Je pense que le mensonge est
aujourd’hui une technique de gouvernement, un outil de l’ingénierie sociale
comme jamais.
Que Poutine cherche à diviser
l’UE qui de son côté fait tout ce qu’elle peut pour affaiblir la Russie, c’est
la réalité. Et c’est bien normal compte tenu des visions différentes de l’avenir
de l’Ukraine de part et d’autre.
Mais que cette rivalité
représente une menace, au sens où le général Mandon agite le risque d’une
guerre de haute intensité en Europe comme résultat de menées et provocations
russes, je n’en crois pas un mot. Ce n’est en rien l’intérêt de la Russie. Ces
provocations, ces ingérences russes, c’est du bidon. La plus belle et flagrante
ingérence en Europe dans une période récente, c’est la France intervenant dans
les élections roumaines.
L’UE n’a pas de frontière stabilisée,
la Russie réajuste sa frontière en Ukraine. C’est un risque en soi, ces deux-là
étant en concurrence sur le même territoire. Il y a un risque de dérapage, de provocation.
Il est à l’évidence côté ouest et ukrainien compte tenu de la multiplicité des
acteurs qui ont intérêt à une guerre ouverte OTAN-Russie. Ce n’est pas l’intérêt
de la Russie.
Les bobards servent à
dissimuler cette réalité : le risque objectif de montée aux extrêmes et plutôt
de notre côté.
les actes de VVP sont des menaces qui se concrétisent chaque jour
Vous y croyez ?
Jusqu’à preuve du contraire, c’est du bobard.
La menace d’extrême droite et le risque d’un nouvel épisode gilet jaune, les miliards dépensés pour l’Ukraine au lieu d’aider nos agriculteurs, le besoin de justifier l’envolée des dépenses de défense ... amènent les blocs centraux de l’UE à agiter la menace russe.
Manifestement, certains s’y laissent prendre (surtout ceux solidaires du bloc central, et tous les médias mainstream).
Si on lit, si on écoute, si on constate les actes de la Russie de VVP,
Se focaliser sur VVP est une erreur.
Notre avenir se joue entre Trump et Xi, plus généralement
entre les USA et la Chine (l’Asie), entre l’Occident et le reste du monde.
La mutation d’un monde unipolaire, celui d’après 45, vers un
monde au moins bipolaire. Cela dépasse l’espérance de vie de VVP.
La Russie aurait pu jouer cette partie mondiale côté
occidental. L’histoire en a décidé autrement, la Russie se retrouvant de l’autre
côté, mais ce n’est pas l’essentiel. L’affrontement Chine – USA, entre l’Occident
(avec ou sans la Russie) et le reste du monde aurait eu lieu de toute façon.
La guerre en Ukraine est une péripétie de cette mutation. Elle
n’était pas fatale. On regrettera que l’amarrage de la Russie à l’Occident ait
échoué au début du XXIème siècle, ce qui aurait économisé une guerre en Europe et
ses centaines de milliers de victimes. Mais l’Europe n’a jamais su faire
autrement que régler ses grandes évolutions par la guerre.
L’essentiel est d’anticiper les risques de cette grande
mutation mondiale, d’être capables de la gérer sans tragédies majeures. La
Chine (l’Asie) semble sur la bonne voie, celle du commerce et de l’industrie tout en
rééquilibrant sa puissance militaire afin de la rendre crédible face à l’Occident.
Les USA reculent par la force des choses et de l’histoire mais ne cèdent rien
sans y être obligés : un pas en avant, deux pas en arrière.
C’est l’Europe le grand point d’interrogation. Elle vise sans
doute un statut de puissance qui compte entre USA et Chine. Son réarmement en
témoigne, ainsi que la promotion de la Russie au rang d’ennemi de l’UE, forçant
la solidarité de ses membres (une grande puissance doit toujours avoir un
ennemi au feu, cf. les USA). En expansion territoriale, et de ce fait en
déséquilibre, l’UE est en risque de commettre une erreur fatale dans son
affrontement pour l’instant simulé avec la Russie. Comme dit plus haut, l’Europe
a du mal à éviter ses guerres, donc danger. VVP passera, mais pas le danger lié
à l’établissement de la puissance européenne entre Asie et USA, compte tenu de l’obstacle russe, désormais impossible à intégrer dans l’Union.
@mmbbb Que des occasions manquées comme l a dit Vedrine , que peu de sens de l histoire de la part de ces dirigeants europeens ,
Vedrine faisait le baise-main à Mme Albright durant la guerre civile yougoslave. Il fut un acteur de cette guerre de zones d’influence en laissant aux USA le rôle de leader en Europe.
Il y a chez nous, et dans tous les pays de l’UE une fascination pour les USA, une proximité, la conviction d’un destin commun idéologique et économique. Normal puisque bâti et dirigé par des émigrés d’Europe. L’Ouest c’est clair, radieux, libre. Johnny sur les routes US avec sa Harley. L’Est c’est sombre, autoritaire, mystérieux, effrayant. Sylvain Tesson sur sa moto en Sibérie n’équilibre pas Johnny.
Il eut fallu des stratèges géniaux en Europe occidentale pour arrimer la Russie à l’Europe. Malheureusement, il n’y en eut qu’un seul sans succession, notre Général. Et l’Allemagne était neutralisée par la défaite, juste intéressée par sa réunification et sa monnaie devenue l’euro..
Il n’y a pas de perspective réjouissante pour l’Europe, entre USA d’u côté et Chine-Russie de l’autre. La guerre est une option (Général Mandon).