Le supplice de me réveiller chaque jour dans un monde cannibale me pousse à faire société avec les arbres. On dit que la foi est une côte sans fin. Mon seul espoir, que l’homme cesse de se prendre pour Dieu, et se voit enfin semblable parmi les êtres.
Si l’ange peut m’aider à faire passer le message ...
Sisyphe et son boulet de déchets évoque le revers d’une société tournée vers le commerce, la ruse, mais surtout d’une société qui ne veut pas mourir, et qui se voit punie non par les dieux, mais par sa propre outrance.
Le système capitaliste avance de crise en crise, tel Sisyphe, il pousse son boulet qui finit toujours par redescendre et l’écraser. Alors bien sûr, il le connaît son boulet, il le voit grossir d’heures en jours, de mois en années, il bien essaye de limiter son enflure mais plus il avance, et plus il grossit... Il n’y a pas d’avenir pour Sisyphe, l’horizon se perd dans chaque instant perdu à sa conservation. Il ne voulait pas mourir, il vivra l’enfer pour l’éternité.
« Le pouvoir, c’est l’art de gouverner la liberté des autres » disait Michel Foucault, quand l’homme cessera de vouloir gouverner autre chose que sa vie, il sera libre. Mais il semblerait que la liberté soit comme un précipice, et que pousser le boulet offre une certitude bien plus rassurante que le risque assumé de disparaître.
La force vitale fait des erreurs mais elle les assume, en tire des leçons, et les laisse se transformer par l’acceptation de la mort, de leur devenir. L’homme fait des erreurs, les revendique, en fait son « propre », sans même comprendre qu’il fait l’erreur de croire qu’il est en cela supérieur. Il a la conscience, l’intelligence, le langage. Il n’est plus un animal. Bref, il prend sa minute d’existence pour un triomphe sur l’éternité. Un enfer.
4.se dit d’une femme aux formes rondes, bien en chair.
5.qui n’agit pas par intérêt personnel.
Vous vous foutez de la pauvreté des autres comme de votre première chemise, ce qui compte pour vous c’est de dire : sans les riches entrepreneurs, les miséreux le seraient encore plus. Voyez comme nous sommes généreux : « Le nombre de personnes vivant sous le seuil d’extrême pauvreté [1] dans le monde s’est réduit de 1,9 à un peu moins de 1,3 milliard entre 1981 et 2008. Une évolution d’autant plus positive que dans le même temps la population mondiale s’est accrue. Du coup, le taux d’extrême pauvreté a été réduit de moitié : 22,4 % de la population mondiale vit aujourd’hui avec moins de 1,25 dollar par jour contre 52,2 % au début des années 1980. » source
Sauf que vous oubliez un truc, si on passe le curseur à seulement deux dollars par jour, c’est 43% de la planète qui vit dans l’extrême pauvreté.
Souhaitons que le monde libéral accepte de ne plus ignorer l’évolution du monde et de sa masse grandissante qui souhaite à l’unisson que le monde libéral soit encore et toujours plus généreux avec elle.