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Éric Guéguen

Éric Guéguen

Le monde actuel en 20 penseurs :
 
Platon - Aristote - Lucrèce - Farabi - La Boétie - Montaigne - Spinoza - Rousseau - Hegel - Tocqueville - Nietzsche - Ortega y Gasset - Polanyi - Strauss - Arendt - Vœgelin - Villey - Dumont - MacIntyre - Lasch
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« Le citoyen typique, dès qu’il se mêle de politique, régresse à un niveau inférieur de rendement mental. Il discute et analyse les faits avec une naïveté qu’il qualifierait sans hésiter de puérile si une dialectique analogue lui était opposée dans la sphère de ses intérêts réels. Il redevient un primitif. Sa pensée devient associative et affective. »
 
(Joseph Schumpeter, Capitalisme, socialisme et démocratie, Quatrième partie, XXI, 3 (p.346)).
 
Contact : [email protected]
Le Miroir des Peuples, éditions Perspectives Libres, 2015

Tableau de bord

  • Premier article le 14/08/2012
  • Modérateur depuis le 01/12/2012
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Derniers commentaires



  • Éric Guéguen Éric Guéguen 4 novembre 2012 18:17

    C’est très simple, Machiavel : en instituant un mandat impératif, celui-ci est forcément exécutif. Donc plus besoin d’Assemblée nationale. Les débats se feraient en amont, avant le vote pour choisir l’exécutif. Une fois rendu l’avis des urnes, fini, vase clos. L’exécutif exécute sèchement, c’est tout. Jusqu’à la prochaine élection.

    Sinon, à quoi pourrait bien ressembler un mandat impératif de type législatif ? Que des députés jurent sur la Bible de défendre telle ou telle mesure dans l’hémicycle tous les mercredis ? Comment le contrôler ? Au moins est-il facile de vérifier qu’un magistrat de l’exécutif élu par mandat impératif se plie à ce qu’il a juré de mettre en place : par les actes !



  • Éric Guéguen Éric Guéguen 4 novembre 2012 17:50

    @ Machiavel1983 et Morpheus :

    Quelques petites choses à ajouter suite à vos interventions respectives.

    1. "- Un mandat impératif ne peut concerner le législatif mais uniquement des actes d’ exécution car le candidat ne peut garantir que sa proposition de loi passe à l’ assemblée ." (Mach.)

    => EXACTEMENT !

    2. Morpheus, au sujet de la contradiction qu’il y a à voter pour le représentant d’un parti qui défend à la fois des thèses qui nous conviennent et des thèses contraires à nos principes :
    très juste, et c’est la raison pour laquelle je suis pour l’abrogation des partis politiques. Chaque citoyen doit être son propre parti.
    Dernièrement, je me suis fait la remarque que sur certains points, j’étais de droite, sur certains autres de gauche. En fait, nous inversons le problème : je n’ai pas fait mon marché entre des opinions de gauche et des opinions de droite, il se trouve que j’ai une certaine cohérence dans la pensée et que ce que l’on appelle droite emprunte des thèmes à une partie de cette cohérence, et ce que l’on appelle gauche emprunte à une autre partie de la même cohérence. Chaque aile tronque volontairement la vérité pour pouvoir se trouver une clientèle.
    En définitive, je n’emprunte pas tantôt à la gauche, tantôt à la droite, c’est la gauche et la droite qui tour à tour m’empruntent, vous empruntent, nous empruntent.

    Cela dit, fidèle à ma volonté de ne jamais déceler un quelconque complot contre le peuple (c’est une tendance trop simpliste que je laisse à des Soral ou à des Chouard), je dirais que ce côté schizophrène en politique (gauche-droite et leur petit numéro d’auguste et le clown blanc) a eu pour vocation d’emmener les foules indécises, incultes en matière politique, sur des sentiers battus.

    3. Au sujet du fameux vote blanc :

    Il se trouve que j’ai voté blanc à la dernière présidentielle. Et lorsqu’on vote blanc, en France, on est compté dans le camp de ceux qui sont restés au lit ce jour-là, il faut le savoir (je crois savoir que, vous autres, en Belgique, êtes contraints de voter... est-ce plus intelligent ? Je ne pense pas).
    En revanche, j’ai appris que pour éviter une trop forte abstention (suite au trauma de 2002...), on est allé faire des ponts d’or à certains, hypothétiquement ignares en politique et n’en ayant rien à foutre : ici 5 euros sur une coiffure contre remise de la carte d’électeur dûment tamponnée, là une place de ciné à moitié prix... où l’on voit que la démocratie actuelle est proprement commerciale, qu’elle nivelle par la bas, réduit à égalité des citoyens qui, AU REGARD DE L’INTÉRÊT PORTÉ À LA CHOSE PUBLIQUE ne se valent pas, et prouve que la notion même de suffrage est une aberration totale, au même titre que la représentation et l’esprit de parti.

    Bien à vous,
    EG



  • Éric Guéguen Éric Guéguen 4 novembre 2012 16:34

    @ Machiavel1983 & Morpheus :

    Messieurs, a priori j’ai du mal à me faire comprendre au sujet du mandat impératif, je vais tenter en prenant un exemple concret.

    Prenons le cas du mariage homosexuel. Imaginons que le mandat impératif soit en vigueur chez nous. Un candidat se prononce clairement : « TOUT mon programme tourne autour du mariage homo, son intronisation me paraît être fondamentale, et même une réponse à de nombreux problèmes sociétaux. Voter pour moi, c’est voter pour le mariage homo ».
    Et hop, il est élu. Dans un tel cas, pas besoin de débats à l’Assemblée, les ennemis du mariage homo n’avaient qu’à remporter l’élection. Libre à eux de l’annuler à la prochaine élection s’ils remportent le pactole. L’avis des gens contre, durant toute la mandature, on s’en fiche. Voilà clairement ce qu’est le mandat impératif. L’élu ne s’adresse plus qu’à celles et ceux qui l’ont porté au pouvoir, et c’est à eux et à eux seuls qu’il a à rendre des comptes, car, en l’occurrence, la mise en place du mariage homo était LA condition de sa mandature. S’il se refuse, une fois au pouvoir, à le mettre en place, il dégage.
    Notre République ne peut fonctionner comme ça. « Impératif », vis-à-vis de la révocation sur-le-champ, c’est sympathique. Mais ce qui l’est beaucoup moins, c’est que cette révocation est réservée, par définition et fatalement, aux « clients à satisfaire ».

    Machiavel, vous pouvez être en désaccord avec ce que je dis, mais je vous garantis que je me plie ici à la définition et aux principes du mandat impératif. Il ne peut être œcuménique du fait même qu’il est restrictif dans les attentes à contenter.
    Quant à l’affairisme, au non respect du mandat impératif lui-même ou encore auxdits « réseaux » et autres... nous sommes ici dans la théorie politique, de grâce, ne nous penchons pas sur l’époque pitoyable à laquelle nous visons, qui n’a plus d’égard pour quoi que ce soit qui ne rapporte pas de dividendes.La restauration politique attendue doit faire le ménage et nous débarrasser de la piétaille marchande, les faire descendre de la Pnyx et les renvoyer sur l’Agora.



  • Éric Guéguen Éric Guéguen 4 novembre 2012 11:14

    @ Machiavel1983 :

    Vous dites : « Dans une république bien ordonné , il y’ a pas de corps d’ électeurs , car un corps d’électeurs renvoie à des factions et à des sectes politiques , ce qui veut dire que la dite république est divisée. »

    Je vous ai bien lu il me semble, mais c’est précisément la raison pour laquelle je dis qu’un mandat impératif est incompatible avec l’esprit d’une République une et indivisible (voir plus haut). S’il est interdit sous nos latitudes, ce n’est pas encore un coup pour flouer le bon peuple, mais parce qu’il est nécessairement communautariste.
    Je sais que Rousseau en faisait l’arme politique de sa « volonté populaire », mais c’est encore une des nombreuses contradictions du citoyen de Genève : il aspirait à un peuple uni et mû comme un seul homme, se dressant d’une même volonté face à la tyrannie, ce qui relève du fantasme. Cela dit, Rousseau était également un fervent patriote, attaché aux liens identitaires, ce que nombre de rêveurs gauchistes, se revendiquant de lui, ont eu vite fait de négliger.



  • Éric Guéguen Éric Guéguen 4 novembre 2012 09:54

    @ Machiavel1983 :

    Le principe du mandat impératif est proche du corporatisme : un corps d’électeurs porte au pouvoir une personne en vue de remplir un certain cahier des charges. Une fois au pourvoir, s’il déroge, il est éjecté. Les électeurs éconduits non plus alors qu’à patienter jusqu’au scrutin suivant.
    Le mandat représentatif, lui, concerne TOUS les membres d’un pays. C’est-à-dire que la personne a beau avoir été élue sur son programme, elle s’engage à représenter non pas une certaine communauté et à défendre ses avantages, mais à prendre en compte l’intérêt de toute la nation, pas uniquement des « vainqueurs ». Cela implique nécessairement que pour être révoqué, l’élu le soit à l’unanimité des habitants du pays, ce qui est impossible. Même Sarkozy durant son mandat et au plus bas de sa forme était encore à plus de 20% d’opinions favorables dans les sondages, 20% qui ne l’auraient certainement pas révoqué.

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