Cela, je l’ai compris, Aldous, et le prends désormais avec recul. Lors de mon dernier entretien, j’ai eu droit à un invidu qui me détaillait des pieds à la tête alors qu’il m’avait convié grâce à mon CV. Surpris par son attitude, je lui demande : « Que se passe-t-il » ? Là, il me répond, avec une sorte de rictus sardonnique qui déformait littéralement les traits de son visage qu’il « étudie mes gestes et postures ». Du coup, je ne me suis pas dégonflé et ai eu envie de m’amuser un peu. Pourquoi pas, après tout. Ce privilège ne doit pas toujours revenir aux mêmes. Du coup, j’ai mis les deux pieds sur son bureau, et me suis mis à bailler en disant que les choses allaient mieux ainsi. Inutile de dire qu’il m’a prié de sortir. Sur le coup, grand seigneur, je me suis incliné en disant « je vous salue, Herr... » suivi de son nom de famille. Lorsque l’on est en présence de ces malades, il ne faut pas se montrer soumis, mais au contraire, réagir d’une manière qui les déboussole complètement. Cela leur fait les pieds.
Gasp... plus j’en apprends, plus je ne regrette pas de rester au chomage. Bac+5, double formation, solide expérience, j’ai de quoi voir venir. Et surtout, lorsque l’on voit ce que deviennent les DRH et autres recruteurs : de véritables kapos qui font tourner sans s’interroger une machine de plus en plus inhumaine. Lorsque la chose est possible, mieux vaut rester en dehors du circuit aussi longtemps que possible, car la voie de l’insertion laisse à désirer.
Là où je comprends la lutte féministe par rapport à la suppression du « Mademoiselle », c’est que les DRH et autres recruteurs libidineux pouvaient bien espérer profiter de la situation lorsqu’ils voyaient de la demoiselle sur les CV, pensant qu’elle pouvait être disponible et sensible au jeu de séduction d’un costard cravate gradé. Par contre, ce que je n’aime pas chez les féministes, c’est que certaines d’entre elles combattent unilatéralement les hommes en tant que tels -alors que nous ne sommes pas tous des salopards de DRH, loin s’en faut-