Il y a dans cet article une phrase qui m’intéresse bien plus que les péripéties de l’épiphénomène jamaïcain, c’est celle-ci :
« Qui se soucie de ceux qui boivent cinq ou dix cafés par jour, pour travailler plus tard et plus longtemps, ce qui est une forme de dopage. »
Le dumping social et la mise en concurrence des salariés vont-ils un jour faire pousser des distributeurs d’amphétamines à la place des machines à café ? Est-il encore possible d’occuper un poste à haute responsabilité si on n’aime pas le café ? Faudra-t-il un jour écrire « caféinomane » sur son CV pour avoir une chance d’être embauché ? Devra-t-on saisir la Halde pour discrimination si on n’aime pas le café (ni la cocaïne) ?
Quand bien même Siné aurait suggéré que la religion juive était un facteur favorisant l’ascension sociale, serait-ce un crime ?
La question d’une corrélation, voire même d’un lien de causalité, entre l’adhésion à telle ou telle communauté de croyance ou de rites, et l’argent ou le statut social devrait être une question sociologique comme une autre, méritant étude scientifique au même titre que la corrélation entre votre possession d’un téléphone portable et votre cancer du petit orteil.
Que le meurtre, l’incitation au meurtre, l’incitation à la haine, soient condamnables, c’est une évidence. Mais faire un lien entre judaïsme et argent, ou statut social, ce n’est pas exactement une incitation à la haine raciale tout de même !
« dommage que ce soit sur un sujet vu revu rerevu ces dernières semaines, et il faut le dire, lassant »
C’est que, manifestement, l’abcès n’est pas encore crevé, et le débat est loin d’être clos.