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Lucien Denfer

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  • Lucien Denfer Lucien Denfer 28 juin 2010 16:13

    C’est pour le moins étonnant d’assister à cette ré-appropriation opportuniste d’un savant nord-africain qui ne s’est pas contenté de compiler les textes d’aristote, mais les a explicité. Ce qui gênait assurément c’est le fait qu’il s’opposait à la fois à l’interprétation d’Avicenne le Persan et à la critique d’Al-ghazali. Il considère la théologie comme inutile au philosophe pour qui la véritable science doit être démonstrative et rejette autant l’islam que le christianisme..

    Ceci expliquant cela, mais j’oubliais le profond besoin de certains de rénover leur sentiment, leur fierté d’appartenir à une civilisation fourre-tout dont la pratique favorite fut (et est encore) de « labelliser » arabe jusqu’aux coquillages, aux grains de sable et aux astres.

    Mais suivant cette logique puisque nous sommes issu d’une civilisation qui n’existerait pas sans la majestueuse « civilisation » ARABO-MUSULMANE qui a daigné nous apporter la science, pauvres incultes barbares que nous étions alors, et en tenant compte que nous mangeons désormais hallal malgré nous, nous pouvons procéder à un raccourci salvateur et déclarer sans plus attendre (c’est pour bientôt) que nous sommes désormais une civilisation ARABO-MUSULMANE...

    Inchallah



  • Lucien Denfer Lucien Denfer 28 juin 2010 15:29

    Le problème de vouloir réviser les lois de l’accès à la mangeoire c’est qu’il ne faut pas le faire pour y avoir un accès exclusif pour soi-même ou le groupe que l’on représente, mais qu’il faut établir des règles égalitaires minimales qui permettent à chacun d’avoir une vie décente, sans quoi la notion de biens publics perd tout son sens.

    En l’état actuel des choses les dits « biens publics » se voient affublés d’une gestion par des organismes privés, difficile dans ces conditions de réclamer une législation qui irait à contresens de l’intérêt des principaux bénéficiaires.

    Il reste à se réapproprier les biens publics...



  • Lucien Denfer Lucien Denfer 28 juin 2010 14:51

    @samir

    Rappel

    Averroès (berbère) :

    A partir de 1195, Averroès, déjà suspect comme philosophe, est victime d’une campagne d’opinion qui vise à anéantir son prestige de cadi. Al-Mansûr sacrifie alors ses intellectuels à la pression des oulémas. Averroès est exilé en 1197 à Lucena, petite ville andalouse peuplée surtout de Juifs, en déclin depuis que les Almohades ont interdit toute religion autre que l’islam. Après un court exil d’un an et demi, il est rappelé au Maroc où il reçoit le pardon du sultan, mais n’est pas rétabli dans ses fonctions. Il meurt à Marrakech le 10 ou 11 décembre 1198 sans avoir revu l’Andalousie. La mort d’Al-Mansûr peu de temps après marque le début de la décadence de l’empire almohade.

    Suspecté d’hérésie, il n’aura pas de postérité en terre d’islam. Une part de son œuvre sera sauvée par les traducteurs juifs. Elle passera par les Juifs de Catalogne et d’Occitanie dans la scolastique latine.

    Ibn Khaldoun (qui appelait les noirs « des bêtes »)

    a été jeté 3 fois en prison :

    « Abu Inan Faris, lui offre par la suite un poste de scribe chargé des proclamations royales, ce qui n’empêche pas une défaveur brutale et une peine de prison qu’Ibn Khaldoun explique par une intrigue de cour causée par la jalousie. De 1357 à la mort d’Abu Inan Faris, il passe vingt-deux mois en prison. »

    « En 1372, Abou Hammou Moussa II reconquiert le pouvoir et lance ses partisans à la recherche d’Ibn Khaldoun dont il veut se venger. Celui-ci parvient à rejoindre Fès, où la situation est confuse, mais se retrouve en prison. »

    « En janvier 1401 Tamerlan le jette en prison »

    Avicenne (perse)

    « En 1021, la mort du prince Shams o-dowleh, et le début du règne de son fils Sama o-dowleh, cristallisent les ambitions et les rancœurs : victime d’intrigues politiques, Avicenne connaît la prison. Déguisé en derviche, il réussit à s’évader, et s’enfuit à Ispahan.

     »La confession de la mère d’Avicenne n’est connue que par des sources secondaires. Si l’on peut supposer en première approche qu’elle est musulmane, certaines sources indiquent qu’elle était juive : c’est le cas notamment du roman Avicenne de Gilbert Sinoué. Cependant une autre source indiquerait que le sultan Mahmûd de Ghaznî aurait répandu cette information afin de « calomnier » le philosophe.« 

    --------------

    Les 3 figures les plus respectés de l’Islam ont été trés bien traité de leur vivant par leurs »frères"...



  • Lucien Denfer Lucien Denfer 28 juin 2010 14:44

    Que se passe-t-il lorsque la simple vision mentale de votre boulanger triturant sa pate vous colle des frissons dans le ventre ?

    Comment se fait-il que parfois vous avez constamment envie de gifler votre homme ?

    A certains moments les préliminaires ne vous semblent-ils pas absurdes ?

    Etes-vous parfois prêtes à payer pour une relation sexuelle ?

    Parlez-vous parfois de sexe comme une ancienne combattante, du genre je me souviens d’une fois avec X ou Y ?

    Avez-vous parfois l’impression que le fauteuil de votre bureau est équipé du chauffage ?

    Etes vous souvent à la recherche de piles electriques en état de fonctionnement parmi les jouets des gosses ?

    Vous arrive-t-il parfois de sourir bêtement avec insistance à un collègue de travail que vous zapper dans 99% des cas ?

    Si vous vous reconnaissez dans ces situations c’est que vous êtes sexuellement frustrée. Mais rassurez-vous ce n’est pas une maladie contagieuse...



  • Lucien Denfer Lucien Denfer 28 juin 2010 13:29

    @samir

    Le mythe de l’âge d’or scientifique de l’islam
     
    Non, l’occident ne doit rien aux Arabes

    L’Occident ne serait pas sorti des ténèbres du Moyen Age sans Averroès et ’Ibn Khaldoun : l’intellectuel palestinien Saqr ’Abou Fakhr remet en question cette idée si répandue des deux côtés de la Méditerranée.

    Sans la civilisation arabe, dit-on, l’Occident n’aurait jamais pu connaître l’éveil, le développement et le progrès qui ont mené à sa domination actuelle sur le monde entier. La majeure partie des écrivains nationalistes arabes et des romanciers musulmans continuent de perpétuer l’idée d’une ancienne civilisation arabe glorieuse et incontournable, alors que celle-ci s’est éteinte avec la chute de Bagdad, en 1258, à la suite de laquelle les Arabes cessèrent de créer et d’innover, excepté dans certains domaines limités et disparates.

    Le fait de continuellement reprendre cette affirmation d’un âge arabe des Lumières l’a incrustée dans l’esprit des Arabes, comme cela arrive pour certaines superstitions et certaines légendes. Le temps est donc venu d’en faire la critique. Disons tout d’abord que les Arabes ont apporté une importante contribution à la civilisation humaine, comme l’ont fait les Chinois, les Indiens et les Perses. Mais les Arabes ont-ils joué un rôle déclencheur dans l’apparition de la civilisation occidentale contemporaine ? La civilisation arabe a pris fin il y a près de huit cents ans, et aujourd’hui ce sont les Arabes eux-mêmes qui risquent de disparaître. Et pourtant, ils continuent de se vanter en déclarant que,

    « sans les Arabes, l’Europe aurait certainement stagné dans l’obscurantisme du Moyen Age ».

    Il devient nécessaire de dissiper de telles chimères et de les remplacer par l’Histoire réelle. Il semble avéré que la civilisation occidentale ait été portée - du moins sur le plan technique - par trois innovations essentielles, toutes venues de l’extérieur mais qui se sont conjuguées et fécondées mutuellement, à l’intérieur d’un ensemble géographique unique, pour finir par créer une nouvelle dynamique qui a engendré une formidable civilisation, sans précédent dans la longue histoire de l’humanité et qui dure jusqu’à ce jour.

    Ces trois innovations sont :

    1. L’imprimerie, qui a déclenché la révolution des connaissances et la diffusion des sciences.

    2. La boussole, qui a grandement contribué aux nombreuses découvertes géographiques.

    3. La poudre, qui a procuré à l’Occident la supériorité des armes et enclenché l’expansion coloniale en Amérique, en Inde et en Afrique. C’est de Chine que ces trois techniques fondamentales sont parvenues à l’Europe, alors incapable d’innovation parce qu’étant sous la prégnance religieuse de l’Eglise (catholique). [ouais]

    L’originalité des Européens a consisté à intégrer ces inventions à leur propre civilisation et à en tirer graduellement, par la méthode de l’essai et de l’erreur, de nouveaux principes favorisant la science, le progrès et, par voie de conséquence, la puissance et la domination. C’est donc à la pensée occidentale que revient, en premier lieu, le mérite d’avoir rendu possibles ces développements.

    Cette pensée n’a jamais refusé ni interdit ces innovations essentielles, elle ne les a pas considérées, à la manière dont le font aujourd’hui les vieux esprits du monde arabe, comme des objets « importés » dont il faudrait se méfier ou qu’on devrait boycotter. Tout au contraire, la pensée occidentale a opéré une révolution radicale contre l’Eglise et les ecclésiastiques, et a mis à bas tout ce qui faisait obstacle à la renaissance des sciences et des arts.

    Les historiens arabes sont presque tous d’accord sur le fait que la civilisation occidentale moderne a énormément tiré profit d’Avicenne [980-1037] et surtout d’Averroès [1126-1198] et d’Ibn Khaldoun [1332-1406], et que l’Europe n’aurait pas pu avancer sur la voie du progrès sans leurs écrits.
    En fait, il n’en a rien été. Sinon, on serait en droit de se demander pourquoi les principes énoncés par Averroès auraient été un facteur décisif de la Renaissance en Europe alors qu’ils n’ont eu, à la même époque, aucune influence sur la civilisation arabe. La réponse à cette question est très simple.

    En fait, Averroès, Ibn Khaldun et Avicenne se trouvaient en quelque sorte en dehors du courant dominant d’une culture arabe qui les a d’ailleurs refusés et rejetés. Une culture qui, déjà à l’époque, sombrait, tout comme aujourd’hui, sous le poids des fatwas des oulémas, des théologiens et récitants du Coran, du même acabit qu’Al Ghazali, Ibn Taymiya, Al Chafei et Al Achaari. Pouvons-nous penser sérieusement que la civilisation occidentale ait emprunté quoi que ce soit à ces théologiens ? Certainement pas.

    De même, pour Ibn Khaldoun, l’Occident n’a donné aucun crédit à ses élucubrations sur les esprits maléfiques, mais s’est seulement intéressé à ses opinions concernant la place et l’usage de la raison. L’Occident s’est servi de l’aristotélisme grec d’Averroès et s’est saisi de son idée - exposée dans son Commentaire d’Aristote - d’harmoniser philosophie et chari’a musulmane, c’est-à-dire raison et révélation.
    L’Occident en a déduit que c’est en s’appuyant sur la raison qu’on pouvait s’engager sur la voie de la renaissance et du progrès. A la même époque, les théologiens arabes prononçaient déjà leur terrible anathème : « Adopter le rationalisme, c’est faire profession d’athéisme. » Averroès ayant écrit son Incohérence de l’incohérence, le conservateur Al Ghazali lui avait répliqué par L’Incohérence des philosophes. L’Europe diffère des Arabes en ce qu’elle a réussi, petit à petit, à exclure l’Eglise de toute mainmise sur les idées et à accorder la prééminence à la raison.

    Processus inverse en Islam, au cours duquel le salafisme (retour aux valeurs des ancêtres) l’a emporté, très tôt, sur les idées critiques : Al Ghazali fut officiellement préféré à Averroès. Ainsi le contrôle de la pensée arabe par les religieux a-t-il participé à la stagnation, puis à la régression de la pensée et de la vie dans cette société, depuis les Seldjoukides (au XIe siècle) jusqu’à nos jours. La contribution arabe à la civilisation occidentale moderne ne fut pas globale mais limitée à un certain nombre d’écrits rationalistes, qui constituèrent pour cet Occident le point de départ d’une redécouverte de l’ancien patrimoine philosophique et artistique grec.

    La civilisation arabe elle-même était, par certains aspects, le produit de ces nombreuses traductions à partir du grec, dans lesquelles excellaient les Syriaques (membres de l’une des Eglises chrétiennes d’Orient). Mais cette civilisation ne dura que deux siècles, plus précisément les IIIe et IVe siècles de l’Hégire (IXe et Xe siècles de notre ère), alors que la civilisation européenne a des racines qui remontent au Ve siècle avant notre ère.

    Un apostat d’aujourd’hui

    L’hérésie de Nasr Abou Zeid est certifiée en bonne et due forme : il est officiellement déclaré apostat par les tribunaux égyptiens en 1996. Les problèmes de ce chercheur en théologie, né en 1943 en Egypte, commencent dès 1992, quand il affirme que le Coran n’est pas le Verbe incarné et éternel, mais une oeuvre culturelle qui doit être comprise en tenant compte du contexte historique. Dans son livre Critique du discours religieux (Actes Sud, 1999), il explique qu’il ne faut pas s’en tenir au sens littéral du texte, mais le soumettre à une analyse historique, sociologique et linguistique.

    Le professorat lui échappe, sous prétexte que son oeuvre porte atteinte à l’islam.
    En 1995, la justice prononce d’office son divorce, puisqu’une musulmane ne peut vivre avec un apostat. Afin d’éviter la séparation et d’échapper aux menaces de mort qui pèsent sur lui en Egypte, il s’exile aux Pays-Bas et enseigne à l’université de Leyde.

    source de l’article

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