Vous me faites penser à Francis Lalanne qui hurlait à la dictature quand on a interdit de fumer dans les avions. Le même degré de sens moral : ma bagnole, mon fric et les autres c’est pas mon problème.
Non, personne dans notre enfance ne nous a préparé à ce qui est en train de se produire, une effroyable catastrophe écologique mondiale. Cette catastrophe a déjà commencé, il suffit de lire un récent article du Monde sur la crise de l’eau en Chine. Ses origines sont essentiellement la surpopulation humaine et le mimétisme rivalitaire. Mais nous sommes persuadé que le monde a toujours été est restera toujours dans l’état où nous l’avons découvert. De ce point de vue, nous n’avons pas plus de conscience que des souris d’une durée de vie de deux ans.
La simplicité volontaire, c’est refuser l’esclavage à l’image, la compétition stérile avec les voisins pour une supériorité aussi débile qu’illusoire, et c’est refuser aussi de vivre comme des animaux de batteries, gavés comme des porcs pour mieux alimenter le système. C’est la seule voie possible pour vivre libre et pour retrouver sa dignité.
Comme disent les anglais : "You ARE what you EAT".
Personnellement, je vis en immeuble collectif, je ne prend pas l’avion, je n’ai pas de télévision, je ne chauffe pas mon appartement l’hiver, je met des pulls, les enfants aussi, je ne mange pas de viande.
Et je préfère mille fois cette vie (qui est tout à fait agréable) là que vivre en ayant la conscience de dévorer les autres, les plus pauvres, ceux qui vont vrever rapidement du réchauffement climatique et de la pollution dans les pays du Tiers-Monde.
Apparement, il ne vous ai jamais arrivé de parler avec une femme qui fait des ménages à se tuer la santé avec des produits toxiques parce que si elle ne rapporte pas assez d’argent à la maison pour acheter des Nike, elle se fait tabasser par son fils et sa fille se prostitue pour se faire payer un nouveau portable.
Vous êtes loin de ces réalités et vous ignorez à quoi sont réduit les gens qui ne peuvent plus se passer de consommations aussi inutiles qu’ostentatoires.
Non, je ne rêve pas de pauvres en guenille, mais je suis dégoûtée par la façon dont les pauvres d’aujourd’hui sont victimes de la publicité et enrichissent des gens qui vivent déjà dans un confort suffisant.
La simplicité volontaire, cela commence par une prise de conscience de l’esclavage dans lequel nous vivons, l’esclavage des apparences, l’envie douloureuse de ce que les autres possèdent, l’humiliation de ne pas "se payer la classe" avec le nouveau gadget à la mode.
Et bien si vous avez déjà visité des quartiers défavorisés, vous verrez à quel point les plus démunis sont souvent ceux qui dépensent la plus grande partie de leurs revenus en fringues de marques, en téléphones portables et en gadgets jetables.
C’est pourquoi, si les plus éduqués sont ceux qui ont le plus de chance d’arriver à cette prise de conscience de l’absurdité d’un mode de vie où la consommation n’étanche jamais la soif de consommer plus, il serait très souhaitable de faire partager cette prise de conscience à ceux qui sont les premières victimes de l’hyperconsumérisme, à savoir les plus pauvres.