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Krokodilo

Krokodilo

Médecin généraliste à la retraite, je m’intéresse à tous les sujets sur lesquels je n’ai aucune compétence, ce qui me laisse un large champ d’intervention. A l’époque où j’enquêtais sur les OVNI, j’ai percé le grand secret de la zone 51 : les extra-terrestres sont effectivement venus sur Terre, mais ils ont trouvé l’anglais trop difficile et sont repartis. Depuis, je m'intéresse à la question des langues, de la communication internationale et de l’espéranto.

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  • Premier article le 06/12/2006
  • Modérateur depuis le 09/01/2007
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Derniers commentaires



  • Krokodilo Krokodilo 26 septembre 2007 15:55

    Merci de votre témoignage, mais que prouve-t-il à mon avis ?
    - Que votre fils est une grosse tête.
    - Que le vrai plurilinguisme est le fait de familles pluriculturelles, ou de familles expatriées, ou de séjours linguistiques répétés. Mais pourquoi en déduire la faillite du système scolaire, accuser les méthodes ou les profs ? Cela prouve simplement la difficulté des langues étrangères à un bon niveau et l’illusion qu’il y a à demander au système scolaire de fabriquer à la chaîne des polyglottes confirmés.

    Tout le système scolaire n’est en fait qu’une initiation aux langues ! De même qu’on ne sort pas du lycée chimiste, ni ingénieur confirmé ni médecin ni architecte.



  • Krokodilo Krokodilo 26 septembre 2007 15:43

    Sandro,

    Merci de ce témoignage en direct de Bruxelles, chose rare sur ce sujet délicat..., qui indique que la situation est pire que je croyais, puisque le juridique aussi a basculé, alors qu’on m’accuse souvent de catastrophisme, sur l’air de « mais non l’UE est une grande et belle construction respectueuse de la diversité linguistique and so on !

    Vous n’êtes en revanche pas d’accord que les Français sont comme les autres, mais votre exemple est celui du moindre routier finlandais qui parle un bon anglais. Or, toute comparaison avec les nordiques est faussée, pour deux raisons :
    - Leur langue est germanique (surtout les Norvégiens) et l’anglais est pour eux plus facile.
    - Ils ont clairement choisi l’anglais lingua franca de l’UE et même langue internationale -c’est leur droit- mais jusqu’il y a quelques années, la France défendait la diversité, et nous n’avions aucune raison de faire le « forcing » sur l’apprentissage précoce de l’anglais. Comparons donc les niveaux dans d’autres langues, espagnol, allemand, à nombre d’heures scolaires égal, après on verra...

    Quand vous dites qu’en médecine le français domine, heu..., la médecine française est parmi les meilleures, c’est vrai, mais les congrès et les revues sont très très majoritairement anglophones, et la situation se dégrade, faute de combattants. Pour diverses raisons, beaucoup ont baissé les bras ou se taisent. Pourtant, l’affaire Montagner-pasteur et leur litige avec les USA avait clairement montré l’importance de ces problèmes (la publication en français d’abord leur aurait donné l’antériorité juridique, et évité les procès ainsi que le compromis final)

    La guerre est perdue ? Si Spartacus avait dit ça, ou les esclaves antillais... Non à l’esclavage linguistique ! Nous ne travaillons pas seulement pour nous, mais pour le monde dans lequel nos descendants vivront.



  • Krokodilo Krokodilo 26 septembre 2007 15:27

    Marsu,

    Tu confirmes ce que dit Docdory sur l’immersion linguistique qui est le socle de tout apprentissage sérieux des langues, mais pourquoi parallèlement reprendre l’opinion sur l’enseignement dans les écoles qui serait mal fait ? 1500 à 3000 heures de cours ne peuvent faire de miracles, quelles que soient les méthodes.

    Depuis quand un exemple remplace-t-il une étude scientifique ? Tant mieux si ça s’est bien passé pour leurs enfants, mais je ferais trois remarques :
    - Beaucoup de ces enfants s’orientent ensuite vers un métier où ces connaissances en langues leur seront utiles, traducteurs, littéraires, commerciaux, etc. Est-ce nécessaire pour tout le monde ?
    - Il existe des contre-exemples de familles qui ont vécu la difficulté de l’éducation réellement plurilingue, mais ils n’osent pas en parler parce que ça ne va pas dans le bon sens, et en parler où ? Convaincre un gosse d’étudier une langue dont il ne voit pas l’utilité dans son environnement (école, amis, télé), sinon pour faire plaisir à un des deux parents, sans que l’enfant perçoive le but réel. Car « c’est une chance pour ton avenir » ne veut rien dire pour un petit. Les risques sont le désintérêt, suivi d’une pression parentale qui peut aller jusqu’à de difficultés psychologiques, un refus de l’enfant, des blocages, des conflits larvés.
    - Tous les polyglottes disent qu’il est préférable d’avoir une langue dominante, sinon on ressent une espèce de flou intérieur.
    - Toute éducation est un conditionnement : on peut également faire apprendre jeune piano, flûte violon, chant, c’est le cas des familles de musiciens, et beaucoup deviendront musiciens professionnels ; faut-il en faire un principe pour tous ? Idem en sport : certains font au moins trois sports différents régulièrement, suivis de près par le père en général, faut-il généraliser ? Faut-il donc formater toute éducation, et penser que nous pouvons tous tout faire faire à nos enfants ?

    Sur l’anglais « hyperfacile », alors là, pas du tout d’accord, je te renvoie à mon ancien article d’A.Vox, c’est tout aussi difficile que le français, notamment en raison d’une phonétique totalement aberrante, chose rarissime peut-être unique, et d’un très grand nombre d’idiotismes et une dialectisation de la langue selon les régions du monde.

    Enfin, nombre de gens ont voyagé sans connaître l’anglais.



  • Krokodilo Krokodilo 26 septembre 2007 15:06

    Zen,

    J’ai son livre « Pourquoi veulent-ils tuer le français ? » éd. Albin Michel (Lecherbonier), et j’aimerais d’ailleurs en avoir sa maîtrise. A côté de son livre pamphlet aux nombreux exemples détaillés (politique, science, enseignement, médias, UE, lois), mes critiques sont des chatouillis !

    Evidemment que je suis d’accord, mais je ferais une remarque sur ta formulation qui est le reflet du dogmatisme que nous subissons tous : « est partisan de l’exclusion de l’anglais dans le primaire », ce qui présente la chose comme une suppression, une perte de chances, une privation de droits acquis !

    Il ne s’agit pas d’exclure l’anglais, mais de ne pas l’imposer !

    Or, ce qu’aucun média ne dit, c’est qu’il s’agit d’une révolution en France : pour la première fois, une langue est imposée sans aucun choix des parents (je passe sur les rares choix d’allemand en Alsace, ou parfois de langue régionale), il faut savoir qu’environ 80% des insttits valident l’anglais aux IUFM (chiffre officiel introuvable...) ce qui va amplifier le phénomène. Les profs de langue eux-mêmes sont victimes de nombreux clichés et du dogmatisme : sur l’apprentissage précoce, je te renvoie à mon ancien article d’A.Vox, à ma connaissance aucune étude n’a prouvé quoi que ce soit à ce sujet, et la plus récente (en Allemagne sur des enfants turcs itou). Le rapport d’un collège d’experts européens que je commente était si peu enthousiaste qu’entretemps, sur le site Europa, un nouveau rapport l’a remplacé, plus favorable... La seule chose prouvée est la plus grande facilité des enfants pour l’apprentissage musical, celui des sons qui n’existent pas dans notre langue, mais pour travailler cela, nul besoin de se spécialiser en anglais, un apprentissage linguistique simple et large suffit, c’est-à-dire apprendre l’alphabet cyrillique, arabe, quelques idéogrammes pour s’amuser, apprendre la jota espagnole, apprendre à lire le tchèque, le roumain, le hongrois, comparativement avec les mêmes mots, rien de haut niveau car nous parlons de toute façon d’initiation, mais sans spécialisation en anglais qui est une langue à la phonétique irrationnelle. En gros ouvrir l’esprit à la diversité des sons et des langues, plutôt que répéter sans fin quelques phrases d’anglais. D’ailleurs, c’est parfois ce qui se passe car une de mes filles a fait un an anglais, un an allemand, l’autre une langue régionale, à chaque fois sans aucun choix !

    Et j’ai vu sur un forum d’instits qu’ils sont loin d’être enthousiastes, au point que certains d’entre eux ont refusé au début de la réforme de faire de l’initiation à l’anglais, de peur de transmettre un mauvais accent, et que les écoles ont fait appel à des intervenants extérieurs, des natifs anglophones.

    Sur le niveau en français en fin de primaire, un récent rapport est assez critique, c’est vrai, et notre ministre a peu après annoncé une augmentation des heures de sport et du travail des langues par vidéoconférences avec des natifs, très vraisemblablement anglophones ! Comme les PDE (nouveau nom des instits) sont majoritairement pragmatiques et raisonnables, ils savent bien qu’il vaut mieux ne pas diminuer le français, ce temps sera donc pris ailleurs.



  • Krokodilo Krokodilo 26 septembre 2007 14:12

    Docdory,

    Bien sûr que ces livres ont leur utilité, j’en ai moi-même quelques-uns. Ce que je critique, avec un zeste d’ironie qui peut déplaire, c’est que l’avalanche de livres ainsi titrés contribue à cacher la vraie difficulté des langues, et masque aussi l’absence d’une échelle de niveau qui nous permettrait de savoir de quoi on parle. Je ne conteste pas que tu aies fait des progrès rapides grâce à une méthode et à l’immersion linguistique en voyage, mais à quel niveau, par exemple sur le CECRL ? Le mot que tu emploies, « parfaitement » n’est-il pas un peu excessif dans le domaine des langues ?

    Par contre, en parlant de proximité des langues, tu confirmes implicitement qu’il est abusif de se comparer aux résultats scolaires des Norvégiens en anglais, parce que leur langue est germanique et plus proche de l’anglais, la deuxième raison étant qu’ils ont choisi l’anglais et mettent le paquet dessus, alors que nous avons longtemps défendu la diversité linguistique. D’accord aussi sur l’importance de l’immersion linguistique et le peu d’efficacité de l’apprentissage scolaire des langues vivantes.

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