Si l objectif de chacun est la recherche du « bonheur », je serais curieux de vous lire sur le bonheur qu’a pu apporter aux femmes le féminisme, un petit bilan, après 40 ans, s’imposerait. Vous présentez le féminisme comme un but en soi, un condition sinequanon du développement de la femme. Une hypothèse tronquée ne vous amène t elle pas automatiquement à un syllogisme ?
Je vis actuellement en Argentine, pays machiste par excellence. Le corps de la femme, comme en Italie, y est affiché de manière qui serait jugée indécente en France, de la pompiste en collants moulants à la fonctionnaire ouvrant généreusement son corsage pour valoriser sa féminité. L’avenir de la femme passe culturellement par le regard de l homme. Et pourtant, il ne me semble pas détecter une souffrance comparable à celle que je ressens chez les femmes en France. La féminité semble les épanouir étrangement.
Le féminisme serait il devenu un tel dogme chez nous que l’on ne puisse pas s’interroger sur ses méfaits ? Le privilège de la solitude passé 50 ans, des maladies anciennement exclusivement masculines, des enfants non éduqués est il si enviable que cela ?
Voila un thème d article qui suscitera un intérêt plus large que la simple question de l’allaitement.
Ce qu il y a de certain, c est que nous n avons plus les moyens de nous acheter une croissance de la longévité par l acharnement thérapeutique. Quoique moralement contraire aux bonnes moeurs, cette réalité est déjà en application dans les hôpitaux.
Avec l arrivée des Papyboomers vers le grand âge, ce qui est un épiphénomène deviendra une norme. Il faudra retourner mourir dans sa famille, l hôpital étant un lieu pour soigner, non pour mourir.
L âge d or de la retraite sans souci est malheureusement derrière nous. Ca n’a d’ailleurs été qu"une courte fenêtre de prospérité rentière dans notre histoire. Il faudra à nouveau redécouvrir les bienfaits des solidarités familiales, dans un contexte de familles multi recomposées, ça ne va pas être simple...
Mais après tout, vivre toujours plus longtemps est il nécessairement un but en soi ?
Orwell, dans son roman d’anticipation, ne fait que poser cette question...
Merci Salsabil pour cette réponse qui a l avantage d ouvrir le débat, et non de le fermer d une onomatopée désabusée si proche du fameux « bof » d autrefois.
L’auteur nous expose son malêtre face à son gain en maturité physique. Bien que l article ne nous apprenne rien, le sujet touche suffisamment d agoraverbeux pour être interprété comme un phénomène de génération.
Etre père, c est changer de peau, prendre une responsabilité et l assumer. Jusqu’à la génération née de la dernière guerre, le sacrifice de son l inconscience liée à l adolescence devenait alors naturel, et on gagnait avec fierté le statut d homme.
Chaque génération se doit de réinventer son environnement, mais il est temps une fois les expériences faîtes, d en tirer les enseignements pour les générations futures.
Or, ce malêtre en lui même est riche d’enseignements. Chaque âge a ses plaisirs et ses contraintes, mais faute d’avoir su muer à temps, on se retrouve en décalage avec soi même, en contradiction permanente avec le regard des autres.
Etre père, c est aussi donner la vie...accepter de mourir un peu pour que la prochaine génération puisse se développer. Quels sacrifices cette génération aura t elle concédé à la suivante ? Les cigales ayant dévasté les champs de blé, quelles ressources pour les générations futures ?
Si les jeunes générations sont obligées de squatter si longtemps chez leurs parents, ne serait ce pas parce que le chômage de masse et l inflation immobilière leur interdit toute prise d autonomie ? Ils auraient certainement aussi voulu pouvoir jouer les bohèmes sans souci du lendemain, assis sur la sécurité que leur aurait construit la génération précédente...
Ce qui s est perdu par rapport à la génération précédente, c est le souvenir de la privation et de la contrainte, qui obligeaient à la prudence. Contrainte qui poussait à l excellence. Comparez les élites d autrefois à celle d aujourd’hui, et si vous voulez rester sincère, vous ne pourrez que constater le fossé de richesse culturelle, de capacité d anticipation.
Et oui, la pensée est d influence jésuite, bravo, cela prouve un certain niveau de culture. Ce n est pas par hasard que les écoles jésuites ont contribué à former les élites d hier.
Le jeunisme imposé par la génération hédoniste a fait oublier que la maturité était richesse recherchée autrefois. La vieillesse, cette lenteur qui donne le temps à l écoute, à la réflexion, au conseil, attirait la curiosité de la jeunesse.
Perdue dans son absence de repères, cette génération est incapable de remplir ce rôle stabilisateur, les frimas de l automne de leur vie leur sont d autant plus pénibles.