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Éleutheria

Étudiante en histoire, spécialiste de l'histoire d'Europe de l'Est, master d'histoire comparative moderne et contemporaine.

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  • Premier article le 21/05/2012
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Derniers commentaires



  • Éleutheria 22 mai 2012 23:28

    Bonsoir Alison,

    Je suis entièrement d’accord avec vous ! J’ai eu exactement la même impression, même en une semaine de séjour. Même après le Mémorandum et la dépression, on perçoit bien l’art de vivre grec et la solidarité, qui est plus nécessaire que jamais. D’ailleurs, c’est en Grèce que j’ai rencontré la personne que je considère la meilleure parmi toutes celles dont j’ai jamais fait la connaissance. J’ai tout de suite été amoureuse de ce pays.

    J’y retourne bientôt, pour les prochaines élections si tout va bien. J’ai promis à un ami de lui apporter le champagne pour fêter la victoire de SYRIZA. Si vous êtes à Athènes je vous rencontrerai avec plaisir. smiley

    Amicalement.



  • Éleutheria 22 mai 2012 23:10

    Bonsoir toor,

    Le déremboursement des soins et des médicaments est une calamité en effet. Cela dit, vous devriez pouvoir bénéficier de l’assurance maladie universelle, et dans ce cas vous n’auriez pas à payer.

    Je vous souhaite bien du courage en tout cas, et ne vous tuez pas, ce n’est pas vous qui êtes le criminel dans cette histoire, vous êtes la victime. Tout ce que je peux espérer c’est que nous serons bientôt libre et il faut se battre tous les jours pour ça.

    J’espère qu’il y a des gens autour de vous, des organisations, qui vous aident et vous soutiennent !

    Cordialement.



  • Éleutheria 22 mai 2012 23:04

    Bonsoir Marc,

    Merci pour votre commentaire.

    Concernant l’euro, vous n’avez pas tord, il risque effectivement de baisser et cela sera favorable à nos économies. Mais je pense que vous exagérez largement. Même s’il baissait de 30%, ça ne durerait certainement pas. Et l’Allemagne ne tolèrerait pas un euro aussi bas bien longtemps.

    En revanche je suis en désaccord en ce qui concerne la sortie de la Grèce de la zone euro : ce serait une très bonne chose pour elle. Un Etat ne fait pas faillite, il fait défaut, c’est différent. Il n’existe pas d’exemple dans l’histoire où un Etat se soit trouvé mal parce qu’il a fait défaut, c’est-à-dire parce qu’il a cessé de rembourser sa dette. C’est même exactement le contraire, l’abolition de la dette est une excellent chose pour les Etats et ils ne s’en portent que beaucoup mieux.

    Le rétablissement de la drachme aura pour conséquence une reprise très rapide de la croissance en Grèce. De plus, les Grecs s’en sortiront mieux que tous les autres, car ils seront sortis en premier de l’eurozone. Comme disait Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie : « Les Etats qui en sortiront les premiers seront ceux qui s’en sortiront le mieux ».

    Une sortie de la Grèce de la zone euro implique, selon les traités, une sortie de l’Union Européenne, mais pas une sortie de l’espace Shengen, qui est une construction à part (certains Etats membres de l’UE ne sont pas membres de l’espace Shengen et certains Etats non membres de l’UE sont membres de l’espace Shengen).

    Les Grecs ne voteront pas mal en Juin, ils voteront contre l’austérité, contre le pillage de leur pays par les financiers, contre l’eurofascisme, contre la troïka, contre la dictature. Ils voteront pour la liberté et la souveraineté et en cela ils se feront énormément de bien et rendront un grand service à toutes les nations d’Europe.

    Quant à votre inquiétude sur la sécurité de l’Europe et les « divers risques politiques graves », elle me fait rire. Je vous suggère de lire la deuxième partie de mon article. La troïka a déjà amené le chaos et le fascisme en Grèce. Se débarrasser de la troïka ne pourra faire que le plus grand bien à tout le monde.

    Et non la Grèce ne sera pas un « ancien pays riche » mais peut-être bien un « nouveau pays riche ». Tout dépend ce qu’on appelle un pays riche. Il peut y avoir quelques individus très riche dans un pays avec une population globalement assez pauvre. C’est le cas en France et en Allemagne. smiley

    Vous dites : "de nombreuses entreprises sont compétitives face aux entreprises chinoises sans avoir des salaires alignés sur les ouvriers chinois." Mais tout le textile, par exemple, est produit en Chine. Et maintenant on commence même à le délocaliser dans des pays où la main d’oeuvre est encore moins chère. Même si les délocalisations se font ailleurs qu’en Chine, le problème pour la Grèce et l’Europe restera le même.

    Cordialement.



  • Éleutheria 22 mai 2012 03:32

    Bonsoir,

    Vous m’accusez d’être une menteuse, en clair. Donc ce Géorgios est bien ingénieur du bâtiment comme je l’ai écrit et oui, un ingénieur du bâtiment ça gagne bien sa vie. Enfin ça gagnait bien sa vie. Et il avait également une boutique à Rhodes et la marchandise est effectivement dans son salon, ce que j’ai vérifié moi-même, puisque comme je l’ai écrit, j’étais hébergée chez lui. Que voulez-vous, une photo de son salon et son CV ? C’est dommage qu’il ne puisse pas vous répondre lui-même, il vous dirait sa façon de penser.

    Peut-être n’avez-vous pas lu complètement l’article, mais pour ce qui est de l’éternelle rengaine « les Grecs ne travaillent pas », « les Grecs ne paient pas d’impôts » et « il n’y a pas d’industrie ni d’agriculture en Grèce », eh bien je ne peux rien vous répondre si ce n’est de relire l’article...

    Votre condescendance n’a d’égale que votre ignorance. Les Grecs sont accablés de taxes et d’impôts, ceux qui n’en payent pas sont une toute petite minorité de privilégiés, exactement comme chez nous.

    Et c’est bien votre raisonnement qui est totalement incohérent :

    "lorsqu’un pays ne produit à peu près rien, n’a quasiment pas d’industrie, et une agriculture de subsistance, ne déclare rien aux impôts, ne paye pas de taxes, comment ce pays peut-il prétendre avoir le même niveau de vie que des pays qui fonctionnent sur des bases absolument opposées ?
    Donc ce pays emprunte, autant qu’il peut, et cela dure vingt ans ;« 

    Quels sont donc ces pays qui fonctionnent sur »des bases absolument opposées«  ? L’Allemagne ? La France ? Parce que vous pensez que chez nous les riches paient des impôts peut-être ? Ou que les autres Etats de l’UE n’empruntent pas et ne sont pas accablés de dettes ? Tous les pays de l’UE empruntent et sont forcés d’emprunter aux banques privées et aux riches parce que l’article 104 du traité de Maastricht et l’article 123 du traité de Lisbonne leur interdisent d’emprunter auprès de leur banque centrale. La dette de la France par rapport au PIB est stable sur les dernières décennies, ce sont les intérêts de la dette qui ont considérablement augmentés. Et c’est pareil partout.
    Quant au »niveau de vie« dont vous parlez, duquel s’agit-il ? De celui de l’Allemagne, où 20% des travailleurs sont pauvres et où leur espérance de vie a diminué de 2 ans en dix années d’eurozone ? Sachez pour votre édification et du haut de votre morgue que la Grèce était l’un des pays qui avaient la meilleure qualité de vie en Europe avant qu’elle ne soit détruite par les gouvernements de ces pays qui »fonctionnent sur des bases absolument opposées« .

    Jamais les Grecs, ni d’ailleurs les Français, les Italiens, les Espagnols, les Irlandais, les Portugais, etc. n’ont bénéficié en quoi que ce soit des »emprunts« forcés aux financiers privés. Donc nul ne peut exiger d’eux qu’ils remboursent une dette qu’ils n’ont jamais contracté.

    Aucun pays ne pourra jamais rembourser la dette infâme et indue, ni la Grèce, ni la France, ni l’Allemagne, ni les Etats-Unis. Personne. Les gouvernements ne font que jouer avec le temps.

     »Le niveau de vie ( et d’exigence des citoyens) monte en même temps que le niveau de la dette.« 
    Je ne vois vraiment pas quelle quantité incroyable d’ignorance à bien pu vous faire proférer une telle contre-vérité. C’est exactement le contraire qui est vrai. L’augmentation de la dette sert de prétexte à la destruction des emplois publics, à la dérèglementation du droit de travail, aux exonérations de cotisations patronales et aux niches fiscales pour les riches, à la baisse des pensions de retraites et de tous les salaires différés en général, à la baisse des salaires directs, bref à l’abaissement du niveau de vie des populations. Plus la dette augmente, moins les riches paient d’impôts, plus les salaires baissent et plus les peuples sont accablés de taxes, donc plus leur niveau de vie baisse.

     »Récemment j’ai lu une longue et interminable litanie, écrite par quelqu’un qui, comme vous, essayait de tirer des larmes au lecteur : il affirmait qu’en Grèce, les taux de SIDA, de drogue, de suicide, de déprime et de divorce avaient explosé.« 
    Ce qui est tout à fait exact et confirmé par les statistiques officielles. Je pense que vous avez un problème avec la réalité. En fait, vous voudriez bien y faire des ratures et repeindre les Grecs en noir, en de vilain méchants fainéants fraudeurs. Ca vous rassurerait que la réalité ressemble à ce que raconte TF1. Mais ce n’est pas le cas.

    La vérité c’est que l’économie grecque ne peut pas survivre à l’intérieur de l’eurozone et que les traités européens organisent les délocalisations et les importations de marchandises à bas coût, donc la destruction de l’industrie et de l’agriculture en Europe.

     »la Grèce doit être bien plus riche qu’on le dit, puisque son PIB réel n’était quasiment pas déclaré"
    Le PIB et la richesse sont deux choses différentes. Le PIB ne se déclare pas, ce ne sont pas des impôts. Il est calculé sur la base de statistiques. Le PIB de la Grèce indique une forte dépression économique et ceci est dû à la politique de déflation (ou, comme on dit, d’austérité). Cela dit il reste bien sûr des richesses non employées telles que les compétences d’une bonne main d’oeuvre, qui se trouve au chômage pour le moment, ou encore la marchandise qui se trouve dans le salon de Géorgios et qui ne peut être vendue faute d’acheteurs. La richesse ne manque pas mais encore faut-il avoir un système monétaire pour pouvoir l’échanger, l’investir, la faire circuler. Quand on ponctionne à une économie toute sa monnaie pour rembourser une dette imaginaire, le PIB tombe en chute libre, c’est normal.

    Ah oui, pour ce soit bien clair : je n’essaie pas de tirer des larmes au lecteur. Les Grecs n’ont pas besoin de votre pitié. Ils sont un peuple digne et rebelle. Ils se soulèveront et reprendront leur liberté.



  • Éleutheria 22 mai 2012 02:43

    Bonsoir Alison,

    Merci pour votre commentaire. N’étant pas Grecque moi-même et n’ayant jamais vécu en Grèce, je suis évidemment une sorte de touriste.

    Je ne comprends pas bien l’objet de votre critique, je pense que vous interprétez mes propos. Par exemple, je n’ai pas dit que la police grecque avait toujours été présente en si grand nombre dans les rues d’Athènes. Je n’ai pas non plus dit que les Turcs et les Grecs sont frères, bien que je considère que tous les peuples sont frères. Ce que je dis c’est qu’il y a des caractéristiques culturelles et des habitudes similaires. Je ne faisais que relater une constatation personnelle et l’avis d’un ami grec sur ce sujet. Je n’ai jamais nié le fait que l’Empire ottoman a dominé la Grèce durant des siècles. Cela dit, je ne pense pas que l’on puisse en rejeter la faute sur les Turcs. C’est comme si on tenait les Allemands pour responsables de l’occupation de notre pays par le Troisième Reich il y a 60 ans. Je n’ai évidemment pas fait de sondage, mais pour autant que je puisse en juger par mes conversations avec des Grecs, il n’y a pas de haine envers les Turcs, mais la crainte d’une guerre est bien présente et il y a évidemment une défiance envers l’armée turque qui pèse énormément dans la sphère politique de son pays.

    Dans cet article, de manière générale, je n’ai fait que relater ce que j’ai vu et ce qu’on m’a dit. Ce n’est pas une histoire de la Grèce, même si j’ai eu l’occasion de l’étudier un petit peu. Cela dit j’en ai parlé un peu, dans le paragraphe sur Dimitris Christoulas, et il en est également un peu question dans la deuxième partie de l’article. Je n’emploierais pas pour ma part le terme « prise en charge » pour décrire les différentes dominations impérialistes qui ont asservi la Grèce.

    Pareil pour les chiens, je n’ai fait que rapporter ce que j’ai vu et ce qu’on m’a dit. Je n’ai pas nié que les chiens étaient en liberté et bien traité, c’est exactement ce que j’écris au contraire. D’ailleurs ce que vous dites n’est pas exact, les chiens en liberté ne sont pas tous stérilisés et ils continuent de se reproduire. J’ai demandé à un ami grec pourquoi il y avait autant de chiens, je lui ai demandé s’ils avaient été abandonnés, et il m’a répondu qu’une partie était abandonnée mais que s’il y avait autant de chiens, c’est parce qu’ils se reproduisent entre eux. Et il a ajouté bien sûr que les gens s’occupent bien d’eux. Evidemment, je n’ai pas tout écrit en détail dans l’article, il est déjà assez long.

    Quant à la fraude et à la corruption, c’est un vaste sujet que je n’ai pas abordé en effet (sauf en passant dans la deuxième partie de l’article) mais qui est très important et qui pourrait faire l’objet d’un article à part entière. J’en ai évidemment beaucoup parlé avec mes amis grecs, qui s’en plaignent souvent. Mais c’est un problème complexe et écrire sur le sujet aurait nécessité que j’enquête de façon plus approfondie. J’aurais pu me contenter de citer ce que m’ont dit mes amis grecs sur la question mais ça n’aurait pas donné quelque chose de cohérent. Par exemple, l’un d’entre eux me dit que l’Acropole ferme plus tôt parce que l’Etat a licencié trop de personnel alors qu’un autre me dit que les poubelles ne sont pas ramassées parce que les fonctionnaires restent dans leurs bureaux au lieu de faire leur travail et que les gens employés pour faire ce travail à leur place ont été, eux, licenciés. Donc les informations devraient être vérifiées. Et puis mon article faisait déjà 15 pages et j’ai dû le couper en 2, donc ce thème sera abordé dans un prochain article sans doute.

    La démonétisation de l’économie grecque est également un phénomène important, je l’évoque dans la deuxième partie de l’article sans trop m’attarder dessus. Je ne voulais pas faire un article trop théorique en l’occurrence et il y a des économistes qui expliquent bien cela.

    Merci d’avoir pris le temps de me lire en tout cas.

    Eleuthéria

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