« La propriété privée est une notion éminemment individualiste et
capitaliste qui tend à faire reconnaître le mérite (et donc la valeur)
d’un homme selon ses acquisitions, c’est à dire ces richesses. »
Richesses = valeur = mérite, je crois qu’il y a là comme un tropisme -
la richesse ne représente ou n’exprime que très rarement la valeur d’un
homme ou son mérite à moins que, par un des mystères que seul ce monde
endommagé peut nous offrir, la richesse soit un substrat de fait
transmissible à travers les générations d’héritiers qui portent en eux
la « valeur » et le « mérite » de leur descendant ? Selon cette « métaphysique »
simpliste, il est en effet beaucoup plus méritant pour un marchand de
tableaux ayant raflé l’ensemble des œuvres d’un artiste désœuvré
moribond que l’artiste ayant peint ces dites œuvres dont le génie a été
reconnu - après tout ce marchand a su par sa « valeur » et son « mérite »
faire fructifier ces choses « inutiles » au sein du marché, lui donner une « vraie » valeur. Cependant je ne crois évidemment pas que vous soyez dupe, puisque vous apportez cette précision : « notion éminemment individualiste et
capitaliste ».
C’est un tropisme que l’on retrouve par ailleurs dans la définition de Wikipedia éminemment discutable : « L’expression propriété privée est un pléonasme : au plan conceptuel, la propriété est nécessairement privée. Il n’existe pas de concept de « propriété non-privée », le domaine public
étant un concept totalement différent puisqu’il recouvre des choses
dont l’usage est totalement libre ou régulé par des lois de police
spécifiques (exemple : le code de la route). »
Ce qui m’apparaît déjà plus approprié : La propriété privée est ce qui
appartient en propre à un individu selon un corpus de loi qui lui
permet à la fois de réclamer l’usage privilégier de cette propriété et
de défendre ce droit.
Se pose la question de savoir si cette propriété privée est
un droit « naturel » tel que le pose les libéraux, la morale qu’ils ont
établie mérite d’être questionner de nouveau au regard des analyses qui
ont été formulées, non pas au sujet de leur doctrine, mais concernant
la généalogie d’une culture - l’avènement de l’individu propriétaire
n’est-il pas finalement le résultat d’un jeu de forces dont l’issu lui fut favorable ? « Nature » étant le nom de ce qu’on ne remet que rarement en question, un peu comme le vainqueur.
« On pourrait presque en rire si la situation n’était pas aussi grave et préoccupante... »
Un peu comme les interventions de inénarrable Frédérique Lefebvre, les bons mots de Patrick Devedjian, les crises hystériques de Nadine Morano, les articles foireux de Matthieu Soliveres ou les bonnes blagues « entre nous » de Brice Hortefeux ?
« Mais au fond, cette « votation » qui n’est ni démocratique, ni légitime, ni même juridiquement fondée, est une énorme blague ! »
Ce n’est tout de même pas à un juriste en droit franco-anglais le sens du mot « démocratique » ? Non franchement, j’ai arrêté de lire à ce moment précis.
Il ne suffit pas de syllogismes aussi consistants qu’une biscotte trempée dans du café pour faire une vérité. Elle ne se mesure pas à l’aulne de vos fantasmes, à votre degré de
tolérance ou à l’intensité de vos peurs mais aux faits et leur
objectivité, avec un bon degré de cohérence et de distance critique - et dans le cas de la res publica, un minimum de culture (non, non, ne sortez pas votre revolver.)
Que je croise les expressions politiquement correct, bien-pensance (mon dieu que c’est laid) et d’autres fourre-tout imbéciles qui minent le champ politique, je devine que j’ai affaire à cet innocent citoyen nourrit à l’opinion publique que j’évoquais plus haut et qui subit les fameuses réalités quotidiennes en rafale, à travers quelques mediainnocents. Comme ces quelques villages de France profonde qui ne voient jamais qu’un étranger - forcément incivil - dans l’année mais qui développent une mentalité d’assiégé, s’imaginent être le dernier petit village gaulois face à l’envahisseur mauvais que l’on voit partout sur les écrans, la pourvoyeuse de vérités bien senties.
Que ceux qui n’aime pas la France la quittent chantez-vous en chœur, soit ! Manifestement vous pouvez la quitter cette France réelle que vous ne voyez plus, je dirais même que vous l’avez déjà quitté et que vous ne l’habitez plus...
- que ceux qui ne l’aiment pas la quittent - Au moins vous offre-t-il cette brillante inspiration, même si l’on peut douter que la paternité de ce propos revienne à la petite frappe de l’Élysée, Guaino n’étant jamais très loin derrière.