ce n’est pas Dieudonné, ni l’homme ni son humour, que je défends ici, bien au contraire puisque j’en dénonce ici les insupportables dérives racistes, mais bien un principe philosophico-éthique : celui de la liberté d’expression, de parole et de pensée.
Raisonnement contestable. Le recul grave pour la société et la dignité humaine, c’est de tolérer le négationnisme et l’antisionisme sous le couvert de la liberté d’expression.
Ce serait même une certaine forme de lâcheté.
Car personne n’est dupe de la toxicité des propos prononcés depuis des années par Dieudonné. Et il les répétait à l’envi à chacun de ses meetings-spectacles
Alors si je comprends bien un sioniste dit « Israël au peuple juif » et l’Etat d’Israël dit « Israël à tous ceux qui ont une carte d’identité, même les non-juifs ». Mais pour les sionistes, qui sont majoritaires en Israël, l’Etat doit dire « Israël aux juifs », les autres ne seront que tolérés, ils n’auront pas de légitimité a priori à y être. C’est ce fondement rituel et donc non laïque de la citoyenneté israélienne qui pose problème.
J’ai écrit :
Les affaires de l’Etat sont du ressort exclusif de ses citoyens – les détenteurs de la carte d’identité israélienne, dont 80% de juifs et 20% de Palestiniens israéliens et d’autres.
Les citoyens arabes israéliens votent et participent au gouvernement avec les citoyens juifs, ils peuvent posséder et acheter de la terre et sont légalement protégés contre la discrimination dans les services de gouvernement et sur leurs lieu de travail.
Ils apprécient leur niveau de vie bien plus élevé, leur meilleur système de santé et les possibilité d’éducation que leurs voisins en Egypte, en Syrie, en Jordanie et au Liban n’ont pas.
Les Arabes peuvent servir dans l’armée israélienne et particulièrement les bédouin et Druzes.
Leur plus gros problème, ils possèdent la nationalité d’un pays que leurs compatriotes arabes calomnient et menacent d’anéantir bien que étant bien placé pour le savoir beaucoup d’autres musulmans du Moyen-Orient aspirent à devenir des Israéliens.
L’État Juif tel que le voyaient les fondateurs du sionisme était essentiellement laïc. La laïcité était pour eux une synthèse entre l’humanisme et le judaïsme.
Quant à la pratique religieuse, le mouvement sioniste des origines la considérait comme faisant partie du patrimoine culturel, mais pas comme une condition essentielle de la judéité.
(c’est ma conception aussi, étant non religieux)
La religion, tout comme l’art, est une affaire qui relève de l’imagination, et non de la raison.
Cependant, la raison ne suffit pas pour forger un consensus. Il faut aussi une morale, or, le Talmud dit explicitement que la morale précède la Thora, ce qui signifie que la morale est une condition préalable à la pratique religieuse, et non l’inverse.
Très bon article, auquel j’aimerais ajouter ceci :
Avant le création d’ Israël :
un sioniste est un individu qui désire ou soutient la création d’un Etat juif en terre d’Israël qui serait, dans le futur, l’Etat du peuple juif.
Après la création d’ Israël :
un sioniste accepte le principe que l’Etat d’Israël n’appartient pas à ses citoyens mais au peuple juif tout entier, et l’expression obligatoire qui en découle est « la loi du retour ».
Les affaires de l’Etat sont du ressort exclusif de ses citoyens – les détenteurs de la carte d’identité israélienne, dont 80% de juifs et 20% de Palestiniens israéliens et d’autres.
Néanmoins, seul celui qui soutient la loi du retour est sioniste et celui qui le refuse ne l’est pas.
Mais les juifs israéliens qui rejettent la loi du retour et se qualifient de non-sionistes ou de post-sionistes (à droite comme à gauche) demeurent de bons citoyens loyaux de l’Etat d’Israël, avec leurs droits garantis.
Il n’existe pas de rapport entre la surface de l’Etat et le sionisme. Si les Arabes avaient accepté le plan de partage de la Palestine en 1947, l’Etat d’Israël dans les frontières du partage n’aurait pas été moins sioniste que dans d’autres frontières. Si l’Etat hébreu avait conquis et annexé la Transjordanie et abrogé la loi du retour, il aurait cessé d’être sioniste, bien qu’il eût triplé ou quadruplé son territoire.