« c est a dire clairement que la Republique s interdit de porter un
jugement moral sur une pratique religieuse »
Eh bien elle a tort. Si le cannibalisme était une tradition religieuse, il ne faudrait pas non plus porter de jugement moral dessus ?
« pour peu que celle ci s
exerce en conformité avec la loi. »
Elle n’est en conformité avec la loi uniquement parce qu’on a expressément introduit dans la loi une exception pour les abattages rituels. Autrement, elle serait hors la loi !
Les minarets ne font de mal à personne, sauf peut-être à vos petits yeux douillets. Interdire les minarets, c’est restreindre la liberté d’expression, la liberté d’expression architecturale en l’occurrence, et pourquoi cette restriction ? On ne doit restreindre une liberté que quand c’est absolument nécessaire !
En revanche, la viande halal, ou casher, est, elle, un véritable scandale. Contrairement au minarets, elle fait du mal, elle fait souffrir. Même si ce ne sont pas des humains qui subissent cette souffrance, c’est quand même de la souffrance, et elle doit être évitée à tout prix.
Et ce scandale est lourdement aggravé par le fait que vous mangez presque tous de la viande rituelle sans même le savoir, sans même le vouloir, comme le révèle l’OABA (voir cet article du Figaro).
Laissez donc les gens construire des minarets et porter des voiles si ça leur chante, et continuez de vous battre contre une souffrance réelle, celle de la viande sans étourdissement !
Admettons, vous avez peut-être raison, je ne suis pas assez calé pour vous répondre. En attendant, en attendant de savoir qui a raison, je fais mienne la position très bien exprimée par Borloo dans cette video : je ne prends pas le risque de parier que vous ayez raison.
C’est le principe de précaution, c’est un peu une version athée du pari de Pascal : si le réchauffement climatique est aussi dangereux que nous l’affirment la majorité des scientifiques du monde, nous faisons fort bien de limiter nos émissions de gaz à effet de serre. Si au contraire ces gaz s’avèrent finalement bénins, nous faisons quelques efforts pour rien, ce qui n’est pas dramatique (et encore, on ne les fait pas vraiment pour rien puisqu’il faut de toute manière économiser les ressources finies d’énergie fossile dont nous disposons).