Mervis Nocteau : il a du talent, de la culture, de l’érudition. Un certain charme dans sa singularité et sa persévérance. Mais la communication avec lui est bloquée, impossible. C’est qu’au fond il ne recherche pas l’échange (qui le cherche vraiment ?), il cherche, comme tous les autres, à s’imposer, à asséner une vérité, une vision du monde. Le véritable échange repose sur une tradition philosophique qui lui est radicalement étrangère. Ce n’est pas un humaniste, c’est un doctrinaire qui s’est construit intellectuellement en opposition à toute cette tradition des humanités, à la fois classiques et chrétiennes. Ce n’est pas une question de caractère, contrairement à ce que j’ai longtemps cru, c’est son positionnement originel qui le rend impropre au dialogue, à l’échange. Le respect et pour ainsi dire le culte du verbe appartient en propre au christianisme et à la tradition philosophique de l’Antiquité, tandis que lui se rattache à des rites, à une vision du monde averbale ou préverbale (comme chez Guénon d’ailleurs). Tout cela repose au fond chez lui sur un refus radical, une rébellion originelle contre notre monde, notre culture, notre héritage (et sans doute avant tout contre l’éducation qu’il a reçue). À l’origine de son idéal, il y a un grand « non », qui ne peut que se répercuter sur les étapes ultérieures de sa démarche, celles de la mise en commun et de l’échange.
He had a truly cultural ideal, which was rather original in a subjectivist, post-cartesian world. Funny thing is that he linked to an archaic culture, instead of the well documented religious culture of the West. In his contempt for the Book and its culture, he completely joined the post-cultural, subjectivist nihilists like John Keim.