Longtemps, Jack Lang a tout osé, et c’est à cela qu’on le reconnaissait. Du col Mao à l’Assemblée nationale, quand la cravate y était obligatoire, jusqu’à son salaire à l’Institut du monde arabe, où la fonction de président était bénévole avant son arrivée en 2013. Des louanges les plus extravagantes, trouvant même « charmant » un pédocriminel, jusqu’aux interrogations les plus douteuses sur la sexualité des enfants. De la commande d’un film financé par d’autres pour chanter sa gloire jusqu’à sa faculté à maquiller ses relations sonnantes et trébuchantes avec Jeffrey Epstein.
Longtemps aussi, Jack Lang s’est cru irremplaçable - pas qu’à l’IMA, donc -, et c’est en cela qu’il frisait souvent le ridicule. La fête est finie. L’indéboulonnable, soucieux de sa statuaire, metteur en scène de ses moindres interventions publiques, vient d’être emporté par des vents mauvais. « Blanc comme neige », disait-il pourtant. L’ombre a gagné sur la lumière.
@jakem ( suite, 2/2 ) Le socialiste Lang avait une conception très monarchique de son rôle. « La Culture, c’est moi ». Mais le pire est qu’il n’était pas seul à le penser. La gauche était fière d’une telle icône lui garantissant la suprématie et l’emprise sur tout le monde des artistes. La droite était jalouse de lui et, faisant un complexe sur le terrain de la culture, n’a jamais osé le critiquer. Réussissant à faire croire à tout le monde qu’il était irremplaçable, il a convaincu tous les exécutifs successifs qu’il était indispensable. Il a si bien réussi qu’il est devenu intouchable.
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Mais plutôt que de féliciter Emmanuel Macron pour cette pichenette finale, on se demandera plutôt quel besoin avait-il eu il y a trois ans de le confirmer dans cette prestigieuse fonction alors qu’il avait déjà effectué dix ans de mandat et que le père de la Fête de la musique avait déjà soufflé 83 bougies !
L’Élysée invoque le consensus des pays arabes partenaires. L’ancien patron du Quai d’Orsay, Jean-Yves Le Drian, alors candidat, eut pourtant été davantage respectable et au moins tout autant respecté. Apparemment, la gestion interne de l’IMA aussi sera à revoir. En tournant le dos aux pratiques du dernier nabab du mitterrandisme, lesquelles ont moins nui à sa carrière qu’elles ne salissent l’image des politiques.
( copié-collé partiel d’un article du Figaro ; de Guillaume Tabard ) 1/2
« Une si longue indulgence pour Jack Lang, le dernier nabab du mitterrandisme »
Il n’aura donc tenu qu’une petite semaine, avant de résoudre à démissionner de la présidence de l’Institut du monde arabe. Mais il a tenu tant de décennies ! Au-delà de tout bon sens et de toute décence. Il n’y a plus grand monde pour voler aujourd’hui à son secours. Mais comment oublier qu’il fut si longtemps vanté, courtisé, protégé.
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Mais pour s’en tenir à la présence de Jack Lang dans la vie politique, on reste confondu par le magistère exercé par cette figure emblématique des années Mitterrand qui, à tout le moins, a toujours eu un grand souci de ses intérêts personnels. Pour ne prendre qu’un exemple, François Fillon est tombé pour trois costumes offerts, l’ancien ministre de la Culture n’a jamais été inquiété pour quelque 500 000 euros de costumes offerts par Francesco Smalto. Combien de notes impayées dans les palaces de Cannes lors du Festival ? Combien d’avantages quémandés toute honte bue ?
En rupture sans équivoque avec le président de la République, Attal, leader en campagne, leader de campagne, a réussi un remarquable second tour. Parmi les premiers, sans hésiter, sans barguigner à l’inverse d’Emmanuel Macron, il a appelé à un désistement républicain qui inclurait les candidats LFI. Sans pour autant dissimuler en quoi que ce soit ses divergences fondamentales avec le parti mélenchoniste qui empêchent à jamais toute entente politique ou quelque coalition que ce soit. >>