« -Sous moi donc cette troupe s’avance, Et porte sur le front une mâle assurance. Nous partîmes cinq cents ; mais par un prompt renfort Nous nous vîmes trois mille en arrivant au port, Tant, à nous voir marcher avec un tel visage, Les plus épouvantés reprenaient de courage ! »
Belle intervention Ariane, le « fil » de votre pensée est solide et l’humain qui le tresse lui donne toute sa couleur. « Au commencement était le Verbe » voila le fondamental auquel JLM obéit ; comme vous je sais que Parler n’est pas communiquer, ce que se bornent à faire ceux qui prétendent nous représenter, ânnonant ce que de subtils marchands de lessive leur distillent dans l’oreillette. La Parole elle, se prend comme on prend le Pouvoir !
Bonjour Jean PELLETIER Je partage avec vous beaucoup d’admiration et de tendresse pour Trenet, d’une modernité jamais démentie (il fait découvrir aux français le swing,le scat et bien d’autres choses) ;mais je relève une dimension dans ses textes qui va à l’encontre des idées reçues le concernant : sa joie est feinte et recèle du drame, du désespoir :
« ficelle tu m’as sauvé de la vie » (je chante)
« Hélas, j’ai perdu ma mère. Elle est morte doucement ; Peu de temps après, mon père A suivi maman Et Louison s’en est allée Avec un hors-la-loi » (papa pique et maman coud)
« La revanche des orages A fait de la maison Un tendre paysage Pour les petits garçons Qui brûlent d’impatience Deux jours avant Noël Et, sans aucune méfiance, Acceptent tout, pêle-mêle : La vie, la mort, les squares Et les trains électriques, Les larmes dans les gares, Guignol et les coups de triques, Les becs d’acétylène Aux enfants assistés Et le sourire d’Hélène Par un beau soir d’été.
Donnez-moi quatre planches Pour me faire un cercueil. Il est tombé de la branche, Le gentil écureuil. Je n’ai pas aimé ma mère. Je n’ai pas aimé mon sort. Je n’ai pas aimé la guerre. Je n’ai pas aimé la mort. Je n’ai jamais su dire Pourquoi j’étais distrait.
Je n’ai pas su sourire A tel ou tel attrait. J’étais seul sur les routes Sans dire ni oui ni non. Mon âme s’est dissoute. Poussière était mon nom (la folle complainte)
Et les exemples sont nombreux... Ce n’est pas un reproche, mais j’invite les »amoureux" de Trenet à relire ses textes, et surtout reécouter ses chansons en songeant à toute la souffrance sous-jacente qu’ils recèlent.