bonsoir Jason

    Si je disais que certains nous oppriment (pendant que nous n’opprimons personne) ces oppresseurs que je désigne devraient éventuellement considérer mes propos.

    Or je dis que nous nous opprimons mutuellement, que j’opprime mon voisin et qu’il m’opprime ; que j’opprime ma mère et qu’elle m’opprime ; que j’opprime mon chien et qu’il m’opprime, que j’opprime le Président et qu’il m’opprime. 

    Pourquoi les traders de la City devraient-ils plus que d’autre gaffer à mes propos ?

    Toutes les oppressions ne sont pas pécuniaires, très loin de là.
    Les pires des oppressions ne sont pas pécuniaires




    Soyons clairs et honnêtes.
    A partir de 1789, le moindre gueux a commencé à envisager de devenir prince.
    Chacun n’y a pas réussi, c’est entendu.
    Mais chacun s’y efforce constamment.
    Et devenir prince signifie, d’une manière ou d’une autre, imposer sa volonté (née d’une coagulation à soi, jamais de soi-seul) à quelque masse.

    Le pire c’est que nous avons tous visé le pire de la dimension de prince. Car un prince de jus sanguinis d’autrefois avait tout de même un paquet d’obligations y compris envers ses gueux. De nos jours, chacun de nous cherche à devenir un prince à pouvoirs mais sans devoirs.

    L’idée centrale c’est que depuis 1789, chacun cherche à choisir ses responsabilités.
    Ce qui est très déniant de nos responsabilités fatales. 
    De nos jours, personne n’accepte d’être un fautif de quoi que ce soit. (Comme Vatel avait considéré l’être)

    Or il y a des fautes, il y a des échecs. Partout. 
    Alors chacun s’empresse d’en accabler un autre en responsabilité.
    C’est par ce jeu des accusations que nous nous opprimons mutuellement. 



  • easy easy 1er janvier 2013 20:16

    Ce second lien que propose Herbe dit autrement ce que j’essaye de dire ici. 

    Un jour, j’avais à construire un nouveau restaurant à 600 km alors que je ne pouvais pas y être présent.
    Je passais mes nuits à tout dessiner, pièce par pièce, et j’envoyais ça par fax à mon chef d’équipe. Il me répondait « Oui Oui » 
    Mais quand je venais sur place de temps en temps, je constatais qu’il avait souvent fait autrement 
    Bien sûr, il y avait des problèmes, des terrasses sans pente alors que mes plans en avaient prévu. Mais il est allé deux fois plus vite à réaliser que moi à dessiner. L’un dans l’autre, en dépit des imperfections, je trouve qu’il a eu raison de verser dans le move.

    Un plan parfaitement suivi ne présente plus qu’un seul avantage : En cas de problème par la suite en creusant exactement là où la chose est dessinée sur le plan, on retombe bien dessus. A part cet avantage du recollement, un plan parfait n’est pas indispensable s’il est constamment déconnecté de la réalité du chantier.

    J’ai eu à installer 20 sorbonnes (paillasses avec hotte d’extraction d’air pollué) dans une même grande salle. Le principe veut qu’en dépit des incidences de l’une sur l’autre, on ait, pour chaque sorbonne, un débit d’air optimal.
    Sur les plans, j’avais donc fait des monstrueux calculs de section des gaines allant jusqu’en toiture afin d’équilibrer la chose de la dépression (et cela sans trop gaspiller d’air ambiant climatisé)
    Et bien finalement c’est sur place et dans le move que j’ai tout réglé (avec force bouts de laine) 

    Il faut du move et il faut donc le décomplexer sinon on en serait encore à calculer la forme des saumons d’une aile delta.



  • easy easy 1er janvier 2013 19:45


    Il serait contraire à mes principes de révéler ce qu’il y a sous le tapis des Moulin.

    Mais voilà qu’en réponse à la problématique en Dominici Vs Moulin que je posais, vous nous prouvez fonder votre image sur une brochette de Moulin sans le moindre Dominici ou Landru familial.

    ***** Par ailleurs, mon père, l’ami de mon père, ma grand-mère, mon grand oncle ont fait de la résistance dès le début. L’ami de mon père en est mort fusillé et mon grand oncle a été torturé au fort de Brendonck. Je n’ai donc nul besoin de me prendre pour Jean Moulin... il suffit que je raconte mes propres souvenirs de famille.*****


    Nous discutons ici du problème éducatif général.
    Et j’en dis que chaque jeune se retrouve confronté aux descendants de Buffon ou Moulin alors qu’à évidence statistique, il ne peut aligner une généalogie aussi autorisée que la vôtre. Six Moulin, qui dit mieux !

    L’enfant type ne peut que soit redire sur le Moulinisme soit s’inventer du Moulinisme familial. Ce qui est déjà acrobatique pour un indigène hexagonal surtout si son nom ressemble plutôt à Landru, devient aussi grotesque qu’apostatique pour un étudiant exotique. 


    Ce ne sont pas ceux qui s’enorgueillissent d’une brochette de six Moulin qui peuvent comprendre le problème général se posant à ceux nés d’un lit moins noble, surtout quand leur faciès ne laisse aucune autre illusion que péjorative.

    A la sortie de WW2, il allait y avoir automatiquement de la menterie et de la mythomanie entre indigènes hexagonaux. On allait forcément produire du Moulin à tour de bras. Heureusement, l’arrivée d’exotiques a permis aux Français mal servis par leurs ancêtres de détourner l’épée vers ces boucs émissaires.
     



    ***** .....la seule chose que j’admire chez les jeunes rejoint précisément ce que vous admirez : le hip hop, la street dance... Mais si nous avons la même référénce, ce n’est pas que nous soyons d’accord, mais qu’il s’agit incontestablement de la seule chose qui soit remarquable chez eux ! C’est maigre..*****

    Si l’on pose que faire le Moulin c’était prendre un engagement lourd de conséquences physiques, je vois dans les risques physiques que prennent certains jeunes une forme d’engagement néo mouliniste adapté aux heures tendres (Qui saura se développer autrement lors des heures dures)

    J’ignore sur quoi peut déboucher ce survinvestissement dans le risque physique mais à l’époque des premiers congés payés, nul ne réalisait que ça allait créer un marché du tourisme et des activités de plein air. 



    Au Vietnam, un problème analogue à Moulin / Pétain se posait naturellement en 1976 (Victoire des communistes).
    Il était possible à certains de se poser en fils de tonton Ho ; les autres, les sudistes, se retrouvant alors humiliés et tentés par une attitude en allure de néo résistance. Et cela alors qu’il n’y avait aucun bouc émissaire vers qui détourner les insultes.

    Par chance, on ne s’y désigne pas en Tu et en Moi mais en petit frère et grand-frère, en père et en oncle, en neveu et en cousin, sur le seul fait de rapport d’âges et entre inconnus. Même vous, Alain, on vous y appellera grand-frère.

    Les Européens ont une culture blasonique descendue jusque dans la bourgeoisie. Même les trousseaux de mariage des ouvrières sont brodés d’initiales. La noblesse d’épée a été si popularisée qu’on a vu surgir les monuments aux morts gravés du nom du moindre soldat tombé au champ d’honneur.
    Au Vietnam, aucun nom, aucune particule ne connote qui que ce soit. Personne ne peut mouliner de faits d’armes qui ne sont pas les siens. 
    Les gens partagent tous un même socle identitaire qui n’est pas savant, pas élitiste. 
     



     ***** Je laisse toujours du riz dans mon assiette, ce qui me permet à la fin du repas d’expliquer la numération décimale à mes enfants (question de commencer par les ficelles) et d’économiser les sachets hyperprotéinés ****

    Moi aussi. Puis je les mange, décimales comprises. Mais bon, j’ai eu plusieurs restaurants et j’ai eu à vider des milliers d’assiettes contenant de la nourriture. J’ai été obligé d’y réfléchir davantage.


    ***** Et bien figurez-vous que je suis sortis de cette psychothérapie invasive en étant plus persuadé que jamais, que ce qui devait constituer mon armure psychique était bel et bien la pensée des Lumières, la science, l’Art *****

    Armure psychique !
    C’est vrai qu’il faut bien ça par ici tant on se dénigre mutuellement.



     

    ***** L’Islam, le Judaïsme et le christianisme ne sont pas des alternatives aux Lumières.... NON Monsieur, cela se comprend easyment.***** 

    Je n’ai pas dit le contraire et je ne comprends pas les raisons de votre procédé. Mais peut-être voulez-vous que nous changions de sujet. Autant vous le redire, j’ignore les dieux autant qu’ils m’ignorent.



  • easy easy 1er janvier 2013 14:39

    @ Alain

    Vous m’avez écrit

    *** Vous êtes sans aucun doute quelqu’un qui présente à ceux qu’il invite’à sa table, les épluchures de pommes de terre et les fonds de casseroles qui ont servi à préparer le délicieux gratin dauphinois... ****

    Nous voilà en psychanalyse.
    Et vous voyez juste.
    Très juste.

    Je bous d’une vieille rage à fondamentaux automatiquement psychanalytiques qui tiendrait en mon regret du déni que nous faisons trop facilement du passé par ici, en France.

    Quoi ? Les Français dénient leur passé alors qu’ils bassinent le Monde de leur Vercingétorix et de leurs Lumières ? 

    Oui, à mon sens oui, ils dénient leur passé individuel au profit de leur passé collectif.

    La nuance est de taille car dans le premier cas, on doit s’accommoder d’un grand-père assassin dans l’autre on se gargarise de panthéonisés. Dans le premier cas on se retrouve seul à se nourrir d’un passé pas forcément merveilleux, dans l’autre on se contente de coaguler à quelque Lavisserie.

    Des Français capables de se démerder d’un grand-père Dominici, je n’en ai jamais vu. Ils préfèrent largement forfanter de Voltaire, Lavoisier ou Napoléon.


    Lorsque 100% des élèves d’une classe de France sont indigènes de l’Hexagone, chacun peut dénier son Dominici de père et refonder son image sur quelque Moulin. Le bidonnage est jouable. 
    Lorsque 20% des élèves d’une classe de France sont exotiques de l’Hexagone, ce bidonnage est impossible sauf à sauter aux yeux qu’il est apostatique et honteux.

    Il découle tant du bidonnage franco français que de l’hyper bidonnage exotico-français, un empilement de dénis sur la vérité ontologique.
    On se retrouve tous à croire qu’un nugget surgit soit d’un nuggetteur glorieux soit de son propre pouvoir philosophal issu de son pouvoir d’achat mais ni d’un poulet ni d’un éleveur de poulet.

    Ça fait que chacun ne se voit plus de responsabilité que choisie.


    Au Vietnam, va savoir pourquoi, je n’avais jamais vu de près la culture du riz. J’en mangeais sans savoir qui le produisait ni comment. Un jour, mon père viet m’a non pas raconté la chose, ce qui est dommage, mais m’a dit en tous cas et en synthèse que chaque grain résultait d’une peine, d’un effort, d’un sacrifice. Et qu’il était alors indécent d’en perdre un seul.
    A la fin d’un repas, le bol doit être vide et même rincé du bouillon de légumes qui accompagne tout repas.
    Depuis, je plie mon corps pour ramasser le moindre grain tombé, le moindre bout de ficelle, la moindre peine...

    C’est en France que j’ai découvert qu’il y a des gens considérant urbain de ne surtout pas vider son assiette. 

    Dans le premier cas, celui de mon père, ethos est fondé entièrement sur le gueux qui peine à fabriquer la nourriture.
    Dans le second, ethos est fondé sur soi. On ne doit surtout pas démontrer qu’on est un ventre. 

    Vous avez très bien perçu mon fonds éthique.
    Je vais effectivement à poser autour des frites, les épluchures ; autour du surimi, les arêtes ; autour du nugget, les plumes ; autour des confiseries, les chaînes ; autour du thé, la colonisation.

    Il y a, dans le repas qu’on sert, non seulement un sacrifice d’efforts mais aussi un sacrifice de vie, un drame.
    Il y a le fait que la bonne a tué le poulet pour nous livrer le rôti. Elle l’a fait en arrière-cuisine. Elle nous a épargné de la charge morale que ce meurtre représente. Elle a tout pris sur elle, elle a sacrifié son âme pour que les convives puissent dénier leur dureté et prétendre alors à quelque sainteté.
    Ce sacrifice de la bonne, de l’abatteur, de l’égorgeur de poulet, je trouve plus logique de le partager entre convives afin de leur éviter le sentiment de supériorité morale en « Je suis innocent ».
    De nos jours que nous ne chassons ni ne pêchons, que nous ne participons plus au tuage du cochon, nous allons trop à jouer les saints et à faire alors procès aux autres en prenant une posture d’oie blanche. 
     

    Je me sens capable de tout assumer, crimes compris, égoïsmes compris, gavage d’oies compris.
    Pas fier, pas honteux, capable.
    Ça me permet de ne pas me prendre pour un saint.
    Et ça m’interdit de reprocher aux autres de ne l’être pas.






    ***** Combien de bachelier savent quel triangle se construit sur le diamètre d’un cercle et un point quelconque de la circonférernce ???? *****

    Je pense qu’ils l’auraient mieux réalisé si leur prof avait procédé en éllipse-cercle en utilisant une ficelle, deux clous et un marteau.

    Vous vous souvenez forcément des expositions de surfaces gauches au Palais de la découverte. Sur cadres de bois et de fer, tendues des ficelles, ficelles.
    Vous vous souvenez aussi des tendances à offrir aux enfants des jeux et matrices à rosaces, des tableaux faits de ficelles tendues entre des clous sur une planche peinte en noir. Ficelles, ficelles.
    Des boules de ficelle collée formant luminaire plafonnier, ficelle, ficelle 
    Des jouets à roulettes qui étaient très souvent munis d’une ficelle pour les tirer. Caisses à savon aussi. Cordes à sauter, diabolo, bilboquet, toupie, noeuds de marins, ficelles, ficelles.
    Arc, lasso, bolas, ficelles, ficelles
    Guitare, harpe, violon, dan bau, viole, cithare, piano, ficelles, ficelles 
    Ponts suspendus, ficelles, ficelles
    Les élastiques aussi étaient de la partie, bien entendu.
    Une sonnette, c’était une clochette mais une ficelle aussi.
    La marine, c’était de la ficelle, de la ficelle. Les plus longs bâtiments de France étaient pour faire de la corde.
    Une usine c’était un moulin ou une machine puis des poulies, ficelles, ficelles.
    Fil à plomb, cordeau, ficelle, ficelle 
    Lacet, ceinture, cravate, lavallière, corset, couture, tricot, ficelles, ficelles 


    Il y avait donc le cheval et la ficelle qui donnaient aux gens un certain sens des choses. Ce sens s’est perdu avec la motorisation, l’électricité et l’électronique.

    Si l’on blâme les étudiants d’aujourd’hui sans avoir en tête ces mises en perspectives ontologiques, on ne peut pas les comprendre.




    D’autant qu’on manque, à mon sens, de souligner ce qu’elle fait de très surprenant notre jeunesse.
     
    Sur le plan physique, à corps nu, elle fait des choses inédites et époustouflantes que nul n’aurait cru faisables il y a un siècle. Je parle des acrobaties bien physiques de type parkour ou street danse.

    C’est comme si les trucages du cinéma dans le genre Spiderman poussaient les jeunes à en faire une réalité. C’est comme si la jeunesse cherchait à rendre vaine la robotisation. Un droïde parvient-il à descendre lentement un escalier sur ses deux jambes que les jeunes parviennent à grimper aux murs et à descendre des cîmes en vélo. 

    N’est-il pas paradoxal qu’au moment où tout semble pousser l’Homme à ne plus vivre qu’en polype polyprothésé et où il y a effectivement de plus en plus d’obèses, qu’il y ait aussi une partie de la jeunesse particulièrement gibbon-grenouille-poisson-araignée ?

    Ce retour au physis polyanimaliste, superanimaliste et hyperagiliste me semble intéressant à observer et à comprendre d’autant que nul ne l’avait prévu.
    Cette tendance me semble être survivaliste par le physis direct alors que le survivalisme de la Guerre Froide était ultra matérialiste : plus de missiles, plus de bunkers, plus de provisions


    Je trouve absurde qu’un prof méprise totalement un cancre alors que ce dernier est capable d’effectuer un mouvement que son prof ne peut même pas concevoir. Il y a un procédé séparant de façon absurde les acrobaties intellectuelles des acrobaties physiques, ainsi que ce qui est normé de ce qui est individuel. 
     
    Nous pouvons et devons reconsidérer l’Ecole mais il faut tenir compte de tout ce qui est observable depuis tous les points d’observation, ceux des chaires et ceux des chairs, ceux de l’urbain et ceux du sauvage, ceux du collectif et ceux de l’individuel.

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