Etre propriétaire d’une cage à lapins coincée entre deux autres cages à lapins de 10 mètres sur 10 mètre à Paris fait de vous un millonnaire, fait il de vous automatiquement un nabab ?
La principale richesse des français est constituée d’immobilier. Contrairement à nos voisins anglo saxons, les prix depuis la crise de 2008 ont augmenté sous la pression de taux d’intérêts réels négartifs et d’interventionnisme de l’Etat. (défiscalisation) Il s’agit donc d’une richesse totalement fictive à laquelle il faudrait soustraire les dettes et engagements collectiffs.
La productivité n’est pas une cause, mais une conséquence en France. Le désir de solidarité, louable en soi, a prduit une des sociétés les plus deshumanisées au monde, où les robots remplacent la voix, la main, l’oeil humain dès que possible.
Pourquoi un tel choix du capital sur l’humain ? Parce que les contraintes financières imposées par le droit du travail censé protéger le salarié impose un tel arbitrage sans lequel les entreprises françaises ne pourraient survivre.
Pour des raisons socio culturelles, il est plus difficile aux entreprises d’être profiable en France que dans le reste du monde. Pour celles qui ont su s’adapter à cette réalité, en mécanisant toutes les étapes de la production à la vente jusqu’à l’après vente, le contexte français les a rendues sur compétitives. Ce n’est pas par hasard si des distributeurs français comme Carrefour ont imposé leur modèle sur tous les continents.
Rendons le marché du travail plus fluide et nous retrouverons ces petits métiers, ces commerces de proximité, des centres de décisions délocalisés. L’enfer est pavé de bonnes intentions, l’accumulation de contraintes législatives, au lieu de créer plus de bien être, a conduit à une société dépourvue de lien, où l’humain obéit à la machine afin de couvrir au maximum les risques liés à l’initiative individuelle.
Constat d’autant plus triste qu’un retour en arrière semble impossible tant que nous n’aurons pas traversé une profonde crise nous obligeant à nous remettre en question. J’en viens à la souhaiter...
Mais que restera t il à capitaliser aux jeunes générations actuelles qui devront rembourser la dette de leurs ainés, financer la retraite par répartition, payer des franchises toujours croissantes sur leur santé, financer l’accroissement exponentiel de la dépendance vieillesse et payer des emprunts sur 20 pour accéder à la propriété à des prix gardés volontairement élevés pour éviter une nouvelle salve d’actifs insolvables. Quelqu’un aurait il une réponse crédible à cette simple question ?
L’analogie entre la situation Japonaise et la situation Américaine est pertinente mais a ses limites, essentiellement culturelles.
L’importance du secteur financier dans l’économie américaine, comme vous le démontrez au début de votre article, amène des priorités différentes. Au Japon, l’essentiel de l’épargne des ménages était placé sur des bons du trésor, le gouvernement n’avait donc pas de raison d’intervenir prioritairement pour maintenir les marchés action. Aux Etats Unis, une part importante des retraites dépend des niveaux de capitalisation des bourses. Il serait plus coûteux de subventionner les pertes de capital par un système de redistribution que d’inciter les banques à intervenir pour maintenir le marché sur les niveaux atteints par l’effet de levier du crédit.
Avec des taux d’intérêts négatifs en valeur réelle, l’outil monétaire n’est plus utilisable. Comme affirmé hier par le gouvernement Obama, tous les moyens de COURT TERME (le temps d’une écheance électorale) seront pris pour éviter la déflation. Les Etats Unis ont ce privilège par rapport au Japon de pouvoir imprimer de la monnaie sans subir nécessairement la contrepartie d’une dévaluation pour tout autre acteur, leur monnaie servant d’instrument prioritaire pour les échanges mondiaux.
En France, la capacité d’influence de l’Etat sur le marché de l’immobilier, à travers la socialisation des risques par les incitations fiscales à l’investissement, a évité un retour à des valorisations en rapport avec le revenu des ménages. Cette interventionnisme, salutaire sur le court terme, les banques Européennes n’auraient pu absorber des dépréciations immobilières des pays méditerranéens alors qu’elles étaient saturées des créances douteuses des pays anglo saxons, créée cependant un retard de cycle qui s’avérera délétaire sur le moyen terme. On peut en effet douter que les banques américaines et anglaises montreront le même entrain à acheter nos actifs toxiques que celui que nos banques, avec une certaine naiveté, ont montré en achetant leurs produits non garantis. Nous sommes donc bien plus exposés au risque déflationnistes que nos partenaires d’outre atlantique, qui eux, pourront s’appuyer sur un marché immobilier assaini pour relancer la machine à crédit avec plus de confiance.
Il reste que notre histoire coloniale nous donne malgré tout un avantage indéniable sur les pays surendettés à qui nous avons imposé des régimes drastiques à la fin des années 90 pour protéger nos investissements. Nous avons un quasi monopole sur les institutions internationales qui nous permet de pouvoir envisager de flouer nos créditeurs. Mais l’état de décomposition avancé de nos équilibres financiers devrait remettre en cause cette avantage historique à relativement court terme.
Il ne s’agit pas uniquement d’une crise du crédit, il s’agit avant tout d’un déplacement du centre de gravité géopolitique vers les zones géographiques à plus fortes densités de population. On peut le regretter pour nos propres intérêts (confort social) mais après tout au niveau planétaire, notre ancien ilot de prospérité n’était il pas provocateur pour le reste de l’humanité que nous avions asservi à nos égoïsmes.
Vous pourrez cependant afficher toutes les démonstrations les plus rationnelles, l’horizon des corporatistes ne va pas si loin. Ils continueront à opposer leur sentimentalisme à votre pragmatisme, espérant reporter toujours plus loin les conséquences de leur inconséquence.
Comme vous le démontrez, la capitalisation existe déjà de fait, à travers l’immobilier. Bien que les retraités soient majoritairement propriétaires (contrairement aux autres tranches d’âge), leur capacité d’épargne reste supérieure au reste de la population.
La logique voudrait qu’ils réalisent leur capital pour s’assurer une fin de vie confortable. Mais cette réalité est inadmissible pour des raisons « éthiques ». Celle qui fait de la transmission du capital un droit inaliénable, même au coût de la collectivisation des déficits publics. Logique encore une fois capitalistique au nom de bons sentiments distributifs.
Tant que l’hypocrisie dominera, nous ne pourrons assainir notre situation financière et encore moins financer notre système de retraite.