Il est clair que le coût du travail en Allemagne et en France se valent à quelques pour-mille près cela varie d’une année à l’autre mais on est à des années lumières de la Chine ou même de la Turquie. Pourquoi l’Allemagne a-t-elle gardé son secteur industriel tandis que la France bradait le sien ? Tout simplement parce-que l’Allemand est nationaliste ! Il achète allemand, il protège son marché tant qu’il le peut. Prenons le secteur automobile, générateur d’un nombre important d’emplois dans ce pays. La non limitation de vitesse est un leurre puisque, compte-tenu des bouchons, des zones régulées et de l’usage quotidien que l’on peut faire d’une automobile on ne roulera à plus de 130 voire même 200 ou 220 qu’une ou deux fois par an. Il n’empêche que cette subtilité fait qu’avec des couts d’utilisation strictement égaux à ceux de la France, l’Allemagne a conservé un marché automobile haut de gamme tandis que la France de ce côté dégringolait et les emplois avec. De la même façon le patronnat allemand a toujours eu le souci de l’intérêt commun, et pas uniquement de celui de l’actionnaire. Le capitalisme rhénan a certes trouvé ses limites mais les rapports sociaux sont restés plus consensuels qu’en France. Et surtout n’oublions pas que les capitaux privés sont encore dans les mains de « grandes familles » qui pensent plus à pérenniser le patrimoine qu’à une rentabilité immédiate comme le font nos gestionnaires de hedge-funds.
Popaul lui écrit ses livres lui-même, Les Têtons de Béa c’est lui qui l’a fait tout seul avec ses petites mains ! Pour ce qui est de ses autres productions, il se répète tellement qu’il pourrait sans-doute s’attaquer pour plagiat tout seul.
Mais l’URSS dure encore. Elle a certes libéré les pays envahis depuis 1945 comme les pays baltes, l’Ukraine ou le Bélarus - assez curieusement elle s’est récemment brouillée avec Loukatchenko qui est tombé dans l’exagération tyranique - mais elle opprime toujours les petites républiques caucasienne, garde toute sa capacité de nuisance sur la Géorgie comme on l’a vu et une influence importante en Arménie. Qu’est-ce qui a changé depuis la chute de l’URSS en Russie ? Une certaine liberté d’expression tant que l’on n’aborde pas la question de l’intégrité du territoire - cf l’assassinat d’Anna Politkovskaïa et d’autres, tant que l’on ne fait pas trop d’ombre au pouvoir. Sans quoi pas de liberté politique - qui pourrait penser que les élections y sont libres ? - et pas de vraie lutte contre une corruprion endémique qui en quelque-sorte s’est substituée au racket institutionnel de la nomenklatura. La vraie nouveauté c’est que les magasins regorgent de richesses qu’une petite minorité de nouveaux riches peuvent s’offrir.
Julius, ceci n’est pas exact. En Pologne il s’en est fallu de peu que Kaczynski ne soit élu et en Hongrie nous avons vu apparaitre Orban, en Roumanie la social démocratie et les nationalistes font à peu près jeu égal, idem en Slovaquie. Le Tchèque Klaus lui serait plutôt « ultra-libéral » dérégulant et déclarant qu’il « ny a pas d’argent sale ».
Merci pour cet excellent article, j’espère que chacun l’aura lu in extenso avant que de le noter ou de le commenter ici. Il se trouve que je connais un peu ces pays, que je travaille avec la Russie et la Roumanie, que j’ai fait un peu de tourisme et en République tchèque, ex-Yougoslavie mais là c’est un peu différent et que j’ai de proches amis polonais. Je pense pouvoir parler de choses que je connais un peu. L’Ostalgie c’est du folklore, en France aussi on fait des Fest Noz ou autre foires locales, il est toujours bon de se souvenir de ce qui a bercé notre enfance. Il n’est pas exceptionnel que l’on réédite tel ou tel auteur, tel ou tel meuble, que l’on « chine » telle ou telle vieillerie. Par contre au delà de la mode il est un fait : nous Français avons bénéficié d’une forme de protection sociale au travers des réformes issues du Front Populaire, consolidée lorsque le pays fut délivré de la tyrannie au travers des acquis du CNR que Sarkozy essaie de liquider avec la violence que l’on sait. Les peuples de l’Est bénéficiaient de la protection sociale sans liberté politique. Lorsque la tyrannie fût vaincue c’est le modèle américain qui s’imposa dans toute sa violence. On ferma les crèches, les hopitaux, les usines bien-entendu, on libéra les prix des produits administrés etc etc ... Ce fut d’autant plus vrai pour les pays qui ne faisaient pas partie de l’URSS qu’ils adhérèrent immédiatement à la CEE qui imposaient une dérégulation immédiate et destructrice. Et surtout, les profiteurs de tous poils - qu’on appelle Woerth, Tapie ou autre ici - passèrent de la Nomenklatura à la Maffia - surtout pour ce qui concerne les pays hors CEE comme la Russie. A tout ceci s’ajoute une insécurité qui étaient alors inconnue de régimes qui étaient -avouons-le - policiers. Il est assez curieux d’ailleurs de constater que notre régime sarkozyste est de plus en plus policier mais que l’insécurité n’en régresse pas pour autant, s’agirait-il d’un phénomène mondial ? L’ouverture sur le monde a libéré les ex pays communistes de l’embargo américain leur donnant accès à nombre de richesses qui leur échappaient mais il a aussi ouvert la porte aux délocalisations. Quelques entreprises ont délocalisé de l’Ouest vers l’Est, mais l’application de nos normes de productivité les plus échevelées et les délocalisation vers d’autres contrées encore plus « juteuses » ont tués les emplois par centaines de milliers. Comme vous le faites remarquer à juste titre, l’adoption du système scolaire ouest allemand et le démantèlement des crèches, les suppressions d’emplois ont contribué à faire tomber l’emploi des femmes est-allemandes de 90 % à environ 20% comme à l’ouest et fait chuté la natalité d’une manière plus qu’alarmante - actuellement 1,3 enfants par femme. Et l’homme de la rue dans tout ça ? Cerains pays se laissent berner par des nationalistes anti-européens qui collent toutes les responsabilités sur le dos de la CEE et l’on voit apparaitre un Orban en Hongrie, voter Kaczynski massivement en Pologne - ce dernier n’ayant pour programme que de rétablir la grandeur de la Pologne mais sans que l’on sache comment, avec quels moyens etc ... Ces pays où - au fond - tous étaient solidaires, soit de par la nature du régime soit en opposition au régime quand on regarde la période « Jaruzelski » de la Pologne, ne sont plus que des jungles où les plus malins tirent leurs marrons du feu tandis que les autres se débattent pour survivre.