Merci pour ces détails borntofrag. Toutefois, il convient d’apporter certaines précisions sur ce que vous dites. Il y eut bien une réforme de l’orthographe à la période des Humanistes et il fallut faire un choix entre une orthographe phonétique et une orthographe étymologique. C’est cette dernière (défendue par les imprimeurs) qui fut retenue. Il s’agit donc bien là d’une action artificielle sur la langue que n’ont pas connu à ce stade les autres langues romanes. En outre, vous n’êtes pas sans savoir qu’en ancien français, l’orthographe était conforme à la prononciation : chaque graphème d’un mot était prononcé. L’orthographe moderne elle est truffée d’irrégularités et d’incohérences car elle n’a pas suivi l’évolution naturelle de la prononciation. C’est ainsi que l’on se retrouve désormais avec des mots qui présentent des graphèmes qui ne sont plus prononcés depuis bien longtemps, avec de nombreux digramme correspondant à d’anciennes diphtongues n’existant déjà plus en moyen français, et c’est l’héritage latin artificiellement réintroduit qui en est en partie responsable. La passion latinisante a ramené systématiquement les mots à la forme de leur étymon et, à la confusion héréditaire, s’ajoute le chaos systématiquement organisé par les érudits d’alors. Faire ce constat ne consiste en rien à renier l’héritage latin. L’espagnol par exemple a suivi une évolution beaucoup plus naturelle, et d’ailleurs, dans cette langue (tout comme l’italien d’ailleurs, mais je me trompe peut-être ?), toutes les lettres d’un mot se prononcent. Est-ce pour autant qu’ils renient leur héritage latin ? Je ne le pense pas.
En ce sens, c’est à peine plus "artificiel" que le français, c’est simplement peu connu.
Non, c’est vrai, il y en a juste une qui est issue de siècles d’histoire et d’évolution et l’autre est issue d’un barbichu polonais.
A vrai dire la question est un peu plus complexe que ça et vous avez tous les deux raison. Oui, le français est le résultat de siècles d’Histoire et d’évolutions, et à ce titre, les Serments de Strasbourg (842) sont considérés comme étant le premier texte écrit en proto-français (c’est à dire la langue romane qui a donné naissance au français.) Cependant, parmi les langues romanes que l’on connait (l’espagnol, l’italien, le portuguais, le roumain et le français), le français est effectivement celle qui a le plus été l’objet de modification artificielles, c’est à dire des modifications qui n’ont rien à voir avec le cycle naturel d’évolution de la langue : relatinisation, temps verbaux reconstruits (et non résultant de l’évolution naturelle du latin), influence des poètes du XVIème mais aussi des grands auteurs en général quelle que soit l’époque, Académie Française, etc. L’un des exemples les plus connus de cette artificialisation de la langue, que je vais donner ici pour illustrer mon propos, est le passage pour l’imparfait de l’indicatif de la graphie oi en ai, souhaitée par Voltaire et scellée par l’Académie Française...Ces multiples interventions déliberées sur la langue font qu’aujourd’hui le français présente de nombreuses incohérences, par exemple entre sa graphie et sa prononciation, que n’ont pas les autres langues romanes (ou alors dans des proportions infimes), qui ont toutes suivi une évolution plus ’naturelle’.
Bonjour l’auteur. Pas de problème, je pense que vous ne froissez personne. Je pense que le propos de youpi et le mien ont aussi pour objet de nuancer certaines choses et sortir de cette gueguerre stérile du "fuck windows vive linux" (il n’y a qu’à voir comment vient de se faire moinsser mon post précédent et celui de youpi, parce qu’on ne rentre pas dans cette logique stupide). Comme vous le soulignez dans votre réponse, Ubuntu est très bien pour un usage domestique, peut-être moins pour un usage professionnel. Encore faut il voir ce qu’on entends par usage domestique et pro, car la fontère entre les deux est parfois floue. Peut-on considérer, par exemple, un infographiste qui une fois parti de son lieu de travail, bidouille de l’image chez lui pour ses propres besoins comme pratiquant un usage pro ? Pour ce qui est de la musique, c’est pareil. Je connais beaucoup de gens qui font de la MAO sans être des professionnels, mais qui rechignent à passer à Ubuntu Studio, et ce pour de multiples raisons. Les logiciels libre en ce domaine n’arrivent pas encore à la cheville des logiciels sous licence payante (on a exactement le même topo avec Photoshop vs The Gimp). A mon sens, la plus grande réussite d’Ubuntu à l’heure actuelle, réside dans le fait qu’il offre enfn une alternative libre à l’os de Microsoft. Bref, il permet de choisir, et c’est pourquoi j’utilise les deux systèmes. La réalité est tout simplement que même en n’étant pas un professionnel de l’informatique, Ubuntu ne recouvre pas encore de façon suffisamment fiable mes besoins non professionnels (un ordi ça sert aussi à d’autres choses que surfer sur le net ou faire du traitement de texte). Je vois donc Ubuntu comme un complément utile à XP, voire une alternative dans le cadre d’une utilisation basique, pour peu qu’on ait pas un ordi avec une configuration trop exotique, parce que là bonjour la galère. Bien sûr, nous savons tous que ce n’est pas la faute à la communauté Linux si des pilotes stables pour certains périphériques sont durs à trouver. Mais sans discutailler des heures sur les causes, le résultat concrètement est là : il est globalement plus difficile d’exploiter pleinement un périphérique donné sous Ubuntu que sous XP. Bien entendu, cela va s’améliorant, mais à l’heure actuelle, Ubuntu manque encore un peu de maturité et ne me permet pas dans mon utilisation quotidienne de l’outil informatique de ne compter que sur lui. Il va de soi que le jour ou Ubuntu sera aussi stable qu’ XP avec le même type d’utilisation, il y a pas photo, XP passera définitivement à la trappe. J’en suis pas encore là.