L’histoire et ses détails bien choisis dans un procès à charge contre la Russie.
Le story telling écrase la réalité historique. Ce n’est pas bon signe pour le futur.
Au moment où Marc Bloch rentre au Panthéon (lui n’a écrit que la vérité), les années 30 restent un enjeu du story telling français. Annie Lacroix Ruiz est dans le rôle du repoussoir, de la diablesse dans ce débat. Cela prouve qu’on n’a pas encore assumé, digéré cette période et qu’elle nous obsède.
Notre russophobie, relativement soft du temps de l’URSS, est devenue quasi obligatoire et atteint des sommets. Jacques Baud a été sanctionné entre autres pour son défaut de russophobie.
C’est quelque chose que j’ai du mal à comprendre. Notre appartenance à l’anglosphère nous commandait notre attitude vis-à-vis de l’URSS et de la Russie, dans le cadre de la rivalité stratégique des USA avec l’URSS/Russie. Cette période s’achève, les USA ayant placé la Chine avant la Russie comme 1ère menace pour les USA et l’Occident (je ne sais pas si le Pentagone a déjà inscrit cette mutation dans ses tablettes, ses priorités).
L’Europe aurait dû profiter de ce nouveau degré de liberté pour s’émanciper de l’anglosphère et, tout en s’armant pour s’affirmer, développer de nouvelles relations avec le reste du monde (comme semble l’avoir tenté Macron avec les BRICS), et notamment avec la Russie, notre voisin. Or c’est exactement le contraire qui se produit.
L’UE semble reprendre le rôle des USA dans sa rivalité stratégique avec l’URSS/Russie en la poussant à son paroxysme, en construisant un mur étanche au milieu de l’Europe. C’est incompréhensible en termes de stratégie. Car pour équilibrer l’Asie et les USA, l’Europe doit s’allier à la Russie, ça paraît évident. Or l’UE renforce au contraire cette coupure en deux de l’Europe. Incompréhensible et déprimant.
NB : Il se trouve que j’ai vécu professionnellement la vente de Skoda à VW, pas en 1ère ligne certes mais proche du négociateur en chef français, bien au fait des péripéties. Je l’ai vécu comme une défaite française.
Vous sortez des formules bizarres qui laissent croire que l’Allemagne a envahi la France avec les fournitures de l’URSS.
Qu’il y ait eu du carburant acheté par Hitler à Staline en 39 dans le cadre du Pacte GS c’est possible ou probable.
Mais l’armée nazie qui a envahi la France s’est construite sur plusieurs années dans l’environnement d’une économie capitaliste avec des échanges importants, matériels et financiers, avec l’Ouest principalement, les USA en particulier. Sans l’économie capitaliste occidentale, il n’y aurait pas eu d’armée nazie victorieuse de la France.
la perspective de victoire totale
Autre formule choc, qui ne veut pas dire grand-chose, sinon que ça rappelle le vocabulaire BFM/LCI. La prise de Kiev et de toute l’Ukraine ? Non, la Russie veut la partie du Donbass qui lui échappe encore. Il n’est pas impossible qu’elle y parvienne finalement, sous une forme ou une autre (neutralisation). Rien à voir avec une « victoire totale ».
D’un côté il y a un pays martyrisé, dont une part significative a quitté le pays, où la police chasse les hommes dans les rues pour les envoyer au front. De l’autre il y a un pays en « opération spéciale » qui n’a pas encore déclaré la mobilisation générale.
Les pluies de drones ukrainiens laissent croire (à nos médias) que l’Ukraine va renverser le cours de la guerre. Les écrits et discours BFM/LCI/Figaro comptent 1,7 millions de pertes au total et 35000 par mois côté russe, contre 1 million côté ukrainien. Blessés, tués ? Ils ne disent pas, restant dans le flou. Jacques Baud a d’autres informations qui contredisent complètement celles de notre mainstream. C’est sans doute pour ça qu’il a été puni. Assez extraordinaire : être puni pour avoir refusé de croire à ce qui s’apparente des bobards plus qu’à la réalité. Notre démocratie va mal, se soviétise.
Ce sont ces bobards qui laissent croire qu’une « victoire totale » de l’Ukraine (pas de la Russie, bien sûr) est encore possible, et prolongent la guerre, reculant les négociations à une date indéterminée. L’UE poursuit sa politique désastreuse vis-à-vis de l’Ukraine.
Les « prochains pays » pourraient être les pays baltes
Encore du BFM. Pourquoi la Russie risquerait une guerre de grande ampleur pour ces pays de culture germanique ? Les quelques milliers de Russes y résidant ne justifient absolument pas de prendre ce risque (en Ukraine, ce sont des millions, c’est différent).
Les deux impérialismes, celui de la Russie sur son proche voisinage
Dans un article récent du Figaro, Georges Nivat, professeur de Russe à Genève, papa de la journaliste Nivat-Bourdin, nous ouvre son âme sur la Russie et l’Ukraine. Passionnant.
Nivat a appris l’Ukrainien et il traduit maintenant les poètes ukrainiens pour se faire pardonner sa passion pour la langue russe. Il a honte de sa russophilie de toute une vie (il a acheté un appartement à St Petersbourg).
Il s’opposait un temps aux russophobes rabiques de choc genre Besançon (décédé mais a formé Françoise Thom et toute une armée de journalistes mainstream russophobes). Nivat a demandé symboliquement pardon à Besançon pour s’être trompé sur la nature de la Russie.
Oui, la Russie est impérialiste car elle s’est constituée dans cet esprit. Vous lui enlevez son « impérialisme », et il ne reste pratiquement plus de Russie, juste la Moscovie. La Moscovie (la Kiévie) s’est répandue comme une tâche d’encre (pour reprendre une expression de De Gaulle). Il yeut de la concurrence (les tatares), la Russie en a payé le prix (de son impérialisme)
C’est d’ailleurs le rêve de l’autre impérialisme en difficulté depuis un siècle, l’imppérialisme occidental de haute mer. Il rêve de ramener la Russie à la Moscovie, et de célébrer une Kiévie intégrée et soumise à l’Occident.
La Russie n’est pas le seul impérialisme qui se caractérise par des frontières indéfinies. L’UE a une prétention impérialiste (pas de frontière). Sans parler des USA (Canada, Groenland, Vénézuela) et d’Israël (Liban, Syrie, Cisjordanie …).
L’erreur de Nivat a été de croire que la langue russe et sa culture assez remarquables en faisait un pays « gentil », non impérialiste (synonympe de « démocratique » dans notre novlangue UE). Or c’est faux, la Russie est fondamentalement impérialiste de naissance. Etrange qu’un esprit éclairé comme Nivat, normalien, ne l’ait pas compris.
L’impérialisme déclinant de la Russie se limite aujourd’hui à ne pas accepter les agressions contre ses nationaux restés hors des frontières de la Fédération de Russie après la disparition de l’URSS (20 millions). Et si ça ne marche pas (Ukraine), à faire bouger les frontières.
Les guerres en cours sont bien des affrontements entre impérialismes déclinants (l’occidental, le russe), et un jeune impérialisme en expansion (notre UE), l’autre impérialisme en expansion étant Israël. Des frontières floues sont un bon critère pour l’impérialisme, et mènent souvent à la guerre (l’UE bientôt ?).
Je ne vois pas bien ce que vous entendez par là. Je suis pour la poursuite d’Anchorage, Trump imposant ensuite à Kiev et à l’UE les termes de la paix négociée avec Poutine.
L’UE - Hollande Merkel en particulier – a tout raté dans l’affaire ukrainienne, en partie manipulée par les USA (les grands gagnants pour le moment). L’UE aurait dû imposer une Ukraine fédérale, sinon aucune aide, ce qu’elle n’a même pas tenté.
c’est ce à quoi se limite pour l’instant son génie.
On fera le bilan dans 5 ans. Si les relations USA-Iran connaissent une nette amélioration, vous aurez eu tort contre Trump.