@foufouille Pour être précis, le régime réel compte toutes les charges qui sont effectivement des sorties d’argent mais aussi les amortissements du matériel et notamment des tracteurs qui sont généralement coûteux, qui n’impliquent aucune sortie de trésorerie réelle. Ainsi, le résultat fiscal d’un agriculteur peut être négatif et ne correspond pas à sa capacité de prélèvements personnels sur son activité. Ceci dit, je ne sais pas quelles données sont utilisés pour définir leurs revenus quand on parle de ces 350 euros par mois.
Je sais par contre, puisque je travaille dans ce domaine qu’un nombre importants d’agriculteurs sont en effet en grande difficultés financières.
Je vois plusieurs fois dans les commentaires l’idée que les peuples ne veulent pas se débarrasser du capitalisme (ce qui est probablement vrai en majorité, mais pour des bonnes raisons ?) et que la seule solution est donc de réguler le dit capitalisme. Mais c’est le capitalisme qui va se débarrasser des peuples en les entraînant dans sa perte !
Marre de toutes ces analyses qui oublient les échéances à court terme qui rendent le système actuel insoutenable, à savoir l’épuisement des ressources non renouvelables dont la vie de milliards d’êtres humains dépend aujourd’hui, le pétrole notamment.
Et l’intérêt suprême des peuples, il me semble, c’est de survivre, ce que ne permettra pas la régulation douce du capitalisme et de la finance tels qu’on le connaît aujourd’hui.
Alors si les peuples ne veulent pas transformer leur système économique et leur mode de vie parce qu’ils tiennent à leur confort (ce qui est humain comme réflexe) il ne faut surtout pas leur dire « ok mais on doit réguler un peu le système », il faut les convaincre encore et encore que leur position est tout simplement suicidaire à moyen terme ! Et encore, ce moyen terme pourrait arriver plus vite qu’on ne le pense.
@Rincevent En fait, et c’est triste à dire car un peu cynique, je pense que les gens finiraient par mieux se comporter en temps de crise ou de guerre. Passée une première phase du chacun pour soi, ils se rendraient bien compte qu’ils n’iraient pas loin seul contre tous et que la coopération finalement, c’est encore ce qui nous protège le mieux...
@HELIOS Notre système est mal fait puisqu’il n’est pas soutenable sur le long terme et nous conduira rapidement à une crise environnementale et sociale dramatique. Notre système ne prend pas en compte la finitude des ressources et on ne peut pas constater le non-sens économique et écologique dans lequel le capitalisme libéral nous plonge sans remettre également en cause l’organisation politique qui le permet.
L’obstacle aujourd’hui à l’auto gestion et la démocratie directe (il faudrait préciser ce qu’on entend par là mais je ne cherche pas à entrer dans les détails concrets ici) est le niveau d’exigence très fort de cette organisation envers des citoyens ? Or, le niveau d’éducation actuel notamment politique est défaillant (et si on a connu une sorte de « pic » d’éducation au 20ème siècle, il semble que celui-ci soit pour le moment derrière nous et que la situation s’empire).
La majorité des gens aujourd’hui n’ont ni une réelle conscience politique ni un bagage philosophique minimum. Une grande partie est complètement envoûtée le libéralisme économique et culturel et le consumérisme. Aristote disait en son temps que l’homme ne devait se consacrer qu’à la politique. Bien sûr c’était une affirmation facile dans un système où les femmes étaient exclues et les esclaves travaillaient à la place des citoyens... Je suis plus optimiste que lui même si je crois que l’exercice de la politique par les citoyens est très exigeante et réclame du temps et une volonté profonde de comprendre le monde. Ainsi il faudrait imaginer un système où les citoyens tirés au sort puisse être défait provisoirement de leur métier pour se consacrer exclusivement à leur rôle politique, mais y reviennent immédiatement à la fin de leur « mandat », pour ne pas tomber dans la professionnalisation que vous décriez.
Pour revenir au manque d’éducation des citoyens, il pose un sérieux problème dans l’optique d’un basculement : doit-on d’abord chercher à récupérer le pouvoir politique localement et au niveau du peuple avant de faire un travail massif d’éducation populaire ou doit-on d’abord faire ce travail pour permettre justement la réappropriation du pouvoir ? Dans la deuxième option, comment faire ce travail massif d’éducation populaire dans le système même dont on souhaite s’extraire ?
Mes questions n’ont pas vocation à décourager ou à condamner votre projet, au contraire, je vois ces obstacles là et je pense qu’ils doivent être pris en compte.