Un baba-cool libertaire et libertin et lacustre qui se fout d'un monde qui se fout de son monde.
Se consacre presque exclusivement à la culture des épinards.
Il n’est plus temps, Daniel. Tu ne peux plus proposer aux gens de véritable programme de gauche depuis la chute du Mur. Tu ne peux plus leur parler de programme de gauche depuis quarante ans que la gauche française se fout du populo, depuis que les syndicats ont laissé de côté les précaires, depuis que les partis et groupuscules de gauche et leurs militants ont laissé jeter à la rue des milliers de nos compatriotes pour s’occuper uniquement de leur clientèle de fonctionnaires. Plus personne aujourd’hui n’ajouterait foi aux promesses de la nana ou du mec se réclamant des thèses marxistes, et qui essaierait de leur vendre un SMIC à 2000 balles, la renationalisation de tout ce qui a été bradé aux multinationales. Et puis quoi ? Tu vois ça, toi, dans un pays qui déteste à ce point les fonctionnaires et où la crasse moyenne arrondit ses fins de mois en boursicotant, qu’un pékin lui dise : on va tout renationaliser, exit Veolia, Suez et consorts, c’est ici qu’on construira les Renault-Peugeot-Citroën qui du coup coûteront plus cher que des Rolls. Passer à autre chose, Daniel, OK, mais on laisse de côté les systèmes que l’Histoire à laissés sur le carreau, si on veut que ça marche, et on crée du neuf, et pour ça on n’attend pas d’autrui, on descend dans la rue comme les Tunisiens l’ont fait, comme les Grecs le font.
Je te suis sur le fait qu’IL nous FAUT prendre congé avec l’UE. Mais pas avec une fasciste fille à papa des beaux quartiers, qui se sert de la naïveté des prolos et des vieilles pour conquérir un pouvoir dont elle ne saurait que faire si elle y accédait. Elle aurait face à elle une assemblée parlementaire élue de bric et de broc par un électorat sous le choc, où parmi les caciques de la députaille à vie UMPS se trouverait une toute petite minorité de FN et peut-être même quelques NPA hargneux. Cela pour la partie visible. Dans les coulisses, on imagine aisément ce qui pourrait se tramer, du genre « insurrection citoyenne » organisée par Washington avec des meneurs charismatiques surgis de nulle part, comme des diables de leur boîte, histoire d’achever de déstabiliser le pays pour le réduire à merci. Autrement dit le placer sous tutelle, tu vois le truc ? Ce vieux pays devenu ingérable qui se referait une drôle de guéguerre sans en avoir les moyens, et qui las de trembler après une quinzaine de jours d’affrontements, s’en remettrait au quarteron de technocrates belgo-finno-anglo-suédois chapeauté par Mr Barack pour remettre les choses en place en commençant par distribuer quelques miettes du gâteau mondialiste à la populace. Autre hypothèse aussi sexy : une guérilla venue des cités, à côté de quoi « Banlieue 13 » de Luc Besson ressemblerait à une romance pour pucelles boutonneuses.
Je ne sous-entends pas par là qu’il vaut mieux voter UMPS. Je crois seulement que quand un peuple en a vraiment ras-le-bol de se faire rouler par des générations de malfrats, il se fout des joujoux qu’il risque de perdre et il descend dans la rue en pensant très fort à l’avenir de ses gosses. Ils sont tous à virer, la Le Pen comprise, Mélenchon itou, alors on se bouge le fion et on les vire, ou alors on ne se plaindra pas de faire dans son froc quand les balles commenceront à ricocher.
D’accord avec toi. On en dirait autant des CESU, pure foutaise des deux côtés, employé/employeur. Le Revenu Universel c’est LA solution, mais personne ne va s’y frotter car cette solution-là elle va à l’encontre des principes bourgeois qui régissent la vieille société française, notamment autour du culte du travail, principes défendus par les bourges comme par les prolos.
Va dire publiquement que le travail est un fléau à abattre, que le travail te crève à petit feu, que le travail ne peut pas te permettre de gagner ta vie ? Essaie... Je l’ai fait. Je le fais. Et bien c’est pareil que si tu encensais l’inceste : on te regarde comme au Moyen Age le clerc regardait l’hérétique. Tout juste si on n’appelle pas les flics. Je te jure que ça jette un froid, dans un repas de famille, dans une conversation, le mec qui exprime sa haine du travail, qui refuse le travail, qui rejette la malédiction du travail. Personne ne le suivra et surtout pas le prolo, attaché à son licou comme l’arapède à son rocher.
Le RU permettrait d’en finir avec cette malédiction. Bizarre tout de même que celui qui le défende soit celui qui voulait rendre les jeunes corvéables à merci avec son CPE : Gallouzeau de Villepin, vite obligé, on s’en rappelle, de battre en retraite et de rendre les armes sous la pression de la rue. La gauche, le RU elle n’en a jamais parlé, elle n’en parle pas, ni Mélenchon ni ces faux-derches de communistes, ni même le NPA, ce groupuscule de révolutionaires de la tchatche. C’est Villepin qui veut nous le fourguer contre, tu penses ! une contribution disons bénévole à « la vie citoyenne ». On sait ce que cache ce mot devenu tellement vilain depuis qu’on l’entend prononcer par toutes les langues de pute que compte la classe politocarde.
A ciao et bisous, compagnons, je sors prendre le soleil.