@alinea C’est bien ce que je dis : les anarchistes espagnols n’ont jamais cru au Père Noël. Quand je parle de Père Noël, ça englobe toutes les spiritualités et autres fadaises dont on pourra s’occuper à ses heures de loisir quand les autres problèmes auront été réglés. Je déteste qu’on mette la charrue avant les boeufs. L’anarchisme, je le conçois comme une pratique, pas comme un idéal, et il n’y a que comme ça qu’il pourra rencontrer une adhésion (et qu’il la rencontra en Espagne). Un idéal n’a jamais nourri personne.
@alinea Tu as peut-être remarqué que le romantisme et moi, ça fait trois ; c’est pourquoi j’attends encore de voir les réalisations des ukrainiens. Quant aux espagnols, il semblerait qu’ils aient réussi à mettre en route quelque chose, mais justement ça reste à confirmer. Bien que séduisant, rien ne garantit a priori que l’idéal anarchiste soit susceptible d’une réalisation concrète et durable. Je ne vois pas ce qu’on gagnerait à rejeter les croyances traditionnelles si c’est pour les remplacer par des chimères. J’ai vu naître et périr de petites communautés à tendance anarchiste qui explosaient en vol à cause de leur idéalisme, ce qui ne semble pas avoir été le cas des expériences espagnoles soutenues par des prolétaires qui se définissaient d’abord comme matérialistes, même si ça n’excluait pas d’autres ambitions. A ce que j’en sais, leur force a été de ne jamais croire au Père Noël.
@Enabomber Et j’ajouterai qu’une alternative crédible doit être durable, ce qui pour l’instant n’a été la cas d’aucune de ces expériences. Celui qui marche en regardant constamment le ciel se retrouve toujours les pieds dans la boue.
@alinea je me suis intéressé au sujet, mais la Makhnovtchina, à moins que je sois mal informé (insuffisance des sources ?), fut plutôt comme le dit wikipedia « une armée insurrectionnelle d’inspiration anarchiste », et niveau réalisations pratiques on reste sur sa faim. Bien sûr pour un anarchiste romantique boutonneux ça peut le faire. Mais je ne me souviens même plus de ma puberté, alors je préfère m’en tenir aux enseignements que pourrait apporter la révolution espagnole, à condition que les sources puissent être corroborées. Puisqu’il s’agit d’essayer de construire une alternative, autant faire en sorte qu’on ne bâtisse pas sur un marécage.