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Marcus Clams

Marcus Clams

Laboratoire d'idées "Réflexions Marcus Clams"

Tableau de bord

  • Premier article le 25/10/2011
  • Modérateur depuis le 02/06/2012
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Derniers commentaires



  • Marcus Clams Marcus Clams 11 décembre 2011 21:48

    >>Comment peut-on parler de la dette sans parler de ce qui en est à l’origine, la loi Rothschild de 1973 ?
    Votre solution n’est pas très explicite. Je vais donc partir de l’hypothèse que vous souhaitiez que l’Etat puisse emprunter directement à taux avantageux, si possible à la banque centrale.

    Donc imaginons que l’Etat puisse emprunter directement à un taux très avantageux (0%)
    Il faut ensuite imaginer que dans un élan de générosité, les Français abandonnent leur assurance vie à 3% et leur livret A à 2% pour acheter en masse de la dette française à 0 %.
    Si on table sur une inflation de 2 %, on obtient 20 % de prélèvement équivalent après 9 années. De plus, les petits épargnants sont touchés de la même façon que les gros (il n’y a pas de progressivité), sans compter qu’il est probable que les très gros auront tout placer en Suisse.

    Mais imaginons maintenant que l’Etat emprunte directement à la banque centrale, qui fait alors marcher la planche à billet. Si on table sur une inflation de 5 %, avec des placements qui rapporte 3 %, on a donc 2 points d’écarts. Comme précédemment, après 9 ans, cela revient à un prélèvement équivalent de 20 %, toujours sans progressivité de l’impôt.

    De plus, les prix de l’immobilier ne seront pas orientés à la baisse avec ces méthodes, car quand le patrimoine financier est dévalorisé, l’immobilier sert de valeur refuge (c’est d’ailleurs pour cette raison que les Français sont si friands de l’immobilier, ils se souviennent inconsciemment des vagues inflations / dévaluations). Il ne sera donc toujours pas possible de se loger sans assistanat pour une personne au SMIC avec un enfant.



  • Marcus Clams Marcus Clams 11 décembre 2011 11:41

    >>Ce n’est pas aux Français de payer pour les erreurs et l’incompétence de ses gouvernements

    l’ISF ne concerne que 500 000 foyers (sur 20 000 000), le but des propositions est justement de ne pas faire payer la dette par tous les Français.

    Sinon pour l’article :

    >>ils sont obligés d’emprunter sur le marché à des banquiers qui leur prêtent de l’argent à des taux d’intérêts usuraires, alors qu’avant 1973 et le traité de Maastrich, les états de l’UE pouvaient emprunter à leur banque centrale à taux zéro. Donc, il est urgent de sortir de ce système imposé par certains de nos politiques complices des banques commerciales et par les technocrates incompétents de l’UE.
    Mais est-ce que la bonne question à se poser ? la vraie question ne serait pas plutôt : pourquoi les Etats emprutent-ils ? Dans la mesure ou l’Etat lève l’impôt pourquoi diable devrait-il emprunter ? C’est effectivement un beau cadeau pour les banques et les spéculateurs. Il me semble donc plus légitime de dire que l’Etat ne doit plus emprunter (ou quasiment plus) donc doit présenter chaque année un budget équilibré.
    Si l’Etat emprunte à 0 %, qui va investir des ces obligations alors que l’on peut avoir 7% avec l’Italie ? On peut éventuellement obligé les Français, dans ce cas obliger les Français à acheter des obligations d’Etat à 0% revient à les imposer.

    >>Il faut aussi baisser considérablement les dépenses de l’état en réduisant son train de vie et en supprimant tous les privilèges de ses fonctionnaires.
    Baisser les dépenses de l’état est déflationniste (car l’Etat réinvesti 70 % du budget vers le secteur privé via des commandes). Donc limite la croissance et accentue le poids de la dette.

    >>Pour faire prospérer l’économie, il faut aussi baisser les charges sur les salaires et baisser les impôts, libérer l’esprit d’entreprise de tout obstacle et tracas bureaucratique. Il faut favoriser l’innovation. Il ne faut surtout pas faire une politique d’austérité qui va provoquer une crise mondiale, comme en 1929.
    Les charges sociales sont des cotisations sociales. Si on baisse les impôts et les cotisations sociales, le déficit va augmenter, donc la dette, donc le poids des intérêts. Si on emprunte à taux 0 comme proposé, avec la banque centrale qui fait marcher la planche à billet, cela revient à taxer indirectement les personnes détenant du capital (via l’inflation par rapport au 0 %). 

    >>Il faut donc sortir de cette Europe fédéraliste et technocratique et permettre aux pays endettés de reprendre leur indépendance, afin de retourner à leur monnaie nationale à parité égale avec l’euro, faire racheter leur dette par leur banque centrale, dévaluer leur monnaie nationale si nécessaire, reprendre leur indépendance vis à vis des spéculateurs et faire les réformes structurelles, si nécessaires, pour chaque pays.
    Si des pays sortent de l’Euro, le but est de retrouvé de la compétitivité, donc de dévaluer, et de mettre un peu d’inflation pour limiter le poids de la dette, car elle sera toujours là. Comme les autres pays ne sont pas plus bêtes que nous, il vont faire pareil, et peut-être plus fortement pour certains (en particulier l’Espagne et l’Italie). Au final on va donc perdre de la compétitivité par rapport à l’Espagne et l’Italie, et en gagner par rapport à l’Allemagne (les Français ne pourront plus s’acheter des voitures allemandes, mais prendrons les voitures espagnoles et italiennes plutôt que les françaises). Les gains par rapport à la Chine seront malheureusement trop dérisoire pour inverser la tendance (ou sinon il faudrait vraiment beaucoup dévaluer : + de 60 %).
    De plus si l’indépendance vis à vis des spéculateurs n’est pas réalisés, ces deniers vont se régaler à spéculer sur les dévaluations et faire payer le moindre emprunt au prix fort. En dévaluant, les entreprises pourront se faire rachetée plus facilement par les étrangers (les Chinois)
    Enfin, pour mémoire si on dévalue et crée 3 % de différence entre l’inflation et les taux d’intérêts par an, cela revient au bout de 6 ans à une taxe de 20 % sur le patrimoine (soit la première proposition, sauf que l’immobilier n’est pas touché). Mais comme les plus fortunés auront placés leur fortune en Suisse avant la dévaluation (cf Grèce), c’est donc les petits épargnants qui seront pénalisés.
    Souvenons nous de la guerre des monnaies des années 80, où les agriculteurs français ne vendaient plus du jour au lendemain suite à la dévaluation de la pesetas, où les PME d’équipement du bâtiment perdaient leur marché après une dévaluation de la lire.
    Un Marché unique sans monnaie unique, c’est très instable (il faudrait donc sortir du marché unique !).
    Quant-au prix à la pompe ce sera entre 15 et 30 Fr/l.
    Enfin l’immobilier sera toujours aussi cher (peut-être même plus car il servira de valeur refuge).



  • Marcus Clams Marcus Clams 11 décembre 2011 10:33

    >>mais vos propositions frôlent le délir
    L’excès et le délire ne sont-ils pas ailleurs ? Par exemple :
    - n’est ce pas plus délirant de dire que nous allons vivre 10 ans de stagnation économique (dixit Angela Merkel), avec son cortège de chômage, pauvreté, ...  ?
    - n’est ce pas plus délirant de voir que le patrimoine de Français (donc par définition ceux qui en ont) a doublé ces 10 dernières années (http://mclams.free.fr/revue_de_presse/2011_07_figaro.pdf) ?
    - n’est ce pas plus délirant de voir que l’écart de niveaux de vie s’est creusé entre les plus pauvres et les plus aisés depuis 2003 sans que rien ne se passe (http://mclams.free.fr/revue_de_presse/2011_06_altereco.pdf) ?
    - n’est ce pas plus délirant de constater qu’en 1980 les Français dépensaient 13 % de leurs revenus pour le logement et 25 % pour la nourriture alors qu’en 2010 on trouve le rapport inverse (25 % pour le logement et 13 % pour la nourriture) ?

    Des millions de Français sont tous les mois en grande difficultés, et ce depuis de nombreuses années. Pour la cinquième puissance économique mondiale, n’est pas complètement délirant ?

     



  • Marcus Clams Marcus Clams 28 octobre 2011 10:03

    * On a pas le sentiment que la Suède soit très en retard socialement sur la France.

    Curieux que vous preniez la Suède comme exemple. Le taux de prélèvement est supérieure à la France (46 % contre 42 %).

    Ensuite la Suède n’est pas dans l’Euro. Elle dévalue sa monnaie pour être compétitive, elle tire sa croissance des exportations (nous, c’est de la consommation interne).


    * La gauche semble absolument incapable d’envisager que l’on puisse faire aussi bien en dépensant moins.

    (Je pars de l’hypothèse que dans cette phrase vous considériez à salaire constant => pas de baisse de salaire.) .

    Cela s’appelle des gains de productivité. Ils sont liés à l’arrivée de nouvelles technologies, une optimisation d’organisation, ou une meilleure adéquation du personnel (formation). C’est le rôle de la hiérarchie, mais aussi du personnel, de réfléchir en permanence sur comment améliorer l’efficacité. J’imagine que cela se passe ainsi (sinon on ne serait pas la cinquième puissance mondiale). Dire que la gauche refuse les gains de productivités, j’avoue que j’ai du mal à comprendre (la gauche est productiviste, parfois même un peu trop à mon goût). D’où le discours « investir dans les nouvelles technologies ». Je me demande d’où vous tenez cette information.

    Après il y a la chasse au gaspillage, il y a certainement des abus (le budget de l’Elysée qui explose, Giscard qui reçoit toujours son salaire de président + un chauffeur et un cuisinier, les conditions de retraite des députés, … voir le détail de la cour des comptes). Il faut bien sûr lutter contre les gaspillages, c’est important pour une question du justice sociale, ce n’est pas suffisant pour réduire complètement les déficits.


    * La cagnotte Jospin, c’était quand même que le déficit 99 n’était « que » le second d’europe en % du PIB grace à une conjoncture internationale particulièrement favorable depuis 97

    C’est curieux, quand la gauche est au pouvoir la conjoncture est favorable, quand c’est la droite c’est l’inverse. Comme il est impossible de refaire l’histoire, on ne peut savoir. De mémoire je rappellerais la crise asiatique, la guerre sur le continent européen (yougoslavie), la gestion des pays de l’Est, le passage à l’euro, l’éclatement de la bulle internet (qui restera certainement dans l’histoire comme le début de la fin de la domination de l’occident). Moi j’aurais tendance à dire que la confiance est revenu (notamment sur les retraites), et quand les gens ont confiance, ils consomment plus qu’ils n’épargnent (ce qui relance la croissance).


    * Il s’est dépêché de "dépenser ce moindre trou"

    Je revois encore ces affiches RPR placardées partout, de mémoire : « La cagnotte Jospin, c’est votre argent, halte au vol ! ». Le ministre des finances de l’époque avait essayé d’expliquer que c’était ridicule de parler de cagnotte quand on a un déficit de 40 % du PIB. Après une campagne contre lui de l’opposition, sa popularité est nettement affectée. Il était donc politiquement très difficile pour Jospin de ne pas redistribuer cette soit disant cagnotte. Mais bon, si dans 3 ans on a une « cagnotte hollande », l’opposition réagira peut-être différemment. Il faut bien voir que la maitrise budgétaire n’est pas très naturelle pour la droite, la proximité des élites de droite avec les élites économiques pousse les gouvernements de droite à limiter la pression fiscale, et à faire en sorte que l’Etat passe les plus gros contrats possibles avec ces entreprises privées. Mais il n’est jamais trop tard, c’est bien que depuis 9 mois la réduction des déficits soit devenu importante pour le gouvernement, malheureusement c’est réalisé sans justice sociale, et avec des risques déflationnistes pour l’économie.



    * Du reste, comme le signal un de vos confrère sur un autre article, cette politique à permis en pleine croissance d’arriver au même taux de chômage qu’aujourd’hui en pleine crise avec Sarko.....

    Pour comparer il faut regarder le % de personnes qui travaillent. Quand le chômage baisse des personnes qui n’étaient pas inscrites au chômage vont s’inscrire car les perspectives s’améliorent, et inversement.

    Ensuite à cette époque il y avait bien plus de nouveaux arrivant sur le marché du travail que de départs en retraite. Aujourd’hui c’est l’inverse (c’est dire combien d’emplois sont détruits !).

    Enfin, je pense qu’on ne peut pas traiter le gouvernement d’incompétent. Il me semble que son objectif est de conserver un chômage important (c’est sur ce point qu’il est condamnable). Le passage de la génération du babyboom à la retraite hante le MEDEF depuis longtemps : le danger d’avoir une tension trop forte sur le marché du travail (donc hausse de salaire + inflation). L’objectif est donc de rester bien au dessus du NAIRU français, je dirais entre entre 2.5 et 3 millions de chômeurs (le chômage est le régulateur de l’inflation du système actuel). C’est d’ailleurs à mes yeux la principale justification du non remplacement d’un fonctionnaire sur deux.


    * En revanche vous retombez dans le n’importe quoi en évoquant une baisse de 50% quand nous avons besoin sans doute à tout casser d’une augmentation de l’efficacité de la dépense publique de 5% pour rétablir les comptes et commencer à payer nos dettes.

    Les traitements et salaires pèsent environ 30% dans le budget de l’Etat (ce qui veut quand même dire au passage qu’environ 70 % du budget est transféré au secteur privé via des commandes de l’Etat, d’où la rentrée en récession quand le budget de l’Etat est trop fortement réduit, donc augmentation de la dette, cf Grèce). Comme le déficit est calculé par rapport au PIB en non par rapport au budget de l’Etat (encore une belle imposture), soit 30 * 0.42 = 12.5 % du PIB. Donc pour gagner 5% de déficit de PIB, il faut passer de 12.5 à 7.5 soit 40% de réduction (j’avais marqué 50 %). Ainsi, si on supprime 40 % des fonctionnaires, on peut réduire de 5% le déficit (en supposant qu’ils ne participaient pas à la richesse du pays, hypothèse assez injurieuse quand même). En ne remplaçant qu’un fonctionnaire sur deux il faudra environ 30 ans pour réduire de 40 % le nombre de fonctionnaire. Soit 2042 pour le retour à l’équilibre, qui est normalement prévu pour 2015. C’est pour cette raison que je trouve votre position assez utopique.

    L’objectif c’est de réduire les déficits, sans réduire la croissance (cf l’article)




  • Marcus Clams Marcus Clams 27 octobre 2011 00:19

    Il me semble que deux notions sont mélangées.

    Un gouvernement mène une certaine politique, en fonction d’un programme sur lequel il a été élu.
    Le reproche qui est fait ici, c’est que depuis plusieurs décennies, les gouvernements successifs n’assument pas leurs actions en ne finançant jamais à 100% leur politique, le cas emblématique restera le quinquennat en cours, où la dette est passée de 65% à 85 %, un record. A l’opposé, on aura eut un bol d’air avec la « la cagnotte Jospin ».
    Ici, on ne se pose pas la question du poids de l’Etat, c’est un autre débat. La question c’est juste de savoir si une politique gouvernementale est financée ou non.

    On peut ensuite discuter quel poids on accorde à l’Etat. Si on compare par rapport à l’Allemagne, c’est à peu près équivalent (pour l’Allemagne il faut rajouter les prélèvements des landers).
    Dans ce cas la question qu’il faut se poser est : « quel domaine on veut mutualiser et rendre dépendant des élus ? ».
    Aujourd’hui on mutualise les pertes des banques (sans rendre ce secteur dépendant des élus), on pourrait effectivement ne pas le faire, ou demander une contre partie.

    Enfin sur la question de la réforme de l’Etat, je pense qu’il ne faut pas se faire trop d’illusion. Si 50 % du budget de l’Etat ne servait à rien, ça se saurait. Il faut toujours essayer d’améliorer les fonctionnements, profiter de gain de productivité quand c’est possible, mais croire que des gains considérables sont possibles, à service rendu équivalent, me parait utopique.
     

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