Je trouve votre contestation étonnante, elle me paraît rappeler certaines méthodes devenues très répandues qui consistent à mettre en avant des contestations censément factuelles sur tel ou tel point secondaire pour remettre en cause l’idée principale.
L’article cité par Sysiphe commence par citer une étude de Banque des Règlements Internationaux au titre explicite (The global upward trend in the profit share). Leur conclusion "Profits growth has been strong in many developed economies in recent years, and the profit share – the share of factor income going to capital – has been high compared with historical experience". La commission européenne est arrivée à la même conclusion dans son rapport annuel. Peut-être pourriez-vous infirmer de manière argumentée et chiffrée les conclusions de la Commission européenne et de la Banque des Règlements Internationaux ?
Part ailleurs, pour la France, la part des salaires dans le revenu des entreprises est selon l’INSEE inférieur de 9 points à ce qu’elle était au début des années 80, inférieure de 5 points à ce qu’elle était dans les années 60 (48,9% contre 53,6%). Ceci alors que les salaires des dirigeants ont explosé depuis une dizaine d’années (ce qui réduit d’autant la part pour les autres, quand certains dirigeants gagnent plus de 300 SMIC annuels) et alors que le ratio des dividendes à la valeur ajoutée brute est passé de 5 à 7% il y a 10-15 ans à 14 ou 15% maintenant (14,4% en 2006, 15,4% en 2007)... La valeur ajoutée est directement liée aux gains de productivité, et on a bien une part décroissante versée au salariés et une part croissante distribuée comme profit aux actionnaires.
Si vous avez des chiffres qui disent le contraire, s’il-vous-plaît, faites nous en profiter....
Pour rebondir sur la question soulevée apr Sysiphe des choix en matière de distribution du profit issu de la production
a) d’abord un écho d’aujourd’hui, relatif à l’impôt sur la fortune, je cite Le Parisien : EN HAUSSE de 6 %, le nombre d’assujettis à l’impôt sur la fortune (ISF), en 2008, sera de 548 000, a annoncé hier le ministère du Budget. Le montant attendu de l’impôt sera, lui, de 3,75 milliards d’euros contre un peu plus de 4 milliards l’an dernier. Cette baisse est la conséquence des avantages fiscaux inscrits dans la loi Tepa, notamment sur les investissements dans les PME et les plafonnements sur les résidences principales
b) ensuite un rappel des taux d’imposition sur le revenu, chiffres de 2005 :
le taux d’impôt sur le revenu rapporté au PIB était en France de 7,6% (donc du PIB)
en Allemagne le même taux était de 9%
aux Etats-Unis il était de 10%
au Royaume-Uni il était de 10,8%
la moyenne dans l’OCDE (qui inclut des pays à faible imposition hors Europe) était de 9,8%
On retrouve les mêmes ordre de grandeur dans cette analyse 2007 à partir des Statistiques des recettes publiques des pays membres de l’OCDE 1965-2006.
Alors qu’inversement, comme cela est souvent rappelé, la France était dans le haut du tableau en matière de pression fiscale d’ensemble (voir ce graphique)
Au total, comme l’indique Sysiphe, on a depuis 35 ans tendu à reporter de plus en plus le besoin de financement de la sphère publique en procédant à une redistribution au détriment des bas revenus (augmentation de la TVA, des taxes sur l’essence etc.) et au profit des riches (baisse de l’impôt sur le revenu, baisse de l’ISF dans le passé récent) et des entreprises (baisses de charges diverses etc.) et du capital (baisse ou suppression de taxes et impôts sur les transaction en actions, "pour le bien de la compétitivité de la place de Paris" ou "pour le bien de l’attractivité (financière)" etc.
Il est vrai que cela fait 35 ans que les gouvernements sont censés savoir qu’ils doivent composer avec cette contrainte, renforcée depuis le traité de Maastricht
Et cela fait 35 ans que les Etats-Unis eux font autrement. Au vu de la crise qui déboule beaucoup vont dire "oh là là où est-ce que cela nous mène", dont beaucoup qui il y a encore 6 ou 12 mois présentaient la politique américane en modèle pour la France, dont un certain candidat à l’Elysée qui s’était même déclaré favorable à l’idée d’asseoir largement des crédits sur des hypothèques comme aux Etats-Unis....
1) le procédé qui consiste à diriger les gens vers votre blog, pour faire votre marketing politique, au lieu de répondre sur le fil par des commentaires factuels et argumentés n’est pas pas correct voire malhonnête. Soit vous avez le temps et écrivez, soit vous vous abstenez. Au demeurant vous semblez avoir du temps à consacrer à la fois sur ce fil et sur votre blog qui fait en plusieurs occasions une promotion assez servile de M Sarkozy. Je doute donc que le temps vous ait tant manqué au départ, qui plus est en semaine et pendant les heures de travail.
2) Vous mettez spécifiquement en cause le gouvernement de M. Jospin concernant l’accroissement de la dette. C’est la encore malhonnête (et - puisque vous osez parler de matraquage - il y a un vrai matraquage de la droite depuis quelques années là-dessus, auquel en bon petit politicien, de droite, vous joignez votre voix sans plus de réflexion ni d’apport) :
- d’abord parce que les périodes de plus fort accroissement historique de la dette ont eu lieu avec des gouvernements de de droite (et M Sarkozy était le ministre du budget dans le cas du record historique : 1993 - 1995), cela mériterait d’être discuté non ?
- ensuite parce qu’il ne suffit de pas de dire que M Jospin aurait dû profiter de la croissance (quand même pas comparable à celle des trente glorieuses...) pour réduire la dette tout en exonérant les gouvernements qui lui ont succédé de ne pas l’avoir fait ou au moins de ne pas avoir accrû la dette, alors que le différentiel de croissance annuelle d’avec les années du gouvernement Jospin est de 1% en ordre de grandeur. Pourquoi ont-ils fortement augmenté la dette au lieu de la réduire ?
- et enfin parce que, cela a été soulevé par biens des analyses, la croissance française a été meilleure que celle des ses partenaires de la zone euro pendant le gouvernement Jospin : dit autrement la politique suivie n’a pas diminué la dette mais cela a aussi eu pour effet de gonfler notabement la croissance. On peut être ou non d’accord avec l’abritrage retenu à l’époque, mais certainement pas comme beaucoup de petit perroquets de droite clamer que M. Jospin a bénéficié d’une croissance entièrement venue d’ailleurs et n’a pas su en tirer parti.
3) concernant l’argument relatif à la dette publique vous êtes confondant dans votre absence de remise en cause de dogmes, dans votre absence de curiosité intellectuelle.
On peut contester l’idée qu’il aurait fallu ou non maintenir la possibilité de financer l’état par création de monnaie (au détriment de la valeur de cette monnaie).
Mais on ne peut certainement pas contester le fait que ce mode d’absorption de déficits induit une dette publique qui n’est pas alourdie d’intérêts perçus par des banques privées, sachant que l’on parle là de montants considérables au regard du déficit des comptes de l’état. Comme le disait le rapport Pébereau, le paiement des intérêt de la dette (totale) consomme davantage que le produit de l’impôt sur le revenu.
Cela mérite d’être discuté, les choix politiques sont aussi là. Je ne suis pas favorable à cette option, mais votre réponse n’en est franchement pas une.